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Le Dernier stade de la soif de
Frederick Exley
Arrivé à l’asile d’Avallon, Frederick Exley découvre ces visages que la nation cache et enferme, les multirécidivistes des séjours psychiatriques :
"Ces récidivistes incarnaient la laideur, la décrépitude et la putréfaction. Ils avaient les yeux qui louchaient, des yeux caverneux d’insectes; leurs pieds étaient bots et leurs membres tordus – lorsqu’ils en avaient. Ces gents étaient grotesques. A présent, j’étais persuadé de comprendre : ils n’avaient pas leur place dans l’Amérique d’aujourd’hui. Cette Amérique était ivre de beauté physique. L’Amérique était au régime. L’Amérique faisait du sport. L’Amérique, en effet, élevait au rang de religion son culte du teint frais, des jambes droites, du regard clair et dégagé, et d’une séduction éclatante de santé – un culte féroce et strident."
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Le Dernier stade de la soif de
Frederick Exley
Dans un pays où le mouvement est la plus grande des vertus, où le claquement rapide des talons sur le bitume est érigé en sainte valeur, rester allongé pendant six mois relève du geste grandiose, rebelle et édifiant.
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Le Dernier stade de la soif de
Frederick Exley
Ces gens étaient grotesques. A présent, j'étais persuadé de comprendre : ils n'avaient pas leur place dans l'Amérique d'aujourd'hui. Cette Amérique était ivre de beauté physique. L'Amérique était au régime. L'Amérique faisait du sport. L'Amérique, en effet, élevait au rang de religion son culte du teint frais, des jambes droites, du regard clair et dégagé, et d'une séduction éclatante de santé - un culte féroce et strident. (...) Nous rendant la monnaie de leur pièce, ils jouissaient de pouvoir nous rendre hideux à notre tour. Si nous ne faisions pas preuve de l'humanité de base telle que l'Amérique la prônait (...), alors ils nous transfigureraient par la laideur du désespoir, et une fois atteint ce piteux niveau, nous nous rejoindrions et nous unirions à tout jamais.
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Le Dernier stade de la soif de
Frederick Exley
Je ne suis pas mêlé à tout cela, ma vie n'est que détachement, ironie et frivolité, ce qui n'est peut-être pas une posture particulièrement noble, mais elle a au moins le mérite de ne pas prétendre savoir ce qui est bien pour autrui.
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Par Sando, le 27/11/2011
Le Dernier stade de la soif de
Frederick Exley
C'était certainement ça, le rêve américain: ces joues roses, ces yeux d'un bleu profond, ces larges sourires dépourvus de chaleur et des regards sans gravité, incapables du moindre sentiment, des regards qui ne pouvaient même pas afficher un soupçon de perplexité. Mais ce n'était pas l'Amérique dont je rêvais. Je savais bien que mes prétentions intellectuelles et mes humeurs étaient irrémédiablement sombres, d'une noirceur teintée d'auto-apitoiement. Mais c'était mieux ainsi, car mieux valait vivre en martyr que de se vautrer dans la fange écervelée de ces mannequins en Technicolor.
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Le Dernier stade de la soif de
Frederick Exley
Je voyais le monde avec une telle acuité que cela en devenait insoutenable, j'étais maladivement clairvoyant, avec des aperçus de l'univers dont je me détournais immédiatement.
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Le Dernier stade de la soif de
Frederick Exley
Franchement, à quoi servent les rêves s’ils deviennent réalité ?
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Le Dernier stade de la soif de
Frederick Exley
Là où je ne pouvais, avec des mots, donner forme à mes fantasmes, Gifford, par sa maitrise exceptionnelle, ses mains en or et ses feintes imprévisibles, réalisait les siens. C'éait même plus que ça : je débordais d'un tel enthousiasme, mon désir fusionnait si puissamment avec son envie d'échapper au triste anonymat de l'existence, qu'au bout d'un moment il devint mon alter ego, cette part en moi qui avait sa place dans le monde de la compétition masculine ;
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Par JDonowho, le 20/11/2011
Le Dernier stade de la soif de
Frederick Exley
" Comme nous étions forcés de travailler- personne ne l'exprimait ainsi, mais vu ce que je savais, j'en avais rapidement conclut que les autorités considéraient le travail ( j'aurais préféré passer mes journées à lire à la bibliothèque ; activité décadente ) comme suffisamment humiliant pour nous permettre de saisir ce qui faisait tourner l'Amérique..."
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Le Dernier stade de la soif de
Frederick Exley
C'est cela que Gifford me fit comprendre. Avec ce sourire - ce sourire qu'il avait sans doute déjà oublié, et quelle que soit sa valeur - , il me signifia, malgré l'engourdissement de ma confusion, qu'il est lâche de faire porter aux autres le fardeau de sa propre douleur.