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Par annie, le 28/11/2008
Brooklyn Follies de
Paul Auster
"la lecture était ma liberté et mon réconfort, ma consolation, mon stimulant favori : lire pour le pur plaisir de lire, pour ce beau calme qui vous entoure quand vous entendez dans votre tête résonner les mots d'un auteur."
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Léviathan de
Paul Auster
L'époque Reagan commençait. Sachs continuait de faire ce qu'il avait toujours fait, mais dans le nouvel ordre américain des années quatre-vingt, sa position tendait à se marginaliser. S'il ne manquait pas de lecteurs, leur nombre se réduisait néanmoins et les revues qui le publiaient devenaient de plus en plus obscures. De façon presque imperceptible, il en vint à être considéré comme dépassé, comme décalé par rapport à l'esprit du temps. Le monde autour de lui avait changé, et dans le climat ambiant d'égoïsme et d'intolérance, d'américanisme débile et triomphant, ses opinions rendaient un son étrange de raideur et de moralisme. Il était déjà assez inquiétant que la droite fût partout en pleine progression ; l'écroulement de toute réelle opposition à cette droite paraissait à Sachs plus inquiétante encore. Le parti démocrate s'était effondré ; la gauche avait pratiquement disparu ; la presse était muette. L'autre bord s'était soudain approprié tout les arguments, et élever la voix contre lui passait pour de mauvaises manières. Sachs continuait à exprimer ses idées, à affirmer haut et fort ce qu'il avait toujours cru vrai, mais de moins en moins de gens prenait la peine de l'écouter. Il prétendait que cela lui était égal, mais je voyais bien que le combat l'épuisait et qu'alors même il tentait de trouver un réconfort dans la conviction d'avoir raison, il perdait peu à peu confiance en lui.
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L'Invention de la solitude de
Paul Auster
Il trouve extraordinaire, même dans l’ordinaire de son existence quotidienne, de sentir le sol sous ses pieds, et le mouvement de ses poumons qui s’enflent et se contractent à chaque respiration, de savoir qu’il peut, en posant un pied devant l’autre, marcher de là où il est à l’endroit où il veut aller. Il trouve extraordinaire que, certains matins, juste après son réveil, quand il se penche pour lacer ses chaussures, un flot de bonheur l’envahisse, un bonheur si intense, si naturellement en harmonie avec l’univers qu’il prend conscience d’être vivant dans le présent, ce présent qui l’entoure et le pénètre, qui l’envahit soudain, le submerge de la conscience d’être vivant. Et le bonheur qu’il découvre en lui à cet instant est extraordinaire. Et qu’il le soit ou non, il trouve ce bonheur extraordinaire.
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Par meyeleb, le 15/04/2012
Tombouctou de
Paul Auster
Rendre le monde meilleur.Apporter un peu de beauté dans les coins ternes et monotones des âmes.. On peut faire ça avec un grille-pain, on peut le faire avec un poème, on peut le faire en tendant la main à un inconnu. Peut importe la forme que ça prend. Laisser le monde un peu meilleur qu'on ne l'a trouvé. C'est ce qu'un homme peut faire de mieux.
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Par Lene, le 28/06/2008
Brooklyn Follies de
Paul Auster
" L'inaction engendre la pensée, et penser peut être dangereux, quiconque vit seul le comprendra sans peine"
page 208
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Brooklyn Follies de
Paul Auster
Je veux parler de bonheur et de bien-être, de ces instants rares et inattendus où la voix intérieure se tait et où l’on se sent à l’unisson avec le monde.
Je veux parler du temps qu’il fait au début de juin, d’harmonie et de repos béat, de rouges-gorges, de pinsons jaunes et de merles bleus filant entre les feuilles vertes des arbres.
Je veux parler des bienfaits du sommeil, du plaisir de manger et de boire, de ce qui arrive au cerveau quand on sort dans la lumière du soleil de quatorze heures et qu’on sent autour de soi la chaude étreinte de l’air.
Je veux parler de Tom et de Lucy, de Stanley Chowder et des quatre jours que nous avons passés à l’auberge Chowder, des pensées que nous avons pensées et des rêves que nous avons rêvés en haut de cette colline dans le Sud du Vermont.
Je veux me rappeler les crépuscules céruléens, les aubes langoureuses et rosées, les jappements des ours, la nuit, dans les bois.
Je veux me rappeler de tout cela. Et si tout, c’est trop demander, alors une partie. Presque tout. Presque tout, avec des blancs réservés pour ce qui manque.
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Brooklyn Follies de
Paul Auster
Tout homme contient en lui plusieurs hommes et, pour la plupart, nous sautons de l'un à l'autre sans jamais savoir qui nous sommes. En haut un jour, en bas le lendemain ; moroses et silencieux le matin, rieurs et farceurs le soir.
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Disparitions de
Paul Auster
VEILLE
Nuit. Et j’ai avancé ma main de mendiant
vers ton ombre, cramponnée
aux murs nets, ocre,
de la faim.
Au-dessus de nous, le ciel a fait
éclater son secret.
Au-dessus de nous, une charrue a fendu la terre
en deux. J’ai vidé
les constellations, puis
t’ai fourrée à nouveau d’éternité.
Nuit. Et je t’ai verrouillé dans
la question
qui s’écoulait de moi avec la rosée. Et j’ai appris par cœur
le silence. Et j’ai bâti une réponse
pour personne. Et je suis remonté
de ton corps profond, lumineux.
Et me suis perdu moi-même
à jamais.
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Par milado, le 12/05/2012
Mr Vertigo de
Paul Auster
Quand les porte-monnaie sont vides, disait-il, les cerveaux se remplissent de colère et de boue.
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Par milado, le 14/05/2012
Mr Vertigo de
Paul Auster
On ne fait plus d'hommes comme maître Yehudi, et on ne fait plus non plus de gamins comme moi : stupides, susceptibles, cabochards. Nous vivions autrefois dans un monde différent, et ce que le maître et moi avons fait ensemble ne serait plus possible de nos jours. Les gens ne le toléreraient pas. Ils appelleraient les flics, ils écriraient à leur député, ils consulteraient leur médecin de famille. Nous ne sommes plus aussi coriaces que nous l'étions, et peut-être le monde est-il devenu plus habitable, je ne sais pas. Mais je sais qu'on n'a rien pour rien, et que plus ce qu'on désire est grand, plus il faut payer pour l'avoir.
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