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Par nadejda, le 02/09/2011
Chronique de la dernière révolution de
Antoni Casas Ros
Toucher le fond de la solitude. Ne pas s'arrêter avant. Dans ses extrémités, la solitude devient douce et parfumée. C'est dans cette douceur que surgit la joie, que se fragmente et disparaît la sensation d'abandon. p189
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Par nadejda, le 02/09/2011
Chronique de la dernière révolution de
Antoni Casas Ros
J'aimerais que nos corps soient désintégrés, qu'il n'en reste pas la moindre parcelle. Qu'une danse légère d'atomes qui virevolte dans l'espace.
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Par nadejda, le 03/02/2011
Enigma de
Antoni Casas Ros
--- J'aime beaucoup cette idée. Imagine, tous les livres se réinventent eux-mêmes. Les classiques se régénèrent. Les livres ignorés par la critique sont relus et redécouverts, le visage de la littérature change sans cesse, les écrivains n'ont même plus besoin d'écrire, ils regardent stupéfaits leur oeuvre aller vers de nouveaux horizons, les livres se mélangent, forment des couples, les pages volent de l'un à l'autre. Hilarant ! Tu entres dans une librairie et il faut ramper pour échapper aux feuillets qui volent et se cherchent un nouveau livre, un nouveau contexte !
--- Tu me fais mourir de rire !
--- Du coup, un livre serait tous les livres. Accès immédiat à la culture. On achèterait qu'un seul livre dans sa vie et on ne cesserait de le relire !
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Par nadejda, le 02/09/2011
Chronique de la dernière révolution de
Antoni Casas Ros
Connaître la beauté, c'est entrer au coeur du chaos. Et le chaos est la plus parfaite image de la liberté. Dès qu'il y a un ordre, la dictature s'installe. p18
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Par nadejda, le 02/09/2011
Chronique de la dernière révolution de
Antoni Casas Ros
Toute la connaissance humaine, toute la créativité, le génie, comme une mélodie qui se perd dans le gouffre des volcans. Il y a du feu en nous, qu'il nous consume, qu'il transforme notre vanité en une lente coulée de lave qui s'échappe dans le ciel à la recherche de l'indicible. p155
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Par joelse, le 01/05/2010
Le théorème d'Almodovar de
Antoni Casas Ros
Une fois évaporée la nécessité de posséder un être, les objets perdent leur valeur affective.
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Enigma de
Antoni Casas Ros
Traverser les livres dans le silence était pour moi une expérience étonnante. Je sentais chaque auteur, chaque texte, d'une manière absolument organique. Les livres avaient un effet direct sur tout mon être et de temps en temps, il fallait que je les change de place. Un volume demandait à venir sur la table pour qu'il trouve son lecteur du jour. Un autre désirait réintégrer les rayonnages, se fondre dans la masse anonyme. Certains auteurs criaient, ne supportaient plus l'ordre alphabétique, ils voulaient clairement échapper à une certaine fatalité de voisinage et le disaient haut et fort. Il suffisait d'être à l'écoute des livres pour comprendre qu'on ne pouvait rien leur imposer. Un livre est un organisme vivant, avec ses besoins, ses rêves, ses revendications. Et trop souvent, les librairies et les bibliothèques ressemblaient à des mouroirs où s'entassaient des êtres débilités. En passant, je pris un petit volume de Reinaldo Arenas : Arturo, l'étoile la plus brillante. Il exigeait d'être lu ce matin même, dans la tranquillité, l'odeur du café, les rires des enfants
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Par nadejda, le 02/09/2011
Chronique de la dernière révolution de
Antoni Casas Ros
----- J'ai ouvert les yeux avant d'entendre parler d'Y.
----- Qu'as-tu vu ?
----- L'absence de liberté de plus en plus manifeste. La répression. La violence. La puissance de la norme. La perversité et le cynisme politique. La grande médiocrité de nos dirigeants. La démocratie dictatoriale. Tous les mouvements qui tendent à réintroduire la liberté sont détruits à peine créés. Beaucoup de gens disparaissent, dans les universités et même dans les lycées. Nous sommes tous des lycéens parce qu'ils font moins attention à nous, ils ne nous prennent pas au sérieux... p17
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Par summerday, le 07/04/2010
Le théorème d'Almodovar de
Antoni Casas Ros
C'est en sortant du cinéma que nous avons vu le cerf. Une petite salle de mon quartier. Il y a en a encore. Les fauteuils un peu défoncés. L'odeur antique de tous les rêves, de toutes les peurs, de tous les espoirs de rencontrer l'amour que viennent de vivre les héros. Le désir que notre vie soit enfin grandiose. Que se profile une grande passion même si elle doit nous détruire. C'est cette prise de risque que tout grand film nous apporte. Sortis de la salle obscure, quelques larmes retenues, quelques larmes sur la nullité de notre vie, nous ne marchons plus de la même manière. Tout grand film nous fait tituber, nous laisse un moment ou une éternité dans cette sensation planctonienne un peu molle, flottant entre deux eaux. Ce sentiment vague que nous pouvons enfin vivre comme un héros, que nous pouvons traverser la vie plutôt que la fuir. Dans ces moments de grâce, nous sentons notre fragilité, nous palpons notre chair indécise, nous permettons au rêve intense de la beauté de surgir et de nous emporter. Puis la peur se profile. La nécessité de garder un cadre, des formes, un fonctionnement social. Je suis ce que tout grand film éclaire en nous, cette possibilité d'agir avec liberté. Qui n'a pas rêvé en sortant d'une projection, de disparaître ? Ne plus voir sa famille, ses amis, de ne plus aller travailler le lendemain, de ne plus être celui que tout le monde connaît. De s'installer dans une nouvelle ville, de prendre le risque enfin de ne plus faire plaisir qu'à soi-même.
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Par nadejda, le 02/09/2011
Chronique de la dernière révolution de
Antoni Casas Ros
Et tous ces destins chaotiques qui se croisent sans cesse et ne se voient pas, chacun sur un rail fatal qui s'interrompt brusquement au centre de nulle part dans la décharge des coeurs mutilés. p32