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Grandeur et décadence de
Evelyn Waugh
Vise haut, voilà ma devise depuis toujours. Si vous ne décrochez pas tout ce que vous voulez, vous attrapez tout de même quelque chose. Visez bas, et vous avez peau de balle.
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Grandeur et décadence de
Evelyn Waugh
Vous autres, Blancs, croyez parce que nous sommes noirs nous ne mouillons que pour le jazz. Eh bien, moi qui vous parle, je donnerais tout le jazz du monde pour une petite pierre d'une de vos cathédrales.
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Grandeur et décadence de
Evelyn Waugh
Cette fille-là aurait fait un saint de Jack l'Eventreur.
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Par Unity, le 06/02/2013
Ces corps vils de
Evelyn Waugh
Carotte regarda hors de l’avion :
- Dis donc, Nina, cria-t-il, quand tu étais petite, est-ce que tu as eu à apprendre dans un livre de morceaux choisis une poésie qui parlait de : « cette île porteuse du sceptre, cette terre de majesté, cet ceci ou cela Eden ? Tu vois ce que je veux dire : cette heureuse race d’hommes, ce petit univers, cette précieuse pierre enchâssée dans l’argent de la mer…
Cette parcelle bénie, cette terre, ce royaume, cette Angleterre,
Cette nourrice, cette matrice féconde en royaux souverains
Craints par leur race, illustres par leur naissance… » (I).
Après, je ne sais plus. Quelque chose au sujet d’un juif entêté. Mais tu vois le truc que je veux dire ?
- C’est dans une pièce.
- Non : un livre de morceaux choisis bleu.
- J’ai joué dedans !
- Eh bien ! Il se peut qu’on l’ait mis dans une pièce depuis. C’était dans un livre de morceaux choisis bleu quand je l’ai appris. En tout cas, tu vois ce que je veux dire ?
- Oui, pourquoi ?
- Eh bien ! Je veux dire, hein, tu n’as pas l’impression, en quelque sorte, comme ça dans les airs et en regardant par terre et en voyant tout en dessous. Je veux dire, ça ne te fait pas un peu cette impression, si tu vois ce que je veux dire ?
Nina regarda vers le bas et vit, incliné à un angle singulier, un horizon débridé de faubourgs en briques rouges, des grand’routes pointillées de petites voitures, des usines, les unes au travail, les autres vides et tombant en ruines ; un canal qui ne servait plus ; des collines lointaines semées de villas ; des mâts de télégraphie sans fil et des lignes aériennes de force ; les hommes et les femmes étaient imperceptibles, sauf sous la forme de points minuscules ; ils étaient là, qui se mariaient, qui faisaient leurs commissions, qui gagnaient de l’argent et qui avaient des enfants. Le décor fit une embardée puis s’inclina de nouveau, parce que l’aéroplane venait de rencontrer un courant aérien.
- Je crois que je vais avoir mal au cœur, dit Nina.
(I) Richard II de Shakespeare, acte II, scène 1
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Par Woland, le 28/04/2009
Grandeur et décadence de
Evelyn Waugh
[...] ... - "J'y pense tout le temps. C'est arrivé tout d'un coup, sans crier gare. Nous étions là [à la cure] depuis trois mois, et ma mère s'était étroitement liée avec des gens qui s'appelaient Bundle, un nom curieux, vous ne trouvez pas ? Je crois que lui avait été dans les assurances avant de prendre sa retraite. Mrs Bundle nous invitait très aimablement à souper, le dimanche après vêpres. Ces réunions sans apprêts étaient pleines de charme pour moi et je les attendais avec plaisir. Je les vois encore, tous assis ce soir-là : ma mère, Mr et Mrs Bundle et leur fils, un garçon boutonneux, externe à Brighton College où il allait tous les jours par le train, et la mère de Mrs Bundle, une Mrs Crump, plutôt sourde mais excellente femme d'Eglise ; et Mrs Aber, la femme de ce dentiste, qui m'avait donné l'Encyclopédie, et le vieux major Ending, marguillier de la paroisse. Ce dimanche-là, j'avais prononcé deux sermons et fait la classe de catéchisme dans l'après-midi, si bien que je ne participais qu'assez distraitement à la conversation. Ils parlaient tous avec entrain des préparatifs de la saison balnéaire quand tout à coup, sans raison, j'ai été assailli par mes premiers Doutes."
Il s'arrêta, accablé, et Paul crut devoir lui exprimer sa sympathie.
- "Quelle chose terrible !" dit-il doucement.
- "A qui le dites-vous ! Depuis ce moment, je n'ai plus jamais connu une minute de vrai bonheur. Voyez-vous, ce n'étaient pas les doutes ordinaires, sur la femme de Caïn, par exemple, ou les miracles de l'Ancien Testament, ou la consécration de l'archevêque Parker. Tout cela, on m'avait appris à l'expliquer au séminaire. C'était quelque chose de beaucoup plus profond. Je n'arrivais plus à comprendre pourquoi Dieu avait fait le monde. Et pendant que je subissais cet assaut soudain du doute, ma mère et les Bundle et Mrs Crump continuaient à bavarder comme si de rien n'était. Vous saisissez, n'est-ce pas, comme c'était fondamental ? ... [...]"
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Par Unity, le 24/01/2013
Grandeur et décadence de
Evelyn Waugh
- Le caractère gallois mériterait une étude approfondie, dit le docteur, chemin faisant. J'ai souvent pensé écrire une petite monographie sur ce sujet, mais j'y ai renoncé pour ne pas désespérer le village. Les ignorants les croient celtes, grossière erreur ! Ils sont de pure ascendance ibère, puisque ce sont les aborigènes de l'Europe, qui ne survivent qu'au Portugal et au Pays basque. Mais, de temps immémorial, les Gallois ont été considérés comme un peuple impur, ce qui leur a permis de conserver leur pureté raciale. Il est rare que leurs fils et filles se marient avec des êtres humains qui ne leur soient pas consanguins. En Galles, il n’y a jamais eu besoin de lois pour empêcher les conquérants de se mêler avec les vaincus. En Irlande, de telles lois étaient une nécessité politique ; mais ici c’est une affaire purement morale. Incidemment, j’espère que vous n’avez pas de sang gallois dans les veines ?
- Pas une goutte, dit Paul.
- J’en étais sûr, mais on ne sait jamais. Un jour, j’ai fait une petite causerie là-dessus à la classe terminale, pour apprendre plus tard que l’un des élèves avait une grand-mère galloise. Il paraît que je lui ai fait beaucoup de peine, à ce pauvre petit. Et pourtant, elle était du Pembrokeshire, ce qui change tout. Il m’arrive souvent de penser que presque tous les désastres de l’Angleterre sont plus ou moins imputables à l’influence galloise. Pensez donc à Edouard de Caernavon, premier prince de Galles : quelle vie, et quelle mort ! Et puis les Tudors, la dissolution de l’Eglise, Lloyd George, le mouvement antialcoolique, le Non-conformisme donnant la main à la concupiscence pour ravager le pays ! Vous pensez peut-être que j’exagère ? J’avoue que j’ai un certain penchant pour la rhétorique.
- Pas du tout, dit Paul.
- Les Gallois, sont la seule nation du monde qui n’ait jamais produit aucun art graphique ni plastique, aucune architecture, aucun théâtre. Ils chantent, voilà tout. Ils chantent et soufflent dans des instruments argentés. Ils sont faux parce qu’ils ne savent pas distinguer le vrai, dépravés parce qu’ils ne savent pas prévoir les conséquences de leurs vices.
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Par myloubook, le 24/02/2008
Le Cher disparu de
Evelyn Waugh
« … Sur le sein gauche, que le soutien-gorge faisait pointer, étaient brodés les mots : Hôtesse funéraire.
- Puis-je vous être utile à quelque chose ?
- Je suis venu pour des obsèques.
- C’est pour vous ?
- Sûrement pas. Est-ce que j’ai l’air tellement moribond ? »
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Par Unity, le 03/03/2013
Ces corps vils de
Evelyn Waugh
Ils déjeunèrent chez Espinosa - un seul restaurant à Londres était plus cher que celui-là - il était plein de toile cirée et de verre de Lalique, et le genre de gens qui aimaient ce genre de choses y allait continuellement et disant combien c'était affreux.
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Par triplidio, le 30/12/2009
Le Cher disparu de
Evelyn Waugh
- Avez-vous apporté des photographies de votre Cher Disparu ? Cela aide énormément à redonner la personnalité. Etait-ce un vieux monsieur très gai ?
- Non, plutôt le contraire.
- Faut-il que j'inscrive serein et philosophe ou critique et résolu ?
- La première chose, je crois.
- C'est l'expression la plus difficile à obtenir, mais Mr. Joyboy en fait sa spécialité - avec le joyeux sourire des enfants. Votre Cher Disparu n'avait pas de postiche ? Et quel était son teint habituel ? Nous classons généralement le teint en trois catégories : rural, athlétique et universitaire, c'est-à-dire rouge, bronzé et pâle. Universitaire ?
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Par Unity, le 15/01/2013
Ces corps vils de
Evelyn Waugh
Il y avait dans les escaliers des relents d'éther qui rappelèrent à Adam les fois où, en attendant de l'emmener, il s'était assis sur le lit de Nina pendant qu'elle maquillait son visage. Elle lui faisait invariablement tourner le dos jusqu'à ce que ce fût fini, car elle avait, en ce qui concernait cette seule et unique partie de sa toilette, un sens très prononcé de la pudeur, contrastant curieusement en cela avec certaines jeunes filles qui mourraient plutôt que de se laisser voir en combinaison et qui, néanmoins, affichent ouvertement devant n'importe qui un visage dépourvu de fard.
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