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Par kathel, le 25/05/2008
La vie aux aguets de
William Boyd
Quand, petite, je me montrais grincheuse, contrariante et dans l'ensemble insupportable, ma mère me réprimandait avec des : «Un beau jour, quelqu'un viendra me tuer et tu le regretteras», ou bien : «Ils arriveront de nulle part et ils m'emporteront - et alors tu diras quoi ?» ou encore : «Un beau matin, tu te réveilleras et je ne serai plus là. Disparue. Attends un peu de voir.»
Curieux, mais enfant on ne prend pas au sérieux ce genre de remarque. En revanche, aujourd'hui - alors que je repense aux événements de cette interminable canicule de 1976, cet été pendant lequel l'Angleterre tituba, suffoquée, terrassée par une vague de chaleur interminable -, je sais ce dont ma mère parlait : je comprends ce sombre courant d'une peur profonde qui circulait sous la calme surface de sa vie ordinaire, et qui ne l'a jamais quittée, même après des années d'une existence paisible, sans rien d'exceptionnel. Je m'en rends compte maintenant : elle a toujours redouté qu'on vienne la tuer. Et elle n'avait pas tort.
Tout a commencé, je me souviens, début juin.
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Par luocine, le 26/06/2010
Orages ordinaires de
William Boyd
Il sentait instinctivement que la seule manière d’éviter d’être repéré dans une ville du vingt et unième siècle était de ne tirer aucun avantage des services qu’elle offrait –téléphonique, financiers, sociaux, municipaux ou autres.
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Par luocine, le 26/06/2010
Orages ordinaires de
William Boyd
Jonjo tira un peu sur la laisse du Chien et ils s’en allèrent. Il aurait préféré rôtir en enfer plutôt que de suivre son chien avec un sac en plastique pour ramasser sa merde.
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Par Penelope, le 30/08/2010
Armadillo de
William Boyd
"Le Livre de la Transfiguration"
389, Sérendipité. De Serendip, un nom antique de Ceylan, aujourd'hui le Sri Lanka. Un mot fabriqué par Horace Walpole qui l'inventa sur la base d'un conte populaire dont les héros ne cessaient de découvrir des choses qu'ils ne cherchaient pas. Ergo : sérendipité, le don de faire par hasard des découvertes heureuses.
Alors quel est donc l'opposé de Serendip, une terre du sud, une terre d'épices et de chaleur, de verdure luxuriante et de colibris, baignée par la mer, arrosée de soleil ? Pensez à un autre monde, loin au nord, stérile, pris dans les glaces, un monde de silex et de pierre. Appelez-le Zembla. Ergo : zemblanité, le contraire de sérendipité, le don de faire à dessein des découvertes malheureuses, malchanceuses. Sérendipité et zemblanité : les deux pôles de l'axe autour duquel nous tournons.
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Par brigetoun, le 16/05/2010
Le destin de Nathalie X de
William Boyd
J'ai une théorie sur cette ville : on a trop de respect pour l'art. C'est là où nous commettons toutes nos erreurs, toutes. Mais si on y est obligé, alors je suis prêt à travailler avec, de temps en temps. Surtout si ça me procure Lanier Cross à poil.
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Par luocine, le 26/06/2010
Orages ordinaires de
William Boyd
Ingram avait horreur d’exhiber, quand il s’asseyait jambes croisées un mollet blanc poilu entre le haut de la chaussette et le revers du pantalon- c’était en quelque sorte le prototype du péché capital vestimentaire anglais.
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La femme sur la plage avec un chien de
William Boyd
Table des matières :
"La femme sur la plage avec un chien" (aventure extraconjugale, entraînée par le chien Euclide)
"Fascination" (un poète/journaliste replonge dans ses souvenirs d'étudiant - on suit en parallèle sa fascination de l'époque pour sa voisine du dessus et celle du moment pour une jeune athlète)
"Carnet de notes n°9" (réflexions d'un cinéaste)
"Beulah Berlin, de A à Z" (une artiste relate sa vie par paragraphes : les lettres commençant chaque paragraphe se suivent par ordre alphabétique, et le mot terminant un paragraphe est repris dans le début du suivant)
"Incandescence" (nouvelle presque policière)
"Le problème esprit / corps" (dans le domaine du bodybuilding)
"Yves Hill" (un vieil homme, ancien écrivain à succès, un peu perdu à Londres)
"Le fantôme d'un oiseau" (l'histoire d'un soldat amnésique après une bataille, le "patient n°39")
"Le pigeon" ("les affres d'un gentilhomme russe", commencés par une citation de Tchekhov : "Vous me demandez : qu'est-ce que la vie ? C'est comme demander : qu'est-ce qu'une carotte ? Une carotte est une carotte, et voilà tout.")
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Par solasub, le 25/01/2012
Les nouvelles confessions de
William Boyd
Karl-Heinz ne m’avait donné que le texte – j’ignorais le titre, j’ignorais l’auteur. Je ne savais rien du sujet du livre ni de son genre. Pourtant, assis là dans cette cellule, j’eus l’impression d’être à l’orée d’une merveilleuse aventure et de tenir entre mes mains fiévreuses quelque chose d’immensément précieux. Ce fut un instant divin. Il allait changer ma vie.
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"Chapitre Un. "
Mon coeur battait follement d’impatience. La première phrase, le premier paragraphe...à quoi ressembleraient-ils ? Je lus :
" Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution [...] n’être fait comme aucun de ceux qui existent " Mon émotion fut telle qu’il me fallut reposer la page. Mon coeur se démenait dans ma poitrine, y battant à grands coups. [...] Mais jamais je n’ai lu un tel prologue à un livre, jamais je n’ai été aussi puissamment et immédiatement emporté. Qui était cet homme ? A qui appartenait cette voix qui m’interpellait si directement, dont l’impudeur effrontée retentissait de tant d’honnêteté sincère ? Hypnotisé, je poursuivis ma lecture.
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Par litolff, le 28/11/2010
La vie aux aguets de
William Boyd
- 'Ne faites confiance à personne', répliqua-t-il sans solennité mais avec une assurance et une sorte de certitude pratique, comme s'il déclarait : 'Aujourd' hui, c'est vendredi.' 'Ne faites confiance à personne, jamais', répéta-t-il en prenant une cigarette qu'il alluma, pensif, surpris lui-même de sa lucidité aurait-on dit. 'Peut-être est-ce la seule règle dont vous avez besoin. Peut-être que toutes les autres règles dont je vous parlerai ne sont-elles que les dérivés de celle-là. 'La seule et unique loi.' Ne faites confiance à personne - pas même au seul être en qui vous pensez pouvoir avoir le plus confiance au monde. Soupçonnez toujours. Méfiez-vous en permanence.' Il sourit, pas de son sourire chaleureux. 'Ca vous rendra d'excellents services.'
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Par litolff, le 28/11/2010
La vie aux aguets de
William Boyd
A l'entrée du village, en face du pub sinistre, le Paix et prospérité, était garé un camion qui livrait de la bière. Il ne me restait qu'un étroit espace pour me faufiler.
'Tu vas égratigner Hippo', m'a prévenue Jochen. Ma voiture était une Renault 5 de dixième main, bleu ciel avec un capot (remplacé) rouge vif. Jochen avait tenu à la baptiser etj'avais décrété que, puisqu'il s'agissait d'une voiture française, il fallait lui donner un nom français ;j'avais suggéré Hippolyte (j' étais en train de lire Taine, sous je ne sais plus quel prétexte universitaire) et c'était devenu Hippo, du moins pour Jochen. Personnellement, je ne peux pas souffrir les gens qui donnent des noms à leur voiture.
'Non, ai-je répliqué. Je vais faire très attention.'
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