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Par annie, le 28/11/2008
Brooklyn Follies de
Paul Auster
"la lecture était ma liberté et mon réconfort, ma consolation, mon stimulant favori : lire pour le pur plaisir de lire, pour ce beau calme qui vous entoure quand vous entendez dans votre tête résonner les mots d'un auteur."
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Par Lyjazz, le 29/01/2012
L'Invention de la solitude de
Paul Auster
Un seul occupant peuplait la pièce, deux personnes l'encombraient. Il était impossible de s'y déplacer sans contracter son corps pour le réduire à ses moindre dimensions, sans concentrer son esprit en un point infiniment petit au-dedans de soi. Ce n'est qu'à cette condition que l'on pouvait commencer à respirer, sentir la chambre se déployer et se voir en explorer mentalement l'étendue démesurée et insondable. Car cette chambre contenait un univers entier, une cosmogonie en miniature comprenant tout ce qui existe de plus vaste, de plus distant, de plus inconnu. C'était une châsse, à peine plus grande q'un corps humain, à la gloire de tout ce qui en dépasse les limites : la représentation, jusqu'au moindre détail, du monde intérieur d'un homme. S. avait littéralement réussi à s'entourer de ce qui se trouvait au-dedans de lui. L'espace qu'il habitait tenait du rêve, ses murs tels la peau d'un second corps autour du sien, comme si celui-ci avait été transformé en esprit, vivant instrument de pensée pure. C'était l'utérus, le ventre de la baleine, le lien originel de l'imagination. En se situant dans cette obscurité, S. avait inventé un moyen de rêver les yeux ouverts.
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L'Invention de la solitude de
Paul Auster
Il trouve extraordinaire, même dans l’ordinaire de son existence quotidienne, de sentir le sol sous ses pieds, et le mouvement de ses poumons qui s’enflent et se contractent à chaque respiration, de savoir qu’il peut, en posant un pied devant l’autre, marcher de là où il est à l’endroit où il veut aller. Il trouve extraordinaire que, certains matins, juste après son réveil, quand il se penche pour lacer ses chaussures, un flot de bonheur l’envahisse, un bonheur si intense, si naturellement en harmonie avec l’univers qu’il prend conscience d’être vivant dans le présent, ce présent qui l’entoure et le pénètre, qui l’envahit soudain, le submerge de la conscience d’être vivant. Et le bonheur qu’il découvre en lui à cet instant est extraordinaire. Et qu’il le soit ou non, il trouve ce bonheur extraordinaire.
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Par Zum, le 30/01/2012
Moon Palace de
Paul Auster
Un roman passionnant, foisonnant on pourrait dire. Qui tient dans la poche et qui se lit vite mais dans lequel on a l'impression de sans cesse changer de lieu, de temps, d'état d'esprit, d'y rester des années sans jamais s'ennuyer. Et on n'est même pas triste quand arrive la fin, parce qu'elle arrive au bon moment. Une qualité rare!
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Disparitions de
Paul Auster
VEILLE
Nuit. Et j’ai avancé ma main de mendiant
vers ton ombre, cramponnée
aux murs nets, ocre,
de la faim.
Au-dessus de nous, le ciel a fait
éclater son secret.
Au-dessus de nous, une charrue a fendu la terre
en deux. J’ai vidé
les constellations, puis
t’ai fourrée à nouveau d’éternité.
Nuit. Et je t’ai verrouillé dans
la question
qui s’écoulait de moi avec la rosée. Et j’ai appris par cœur
le silence. Et j’ai bâti une réponse
pour personne. Et je suis remonté
de ton corps profond, lumineux.
Et me suis perdu moi-même
à jamais.
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Brooklyn Follies de
Paul Auster
Je veux parler de bonheur et de bien-être, de ces instants rares et inattendus où la voix intérieure se tait et où l’on se sent à l’unisson avec le monde.
Je veux parler du temps qu’il fait au début de juin, d’harmonie et de repos béat, de rouges-gorges, de pinsons jaunes et de merles bleus filant entre les feuilles vertes des arbres.
Je veux parler des bienfaits du sommeil, du plaisir de manger et de boire, de ce qui arrive au cerveau quand on sort dans la lumière du soleil de quatorze heures et qu’on sent autour de soi la chaude étreinte de l’air.
Je veux parler de Tom et de Lucy, de Stanley Chowder et des quatre jours que nous avons passés à l’auberge Chowder, des pensées que nous avons pensées et des rêves que nous avons rêvés en haut de cette colline dans le Sud du Vermont.
Je veux me rappeler les crépuscules céruléens, les aubes langoureuses et rosées, les jappements des ours, la nuit, dans les bois.
Je veux me rappeler de tout cela. Et si tout, c’est trop demander, alors une partie. Presque tout. Presque tout, avec des blancs réservés pour ce qui manque.
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Par Lene, le 28/06/2008
Brooklyn Follies de
Paul Auster
" L'inaction engendre la pensée, et penser peut être dangereux, quiconque vit seul le comprendra sans peine"
page 208
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Brooklyn Follies de
Paul Auster
Tout homme contient en lui plusieurs hommes et, pour la plupart, nous sautons de l'un à l'autre sans jamais savoir qui nous sommes. En haut un jour, en bas le lendemain ; moroses et silencieux le matin, rieurs et farceurs le soir.
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Mr Vertigo de
Paul Auster
Je n’étais plus Walt Rawley, le petit Blanc misérable sans un pot pour pisser, j’étais Walt le Prodige, le minuscule casse-cou qui défiait les lois de la pesanteur, le seul et unique as des airs.
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Par Stemilou, le 15/04/2011
Brooklyn Follies de
Paul Auster
« Je cherchais un endroit tranquille où mourir. Quelqu’un me conseilla Brooklyn et, dès le lendemain matin, je m’y rendis de Westchester afin de reconnaître le terrain. Il y avait cinquante-six ans que je n’étais pas revenu là et je ne me souvenais de rien. Je n’avais que trois ans lorsque mes parents avaient quitté la ville, et pourtant je m’aperçus que je retournais d’instinct au quartier que nous avions habité, à la manière d’un chien blessé qui se traîne vers le lieu de sa naissance. »