AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782266290913
Éditeur : Pocket Jeunesse (04/04/2019)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 132 notes)
Résumé :
2025 : une partie de la jeunesse décide de partir vivre en forêt, dans des villages autonomes. Leurs seules politiques : l’amitié et la liberté.

2061 : Dan, Montana et Judith vivent dans une cabane avec leurs parents. Ils chassent, pêchent et explorent les ruines alentours. Mais un jour, les enfants sont enlevés par d'inquiétants braconniers. Quand leurs parents décident de partir à leur recherche, c'est le passé, le présent et le futur de ce monde qu... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
Ileauxtresors
  24 octobre 2020
Ma curiosité a été piquée dès la lecture des premières pages : nous sommes en 2061 en Dordogne, trois enfants pêchent au harpon dans une rivière. La vie sauvage, ses renards et ses bécasses des bois semblent avoir repris leurs droits. Loin de là se jouent des guerres et des désastres écologiques, s'entassent les humains dans les jungles stériles que sont devenues les villes, sous l'oeil de milliers de caméras. Vincent Villeminot préfère développer son intrigue dans les marges de ce monde, là où un jour, des jeunes désespérés ont décidé de faire sécession et de fonder une société d'un type nouveau. Quelle est la menace qui plane sur les trois enfants ? Quel est leur lien avec le mystérieux ermite qui semble les observer de loin ? Et surtout, comment en est-on arrivé là ?
Ces différents fils narratifs sont admirablement imbriqués pour nous tenir en haleine. Mon fils a lu les 500 pages de ce roman d'un trait, j'ai été à peine plus longue. Les allers-retours entre différentes époques reconstituent pas à pas un puzzle fascinant. le futur imaginé par Vincent Villeminot est d'autant plus crédible qu'il s'ancre résolument dans le monde actuel, ses clivages sociaux, ses réformes absurdes, son mépris des jeunes générations, sa crise du sens collectif. L'étincelle qui embrase tout, c'est la publication, en 2024, du livre Do Not Count On Us dont les extraits brûlants ponctuent le récit. Un porte-voix de la rage et du désarroi face à l'inertie d'un monde verrouillé, du rejet des valeurs de pouvoir et de consumérisme, de la contestation de la légitimité du droit. Mais surtout un texte qui éveille des rêves d'une société alternative et identifie la sécession comme forme d'action : « Nous pouvons encore nous asseoir à l'écart, pour travailler à des sociétés plus modestes, liées par l'amitié, gouvernées par le souci de ne renoncer chacun à aucune souveraineté, et qui ne ressembleront pas à celle-là. »
« L'espoir et la trouille, soeurs jumelles »
Le récit et les questionnements des personnages portent une réflexion passionnante sur le contrat social, les fondements possibles de la vie commune, les utopies. J'ai rarement lu un livre qui parle aussi bien de la façon dont peurs et rêves s'entremêlent non seulement quand sévit une répression implacable, mais aussi lorsqu'il s'agit de mettre en application de grands principes, de recréer quelque chose – des fondements matériels, des institutions et des formes de régulation – quand on a fait table rase. Et pourtant, l'exaltation du retour à la nature et à l'essentiel, la redécouverte de l'entraide et du partage, le bonheur pour les plus marginaux de pouvoir envisager de trouver une place dans une communauté en devenir insufflent d'émouvants moments de grâce. La construction du récit permet à Vincent Villeminot de restituer la vie des rêves sur le temps long et sur plusieurs générations – j'ai été touchée par le regard bienveillant, mais lucide posé par la Houle sur ses propres rêves de jeunesse et sur ceux des nouvelles générations.
« La forêt est ce monde où la mort fait partie de la vie. »
Cette imbrication entre rêves et peurs s'incarne de façon saisissante dans la forêt nourricière, protectrice, d'une beauté émouvante, mais sauvage, en proie à la violence d'un état de nature où pillards, braconniers et cannibales sévissent et où la famille apparaît comme un repère ultime. J'ai probablement un prisme particulier en tant que chercheuse en science politique, mais en lisant ce livre, j'ai pensé sans cesse aux théories de l'état de nature et du contrat, dont ce roman restitue avec beaucoup de finesse les implications. Cette lecture nous a donné l'occasion de parler de Rousseau et de Hobbes avec mon fils qui a été très intéressé par ces débats. Les mots du dernier chapitre, qui alertent sur l'urgence de redonner une perspective à tous, m'ont, curieusement, évoqué la théorie de la justice de John Rawls : « le risque que nous voulons courir, c'est que pour le plus malheureux d'entre nous, celui qui aura à en payer le prix le plus haut, le départ vaille mieux que ce statu quo. »
Je reste époustouflée par la façon dont ce roman parvient à incarner ces questionnements certes abstraits, mais puissamment révélateurs des problématiques de notre temps. Tout en restant une lecture-plaisir haletante.
Nous ne tarderons pas à découvrir les autres livres de Vincent Villeminot !
Lien : http://ileauxtresors.blog/20..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          477
cascasimir
  30 mars 2019
"Une seule étincelle peut toujours allumer un incendie gigantesque." Yvan Vazov.
Passé, présent et futur, tout est lié !
Trois générations, trois périodes, trois histoires juxtaposées qui finissent par être reliées...Comment ?
Raconter comment serait dévoiler la fin... La forêt est au carrefour du commencement et de la fin. Trois adolescents sont kidnappés par des braconniers bizarres. Un être étrange surveille tout ce monde...
"Nous sommes l'étincelle"
Ce sont des jeunes qui croient à une société alternative, où amitié et amour se côtoient. Il y a aussi l'espoir en un autre avenir et la recherche de liberté, sans oublier une envie de changement. L'auteur nous montre comment... sur plusieurs générations. Une Utopie?

"Allumez le feu, allumez le feu
Et faire danser les diables et les dieux
Allumer le feu, allumer le feu
Et voir grandir la flamme
Dans vos yeux" ( J.Hallyday) Pardon, hein...
Commenter  J’apprécie          484
saomalgar
  24 avril 2019
Roman d'anticipation ou utopie, engagé et politisé, "Nous sommes l'étincelle" est aussi déclaration d'amour à la famille, à la nature, à l'espoir et à l'étincelle de vie présente en chacun de nous.
Dan, Montana et Judith, les enfants sauvages, les enfants de la forêt, s'amusent et petit à petit agrandissent leur terrain de jeu mais au risque de grands dangers dont la forêt ne les protège pas. Les braconniers. Ils sont enlevés, pourquoi ? Pour qui ?
Par un subtile jeu d'allers-retours présent, passé proche puis lointain, l'auteur nous dévoile petit à petit, sur une durée de 40 ans, les liens entre tous les personnages qui foisonnent dans le roman (tout comme dans Réseaux).
Il y a eu la révolte ("do not count on us" ne comptez pas sur nous), puis l'Utopie, le départ pour une vie dans la forêt loin de la civilisation, une vie dure parfois, souvent. Les choix de vie de chacun, les conséquences, les liens entre eux tous.
Il y a aussi ce futur qui nous tend les bras (écologie, véganisme, protection des animaux…) et dont on ne sait que penser.
Vincent Villeminot nous pousse à réfléchir en nous projetant dans cet "avenir" (ou un "présent" quand on pense aux gilets jaunes) proche qui nous inciterait à prendre des positions fortes et où tous les extrêmes poussés à leur paroxysme en deviendraient folie. Tous ces thèmes, les questionnements des personnages, provoquent le débat et c'est en ça que ce roman est très engagé. "Et si on était à la place de…", que ferions-nous ?
J'ai eu beaucoup de mal à refermer ce roman envoûtant, beaucoup de mal à laisser partir Dan, Montana, Judith, Allis et les autres, du coup j'ai fait traîner. Mais même après la lecture, les personnages sont toujours en vie, ils sont autonomes, indépendants et continuent leur chemin dans la forêt. La forêt aux grands arbres refuges de l'Humanité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          197
ktylauney
  26 janvier 2020
Mai 2061, au coeur de la forêt en Dordogne, une toute jeune fille pêche au harpon dans un ruisseau sous les yeux de son frère aîné et de sa plus jeune soeur. Aucune précision sur eux si ce n'est qu'ils ont été élevés dans la nature et n'ont jamais connu " la ville ". Mais de grands dangers les guettent.
Retour vers le passé... Les voitures au gasoil ne circulent plus depuis longtemps, les villes sont devenues des prisons à ciel ouvert sous surveillance de caméras et de drônes. Les étudiants sont littéralement parqués dans des containers.
Le climat social est tendu, des manifestations sont organisées dans tous les pays européens. Des milliers de personnes pacifiques sont dans les rues. Elles ne sont pas écoutées et subissent des violences policières injustifiées (Ce qui n'est pas sans rappeler le mouvement des Gilets jaunes) mais ici l'Etat s'est clairement transformé en un Etat policier.
Thomas F., professeur va rédiger un « manifeste » qui sera l'étincelle qui va mettre le feu aux poudres. Les étudiants lisent, relisent et se partagent ce « Do Not Count on Us » qui devient LE livre de chevet de tous. Un livre qui explique pourquoi et comment rejeter cette société et ses dirigeants dont personne ne veut plus.
Alors faisant fi de l'avis des parents, des lois, de tout, les jeunes les plus rebelles et les plus " endoctrinés " par le manifeste décident de quitter le cocon familial pour aller vivre loin des règles établies depuis toujours. Loin de la surconsommation et de l'argent qui pourrit tout.
« Quant à nous, nous nous en irons, sur la Terre. Notre monde est le vôtre : nous ne pouvons nous en retrancher, mais nous choisirons des lieux, des déserts, des silences, des bibliothèques, des jardins, où nous pourrons vivre ; dans les marges ; nous laissant transformer, lentement, durablement, par cette vie commune, politique. Et notre seule communauté politique sera désormais l'amitié.(…) »
(Citation du livre)
Cette citation c'est juste beau, utopique mais beau ! Un retour aux sources, à l'essentiel. Dépouillés de tout bien matériel inutile. Pour essayer de se construire une vie meilleure, sans stress, en toute liberté. Et retrouver cette liberté perdue depuis des années, être en harmonie totale avec la nature, retrouver des valeurs oubliées ou perdues.
Nous rêvons tous plus ou moins d'une société idéale mais elle ne sera jamais parfaite à cause des gros egos humains.
Au-delà d'un écrit engagé, Vincent Villeminot jette un regard réaliste sur un futur peu réjouissant où chacun peut se projetter... malheureusement. On pourrait débattre pendant des heures de ce qui est déjà en cours en France à l'heure actuelle.
Sous couvert de protéger des personnes, des systèmes de surveillance sont déjà en voie de généralisation. On ajoutera la reconnaissance faciale sur les téléphones portables qui a pour but de ficher le plus de monde possible et la géolocalisation qui permet de suivre tous nos déplacements.
L'auteur nous place devant ce qui pourrait arriver à grands pas si un jour nos gouvernants - sous prétexte écologique - se souciaient subitement du sort de la planète et se péoccupaient de la souffrance animale. On pourrait effectivement se voir imposer une alimentation vegan comme dans le récit. En voulant le meilleur nous pourrions aller vers le pire.
" Nous sommes l'étincelle " est une fiction qui se dévore. Les rebondissements s'enchaînent et se suivent comme on regarde un film à grand spectacle.
Certains des protagonistes sont prêts à se sacrifier plutôt que de se soumettre à l'ennemi. Dans de nombreux romans de Vincent Villeminot la violence est omniprésente et la mort rôde là où on ne l'attend pas forcément.
J'ai apprécié un des personnages plus que les autres, celui de la Houle, ancien hooligan. Cet individu violent ne m'inspirait pas au début. Mais au fil du récit et du temps il évolue de manière positive. C'est quelqu'un de droit, malgré son passé violent. Fidèle en amitié. le genre sur qui on peut compter pour la vie.
Encore un pari gagné pour Vincent Villeminot avec cette nouvelle aventure humaine. Nous y retrouvons des thèmes qui lui sont chers - la désobéissance civile, la rébellion, la sécession, la solidarité, l'amitié, l'amour...
Et si la forêt paraît si belle et si hostile, les plus grands dangers viennent pourtant comme toujours des hommes tapis dans l'ombre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
IreneAdler
  10 février 2020
Les mouvements de retrait volontaire de la société ont très souvent (toujours ?) eu pour vocation de lutter contre quelque chose : aéroport, ferme géante... On s'installe et on essaie de construire autre chose, autrement. Que se passerait-il si des milliers (beaucoup de milliers) de jeunes gens décidaient de faire sécession, mais sans rien réclamer que le droit de ne pas vivre comme leurs parents, comme ont leur a appris ?
C'est ce que Villeminot essaie d'imaginer, offrant une utopie et contre-utopie dans le même mouvement. Finalement la contre-utopie ne vient pas des sécessionnistes eux-même, mais de tout un système. Pourtant, parfois ça marche.
Ce n'est pas une robinsonnade, ni un roman post-apo de plus (d'ailleurs, il n'est pas post-apo), mais bien la proposition de vivre à côté. Ça m'a fait penser au village de Dormilouse dans les Écrins : abandonné dans les années 1950, puis réinvesti dans les années 1970 par des utopistes. Et ça a plus ou moins fonctionné.
Alors oui, il y a peu de survivants à la fin, mais ils seront l'étincelle, celle qui met le feu et qui fera bouger le monde.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          123

Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
letilleulletilleul   19 mai 2019
C’était l’UniverCity Stendhal, une des trois villes-campus-pi- lotes créées en 2026, comme une réponse absurde aux désordres suscités par des jeunes gens revendicatifs et pressés d’en découdre.
Ville-containers : des milliers de « caisses d’acier parallélépi- pédiques polyvalentes » avaient échoué ici, vraiment très loin de leur océan, détournées par leurs amateurs de leur fonc- tion initiale. On avait converti les containers autrefois bourrés ras la gueule de produits manu- facturés par l’obsolescence en « logements individuels » inso- norisés, isolés, équipés, on les avait empilés quatre à quatre, et ils constituaient ces perspectives mornes d’immeubles le long des
rues larges, orthogonales, sur quatre mille hectares de pâtures enclavées dans la plaine de M., à cinquante kilomètres au Nord- Ouest de Grenoble.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Rob7Rob7   28 avril 2019
Daniel songe aux loups. Les loups sont une meute qui tue, mange, dont les membres se protègent mutuellement, mais qui abandonne les plus faibles, les vieux et les débiles, sacrifie les femelles aux mâles, les dominés aux dominants, les jeunes aux adultes. Les loups ostracisent certains des leurs, parfois, s'entredévorent quand le gros gibier manque, pour limiter la population de la meute.
Commenter  J’apprécie          130
cascasimircascasimir   30 mars 2019
Les loups sont une meute qui tue, mange, dont les membres se protègent mutuellement, mais qui abandonnent les plus faibles, les vieux et les débiles, sacrifie les femelles aux mâles, les jeunes aux adultes. Qui a retenu les leçons de la forêt ?
Les "cannibales"? Leur famille? Les êtres humains?
Commenter  J’apprécie          151
Rob7Rob7   28 avril 2019
À mes professeurs,
Moi, Thomas F., professeur par votre soutien et la confiance que cette prestigieuse université a bien voulu m'accorder, malgré mon jeune âge;
moi qu'à vingt-trois ans vous avez déjà distingué, honoré, reconnu, coopté, compté parmi vous, plus précocement que cette université ne l'avait fait pour n'importe qui à mon âge, je suis pourtant au regret de faire sécession par ces lignes, de déclarer une guerre entre vous et nous, ou plutôt une dissidence, une séparation de corps.
Et je crache dans la soupe, comme disent mes amis français.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
IleauxtresorsIleauxtresors   23 octobre 2020
Notre monde est le vôtre : nous ne pouvons nous en retrancher, mais nous choisirons des lieux, des déserts, des silences, des bibliothèques, des jardins où nous pourrons vivre ; dans les marges ; nous laissant transformer, lentement, durablement par cette vie commune, politique. Et notre seule communauté politique sera désormais l'amitié.
Commenter  J’apprécie          122

Videos de Vincent Villeminot (51) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vincent Villeminot
Rencontre avec Colin Niel et Vincent Villeminot animée par Thierry Caquais. En préambule, lecture par Caroline Solé de "Comme des sauvages" (PKJ, 2020) et par Vincent Villeminot de "Entre fauves" (Le Rouergue, 2020). Diffusée dimanche 22 novembre dans le cadre de l'édition virtuelle du festival Livres à Vous.
autres livres classés : anticipationVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

que savez vous sur instinct

Quel es le personnage principal ?

Timothy
Tom
John
Tintin

7 questions
55 lecteurs ont répondu
Thème : Instinct, tome 1 de Vincent VilleminotCréer un quiz sur ce livre