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ISBN : 1684050375
Éditeur : IDW Publishing (10/04/2018)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Comics' most genteel zombie returns with his signature blend of macabre humor, hilarious horror, gore, gags (the funny kind), and gags (the trying-not-to-vomit kind).

Wormwood had been gone for some time. Too long, if you were to ask his old friends. So, when a special agent from the U.S. government asked for Wormwood's help, they were determined to track him down, no matter what dimension he'd buggered off to. Now that he's back, things are about to ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  16 juin 2018
Ce tome comprend 2 récits complets. Il vaut mieux avoir lu Wormwood, Tome 1 : Gentleman zombie pour comprendre ce que c'est que cette histoire de ver extradimensionnel qui habite les corps. Il comprend les 3 épisodes, ainsi que le numéro spécial Wormwood Christmas Special, initialement parus en 2017, écrits, dessinés, mis en couleurs et lettrés par Ben Templesmith qui a également réalisé les couvertures.
Au capitole des États-Unis, le sénateur Jerry est en train de recevoir 3 généreux donateurs dans son bureau. Ils le remercient d'avoir voté pour l'importation de lait pour bébé en provenance de Chine, aux dépens des importations de lait européen. Ils lui remettent un chèque de gratification de cent mille dollars pour le remercier de son intervention. Mais en fait, ils ne s'en tiennent pas là dans leurs propositions. Ils lui parlent également d'une alternative à invoquer Jésus dans ses discours pour s'attirer la sympathie de ses administrés et s'assurer de leurs intentions de vote. Ils indiquent qu'il existe une alternative à cette déité, et même plusieurs. Alors que le sénateur commence à faire preuve de bigoterie et de refus de toute autre religion, les 3 donateurs libèrent un flot de bile verte qui s'introduit par la bouche du sénateur. Il ressort de cette expérience intrusive, entièrement acquis à leur cause pour son nouveau maître.
Pendant ce temps-là, monsieur Pendulum et Phoebe Phoenix progressent difficilement dans une jungle hostile, peuplée de créatures immondes, telles que des larves d'un mètre cinquante de long. Ils finissent par découvrir Wormwood juché sur une sorte de dinosaure, mais avec trop de dents et trop de mamelles, en train d'abattre sans relâche son couteau dans la tête de la bestiole. Arès avoir écouté patiemment son histoire expliquant pourquoi il a souhaité se mettre au vert, ils lui indiquent qu'un envoyé du gouvernement l'attend dans le bar de Medusa Armstrong depuis plusieurs semaines et qu'il faut absolument qu'il consente à le rencontrer, ne serait-ce que pour cet agent accepte de partir du bar. L'agent Nathan Stacy explique que le président des États-Unis souhaite rencontrer Wormwood pour une question de survie de la nation.
Numéro spécial Noël - Un elfe vient chercher Wormwood au bar de Medusa Armstrong, pour requérir son aide. Alors que Medusa exige que l'elfe retourne dans sa dimension parce qu'il a utilisé un portail trans-dimensionnel de manière illégale, Wormwood accède à sa demande, et il se retrouve au pôle Nord, au pays de Santa Claus. le paysage ne ressemble pas du tout au souvenir qu'il en avait gardé.
S'il a déjà lu une histoire réalisée par Ben Templesmith, le lecteur sait par avance ce qu'il va trouver à l'intérieur : une narration relevant de la farce, avec une intrigue plus ou moins développée, des dessins dans l'exagération, donnant parfois une impression d'amateurisme, une mise en couleurs sophistiquée, et un plaisir de lecture indéniable. Pour cet artiste, les contours délimités par des traits encrés ne sont qu'une partie de l'image. Il dessine presque sous forme de croquis, avec des formes détourées d'un trait d'épaisseur égale, relativement fin, un peu irrégulier, comme si la main n'était pas complètement assurée. Les visages présentent souvent une forme d'exagération ou de déformation, que ce soit les cadavres habités par Wormwood, dont les dents sont toujours apparentes, comme si la chair s'était rétractée et les lèvres ne pouvaient plus les recouvrir, ou que ce soit la tête dégarnie de Pendulum, les mèches de cheveux hérissées de Phoebe Phoenix, le nez pointu et le menton hors de proportion de l'elfe de combat. S'il y prête attention, le lecteur constate que les silhouettes des êtres humains sont toutes allongées, avec des épaules tombantes. Il ne faut donc pas attendre une représentation photoréaliste, mais accepter une vision d'artiste, comme si la plupart des personnages étaient accablés par le poids d'une fatalité facétieuse.
Les autres personnages participent de la même exagération, à commencer par le sénateur Jerry et son sourire électoral aussi faux qu'un billet de 3 dollars. Templesmith s'amuse bien avec les bébêtes de la jungle où se défoule Wormwwod, que ce soit ce gros vers flasque ou ce dinosaure chimérique. En termes de décors, l'artiste fait dans le minimalisme. Il y a quelques vagues traits pour figurer le bureau du sénateur et sa table de travail, une faune des plus fantaisiste dans la jungle avec une seul espèce d'arbre, une pièce secrète dans le Capitole, tout aussi impersonnelle que le bureau du sénateur, un hémicycle pour le discours vaguement esquissé, et les décors du pôle Nord relève de la même économie de moyen de série Z très fauchée. Pourtant, le lecteur ne ressent pas un vide d'information, ou des pages réalisées à la va-vite. le parti pris de Ben Templesmith est d'habiller chaque case par la couleur, pour développer une ambiance, et compléter par des effets spéciaux quand la narration le nécessite.
La mise en couleurs donne l'impression d'une colorisation en couleurs directes, certainement faites à l'infographie. L'artiste joue avec une grande habileté sur les nuances d'une même teinte pour réaliser des camaïeux divers et variés. Certains d'entre eux donnent l'impression de donner à voir les énergies surnaturelles qui imprègnent l'air ambiant. En fonction de la scène, il peut s'agit des lueurs émises par les actions vives de Wormwood, donnant l'impression de donner vie au vert de la jungle. Il peut s'agir aussi de la grisaille omniprésente dans le bureau du sénateur, une forme de raillerie facile sur le manque d'éclat des processus administratifs, mais aussi sur le mal qui ronge le sénateur, donnant une atmosphère morbide à son bureau. Par la force des choses, les étendues gelées du pôle Nord peuvent évoquer celles de Barrow en Alaska, dans la série 30 days of night, écrite par Steve Niles. Alors même qu'il peut trouver que les dessins sont caricaturaux avec un niveau descriptif un peu faible, et des formes donnant une impression de précipitation et de manque de finition, le lecteur se rend compte qu'il est vite happé par l'ambiance de chaque scène comme si elle révélait les forces en mouvement, d'habitude invisibles pour le commun des mortels.
Effectivement, le scénario n'est pas très dense, puisqu'il s'agit essentiellement pour Wormwood de se rendre à Washington, d'identifier l'entité qui a pris possession de politiciens et de l'exterminer. le lecteur peut même soupçonner que le scénariste n'a rajouté les 11 pages de l'épisode 1, se déroulant dans la jungle, que pour aboutir à la pagination nécessaire pour faire 3 épisodes. du coup, par comparaison, le numéro spécial consacré à Noël donne l'impression d'être plus dense car l'histoire est ramassée en 1 seul épisode. Cela n'empêche pas Ben Templesmith d'inclure quelques petites piques bien senties, avec un effet comique qui fonctionne. La charge contre les politiciens, concentrée sur le personnage du sénateur Jerry, ne présente aucune nuance, mais les gros titres des journaux américains de cette période prouvent encore et encore qu'il ne s'agist pas que d'une exagération d'auteur pour rendre le récit plus dramatique. Lorsque Wormwood se lance dans un monologue pour expliquer la raison de son défoulement sous la forme d'un retour à l'tétat sauvage dans la jungle, le lecteur retrouve toute la verve comique de l'auteur, avec ellipses et détails énormes laissant l'imagination du lecteur faire le reste.
Lorsque l'agent Nathan Stacy amène Wormwood devant un président qui n'est plus en exercice, le lecteur sourit devant une scène comique à nouveau dans l'exagération et la parodie, mais dotée d'un rythme et d'un dialogue qui apporte à nouveau un sourire sur son visage. Bien sûr, le final est énorme et grotesque, spectaculaire et défoulant. En prime, l'auteur ne se gêne pas pour énoncer clairement ce qu'il attend de ses élus, et de rappeler ce pour quoi ils sont élus. le numéro spécial de Noël est tout aussi politiquement incorrect, avec la mainmise du capitalisme sauvage sur cette fête devenue un moment de consumérisme privilégié. le tome se termine avec 3 dessins en pleine page, dont une magnifique tête de Donal Trump habitée par Wormwood.
Ce nouveau tome des aventures de Wormwood est du Ben Templesmith pur jus. Ceux qui y sont réfractaires continueront à l'être ; ceux qui apprécient y trouveront leur content. L'auteur continue d'utiliser son mode de représentation si personnel qui fonctionne bien, en y appliquant son humour sarcastique et vachard, pas forcément très original en ce qui concerne la politique, mais le cynisme de Wormwood fait toujours plaisir à observer. le conte de Noël respecte la personnalité de Wormwood, et pourtant le lecteur peut y détecter comme une pointe d'émotion et d'espoir. 5 étoiles pour une narration à nulle autre pareille.
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