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ISBN : 2743635665
Éditeur : Payot et Rivages (2016)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 336 notes)
Résumé :
Rien de plus personnel que les idées qui nous traversent. Rien de plus insondable que le fonctionnement du cerveau… et les pensées des autres. Comme tout Lodge qui se respecte, Pensées secrètes se déroule dans une université (à Gloucester), entre deux intellectuels (un chercheur et une romancière) que tout semble séparer au départ.

Lui, quinquagénaire adepte de siestes crapuleuses, est directeur du département de sciences cognitives (entendez par là ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
carre
carre05 mai 2013
  • Livres 4.00/5

Helen Reed est une auteure à succès, femme sensible et brillante. Ralph Messenger, lui est professeur et chercheur spécialisé en sciences cognitives mais aussi un horrible macho ce qui n'est pas incompatible. Et pourtant « les feux de l'amour » vont embraser leurs coeurs (imaginé les notes de piano annonçant ce cultissime feuilleton). Nos deux amants ont néanmoins un point commun celui de tenir un journal intime.
Lodge s'amuse à dévoiler « ces pensées secrètes » avec ce qui fait sa marque de fabrique : intelligence et humour (pas anglais pour rien). On passe d'un journal à l'autre et les pensées de nos tourtereaux sont rarement en phase. Même si on peut regretter, un ralentissement de l'histoire quand Lodge nous la fait prof d'Université (plus de l'ennui pour ma part) , cette histoire d'amour très souvent sarcastique est plaisante de bout en bout.
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pdemweb1
pdemweb108 janvier 2015
  • Livres 5.00/5
Ma 1ère lecture de « pensées secrètes » date de 10ans. le souvenir qu'il me restait est qu'un des sujets traitait les mails et qu'à sa manière très intéressante d'universitaire, David Lodge donnait son point de vue.
Honte sur ma mémoire, car étant toujours un lecteur enthousiaste de David Lodge, j'avais du lire le livre trop vite…..
Mon intérêt à la relecture de ce roman était savoir si à l'heure de Facebook , la découverte du monde internet d'il y a 10 ans pourrait rendre ce roman poussiéreux
A partir d'une trame d'un bon roman de gare avec des rebondissements appropriés et des relations amoureuses sulfureuses, David Lodge explique à sa manière pleine d'humour ( : de faire rencontrer deux personnes de deux univers différents), l'avancée des sciences cognitives, le monde universitaire.
Je suis enthousiasmé par comment David Lodge a su mener la relation amoureuse entre les 2 personnages principaux.
David Lodge nous permet de goûter à différents styles d'écriture et à des textes fantaisistes de grande qualité par l'astuce d'intervention de la prof de littérature.
Si Facebook a remplacé les mails, ma connaissance sur les sciences cognitives n'a pas avancé car ça n'a jamais été mieux expliqué que par ce roman.
Donc c'est un roman qui relate les années 2000, mais qui ne sent pas la poussière….
J'essaierai de le vérifier encore une fois dans 10 ans, (périodicité pour l'époussetage)
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mfrance
mfrance07 janvier 2016
  • Livres 4.00/5
Hilarant ! humour corrosif et dérision assurés.
Je me suis régalée en lisant le chassé-croisé des pensées intimes de Ralph Messenger, professeur et chercheur en sciences cognitives à l'université fictive de Gloucester, et d'Hélène Reed, romancière et veuve de fraîche date, venue assurer un séminaire d'écriture à la place d'un professeur absent.
La restitution par chacun d'eux, à travers leur journal, des événements qu'ils vivent et des sentiments que cela leur inspire est rectifiée par la voix de l'auteur qui, lui, relate avec neutralité leur vie quotidienne et leurs agissements au sein du campus.
On a donc trois versions des événements et deux lectures totalement différentes par les voix de Ralph et d'Helen.
Cette intelligente construction permet au lecteur de mettre le doigt sur les petits arrangements de la vie quotidienne et les nombreux mensonges, plus ou moins véniels, que l'on s'autorise avec plus ou moins de bonne foi !
Que de finesse d'analyse chez David Lodge ! que de malice dans son propos.
On l'aura compris. La parenthèse amoureuse que s'offrent les deux protagonistes du roman n'a strictement aucune importance. Ce qui en a une par contre et de taille c'est la disparité de leurs émotions respectives et le talent avec lequel David Lodge trace le portrait de ces deux êtres aux sensibilités foncièrement différentes : arrogance et "indéboulonnable" certitude chez lui - doute et remise en cause chez elle.
En prime David Lodge fait la grâce au lecteur d'amener de joyeuses digressions à l'intérieur de son récit, par exemple, lorsque Helen propose ses exercices d'écriture aux étudiants de son groupe : comment c'est d'être une chauve-souris ou Mary et les couleurs, tous deux inspirés à Helen par la visite guidée que Ralph lui a faite de son institut de sciences cognitives.
On sent alors chez David Lodge une véritable jubilation à inventer les réponses des étudiants, en écrivant "à la manière de" selon Beckett, Salman Rushdie ou Martin Amis !...
et là le lecteur s'amuse à lire autant que David Lodge s'est amusé à écrire.
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CLAVIE
CLAVIE08 janvier 2013
  • Livres 3.00/5
Ce livre nous ramène sous le règne du succès de John Gray. David Lodge reprend son analyse dans une fiction bien réaliste. Il reproduit les journaux intimes de cet homme marié volage et de cette femme fragile sentimentalement, dont la rencontre berce leurs émotions inavouables, voir choquantes.
Habillement, ce roman nous renvoie à nos propres aspirations déviantes – voyeurisme peut-être, manipulation sûrement, sacro-saint mensonge indéniablement. Ce cynisme ambiant se pare heureusement de touches humoristiques.
Ainsi, Carrie, femme lucide de son statut d'épouse trompée et blessée dans son amour propre, décrit son Messenger de mari (joli jeu de mots) par « Son câblage à lui doit le destiner au bonheur… C'est probablement pour ça que je l'ai épousé ».
Mes trois étoiles viennent de la forme du récit écrit en film des années 1990-2000. Les symboles ponctuent une lente mise en condition du lecteur – personnellement, les canards « Séphora » m'ont amusée- sur fond de références incompréhensibles aux techniques émergeantes. Puis la fin, bien compréhensible celle-ci, s'impose en sortie irrémédiable.

Pourtant l'originalité avec laquelle David Lodge mène les montées de conscience individuelle de ses personnages reste unique, la crédibilité de l'histoire aussi.La transgression nourrit ici effectivement une agréable littérature.
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kathy
kathy02 juin 2011
  • Livres 3.00/5
« Nous ne savons jamais avec certitude ce que pense vraiment quelqu'un d'autre. Même s'il choisit de nous en faire part, nous ne pouvons être sûrs qu'il dit la vérité. Les rideaux de sa conscience pouvant être plus ou moins tirés ».
Partant de là, D. Lodge va s'amuser à nous faire suivre les gesticulations d'Helen et de Ralph, qui vont déployer autant d'efforts pour préserver le secret de leurs pensées que pour lire dans celles des autres.
Helen Reed –tout juste veuve, écrivaine chargée d'animer un séminaire de création littéraire-, et Ralph Messenger –technicien de la séduction, professeur et chercheur spécialisé dans l'intelligence artificielle-, cherchent à disséquer la conscience humaine.
Mais, mis à part le fait qu'ils sont faits pour se rencontrer, jusqu'à quelle limite d'acceptation ira la confrontation de leurs points de vue ? Pourront-ils s'aimer tout en s'opposant sur la définition du mot « conscience » : le scientifique ne la considérant que dans une perspective mécanique ; la littéraire, défendant les conceptions dualistes –corps/esprit-. Pour elle, l'homme a une conscience qui transcende le corps et qui permet de rêver d'immortalité.
La réponse à ces interrogations nous sera livrée peu à peu grâce aux monologues intérieurs respectifs d'Helen et de Ralph : Helen consignant ses « pensées secrètes » du jour dans son journal intime; Ralph, captant ses pensées immédiates dans son dictaphone. le contraste de ces confidences nous faisant réfléchir sur le drame de l'homme, déchiré entre la trivialité de sa condition et la grandeur de ses aspirations.
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Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
kathykathy02 juin 2011
Le monde a-t-il besoin de plus de romanciers?
On peut évidemment arguer que l'être humain ne peut se passer de la narration : c'est l'un des outils fondamentaux pour donner un sens à ce que nous vivons, et cela depuis la nuit des temps. Mais cela entraîne-t-il forcément, je me le demande, la multiplication sans fin de nouvelles histoires? Avant le règne du roman, le conteur n'était pas soumis à la même obligation : on pouvait reprendre indéfiniment les vieilles légendes, l'affaire de Troie, l'affaire de Rome, l'affaire de la Grande-Bretagne... en les aménageant pour suivre les changements d'époques et de moeurs. Tandis que depuis trois cents ans les écrivains sont requis d'inventer à chaque coup une nouvelle histoire. Pas totalement nouvelle, bien sûr -il a été assez souligné qu'à un certain degré ce sont les mêmes schémas en nombre limité qui se reproduisent-, mais il faut chaque fois que l'intrigue soit incarnée dans un groupe de personnages différents et se développe dans des circonstances différentes. Si l'on pense aux milliards d'individus réels qui ont vécu sur cette planète, chacun avec son histoire personnelle unique, cela semble extraordinaire, et même pervers, que nous nous cassions la tête pour inventer en supplément toutes ces vies fictives. Et il s'agit vraiment d'un casse-tête. Tant de simples "données" doivent faire l'objet d'une décision lorsqu'on écrit un ouvrage romanesque. La réalité doit être représentée par une pseudo-réalité, laborieusement fabriquée et décrite. Pour pouvoir suivre l'histoire, il faut que le lecteur retienne ces données mais elles sont éliminées dès qu'il a fini le livre, afin de laisser place à un autre. Bientôt il ne subsiste dans sa mémoire qu'un nom ou deux, quelques vagues impressions concernant les personnages, un souvenir approximatif de l'intrigue et le sentiment d'avoir aimé ou non ce qu'il lisait. C'est effrayant de songer au nombre de romans que j'ai pu consommer dans ma vie et au peu de substance que j'en ai retenu dans la plupart des cas. Devrais-je vraiment encourager ces jeunes gens intelligents à apporter leur quote-part au tas de poussière de toutes les vies fictives oubliées? N'auraient-ils pas une activité plus profitable en élaborant des modélisations informatiques de la conscience à l'Institut des sciences cognitives de Ralph Messenger?
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CarosandCarosand16 mai 2016
Je fais aménager le sous-sol de ma maison en appartement indépendant, je le loue à une charmante personne du même âge que moi, veuve elle aussi ou divorcée, qui devient une compagne précieuse, une fidèle amie. Tel est le rêve éveillé dans lequel je me surprends sans cesse à retomber. Il arrive que le locataire soit un homme, ce qui entraîne des conséquences d'un niveau romanesque trop digne de la collection Harlequin pour les coucher par écrit, même dans ce journal intime. C'est comme si j'étais dédoublée - la Helen Reed qu'on voit du dehors, celle qui s'installe dans ses nouvelles fonctions à l'université de Gloucester, calme, efficace, consciencieuse ; et une autre Helen Reed victime de ses illusions, cinglée, désincarnée, qui mène une vie parallèle dans la tête de la première.
La tension qu'engendrent ces deux vies simultanées est presque intolérable. J'attends impatiemment l'heure d'aller me coucher, pour qu'elles entrent ensemble en repos. Le sommeil est un bonheur, mais hélas un bonheur que par définition on ne peut savourer. Il y a peut-être un instant de langueur délicieuse où on se sent décrocher, comme lors d'une anesthésie, mais ensuite on ne reprend conscience que pour savoir que c'est fini, qu'on est réveillé, probablement aux petites heures de la nuit, en proie à des tourments et à des regrets plus accablants que jamais, et il est impossible de se rappeler comment c'était de ne pas les éprouver.
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kathykathy02 juin 2011
-Sa mort, dit Helen, a été brusque, sans aucun avertissement. Un anévrisme au cerveau. Tout paraissait aller si bien quand c'est arrivé... Il aurait pu connaître une vie longue et parfaitement réussie, réaliser pour la radio des tas de brillantes émissions, avoir des petits-enfants, voyager dans le monde entier et .. tout ce qu'on peut imaginer.
-Seulement il l'ignore à présent. Et il n'a pas eu le temps d'y penser avant de mourir. Il est mort plein d'espoir. C'est pourquoi je dis que c'est une façon rêvée de s'en aller.
-Alors, selon vous, quand nous mourrons, nous cessons donc simplement d'exister? reprend Helen.
-Pas tout à fait. Les atomes de mon corps sont indestructibles.
-Mais votre moi, votre esprit, votre âme....?
-En ce qui me concerne, ces mots ne servent qu'à désigner communément certaines formes d'activité cérébrale. Si le cerveau s'arrête de fonctionner, elles s'arrêtent aussi.
-Et ça ne vous remplit pas de désespoir?
-Non, riposte Ralph d'un ton jovial, tout en enroulant sur sa fourchette des rubans de tagliatelles. Qu'y a-t-il de désesparant?
-Eh bien, tout le temps qu'on passe à acquérir un savoir, de l'expérience, à s'efforcer de bien se conduire, de faire quelque chose de sa peau, comme on dit, à quoi ça rime s'il ne subsiste rien de ce moi après la mort? Autant bâtir un magnifique château de sable au-dessus de la ligne de marée haute.
-C'est la seule partie de la plage où il soit possible de bâtir un château de sable, réplique Ralph.
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pdemweb1pdemweb108 janvier 2015
Mercredi 14 mai.
Cela fait quelque temps que je n'ai pas tenu mon journal. Je n'avais pas envie d'écrire quoi que ce soit, même à mon usage personnel, sur ce qui s'est passé ces trois dernières semaines. J'étais trop occupée à le vivre. Non, ce n'est pas la vraie raison. Un journal est une sorte de miroir dans lequel on se regarde tous les jours, en toute franchise, stoïquement - sans déguisement protecteur, ni même un maquillage flatteur -, pour se dire ses propres vérités. Je n'ai pas eu cette envie de le faire depuis que nous sommes devenus amants, Messenger et moi. Je ne voulais pas rendre compte de ma conduite parce que je craignais que le fait de l'examiner, de l'analyser ne réveille mes scrupules et n'inhibe mon plaisir. ( A vrai dire, je répugne encore à scruter cette aventure sous l'angle direct de la première personne du singulier. Essayons d'autre façon.)
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kathykathy02 juin 2011
On peut toujours tirer les rideaux sur la conscience. Nous ne savons jamais avec certitude ce que pense vraiment quelqu'un d'autre. Même s'il choisit de nous en faire part, nous ne pouvons être sûrs qu'il dit la vérité, ou toute la vérité. Tout comme personne ne peut connaître nos pensées aussi intimes que nous. Mais cela vaut peut-être mieux. La vie en société risquerait, sinon, d'être difficile.
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Videos de David Lodge (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Lodge
David Lodge - Transfuge magazine .Entretien avec l'écrivain David Lodge, pour le magazine Transfuge, à l'occasion de la parution de sa pièce de théatre, "La Vérité toute nue", en janvier 2007. A 71 ans, David Lodge est connu dans le monde entier pour son érudition élégante teintée d'humour britannique, et sa capacité à épingler par le rire les travers et les onsessions de ses contemporains. A la fois romancier, dramaturge et essayiste, il a en outre gardé de ses années universitaires une passion pour la chose littéraire, dont il tente d'éclairer le procésus. Rencontre avec un joueur de mots.
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