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Par horline, le 09/03/2012
Muss suivi de le Grand Imbécile de
Curzio Malaparte
Non, les tyrans, il ne faut pas les tuer, il faut les railler. Il ne faut pas les couvrir de sang mais de ridicule. C’est cela, la morale de l’histoire de l’Italie, à laquelle le peuple est fidèle depuis plus de neuf cents ans.
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Par Couperine, le 24/12/2010
Le compagnon de voyage de
Curzio Malaparte
Pourquoi n'avez-vous pas défendu votre pain contre les voleurs ? Quand un peuple perd la guerre, les voleurs le dévorent vivant.
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Par Fremen, le 26/03/2010
Technique du coup d'Etat de
Curzio Malaparte
Ce n'est point vrai, comme se plaignait Jonathan Swift, que la défense de la liberté ne rapporte pas. Elle rapporte : ne fût-ce que la conscience de son propre esclavage, à laquelle l'homme libre se reconnaît des autres. Car le "propre de l'homme libre ce n'est pas de vivre libre en liberté, mais libre dans une prison".
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Par Couperine, le 28/12/2010
Le compagnon de voyage de
Curzio Malaparte
Ils s'arrêtent sur une place, près du squelette d'un autocar sans roue et sans moteur et, après s'être occupé de l'âne, Calusia s'étend sur un peu de paille que la femme a ramassée çà et là. Pendant qu'elle prépare quelque chose à manger, il la regarde admiratif. Puis elle s'approche de Roméo, détache le matelas de sa croupe et le pose sur sa tête avec le geste antique de la paysanne.
"Qu'est-ce-que tu fais ? lui demande Calusia en se soulevant les coudes.
- Je m'en vais, répond Mariagiulia. tu n'as plus besoin de moi maintenant...
- non, tu... tu... dois pas partir ! bégaie Calusia. Pourquoi veux-tu me quitter ?
- Tu es arrivé à Naples, répond la femme. J'ai souvent pensé à m'en aller, mais je voulais t'aider à ramener ton lieutenant mort à sa mère.
- Co... comment le sais-tu ? bégaie Calusia.
- Je le sais depuis longtemps... tu en parles presque toutes les nuits, dans ton sommeil.
- Ne t'en va pas, dit Calusia. On a tellement souffert ensemble... Et puis, la famille de mon lieutenant est riche, c'est une famille noble, ils habitent un palais... tu verras, ils vont nous dire de rester avec eux, dans leur palais, toi et moi...
- Non, toi peut-être, pas moi, ils ne voudront pas de moi.
- Je dirai que tu es la fiancée de mon frère, dit Calusia.
- Ton frère ! Comment il s'appelle, ton frère ? Tu ne m'as jamais dit son prénom.
- Il s'appelle... il s'appelle Giovanni, balbutie Calusia. C'est un brave garçon... il t'aimera, il t'épousera..."
La femme le regarde en silence et Calusia rougit.
- Toi aussi tu es un brave garçon, dit Mariagiulia en lui passant la main dans les cheveux. Je n'ai pas envie de te quitter, mais je dois m'en aller... adieu, Calusia...
- Non, je ne veux pas te laisser partir, s'écrie Calusia en la prenant par le bras. Tu es seule, tu n'as personne, tu ne sais pas où aller... et puis, et puis je dois t'avouer...
- Ne me dis rien. Je sais déjà.
-Mon frère est mort à la guerre... en Albanie... je t'ai menti, parce que je n'avais pas le courage..."
La femme garde le silence, elle continue à lui passer la main dans les cheveux.
" - J'osais pas te faire comprendre que je t'aime... beaucoup."
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Par iti1801, le 12/01/2011
Le compagnon de voyage de
Curzio Malaparte
Cet exode féminin est peut-être le phénomène le plus intéressant de cette triste période : si les hommes fuyaient la misère antique, l'oisiveté obligatoire du Sud, l'injustice, les abus, avec l'espoir d'une nouvelle vie de travail et de bien-être, il ne faut pas croire que les femmes étaient portées par l'espérance, si on peut l'appeler par ce nom, d'un commerce immonde. Elles fuyaient pour la plupart la misère, l'esclavage, la faim, l'angoisse : elles partaient à la recherche d'un pays plus riche, plus ordonné, plus juste, plus civil que le pauvre village qu'elles abandonnaient.
Depuis toujours la défaite représente pour les populations misérables, malheureuses, une sorte de merveilleuse et terrible occasion de liberté, de vie nouvelle plus aisée et plus digne.
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Le compagnon de voyage de
Curzio Malaparte
“Mais le combat ne montre rien de sa dure réalité : hommes et choses sont estompés par la brume argentée de l’aube marine, la fumée des explosions, le brouillard artificiel que les avions laissent tomber du ciel pour dissimuler et protéger les opérations de débarquement.”
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Le compagnon de voyage de
Curzio Malaparte
“Le plus grand Malaparte est en effet dans ces pages poétiques et rapides : tantôt il se presse, faufile les scènes, comme on dit en couture, les couds à peine d’un bout de chemin esquissé ; tantôt il s’arrête, et son œil cinématographique suggère un combat estompé dans la brume, passe au plan serré pour dénoncer les trafiquants qui achèvent d’affamer le peuple, puis au plan large, presque lyrique, pour l’arrivée du cortège dans une ville de Naples bruissante de prières et de cris d’enfants. Ainsi progresse Le compagnon de voyage , au fil des stations d’une longue procession, celle de la Passion du peuple des perdants, des vaincus de l’Histoire, des frères Malaparte.”
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Par latrace, le 16/03/2011
Le soleil est aveugle de
Curzio Malaparte
Un banc de jardin public, peint en vert, le siège et le dossier en bois, les pieds de fer recourbés, terminés en forme de patte de chien. Un vrai banc : solitaire, paresseux, mélancolique. De ces bancs, qui patients et sans espoir, attendent à l’ombre d’un platane, sur la petite place de tous les bourgs et villages de France. Un platane seulement, un réverbère, un pan coupé de mur avec la sentence Défense d’afficher suffiraient peut-être pour faire de ce banc, le témoin d’une civilisation provinciale fatiguée, le signe précis d’un ordre ancien et noble.
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Par SEcriture, le 09/04/2010
Le compagnon de voyage de
Curzio Malaparte
Peu à peu, le vent balaie le rideau de fumée et de brouillard, le soleil illumine la campagne déserte, la mer encore incertaine dans la brume des explosions, le terrain jonchés de cadavres.
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Kaputt de
Curzio Malaparte
Le lac était comme une immense plaque de marbre blanc sur laquelle étaient posées des centaines et des centaines de têtes de chevaux. Les têtes semblaient coupées net au couperet. Seules, elles émergeaient de la croûte de glace. Toutes les têtes étaient tournées vers le rivage. Dans les yeux dilatés on voyait encore briller la terreur comme une flamme blanche