> Suzanne V. Mayoux (Traducteur)

ISBN : 2743611944
Éditeur : Rivages (2004)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 106 notes) Ajouter à mes livres
Rien de plus personnel que les idées qui nous traversent. Rien de plus insondable que le fonctionnement du cerveau… et les pensées des autres. Comme tout Lodge qui se respecte, Pensées secrètes se déroule dans une université (à G... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 02 juin 2011

    kathy
    « Nous ne savons jamais avec certitude ce que pense vraiment quelqu'un d'autre. Même s'il choisit de nous en faire part, nous ne pouvons être sûrs qu'il dit la vérité. Les rideaux de sa conscience pouvant être plus ou moins tirés ».
    Partant de là, D. Lodge va s'amuser à nous faire suivre les gesticulations d'Helen et de Ralph, qui vont déployer autant d'efforts pour préserver le secret de leurs pensées que pour lire dans celles des autres.
    Helen Reed –tout juste veuve, écrivaine chargée d'animer un séminaire de création littéraire-, et Ralph Messenger –technicien de la séduction, professeur et chercheur spécialisé dans l'intelligence artificielle-, cherchent à disséquer la conscience humaine.
    Mais, mis à part le fait qu'ils sont faits pour se rencontrer, jusqu'à quelle limite d'acceptation ira la confrontation de leurs points de vue ? Pourront-ils s'aimer tout en s'opposant sur la définition du mot « conscience » : le scientifique ne la considérant que dans une perspective mécanique ; la littéraire, défendant les conceptions dualistes –corps/esprit-. Pour elle, l'homme a une conscience qui transcende le corps et qui permet de rêver d'immortalité.
    La réponse à ces interrogations nous sera livrée peu à peu grâce aux monologues intérieurs respectifs d'Helen et de Ralph : Helen consignant ses « Pensées secrètes » du jour dans son journal intime; Ralph, captant ses pensées immédiates dans son dictaphone. le contraste de ces confidences nous faisant réfléchir sur le drame de l'homme, déchiré entre la trivialité de sa condition et la grandeur de ses aspirations.
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  • Par nours, le 07 septembre 2008

    nours
    "Dans le cadre de la mythique université de Gloucester, deux personnages se sont engagés dans le jeu complexe de la séduction : Ralph Messenger, spécialiste des sciences cognitives, et Helen Reed, romancière fragilisée par son récent veuvage.
    A travers une succession d'évènements et de retournements de situation, les personnages découvrent, avec brio, qu'on se trompe souvent sur soi et presque toujours sur les autres."
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    • Livres 3.00/5
    Par Lalivrophile, le 15 octobre 2011

    Lalivrophile
    Tout comme Douglas Kennedy, David Lodge sait raconter des événements ordinaires, dont certains sont parfois même attendus, sans que son lecteur s'ennuie. L'intrigue est solide, et même si certaines choses sont un peu grosses (ce qui finit par se passer entre deux personnages, le fait que Messenger découvre ce qu'il y a à savoir sur Carrie), ce n'est finalement pas si grave, car l'auteur a su créer un contexte et des circonstances qui rendent le tout crédible.
    Voilà un autre roman qui se passe dans le milieu universitaire. J'ai retrouvé la plume alerte de David Lodge avec plaisir. Si sa verve et son humour sont au rendez-vous, ce roman est plus grave que certains autres. Les personnages font certaines découvertes qui les forcent à se remettre en question, ainsi que certains événements de leur vie. David Lodge rappelle cruellement que rien n'est acquis, qu'il est très facile de tromper son monde.
    [...]
    Lire la suite sur:

    Lien : http://www.lalivrophile.net/pensees-secretes-de-david-lodge
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    • Livres 3.00/5
    Par Chiwi, le 14 avril 2011

    Chiwi
    Une écrivaine à succès accepte de donner des cours de création littéraire à l'Université de Gloucseter. Elle va faire la connaissance de Ralph Messenger, un spécialiste des sciences cognitives. Un jeu de séduction va commencer entre eux deux.
    Au début le roman alterne les points de vue des deux principaux personnages qui racontent l'histoire par le biais d'un journal intime. Mais cela perd de sa saveur lorsqu'apparait un narrateur omniscient.
    Les ressorts restent classiques et sans grande surprise. L'écrivaine qui accepte la relation adultérine parce que son mari l'a trompé et que la femme de son amant le trompe me semble bien trop cliché. Ce sont des justifications qui ne tiennent pas la route.

    Lien : http://cachouchiwi.over-blog.com/article-pensees-secretes-david-lodg..
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    • Livres 2.00/5
    Par eli-re, le 05 septembre 2011

    eli-re
    Alors oui, certes, ça se lit tout seul... Mais je n'en garderai pas un souvenir impérissable...
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Citations et extraits

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  • Par kathy, le 02 juin 2011

    -Sa mort, dit Helen, a été brusque, sans aucun avertissement. Un anévrisme au cerveau. Tout paraissait aller si bien quand c'est arrivé... Il aurait pu connaître une vie longue et parfaitement réussie, réaliser pour la radio des tas de brillantes émissions, avoir des petits-enfants, voyager dans le monde entier et .. tout ce qu'on peut imaginer.
    -Seulement il l'ignore à présent. Et il n'a pas eu le temps d'y penser avant de mourir. Il est mort plein d'espoir. C'est pourquoi je dis que c'est une façon rêvée de s'en aller.
    -Alors, selon vous, quand nous mourrons, nous cessons donc simplement d'exister? reprend Helen.
    -Pas tout à fait. Les atomes de mon corps sont indestructibles.
    -Mais votre moi, votre esprit, votre âme....?
    -En ce qui me concerne, ces mots ne servent qu'à désigner communément certaines formes d'activité cérébrale. Si le cerveau s'arrête de fonctionner, elles s'arrêtent aussi.
    -Et ça ne vous remplit pas de désespoir?
    -Non, riposte Ralph d'un ton jovial, tout en enroulant sur sa fourchette des rubans de tagliatelles. Qu'y a-t-il de désesparant?
    -Eh bien, tout le temps qu'on passe à acquérir un savoir, de l'expérience, à s'efforcer de bien se conduire, de faire quelque chose de sa peau, comme on dit, à quoi ça rime s'il ne subsiste rien de ce moi après la mort? Autant bâtir un magnifique château de sable au-dessus de la ligne de marée haute.
    -C'est la seule partie de la plage où il soit possible de bâtir un château de sable, réplique Ralph.
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  • Par kathy, le 02 juin 2011

    Le monde a-t-il besoin de plus de romanciers?
    On peut évidemment arguer que l'être humain ne peut se passer de la narration : c'est l'un des outils fondamentaux pour donner un sens à ce que nous vivons, et cela depuis la nuit des temps. Mais cela entraîne-t-il forcément, je me le demande, la multiplication sans fin de nouvelles histoires? Avant le règne du roman, le conteur n'était pas soumis à la même obligation : on pouvait reprendre indéfiniment les vieilles légendes, l'affaire de Troie, l'affaire de Rome, l'affaire de la Grande-Bretagne... en les aménageant pour suivre les changements d'époques et de moeurs. Tandis que depuis trois cents ans les écrivains sont requis d'inventer à chaque coup une nouvelle histoire. Pas totalement nouvelle, bien sûr -il a été assez souligné qu'à un certain degré ce sont les mêmes schémas en nombre limité qui se reproduisent-, mais il faut chaque fois que l'intrigue soit incarnée dans un groupe de personnages différents et se développe dans des circonstances différentes. Si l'on pense aux milliards d'individus réels qui ont vécu sur cette planète, chacun avec son histoire personnelle unique, cela semble extraordinaire, et même pervers, que nous nous cassions la tête pour inventer en supplément toutes ces vies fictives. Et il s'agit vraiment d'un casse-tête. Tant de simples "données" doivent faire l'objet d'une décision lorsqu'on écrit un ouvrage romanesque. La réalité doit être représentée par une pseudo-réalité, laborieusement fabriquée et décrite. Pour pouvoir suivre l'histoire, il faut que le lecteur retienne ces données mais elles sont éliminées dès qu'il a fini le livre, afin de laisser place à un autre. Bientôt il ne subsiste dans sa mémoire qu'un nom ou deux, quelques vagues impressions concernant les personnages, un souvenir approximatif de l'intrigue et le sentiment d'avoir aimé ou non ce qu'il lisait. C'est effrayant de songer au nombre de romans que j'ai pu consommer dans ma vie et au peu de substance que j'en ai retenu dans la plupart des cas. Devrais-je vraiment encourager ces jeunes gens intelligents à apporter leur quote-part au tas de poussière de toutes les vies fictives oubliées? N'auraient-ils pas une activité plus profitable en élaborant des modélisations informatiques de la conscience à l'Institut des sciences cognitives de Ralph Messenger?
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  • Par kathy, le 02 juin 2011

    Voilà ce que j'ai vécu durant les mois qui ont suivi la mort de Martin : une bonne petite réorganisation cognitive. La solitude dévastatrice, les larmes irrépréssibles, les mines antipersonnel de la mémoire qui explosent à chaque pas (cette émission de télé, nous la regardions ensemble, cette lampe, nous l'avons achetée ensemble, un curry de poulet semblable à celui-ci, nous l'avons mangé ensemble -mon Dieu secourez-moi- deux heures avant la rupture d'anévrisme. Même le journal livré chaque matin me rappelait notre habitude de nous le partager au petit déjeuner.
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  • Par kathy, le 02 juin 2011

    On peut toujours tirer les rideaux sur la conscience. Nous ne savons jamais avec certitude ce que pense vraiment quelqu'un d'autre. Même s'il choisit de nous en faire part, nous ne pouvons être sûrs qu'il dit la vérité, ou toute la vérité. Tout comme personne ne peut connaître nos pensées aussi intimes que nous. Mais cela vaut peut-être mieux. La vie en société risquerait, sinon, d'être difficile.
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  • Par kathy, le 02 juin 2011

    Après tant d'années de sexualité monogame auprès de Martin, cela semblait impensable de repartir à zéro avec un nouveau partenaire, un inconnu. Nous étions si accoutumés l'un à l'autre, nous avions pris de l'âge ensemble, acquis une tolérance réciproque à l'égard de nos défaillances, de la compréhension à l'égard de nos besoins, de nos manies, nous connaissions nos préférences, nos inclinations, nos dégoûts, et s'il lui arrivait de débander ou à moi de ne pas jouir, c'était sans importance, il ne laissait pas l'échec le tracasser, je ne faisais pas semblant, car nous savions que ce n'était que partie remise. Il faut du temps pour construire une telle relation, c'est comme une langue à apprendre. Quel comportement avoir en se retrouvant nez à nez, nue à nu, avec un inconnu qui ne la connaîtrait pas, cette langue, qui en parlerait une autre?
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David Lodge - Transfuge magazine .
Entretien avec l'écrivain David Lodge, pour le magazine Transfuge, à l'occasion de la parution de sa pièce de théatre, "La Vérité toute nue", en janvier 2007. A 71 ans, David Lodge est connu dans le monde entier pour son érudition élégante teintée d'humour britannique, et sa capacité à épingler par le rire les travers et les onsessions de ses contemporains. A la fois romancier, dramaturge et essayiste, il a en outre gardé de ses années universitaires une passion pour la chose littéraire, dont il tente d'éclairer le procésus. Rencontre avec un joueur de mots.








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