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Par brigetoun, le 11/04/2010
Rêves sous le linceul de
Raharimanana
Elle saura enfin, ma mère, que j'avais pris un morceau de ferraille pour d'un coup trancher ta gorge. Elle saura la hache lourde qui a fendu tes seins, le pot en terre où j'ai cueilli ton coeur. Elle saura ma mère le soleil qui a bruni le sol aride du village, l'ombre s'étendant, me soûlant de noirceur et d'appréhension.
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Par brigetoun, le 16/09/2011
Les cauchemars du gecko de
Raharimanana
Je suis la menace.
Non, je ne viens pas avec les armes, on me les vend.
Et vous exultez de l'équilibre de vos balances commerciales, rafales en hausse et mines antipersonnels, la mort que je répands dans le ventre de mes frères.
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Par brigetoun, le 16/09/2011
Les cauchemars du gecko de
Raharimanana
Souvent bêtes rampantes et autres craintes pèsent. Le dos retrace la peur. L'en-dehors encore.
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Par brigetoun, le 16/09/2011
Les cauchemars du gecko de
Raharimanana
Et quand je t'aurai bien massacré, toi et ton peuple, je te déverserai des tonnes et des tonnes de nourriture que tu ne pourra pas refuser car assoiffé tu baves ; car affamé, tu crèves. Je n'attendrai pas que tu tendes la main... Je ne te donnerai pas ce choix. Ta vie m'appartient. Sous les bombes ou contre mes nourritures. Je reconstruirai ta terre millénaire à ma manière. Tu chanteras démocratie. Tu scanderas démocratie. Tu réciteras démocratie. Et le monde s'alignera sur ma volonté.
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Par brigetoun, le 16/09/2011
Les cauchemars du gecko de
Raharimanana
mes noms de bougnoule
et tes lèvres qui peinent à m'ensyllaber
- voyelle, consonne,
c'est bien pourtant ce qu'on sonne dans toute langue.
Tu butes sur mon nom, tu le raccourcis, tu le déformes.
Tu regardes ma peau, tu me railles :
Je suis donc le fils du polygame !
Yes man, j'ai des frères en masse
des soeurs en pagaille
des oncles à furoncle
des tantes sous la tente
des cousins sur le coussin – vautrés !
Des cousines à foison dans la cuisine sans cloison.
Ma mère, je la voile.
Ma soeur, je l'excise.
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Par brigetoun, le 16/09/2011
Les cauchemars du gecko de
Raharimanana
En attendant l'insouciance, tenez la désespérance.. Au rien ne vaut que la panique et la froide lucidité de pouvoir désespérer ! D'être de ce monde. D'hériter de la connerie des siècles. De se bâfrer de mots et d'en rire à en mourir.
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Par brigetoun, le 11/04/2010
Rêves sous le linceul de
Raharimanana
Te dirai-je la première vague qui a soulevé mon âme ? Nous voguâmes sur une mer tranquille. Apaisés. Heureux. Certains d'atteindre tous l'autre rive. L'épaisseur douce de l'océan nous portait voluptueusement tandis que le soleil se couchait dans la couleur sang de nos chairs à vif.
Nous dérivâmes ainsi des jours entiers, déroulant nos corps et nos âmes sur des courants rapides. Nous rêvions à l'Être qui aurait créé son propre corps et qui n'aurait jamais à le redonner à la terre, poussière parmi les poussières. Nous divaguâmes nos âmes sur des espoirs de rencontre, sur des envies de découverte.
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Par brigetoun, le 28/12/2009
Rêves sous le linceul de
Raharimanana
Ô Dzamala ! Dzamala ! Ceux-d'en-ville ont pris nos enfants. Ceux-d'en-ville ont fumé nos entrailles.
La meute, nous appelle-t-on, la meute.
Ceux-d'en-ville nous ont chassés des terres et nous ont relégués dans ces ordures. Nous avons fumé, ô Dzamala. Nous avons oublié, oublié toutes ces misères.
La meute, nous appelle-t-on, la meute. Nous pillons, nous violons, nous tuons.
Ceux-d'en-ville, maintenant, nous massacrent, nous brûlent. Ceux-d'en-ville ont quitté leurs ruelles; ont gravi les collines et fouillé dans leurs propres ordures pour retrouver nos enfants.
La meute, nous appelle-t-on, la meute.
Ceux-d'en-ville ont pris nos enfants, ceux-d'en-ville ont fumé nos entrailles