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Citations sur La Brigade de l'Ombre, tome 1 : La prochaine fois ce .. (47)

La créature serait-elle encore shootée quand elle reviendrait à son humanité ?
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Le thérapeute avait dit:
- Vous entretenez avec notre arme de service une relation problématique, il vous rassure comme un objet transitionnel...
- Un quoi? avait-elle demandé.
- Un doudou, avait-il traduit.
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Elle dressa l’oreille, balaya une énième fois des yeux ce décor qu’elle connaissait par cœur à force d’y lanterner. Le 36 avenue du Président-René-Coty avait peu de choses à voir avec des locaux de police. C’était un ancien appartement bourgeois, sis au premier étage d’un immeuble ordinaire, et les flics s’étaient installés là sans prendre le temps d’effacer les stigmates des précédentes occupations. La vaste salle de brigade, constituée par les anciens salon et salle à manger, donnait immédiatement sur le hall de réception : parquets à bâtons rompus, rideaux empesés, cheminée de marbre surmontée d’un grand miroir et d’un trumeau à moulures… Les murs de la cuisine portaient encore la trace poussiéreuse des anciens placards. On pouvait s’y faire du café et du thé et y réchauffer ses repas dans le micro-ondes, mais la moitié de l’espace était désormais occupée par des sacs plastique qui, selon le commandant Bosco, étaient pleins de « pièces à conviction ». Jobert avait eu la curiosité d’y jeter un œil, elle était tombée sur un projecteur diapo Carousel et une collection de photographies apparemment pornographiques, puis sur des boîtes de prélèvements scientifiques dont certaines contenaient des ossements humains.

À l’autre bout de la « salle de brigade », une double porte vitrée permettait d’accéder à la salle de commandement – « l’espace nuit », aurait dit un agent immobilier.

Le bureau de Bosco avait été une chambre. Celui de Markowicz également, sans doute, qui communiquait avec le précédent, en enfilade, de sorte qu’il était impossible de pénétrer chez le Patron sans passer d’abord sous les yeux de son adjoint…
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Elle avait entendu l’homoncule citer quelques noms, avait aperçu trois fois un type maigre et chevelu, coupé façon afro, qui venait vers la fin de journée et que Bosco appelait « Jimi Hendrix » (un surnom, sans aucun doute). Mais elle n’avait croisé aucun flic, hormis son commandant. Pas de doute, « sommes sortis », cela voulait dire que le commissaire lui-même avait quitté son bureau.

Cela ne s’était jamais produit.
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— Antonin… Tu crois que je ne l’aime pas ? demanda Fleur. Tu crois vraiment que j’ai juste décidé de m’envoyer en l’air avant les vacances ?

— Je ne sais pas, répondit Adé en tournant une page. Toi, qu’en penses-tu ?

Fleur réfléchit un instant, mais ne développa pas. Elle dit :

— Tu ne diras rien à maman, pour le ciné ?

— Ça dépend… Tu me fais goûter une cigarette ?

— Je n’en ai pas.

— Tu ne fumes plus ?

Fleur secoua la tête.

— Ah, ajouta Adé, à regret. Tant pis. Je suppose que c’est mieux pour ta santé.

Elle réfléchissait tout en parlant et sans cesser de tourner régulièrement les pages.

— Je ne dirai rien à maman, dit-elle finalement. Comme toujours. Et je veux bien arrêter de regarder dans ton téléphone… Mais à une condition.

— Laquelle ?

— Tu me dis tout sur tes amours. Toute la vérité. Tu ne me caches rien. Tu m’en exposes toutes les étapes, et tous les rebondissements. Je suis ta sœur…

— Dans tes rêves ! répondit Fleur en se levant avec vivacité.

Elle sortit en claquant la porte.
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Mon père est infirme, alcoolique et chasseur de psychopathes. Ma mère a quarante-cinq ans, des tas de névroses dont elle connaît le nom par cœur, mais cela ne l’empêche pas de passer ses soirées en ville à draguer pour oublier qu’elle est inconsolable. Et ma sœur a décidé de s’envoyer en l’air avant les vacances…
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Régulièrement, il sortait son cahier à spirale et petits carreaux pour y noter ses observations et ses questions. Émaillant ses constatations, on pouvait y lire ce jour-là les mots :

« Mise en scène. »

« Malhabile, désordonné, amateur. »

Soit. Il était temps d’arrêter de faire semblant. Il releva la tête et posa la question qui le taraudait depuis près d’une heure :

— À quoi joue-t-on, Léon ? Pourquoi la Brigade prend-elle ce dossier ?

Le Patron n’eut pas l’air surpris mais ne lui expliqua rien. Il étrécit simplement les paupières, ce qui était sa façon préférée de ne pas répondre.

— Vous savez comme moi que cette scène de crime n’en est pas une, ajouta Bosco.

— Oui, répondit cette fois le commissaire.

— La fille a été déposée là après coup, cela saute aux yeux. Les projections de sang sont, d’évidence, une mise en scène. Par ailleurs, les bras de la victime ont été sciés minutieusement.

Léon Markowicz approuva du menton.

— Puisque nous sommes d’accord, que faisons-nous ici ? insista Bosco.

— Le tueur a imité les sévices infligés par une goule, répondit son supérieur, de la voix lointaine qu’il avait quand il méditait. Maladroitement, mais délibérément. Et pour être certain que nous viendrions, il a déposé le cadavre à deux pas de chez nous. Cette fille a donc été tuée par quelqu’un qui souhaitait que nous nous rendions sur les lieux… Peut-être même est-elle morte dans ce seul but.

Ce n’était pas certain. C’était une théorie, probable. Bosco la nota dans son cahier à spirale, en la formulant ainsi :

« La proximité géographique indique-t-elle que la mise en scène du crime est destinée à la Brigade et/ou à certains de ses membres ? »

— Vous en déduisez quoi, Léon ?

— Je ne sais pas…

Le Patron avait répondu rêveusement.

— Il aurait pu arracher les deux bras, mais les a sciés en se doutant que nous le repérerions immédiatement, poursuivit-il. Comme s’il nous prévenait du simulacre, tout en nous attirant. Je voudrais savoir qui cherche à nous avertir, de quoi, et pourquoi…

Bosco nota trois nouvelles questions :

« Le tueur nous avertit-il ?

Nous provoque-t-il ?

Nous menace-t-il ? »

On ne pouvait pas le déduire à la vue de la scène de crime. On ne pourrait rien déduire de plus… Bosco décréta donc intérieurement la pause. Il sortit de la poche de sa blouse un des club-sandwichs triangulaires, sous cellophane, dont il avait toujours un ou deux exemplaires, et dont la consommation indiquait qu’il avait fini de travailler. C’était un thon-mayonnaise, son préféré.
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Mais le 1er avril (une vraie saloperie de poisson, à bien y repenser), elle avait abattu presque à bout touchant deux suspects. Elle pensait qu’ils étaient armés et leur avait dit de lever les mains. Ils ne l’étaient pas et n’avaient pas obtempéré. Le meurtre de deux présumés innocents était une faute – une faute grave.

Sa hiérarchie avait décidé de la mettre au placard, ou du moins au frigo. Après une suspension, on l’avait mutée voici trois semaines dans la « brigade Markowicz », au 36 avenue du Président-René-Coty, très loin du vrai 36 ; de l’autre côté de la Seine ; à l’autre bout du monde. Et on l’avait également astreinte à ces séances particulières, tous les mercredis, dans le bureau de ce psy qui l’interrogeait sur son enfance et lui répondait par des silences.

Rien que de penser à ces séances de « maîtrise de la violence », elle aurait tué la terre entière. À commencer par le thérapeute lui-même.

Sa hiérarchie avait raison.

Elle avait aussi probablement un gros problème avec la colère.
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On lui demandait de retrouver un criminel, on le lui désignait, et elle le ramenait, menottes aux poignets. Elle aimait ce boulot. Elle se moquait ensuite des mises en examen, des aveux, des procès, ne cherchait pas non plus à récolter les honneurs de l’enquête. Elle n’espérait pas davantage d’avancement, après les arrestations périlleuses – elle avait des besoins financiers très modestes et ne rêvait pas de se retrouver dans des bureaux avec d’autres gradés.

C’était une flic absolument idéale pour tous ses supérieurs.
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Jobert grinçait des dents, en proie à l’ennui et à l’agacement. Ses deux mâchoires frottaient l’une contre l’autre sans qu’elle s’en aperçoive. La salle d’attente du psychologue – ou psychanalyste, ou psychiatre, ou psychothérapeute, elle ne se souvenait plus – désigné par l’Inspection générale de la Police nationale pour diriger ses séances de « maîtrise de la violence » était entièrement vide. Les doigts de la jeune capitaine tapotaient sur le magazine qu’elle feuilletait pour tromper l’attente. C’était un de ces torchons de la presse féminine qui expliquaient, essentiellement, comment être belle en maillot cet été (ou l’été précédent, vu la date de parution, mais peu importe). Jobert n’était pas du genre à s’en soucier. Dans son T-shirt gris, elle paraissait maigre comme un chat, plate comme une limande. Ses cheveux noirs étaient filasse, ses mains veineuses, ses ongles rongés, ses yeux rougis ; l’image même de l’épuisement nerveux – et elle n’était jamais allée à la mer.
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