ISBN : 2070119300
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Défiguré à la suite d'un accident, le narrateur émerge lentement de sa solitude, réconcilie la forme et le sans-forme, explore le monde duquel il s'était retiré. Le double regard, celui, distant, d'Almodovar qui le filme et celui, passionné, d'un transsexuel, lui fait c... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par IreneAdler, le 14 mai 2012

    IreneAdler
    Le narrateur, un certain Antoni Casas Ros, vit en quasi reclus dans son appartement. Voilà 15 ans, à la suite d'un accident, il fut défiguré et sa compagne fut tuée. Depuis, il erre de port en port, rêvant de départ, entre l'Espagne, la France et l'Italie.
    Il trouvera la force de s'en sortir grâce à un transsexuel, sa rencontre avec Pedro Almodovar, l'écriture d'un roman et un cerf, naturellement.
    Un roman sur la solitude, le regard des autres (réel ou imaginé) et les mathématiques Mais aussi la reconstruction de soi, en passant par des chemins peu courants : tomber amoureux d'un transsexuel non opéré.
    Cela laisse facilement penser à une réunion de freaks. Il n'en est rien : il s'agit d'apprivoiser sa différence, l'accepter et autoriser les autres à la regarder. Sa longue solitude et son don des mathématiques lui a permis de développer une conscience aigüe du monde, et du fait qu'il est plus productif d'explorer l'inconnu et le connu (évidence trop souvent oubliée).
    Un premier roman étrange, qui donne envie de découvrir les suivants.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par centrino, le 25 avril 2011

    centrino
    Premier roman d'un écrivain catalan français, et jolie surprise pour moi qui aime les romans (mais en est-ce bien un ?) avec une touche de poésie...
    En deux mots, le narrateur y raconte son parcours (du combattant) suite à un accident de la route (occasionné par un cerf) au cours duquel il perd sa fiancée, mais aussi son visage... En vrai pigeon voyageur, il déménage régulièrement, vivant reclus en donnant des cours de mathématiques via internet, ne sortant que le soir (pour fuir le regard des gens dits normaux), et vivant surtout la nuit.
    Il fera des rencontres décisives, comme un transsexuel prostitué au grand coeur, le cinéaste Almodovar , mais aussi le fameux cerf... Tous trois lui en apprendront un peu plus sur ses peurs et ses doutes.
    Les thèmes abordés et les réflexions à méditer dans ce court roman sont légion, comme la guerre civile espagnole et le fachisme, la beauté du corps et des arts, le besoin pour tout personne d'être aimée, le regard des autres, la nécessité de vivre SA vie comme on l'entend, ...Tout cela baigné dans un éther de théorèmes mathématiques, de poésie et de surréalisme nous donne - comme vous l'aurez compris - un roman atypique, voire inclassable sortant du lot, comme on aimerait en lire plus. Chapeau donc à l'auteur pour un premier roman de cette verve!
    Il va sans dire que son livre 'Enigma' (sortant en juin en poche) compte déjà un lecteur impatient de voir sa sortie en librairie..
    .
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par janemar, le 06 novembre 2011

    janemar
    Premier livre, très « scientifique et divers »,
    Roman autobogriaphique ? le narrateur et l'écrivain sont ils une seule et meme personne ? Almodovar qui paraît dans le livre est ce une utopie, un rêve, un désir.
    L'histoire : Antoni mathématicien de haut niveau dont le père espagnol a été fasciste et la mère italienne, fervente militante de gauche, divorce d'ailleurs et emmène son fils Antoni en Italie quand celui-ci découvre la nature de son père…
    Il a un accident de voiture avec sa compagne qui meurt, et en ressort complètement défiguré il ne sort plus et donne des leçons de maths sur internet, il rencontre avec Almodovar, un transexuel, dont il s'éprend et vit. Un film est tourné sur sa vie par Almodovar, et il partira en bout de course avec sa prostituée…
    D'excellent passages aux intonations très personnelles et poignantes, sur le pardon
    A la mort de son père :
    « … je lui ai dis que je lui pardonnais…
    Mais je savais que l'on ne peut pardonner certaines choses qu'à ceux que l'on ne reverra jamais. le pardon, parfois ne supporte pas la proximité. »
    Son écriture est simple et directe, il ne se cache pas, il dit les choses telles qu'il les sent, naturellement, il parle de ses rapports sexuels avec Lisa (la transexuelle) très librement, ce n'est pas de la pornographie il explique les choses telles qu'elle sont ; et l'on est pas géné.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par myloubook, le 01 octobre 2008

    myloubook
    Lhistoire est celle du narrateur, Antoni Casas Ros, défiguré par un accident de voiture et vivant isolé depuis. Déménageant régulièrement, se promenant la nuit, travaillant à distance, Antoni voit sa vie bouleversée par larrivée de nouveaux éléments : un cerf, celui de laccident, qui le retrouve en ville après des années ; Almodovar, qui veut faire un film sur lui et lui présente Lisa ; et justement, Lisa, prostituée transsexuelle au grand cœur qui se prend rapidement daffection pour lhomme sans visage.
    Beaucoup de thématiques se dégagent de ce court livre assez complexe.
    Le corps, objet de fascination, soulève de nombreuses questions : dans quelle mesure lidentité dun individu est-elle dépendante du corps qui lemprisonne? Opposé à lessence, concept abstrait, le corps encombrant prend ici diverses formes : le visage déchiré, aux traits cubistes ; landrogyne (à travers la fascination quexerce la belle Lisa, son évocation de la transsexualité) ; ou encore avec Almodovar, dont le corps est lantithèse de celui du héros, sans angles, tout en rondeur.
    Lombre du franquisme et les séquelles de la guerre dEspagne se font aussi sentir. Sans être le sujet principal, il suit le héros depuis des années, lorsquil a découvert que son père était un fasciste probablement impliqué dans la disparition de communistes.
    Le cinéma est aussi évoqué à travers lunivers dAlmodovar (plus largement, lArt en général est abordé, avec de brèves évocations donnant du narrateur limage dun homme cultivé). le choix des séquences du film, des acteurs, les prises de vue, la trame de lhistoire sont plusieurs fois discutés.
    Javoue avoir été saisie par létrange entrée en matière, la première phrase assez curieuse, peut-être un peu pompeuse, qui ne laisse pas facilement présager de la suite. Ce livre est étonnant, déconcertant. Bien écrit, il est empreint dune grande sensualité. Très introspectif, il aborde beaucoup de questions essentielles, comme lurgence de vivre ou lemprisonnement des individus dans des carcans quils simposent souvent. La biographie se mêle au surréalisme, le tout pour un résultat troublant, dune beauté étrange. Intéressant.

    Lien : http://www.myloubook.com
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    • Livres 4.00/5
    Par BVIALLET, le 03 mai 2012

    BVIALLET
    Suite à un accident causé par l'irruption d'un cerf devant sa 4 L, Antoni Casas Ros se retrouve défiguré et son amie décédée. Quelques années plus tard, mathématicien à la triste figure, il cache « son nez désastreux » et « son visage cubiste » dans le quartier interlope du port de Gênes, loin de sa Catalogne française natale. Il vit en donnant des cours par Internet, ne sort que la nuit et finit par rencontrer une certaine Lisa, transexuel prostitué doté d'un corps d'hermaphrodite avec qui il vit une passion sulfureuse. Pour des raisons différentes, ni l'un ni l'autre ne veut se faire opérer. Ros pourrait bénéficier d'une chirurgie réparatrice, mais il craint de ne plus pouvoir continuer à vivre en marge. Quant à Lisa, elle craint à la fois de perdre sa clientèle et ses attributs virils. Leur histoire intéresse le cinéaste espagnol Almodovar qui souhaite en faire un film...
    Un premier roman surprenant autant par son style impeccable et agréable à lire que pour son ambiance poétique et quasi surréaliste. L'intrusion du cerf qui va jusqu'à squatter le canapé de l'improbable couple en est un bel exemple. Véritable oeuvre littéraire dans toute l'acception du terme, « Le théorème d'Almodovar » n'est pas vraiment le témoignage d'un accidenté victime d'un chirurgien peu adroit ni un récit psycho-chirurgical. Il nous entraîne beaucoup plus loin, au niveau du rêve, de l'onirisme et de l'inaccessible. Une très belle surprise. Au fait, qu'est-ce que ce fameux théorème ? Il l'explique lui-même : « Il suffit de regarder assez longtemps pour transformer l'horreur en beauté. »

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Citations et extraits

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  • Par summerday, le 07 avril 2010

    C'est en sortant du cinéma que nous avons vu le cerf. Une petite salle de mon quartier. Il y a en a encore. Les fauteuils un peu défoncés. L'odeur antique de tous les rêves, de toutes les peurs, de tous les espoirs de rencontrer l'amour que viennent de vivre les héros. Le désir que notre vie soit enfin grandiose. Que se profile une grande passion même si elle doit nous détruire. C'est cette prise de risque que tout grand film nous apporte. Sortis de la salle obscure, quelques larmes retenues, quelques larmes sur la nullité de notre vie, nous ne marchons plus de la même manière. Tout grand film nous fait tituber, nous laisse un moment ou une éternité dans cette sensation planctonienne un peu molle, flottant entre deux eaux. Ce sentiment vague que nous pouvons enfin vivre comme un héros, que nous pouvons traverser la vie plutôt que la fuir. Dans ces moments de grâce, nous sentons notre fragilité, nous palpons notre chair indécise, nous permettons au rêve intense de la beauté de surgir et de nous emporter. Puis la peur se profile. La nécessité de garder un cadre, des formes, un fonctionnement social. Je suis ce que tout grand film éclaire en nous, cette possibilité d'agir avec liberté. Qui n'a pas rêvé en sortant d'une projection, de disparaître ? Ne plus voir sa famille, ses amis, de ne plus aller travailler le lendemain, de ne plus être celui que tout le monde connaît. De s'installer dans une nouvelle ville, de prendre le risque enfin de ne plus faire plaisir qu'à soi-même.
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  • Par summerday, le 07 avril 2010

    Deux jours plus tard il s'en est allé, mais je savais qu'on ne peut pardonner certaines choses qu'à ceux qu'on ne reverra jamais. Le pardon, parfois, ne supporte pas la proximité
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  • Par joelse, le 01 mai 2010

    Une fois évaporée la nécessité de posséder un être, les objets perdent leur valeur affective.
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  • Par rossyp, le 02 septembre 2009

    J'écris livre après livre jusqu'à ce que mes lecteurs me trouvent.
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  • Par joelse, le 01 mai 2010

    Le principe d'incertitude est plus excitant que toute réalité définie
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