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kathel
  17 novembre 2020
Quatre personnages attachants au coeur d'une époque et d'un lieu remarquables, et que j'avais envie de mieux connaître, le Londres d'après-guerre, voici ce que propose le roman de Sarah Waters. Il y a Helen, qui vit avec Julia, un couple interdit voué à la plus grande discrétion, même lorsque l'histoire d'amour se défait peu à peu. Il y a Viv et son amant de longue date qui semble ne pas pouvoir se décider à quitter son épouse. Il y a Duncan, le frère de Viv, à jamais marqué par plusieurs années de prison. Et enfin Kay, la plus mystérieuse, que cherche-t-elle ou que fuit-elle ? Après une mise en place un peu longue, mais jamais ennuyante, qui permet de situer les personnages et leurs relations plus complexes que ma présentation ne le laisse voir, la structure originale du roman apparaît : il est composé de trois parties, d'abord en 1947, puis 1944 et ensuite 1941. Cette construction à rebours éclaire les pans de l'histoire qui demeuraient méconnus à la fin de la première partie, et donne un éclairage différent aux événements.
C'est un roman plutôt original, par bien des aspects, notamment par sa progression temporelle singulière, et aussi par le thème de l'homosexualité à une époque où elle était fortement condamnée. Les nombreux dialogues fluidifient la lecture et donnent un ton assez enjoué malgré les conditions difficiles. L'évolution des personnages, traitée de cette manière, les rend plus attachants encore que si la narration était chronologique. le personnage de Kay, ambulancière de nuit lors des bombardements, donne lieu à des scènes terribles et saisissantes, qui rappellent que la guerre n'est pas seulement un arrière-plan commode à cette histoire, mais une fracture immense dans la vie de chacun des protagonistes.
Un ensemble d'arguments qui m'a assez séduite pour que je projette de continuer à lire Sarah Waters. Avez-vous lu ce roman ou d'autres de sa plume, et lesquels me conseillerez-vous ?
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Zephyrine
  19 novembre 2018
De cet auteur j'avais bien aimé Derrière les portes. Ici je n'ai pas du tout réussi à entrer dans l'atmosphere décrite par l'auteur. le roman est écrit de façon antéchronologique, une première partie en 1947, une seconde en 1944 et une dernière en 1941. Peut-être que sachant déjà ce qui arrive au personnage, je n'ai pas pu m'y attacher, pas eu envie...Et peut-être que le suspens de la situation de 1947 m'a si peu attirée que je n'ai pas eu un fol engouement pour découvrir leur histoire. Bref une lecture ratée de mon côté.
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missmolko1
  02 mars 2011
Emprunté a la bibliothèque j'avais hâte de découvrir ce livre et je n'ai pas été emballée. Pourtant je ne lis que des avis favorables et je suis d'accord pour dire que l'écriture et fluide et l'intrigue bien menée. Mais quelque chose me dérange chez les personnages, ils sont tous étranges et peu attachants.
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GoodBooksGoodFriends
  25 janvier 2019
C'est le seul roman de Sarah Waters que je n'avais pas encore lu et il me tardait de m'y attaquer puisque j'ai aimé tous les autres sans exception…

Le récit est découpé en trois parties en ordre chronologique inversé ; on part de 1947, puis on passe à 1944 et enfin à 1941. le roman suit quatre personnages durant cette période troublée, quatre personnages plus ou moins directement reliés (Viv est la soeur de Duncan par exemple).

Si j'ai eu du mal à me plonger complètement dans ma lecture durant la première partie, j'ai retrouvé le grand plaisir que j'ai déjà eu à lire Sarah Waters à partir de la deuxième partie, et ce plaisir s'est confirmé en fin de lecture.

La période dans laquelle s'ancre le roman est propice à l'effervescence des émotions. de plus, les sentiments éprouvés par les personnages sont pour la plupart des sentiments « interdits », liaisons homosexuelles, adultérines… Tout cela donne une écriture très sensuelle, mais qui n'occulte pas l'horreur de la guerre et du blitz.

Chaque acteur de l'histoire a un secret, un fantôme du passé, que l'on découvre petit à petit en remontant le cours du temps. Je dois avouer que ce petit goût de mystère n'était pas pour me déplaire.

Le procédé narratif permet au lecteur de dérouler sa lecture comme on avance dans un puzzle, pour qu'à la toute fin, l'histoire dans son intégralité se dévoile sous nos yeux.
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Chaplum
  19 janvier 2014
Au lendemain de la guerre, plusieurs destinées se croisent dans un Londres encore meurtri par les bombardements et les privations. Kay loue une chambre chez un médecin un peu étrange, et mène une vie solitaire. Souvent confondue avec un jeune homme, elle tente de se reconstruire et erre comme une âme en peine. Elle observe les patients de son logeur, dont un homme et son neveu, qui l'intrigue. Ce dernier travaille dans une usine où il retrouve par hasard une vieille connaissance avec qui il a fait de la prison pendant la guerre. D'abord honteux des souvenirs qui reviennent à la surface, il est ensuite heureux de pouvoir se libérer un peu du quotidien.
Vivien et Hélène travaillent dans une agence matrimoniale, commerce en plein essor en cette période d'après-guerre. Vivien vit une romance avec un homme marié tandis que Hélène est en couple avec Julia et vit difficilement le succès de sa compagne qui écrit des romans mais surtout de devoir vivre une relation cachée.

Même si je n'ai pas ressenti le même coup de foudre que pour les deux précédents romans de Sarah Waters que j'ai lus, j'ai à nouveau passé un excellent moment en compagnie de ces personnages qui essaient de mener leur vie au lendemain d'une guerre qui les a blessés émotionnellement. Aucun d'entre eux n'est sorti indemne du conflit pendant lequel ils ont vu et vécu des choses difficiles.

Dans du bout des doigts, la romancière avait basé son roman sur une intrigue et une construction sophistiquées qui ne se retrouvent pas dans ce titre-ci ! Pourtant, Sarah Waters emploie une structure à rebours, simple et classique, mais terriblement efficace qui sert la narration. La première partie met en place les personnages en 1947. le lecteur les découvre et devine que certaines choses leur sont arrivées pendant la guerre mais des non-dits planent et on présage que beaucoup de secrets sont cachés. C'est la partie la moins intéressante, mais elle est nécessaire. En la lisant, j'ai d'ailleurs craint le pire, m'ennuyant même un petit peu, et me demandant où l'auteure voulait en venir avec son roman, tant j'avais l'impression qu'il n'y avait aucune intrigue derrière les faits. Heureusement, l'ambiance fin de guerre et le contexte historique me plaisaient déjà beaucoup.
La deuxième partie ramène le lecteur dans le passé en 1944. Et à partir de là, je me suis réellement plongée dans le coeur du roman, m'attachant aux personnages, vivant avec eux le conflit et assistant, impuissante, à l'enchevêtrement des fils qui ont conduit à leur situation de 1947. Tout s'éclaire petit à petit, on découvre le pourquoi du comment, mais surtout, on s'imprègne de l'ambiance des nuits de bombardement, on vit dans un Londres dévasté où tout le monde risque sa vie à chaque alerte, où il n'est pas rare de voir une mère pleurer son enfant, de croiser des spectacles morbides ou de voir une maison éventrée en quelques secondes. Sarah Waters reste fidèle à sa réputation avec ses personnages d'exclus. Pas de père héroïque ou de mère traditionnelle. Non, ici, ce sont ceux que la société réprouve qu'elle met en scène dans un climat de guerre : les jeunes qui refusent d'aller au casse-pipe, les homosexuels, les lesbiennes, les maîtresses, les femmes déshonorées. Et pourtant, malgré l'opprobre de la société, chacun d'eux se montre courageux et touchant.
Enfin, la dernière partie évoque l'année 1941 et remonte aux origines des connections entre tous les protagonistes.

Encore une fois, Sarah Waters a réussi à me faire voyager, à la fois dans le temps et dans l'espace. Cette romancière a un véritable don pour recréer les atmosphères et nous transporter dans le Londres de la deuxième guerre mondiale et j'ai adoré cette immersion, même si elle était parfois dramatique. Dommage que la première partie soit un peu moins réussie car la suite du roman vaut qu'on s'accroche !


Lien : http://www.chaplum.com/ronde..
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Nitocris2021
  16 juillet 2021
Un gros roman construit à rebours qui se lit un peu comme un thriller. Il ne se passe pas grand chose mais on veut savoir ce qui a conduit les personnages là où ils en sont. le Londres d'après guerre et le Londres bombardé sont admirablement reconstitués. Une nostalgie douce et triste suinte des pages. Ce livre montre comment la guerre désoriente les vies en créant un climat romanesque irréel et comment l'après guerre déboussole. Il parle aussi des sentiments profonds enfouis en soi. Un grand livre.
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Soundandfury
  19 janvier 2020
Je me suis plongée dedans comme ça ne m'est guère arrivé dans l'année. Plongée par petites apnées, souvent interrompue par les devoirs sociaux des fêtes de fin d'année. Mais même pour une page, même pour deux minutes, je me sentais descendre et complètement m'extraire de la réalité. Elle a une façon de rendre vivante n'importe quelle période historique que j'ai saluée même dans ceux de ses romans qui ne m'ont pas emballée.

Pour le suspense, c'est maîtrisé à l'aide de techniques éprouvées. Un peu comme un Stephen King. Ici on se place d'abord quelques années après la seconde guerre mondiale. On découvre les personnages. Un garçon, qui a passé la guerre en prison. Deux femmes qui travaillent ensemble dont l'une a une liaison avec un homme marié et quelques autres secrets. Une autre qui était ambulancière. Puis les deux parties suivantes nous font faire chacune un bond en arrière, jusqu'à nous plonger au coeur des bombardements à Londres. Et jusqu'à ce qu'on comprenne le fin mot de chacune des histoires individuelles, toutes liées. le fin mot ayant l'originalité d'être le début, chronologiquement. C'est bien trouvé.

C'est une ambiance que je ne peux vous décrire, faite de minuscules détails. Les églises éventrées. Les gens qui courent aux abris à chaque alerte et ceux qui en ont marre à force et restent dans leur lit. Les panneaux qu'on enlève dans les rues pour que les allemands ne puissent pas s'y retrouver s'ils arrivent. La haine à laquelle doivent faire face les objecteurs de conscience.

Je me suis sentie amoureuse. (C'est normal, c'est plein de femmes) En proportion, c'est comme un roman hétéro, mais inversé. C'était très étrange de lire des passages sur l'amour, le couple, le coup de foudre, l'après rupture, si proches de ce que j'ai pu vivre. Il y a de ces passages sur la jalousie... ça sent le vécu. Et puis c'était marrant, cette scission entre les lesbiennes masculines et les autres. Au début j'ai pris ça pour une caricature et puis en y réfléchissant, c'est une vraie question, très intéressante. Voilà, ça c'était le bonus juste pour mon plaisir personnel.

Mais surtout, le roman parle des femmes, de la condition des femmes, de tout ce que la guerre a engendré de transformations. du rôle qui n'est plus le même, des habits qui ne sont plus les mêmes, de l'impossibilité de retourner à la vie d'avant. Il parle aussi de l'opprobre jeté sur les liaisons hors mariage. Des avortements clandestins au péril de la vie des jeunes femmes.

C'est un des plus réussis. Peut-être le plus réussi, allez, j'ai un attachement sentimental à Affinités mais je pense que celui-ci est objectivement meilleur.
Lien : http://talememore.hautetfort..
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Annette55
  05 décembre 2013
Encore une belle Saga bien écrite ,j'ai refermé ce livre deSarah waters avec regret. J'aime beaucoup son oeuvre,il y a aussi : du bout des doigts ,remarquable!!!!!
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Lireoumourir
  28 février 2013
Ce que j'ai beaucoup apprécié dans ce roman, c'est le style de l'auteure. On a l'impression que Sarah Waters résout une enquête et elle nous amène petite à petit à la véritable histoire de ces personnages, tous reliés entre eux. Au début, on en apprends que très peu et au fur et à mesure, tout se décante et on y voit plus clair. Cela nous pousse à continuer à lire le roman jusqu'au bout, on finit par tourner les pages sans s'en rendre compte.
Lien : http://lireoumourir.e-monsit..
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Lulu_Off_The_Bridge
  02 juin 2011
À vrai dire, je ne sais que penser de ce roman...
Je commençais à me lasser des intrigues victoriennes, aussi brillantes soient-elles, de Sarah Waters, trouvant que le ressort du roman-feuilleton à la Eugène Sue ne pouvait pas fonctionner indéfiniment. du coup, j'ai vu arriver d'un assez bon oeil ce roman historique, mais pas trop, lesbien mais pas que, qui semble se refuser aux bon gros coups de théâtre qui avaient fait le succès des premiers livres de l'auteur. Si l'action est mise légèrement en retrait ici, au sens où elle ne concentre pas le gros des effets, cela profite à une peinture de personnages tout en douceur, en finesse, en soupirs retenus. Il est frappant de voir à quel point ce roman et ces personnages sont empreints de tristesse, à quel point vivre leur est malcommode.
L'histoire s'étale sur 6 ans, en trois périodes données (1947, 1944, 1941) et à rebours. Je ne suis pas spécialement fan des histoires linéaires, en général, et n'ai aucun mal à suivre des développements alambiqués, mais ce choix-là, pour ce roman précis, m'a déroutée. J'ai eu l'impression de ne pas voir où l'auteur voulait en venir, ni si elle voulait en venir quelque part. Une histoire qui recule, à la base, je trouve l'idée sympathique, mais là... Sais pas... J'en garde une impression en demi-teinte, comme si les couleurs, à un moment, s'étaient diluées. Tout en reconnaissant que les personnages de Ronde de nuit sont sans doute les créatures les plus abouties de l'auteur.
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