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Par Seraphita, le 01/01/2010
La partita de
Alberto Ongaro
Mais moi, j'ai appris à mes dépens que la peur est l'instrument de connaissance le plus puissant qui soit. Plus que l'imagination, la peur libère des signaux lumineux, même dans l'obscurité, elle nous place face au mystère qu'il y a dans la vie de chacun ; elle est peut-être un animal féroce, mais un animal intelligent et fidèle à qui l'on doit le respect.
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Rumba de
Alberto Ongaro
Puis – continua Valentin – il avait trouvé du boulot dans ce bar de Rio, L’Albatros, près du centre financier le plus équivoque de la ville. Et c’était là qu’était arrivé un événement qui avait fait prendre à sa vie un tournant définitif. Une nuit, elle était entrée. Il était très tard, il était resté seul et s’apprêtait à fermer lorsqu’elle était entrée avec un ami, un type en smoking blanc, grand, maigre, bronzé et ivre. La radio encore allumée répandait les notes d’une douce mélodie d’amour. « Une lente rumba, Huston, ce à quoi on s’attend dans un film quand quelque chose qui frappe au cœur est sur le point de se produire, une musique de fond, d’une beauté peut-être ridicule, mais qui doit être celle-là et non une autre, et qui fonctionne de façon mystérieuse… »
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Rumba de
Alberto Ongaro
César Novello alluma un cigare, puis dit sans attendre : « Avant que tu ne me le demandes, je te signale que ledit César n’entend plus prêter un rond à personne. »
Huston jeta un regard indigné à ses amis. « Quelle bande de minables ! Je ne m’assoirais plus à cette table même si vous deviez m’en prier à genoux. Belle façon de traiter un ami dans un moment… » Il s’interrompit comme s’il avait du mal à trouver les mots justes : « … d’insolvabilité passagère », conclut-il.
« Passagère mon cul, dit Novello. T’avais qu’à éviter de te marier trente-six fois. »
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Rumba de
Alberto Ongaro
Elle ne pouvait nier avoir été touchée par la profondeur, la durée, l’impossibilité même de l’amour que Valentin avait éprouvé pour Cayetana. Peu importait qu’il fût un voleur, un bandit des rues, un fils de braqueurs morts exécutés. Cet amour qui était né en quelques secondes, jamais consommé, et qui se serait éteint dans n’importe quel autre cœur, avait eu, pensa Rita, une croissance verticale qui avait porté Valentin loin au-dessus de toute autre personne de sa connaissance.
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Rumba de
Alberto Ongaro
— J’étais et je suis convaincu que la passion, la haine, la soif de vengeance peuvent être des instruments d’enquête plus efficaces que ceux qu’emploient les professionnels, poussés uniquement par les obligations de leur métier et par l’appât du gain.
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Rumba de
Alberto Ongaro
« Alors, t’étais où ?
— Qu’est-ce que ça peut bien te faire ? »
Il prit l’un de ses pieds et se mit à le caresser.
« Ici, à Canela, on n’a fait que parler du coup de fil que t’as reçu d’Uruguay et de ton départ. Comme ça, tout à coup, sans donner d’explications. T’étais où ?
— En Uruguay.
— Ca j’avais compris, Ducon. Mais qu’est-ce que t’es allé y foutre ?
— C’est mes oignons. »
Christina éclata de rire. « Quel beau dialogue, dit-elle. Tu devrais le copier dans un de tes bouquins.
— Je n’y manquerai pas. Les bons dialogues, c’est pas facile à trouver. »
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Rumba de
Alberto Ongaro
La vie proposait d’excellentes detective stories. Bien mieux : une série de rendez-vous manqués, la disparition inopinée de l’un des deux personnages, une sorte de passage du témoin de l’un à l’autre, et un seul des deux pour continuer le voyage de Rio et affronter les ténèbres qui entouraient la mort de Cayetana. Le destin était un bon narrateur. Et il voulait peut-être savoir maintenant comment Huston s’en tirerait.
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La partita de
Alberto Ongaro
J'étais parfaitement conscient de la frivolité de mes pensées et nullement disposé à les condamner. Car, je l'admets sans réticence, j'ai toujours eu le plus grand respect pour la frivolité, que je considère comme une sorte de dentelle tendue sur le vide,comme un dessin délicat sur fond de néant.
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Rumba de
Alberto Ongaro
Il s’interrompit, secoua doucement la tête. « C’est curieux qu’à une époque aussi cynique que la nôtre, des poches de romantisme demeurent chez des individus dont on attendrait devant la vie des attitudes fort différentes. Mais les passions ne regardent personne en face. »