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Par BMR, le 21/08/2007
Mokusei ! de
Cees Nooteboom
La plupart des Européens ou des Américains qui viennent ici [...] n'ont aucune véritable connaissance du Japon. Il savent que c'est « différent », mais le Viêt-Nam et la Côte d'Ivoire aussi sont différents. La différence du Japon est, je m'excuse ... différente. Mais comment le leur expliquer ? Ils ne parlent pas la langue et, dans la majorité des cas, ne la parleront jamais. Ils ont bien quelques vagues notions, mais ignorent tout de la civilisation japonaise. Peu leur en chaut d'ailleurs, car ils ont mieux : ils ont une certaine idée du Japon.
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Par Cath36, le 20/03/2011
L'histoire suivante de
Cees Nooteboom
Car voilà une chose que la vie m'a apprise :quand une femme s'est donné un but, des forces sont mises en jeu contre lesquelles le hommes, avec toute leur prétendue volonté ne peuvent rien tenter.
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Par Cath36, le 20/03/2011
L'histoire suivante de
Cees Nooteboom
Soir dans ma mémoire, soir à Lisbonne. En ville, les lumières s'étaient allumées, mon regard s'était fait oiseau et planait capricieusement au-dessus des rues. Ici, sur la hauteur, l'air s'était rafraîchi, les voix enfantines avaient déserté les jardins, je voyais les ombres obscures des amants, statues accrochées l'une à l'autre, créatures doubles au long cheminement. Ignis mutat res, murmurai-je, mais aucun feu ne viendrait plus modifier ma matière, j'avais déjà subi ma mutation.
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Par Cath36, le 22/05/2011
Le jour des Morts de
Cees Nooteboom
C'était la même chose à chaque instant, un monde plein d'espaces vides où l'on avait tenu un rôle dans une multitude de situations différentes, conversations, disputes, amours, et tous ces espaces vides étaient désormais hantés par un fantôme de vous-même, un double invisible et dégradé, incapable d'emplir ces espaces du moindre atome, une présence ancienne devenue absence et qui se mêlait au même endroit à l'absence de beaucoup d'autres, un empire de disparus et de morts.
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Par Cath36, le 20/03/2011
L'histoire suivante de
Cees Nooteboom
Nous sommes des épigones, nos vies ont abandonné l'ordre du mythe pour celui de la psychologie. Et nous savons toujours tout, nous formons notre propre choeur monophonique.
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Par Cath36, le 20/03/2011
L'histoire suivante de
Cees Nooteboom
Nous nous étions administré mutuellement des lambeaux de nos vies, et tous, nous traversions l'océan en portant en nous ces fragments encore indigestibles.
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Par Cath36, le 22/05/2011
Le jour des Morts de
Cees Nooteboom
SDF, sans-abri, drogués, clochards, braillards, où qu'il allât dans le monde, les rues en étaient pleines. Délirant, cherchant on ne sait quoi, en guenilles, noirs de crasse... ils marchaient dans les villes comme s'ils étaient sortis des origines du temps pour rappeler à l'humanité quelque chose, mais quoi ? La mort était continuellement au travail en ce monde, et c'était ce qu'ils donnaient à voir.
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Par BMR, le 21/08/2007
Mokusei ! de
Cees Nooteboom
Il avait refusé d'éprouver la moindre déception et attribuait le doute qu'il refoulait avec tant d'efforts à la fatigue de vingt insupportables heures de vol. Quand on a pris la décision de se plaire quelque part, on y réussit généralement. Il avait trop investi dans ce voyage. [...] Il était au Japon. Il ne se laisserait pas voler son plaisir.
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Par BMR, le 21/08/2007
Mokusei ! de
Cees Nooteboom
Quand il eut fini, il dit : « Vous êtes très belle.» Cette phrase le charma par ses limites. Seuls comprenaient tout de vous ceux qui ne comprenaient que peu de mots. C'était très rassurant : entre gens de même langue, le langage gâchait beaucoup de choses, parce qu'avec la parole, pensait-il, commençait toujours le mensonge.
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Par Cath36, le 26/05/2011
Le jour des Morts de
Cees Nooteboom
Des valets élisant leurs maîtres afin de pouvoir rester valets, des maîtres dont ils avaient le droit de devenir les égaux sans l'être en réalité, de quel cerveau dérangé était sortie cette idée ? Tout cela n'avait fait qu'augmenter l'imposture. Et des millions de gens étaient morts pour cette absurdité.