ISBN : 2070342263
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 4.45/5 (sur 242 notes) Ajouter à mes livres
Un groupe d'élite, formé dès l'enfance à faire face, part des confins d'une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l'origine du vent. Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par steppe, le 06 mai 2011

    steppe
    Ce jour là Mr Damasio, j'arpentais comme une âme en peine les rayons hétéroclites de ma librairie préférée.
    Car j'étais en quête moi aussi... Comme chaque homme un jour ou l'autre peut l'être... Qu'il s'agisse de survie ou de simplement retrouver goût à un plaisir simple qui s'évertue à nous échapper...
    L'origine du vent pour certains, le plaisir de lire pour d'autres.... Les enjeux pensez-vous, ne sont pas les mêmes, lorsqu'il s'agit du destin du monde ou de sa propre "petite trajectoire"... détrompez-vous! le tout est dans l'espoir que l'on investit... Et un homme heureux, satisfait, comblé dans sa recherche individuelle d'une route à suivre, alors, sera plus apte à une destinée universelle...
    Lorsque lire mais plus encore, lire du jamais lu, lorsque notre quête ne se dirige vers rien d'autre que l'étonnant, l'inexploré, la révélation d'un genre, une approche encore inconnue, alors, rapidement, on tourne en rond, on s'exténue à retourner inlassablement vers nos premières découvertes littéraires pour essayer, le temps d'un livre, de retrouver notre capacité à s'étonner et à s'émerveiller...
    Depuis quelques temps déjà, aucune lecture ne trouvait grâce à mes yeux... Je commençais chaque jour un ouvrage nouveau et chaque jour l'abandonnais... Chaque 4ème de couverture était la promesse enivrante d'une découverte fabuleuse, d'un voyage hors du commun...
    Mais chaque première page, à peine lue, démystifiait de façon impitoyable mes attentes de renouveau et de découverte...
    Je commençais à me croire trop exigeante. Et m'accablais de reproches quand à mon incapacité à m'enthousiasmer pour quoi que ce soit...
    Ainsi donc, ce matin là, je déambulais parmi les rayons bigarrés de cette grande librairie où je me sentais perdue et à l'affût presque désabusé de ce livre particulier qui enfin, me redonnerait le goût des mots et des histoires...
    J'essayais vainement de me détourner de la fantasy que j'explorais depuis 5 ans déjà... Et là, en tête de gondole des nouveautés, un livre peu coloré, sans rien de plus pour attirer l'œil qu'un bandeau rouge annonçant un "grand prix de l'imaginaire", un poche, grisâtre et peu attrayant.
    Mais, allez savoir pourquoi, c'est vers lui que je me dirigeai alors que les prix depuis longtemps déjà n'étaient plus pour moi gage de qualité.. Je le pris, le caressai, lus le 4ème de couverture et l'ouvris à la première page....
    Et c'est là que se produisit le miracle car voici ce que je lus :
    " A l'origine fut la vitesse, le pur mouvement furtif, le "vent-foudre".
    Puis le cosmos décéléra, prit consistance et forme, jusqu'aux lenteurs habitables, jusqu'au vivant, jusqu'à vous.
    Bienvenue à toi, lent homme lié, poussif tresseur de vitesses."
    Ces quelques mots me cinglèrent l'esprit et me transportèrent jusqu'à me laisser pantelante du désir amorcé d'aller plus loin dans ce phrasé si plein de promesses...Je rentrai chez moi impatiente et néanmoins hésitante... Et si je m'étais trompée ?
    Si cet ouvrage, comme les autres, n'était qu'un mirage de plus, une autre promesse non tenue?..
    Mais je commençai et bientôt je compris que je ne m'étais pas trompée...
    Chaque page, chaque ligne lues étaient comme un nectar, une bouffée d'oxygène, un délicieux sursaut sur mon chemin de lecture... Un moment de grâce, si rare, si exaltant, si généreux et si riche!!!
    Caracole m'étourdissait et me laissait après chacune de ses interventions dans l'extase du beau mot, de la belle phrase et du propos joyeux du saltimbanque généreux et érudit.
    Sov m'expliquait, sans m'ennuyer jamais, les particularités de cet univers à la fois menaçant et passionnant dans lequel je finis par me projeter en toute confiance...
    Même Golgoth et sa cruauté toute bestiale, son animalité dédiée à l'aboutissement de sa quête, aveugle et brutale... Grossière aussi mais tellement touchante....
    Et Pietro, le prince déraciné, son élégance aussi bien dans l'attitude que le propos...
    Et Coriolis, Talweg ou Aoi Nan....
    Je me jetai à corps perdu dans l'aventure et luttai contre les vents furieux....Je m'esquintai comme ceux de la Horde à chercher une route praticable et à aller au plus loin de mes capacités....
    Je pleurai, le moment venu, le destin de Steppe....
    Je me délectai de chaque touche de poésie, de philosophie, de voyage et de découverte, de réflexion toujours judicieuse.
    Je m'ébahis devant la justesse du dosage...
    Et plus que tout, je savourai le langage, l'habileté du mot, de l'expression. Tout était prétexte à extase pendant cette lecture.
    Puis, vint le mot de la fin...
    Et avec lui, le sentiment d'une perte immense...Alors, je commençai mon travail de deuil. Je parlai de la Horde à quiconque voulait bien m'écouter... Je postai sur chaque forum une critique malheureusement très en dessous de ce que je ressentais...
    Je pris le pseudonyme de Steppe sur mon forum préféré...
    Mais, quoi que je fasse, reste en moi comme un sentiment confus de perte et de vide....
    J'ai eu besoin de plus d'un mois avant de pouvoir ouvrir un autre livre....
    Alors, Mr Damasio, entre vous remercier et vous maudire, je ne sais que choisir....
    Merci, merci mille fois pour cette œuvre généreuse, atypique et si aboutie...
    Merci pour mes larmes glacées versées dans la Norska, de joie comme de tristesse.
    Merci pour cette grâce offerte à mon âme blasée.
    Merci pour cet amour du mot juste et de mon intérêt enfin renouvelé...
    Merci pour Golgoth, Pietro, Sov, Caracole, Erg, Talweg, Firost, L'Autoursier, Steppe, Arval, le Fauconnier,
    Horst et Karst,
    Merci pour Oroshi, Alme, Aoi nan, Larco, Léarch, Callirhoé, Boscavo, Coriolis et Sveziest...
    Merci pour moi Mr Damasio... Et ce mouvement insufflé à ma curiosité...
    Mais je vous maudis pour ce sentiment d'inachevé qui me colle à la peau depuis la dernière(la première?) page tournée de la "Horde".
    Je vous maudis de m'avoir donné le meilleur et ainsi d'avoir relevé le niveau de mes exigences....
    Je vous maudis de m'avoir laissée orpheline d'une famille que j'avais faite mienne...
    Je vous maudis d'avoir annoncé une suite à la "Horde"....
    Depuis, à nouveau, j'erre dans les rayons de ma librairie préférée... Toujours en quête...
    Et je vous cherche, Mr Damasio, je vous espère....
    Je scrute l'horizon en quête du chrone dans lequel je pourrais m'oublier et me déliter jusqu'à me renouveler...
    Mon "Vif" vous appelle et vous attend.
    Vous m'avez laissée là, ébranlée, essoufflée, haletante, presque suffocante.... Orpheline et désemparée, je continue à chaque lecture à rechercher ce merveilleux instinct du mot et de l'histoire...
    Et chaque lecture me ramène à vous et à ma frustration...
    Mais aussi, vous m'avez donné le goût de la quête....
    Et la certitude d'un espoir possible.
    Et chaque livre ouvert, chaque première page est une promesse....
    Grâce à vous....
    Merci Mr Damasio.... et pour finir, pour ceux qui savent :
    "N'acceptez pas que l'on fixe, ni qui vous êtes, ni où rester. Ma couche est à l'air libre. Je choisis mon vin, mes lèvres sont ma vigne.
    Soyez complice du crime de vivre et fuyez ! Sans rien fuir, avec vos armes de jet et à la main large, prête à s'unir, sobre à punir.
    Mêlez-vous à qui ne vous regarde, car lointaine est parfois la couleur qui fera votre blason." .....
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    Critique de qualité ? (40 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Z3D, le 29 janvier 2011

    Z3D
    Ce livre a une double singularité. Il s'agit d'un planète-opera de fantasy écrit par un Français. En une phrase, on pose déjà les bases d'un livre atypique. Hors ce n'est pas dans la catégorie ni par son auteur que cet œuvre se démarque le plus mais par sa construction. En effet, la première remarque que l'on fait en commençant le livre, c'est de débuter à la 700eme page. La seconde remarque est dans le corps du récit. Il est constitué de blocs de texte qui commencent tous par un petit signe cabalistique. Ce signe fait référence à la personne qui décrit la scène car contrairement à tous les autres livres que vous avez surement lus, le narrateur change.
    Le récit prend place sur une planète balayée par des vents en continu. A Aberlaas, ville située la plus en Aval de la planète, les sages, au fil des années, ont formé des hordes capable de contrer le vent pour remonter la planète jusqu'en Extrême-Amont. Ces hordes ont pour mission de trouver l'origine ainsi que les 9 formes du vent. Pour cela, ils doivent l'affronter à pied.
    Nous rentrons dans le récit en suivant la 34eme horde partie d'Aberlaas depuis 30 ans (ils partent vers 12 ans). Je vous préviens de suite, ce livre est un livre élitiste, il faut une certaine abnégation pour l'aborder. Pour vous donner un exemple, il faut patienter 130 pages pour que les 23 personnages de la horde soit présentés et pendant ce temps, vous ne savez ni qui ils sont, ni où ils sont, ni pourquoi, vous tombez en pleine scène d'action, en lutte contre un furvent. Si vous ne savez pas ce qu'est un furvent vous l'apprendrez mais pas avant les 2 ou 300 pages et ceci va de même pour crivetz, schnee…C'est assez déroutant. L'auteur a créé tout un vocabulaire autour du vent ainsi qu'une codification pour le décrire !
    Après 200 pages environ, vous pourrez vous faire aux changements de personnages et vous n'aurez plus à vous référer au marque-pages pour identifier le signe et savoir qui parle. En plus certains personnages ne parlent que très rarement, les plus récurrents sont les personnages les plus lettrés de la horde (le scribe, le troubadour, l'aéromètre, le prince) plus le traceur. Tous ont un vocabulaire et une grammaire propre (les envolées lyrique et poétique du Golgoth me manquent déjà…). Je vous le répète, ce livre n'est pas à la portée de tout le monde et certains pourraient être rebutés d'attendre 200 pages pour que le récit commence ou pour se faire au système de narration. En ce qui me concerne j'ai adoré ces changements de point de vus surtout lors des combats et des scènes d'actions qui permettent l'accès aux ressentis des personnages !
    Autre difficulté, c'est le rythme du récit ; nous prenons le récit au moment où les personnages ont la trentaine pour finir vers 50 ans soit 20 ans en 700 pages. Il y a des moments d'ennui des personnages à contrer dans des contrées monotones que le lecteur ressent à la lecture. Pour beaucoup, cela pourrait paraitre une narration laborieuse, en revanche, pour d'autre, (dont je fais partie), nous avons l'impression d'empathie envers les personnages du récit. Chose étonnante, les personnages se posent un temps au Camp Boban et j'ai fait de même, j'ai stoppé ma lecture involontairement à cause des vacances de Noël. le mimétisme est assez drôle je trouve.
    Si vous parvenez à passer toutes ces difficultés, vous allez découvrir un monde plein. Des personnages hauts en couleur (Caracole !!!!!!), mémorables, quasiment vivants avec leurs forces et leurs faiblesses (certains personnages ne se révèlent qu'à la fin). L'auteur a une imagination débordante concevant la vie en perpétuelle mutation, mouvante créée à partir de vents. Je ne vais pas trop en dire pour ne pas vous gâcher le plaisir. Je concède que la fin peut paraître quelque peu décevante mais pour moi, elle est tellement belle et logique!
    Pour conclure, je pense que ce livre mérite la meilleure note mais attention il pourrait n'avoir que 3/5 voir moins dans des mains de lecteurs occasionnels
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 15 juin 2011

    LiliGalipette
    Ils sont 23 à remonter contre le vent. Destinés depuis l'enfance à suivre la trace pour remonter aux origines du vent en Extrême-Amont, ils ont quitté l'Extrême-Aval pour une quête fabuleuse. « Nous sommes partis d'Aberlaas, Extrême-Aval, il y a vingt-sept ans maintenant. Nous avions onze ans. Et nous ne nous sommes jamais retournés. » (p. 678) À la seule force de leurs jambes et de leurs corps, ils contrent les neuf formes du vent, des plus physiques au plus métaphysiques. « le socle collectif opérait : la rafale nous passait dessus sans trouver fente par où nous dissocier ; on faisait bloc. On était bloc. Inexpugnable. Indélogé. » (p. 683) le vent est hostile dans leur monde, maître et présidant toute vie. La plupart des vivants se terrent dans des abris et tentent d'échapper à la puissance folle qui racle un monde de sable, de pierre, de glace et de neige. Mais la 34° Horde ne redoute pas le vent et s'élance sans cesse contre lui, vers lui. « Quitte à mourir le ventre troué par un morceau de bois, ils préféreront toujours que ce soit en plein vent dans la plaine, qu'ici-bas ensevelis dans un puits, les vertèbres rompues sous le poids d'une poutre. » (p. 698)
    Qui sont-ils, ces 23 braves ? Il y a Golgoth le traceur, Pietro le prince, Sov le scribe, Caracole le troubadour, Erg le combattant-protecteur, Talweg le géomètre, Firost le pilier, l'autoursier et le fauconnier sont les oiseliers-chasseurs, Steppe le fleuron, Arval l'éclaireur, le fauconnier, Horst et Karst les ailiers, Oroshi l'aéromaître, Alme la soigneuse, Aoi la sourcière, Larco le braconnier, Léarch le forgeron, Callirhoé la feuleuse, les crocs Coriolis, Sveziest et Barbak. Chacun est identifié par un signe propre (]], , )-, (.), >, etc.) et chacun a une fonction précise, indispensable à l'équilibre du groupe. Allumer un feu, rédiger le carnet de contre ou faire la trace sont des charges qui se transmettent de génération en génération. La plupart des membres de la 34° Horde sont les fils et filles de Hordiers dont la Contre est déjà inscrite dans la légende. Mais Golgoth veut que sa Horde soit la dernière et la plus illustre, celle qui plantera son drapeau en Extrême-Amont, la première à rejoindre les confins du monde. « Dans l'esprit si singulier du Goth, vouloir un enfant trahissait un manque de confiance dans sa horde. Ne pouvaient en désirer que celles qui n'avaient plus foi dans notre capacité à être la première Horde qui atteindrait l'Extrême-Amont. L'enfant, il ne pouvait le concevoir que d'une seule façon : comme une délégation d'espoir, en quelque sorte, vers la Horde suivante. » (p. 216 & 215) L'ambition revancharde de Golgoth est dangereuse et la Horde en paiera le prix.
    Si la Horde ne cesse jamais d'avancer, si elle doit rester unie pour contrer le vent, les relations humaines y sont pareilles qu'ailleurs. Entre affinités et tensions, chacun apprend à vivre avec les autres. Les nouveaux venus s'intègrent comme ils peuvent dans la Horde que Golgoth dirige d'une main de fer. La mort fauche parfois cruellement les rangs. C'est alors qu'on découvre les vifs. Ce sont plus que des âmes. Mais pour comprendre, il faut le lire. Et finalement, à l'étonnement général, ce n'est pas le plus fort qui vaincra, mais là encore, il faut lire pour comprendre.
    Le doute s'installe parfois. Ce voyage d'une vie, cette lente et pugnace avancée contre le vent ont-ils un sens ? Sur son chemin, la Horde croisent certains qui disent que « il n'y a pas d'Extrême-Amont. Il n'y a pas d'origine du vent. La terre ne finit pas ; le vent n'a jamais commencé. Tout s'écoule, tout continue. » (p. 623) Alors faut-il continuer ? Qu'y a-t-il plus loin ? Que vont rencontrer les membres de la Horde ? le récit fait parfois des bonds surprenants. On quitte la Horde dans une situation périlleuse en fin de chapitre et on la retrouve quelques mois voire quelques années plus loin.
    Le vent est un personnage de ce roman. « Avant le vent, rien n'existait qu'une pâte boueuse, une lave informe à assécher, à pétrir et à lisser. » (p. 234) le roman n'est pas un précis d'éologie. Il serait plutôt, en arrière-plan du roman, un traité métaphysique sur le mouvement, la force, la matière et la création. Alain Damasio crée de toutes pièces univers complet. Son roman est une cosmogonie du vent, mais aussi un conte philosophique aux accents amers. Alain Damasio invente un nouvel alphabet, un alphabet humain qui joue sur toutes les combinaisons possibles. Il crée aussi un langage étrange et non traduit, un dialecte rauque pour s'adresser au vent, pour hurler des ordres, pour se faire entendre dans la contre. de fait, l'auteur joue sur le langage à tous les niveaux. L'inventivité dont il fait preuve est spectaculaire : on assiste pendant plus d'une trentaine de pages à des joutes verbales étourdissantes où le mot se fait trait mortel et balle sifflante. Dans l'univers de Damasio, on trouve aussi des animaux syntaxiques.
    Le roman se découpe en grands chapitres, eux-mêmes divisés en chapitres dont chacun est pris en charge par un narrateur différent. On identifie le narrateur à la lettre ou au signe qui le définit. L'alternance des points de vue aurait pu rendre le récit peu intelligible et décousu. Mais le texte est dense et structuré. Les voix ne s'envolent pas au vent : elles racontent l'histoire d'un groupe devenu organisme polymorphe, structure pluri-humaine. La numérotation des pages est décroissante. La lecture commence page 600 : tout nous pousse à remonter à la source que la conclusion de l'histoire rend à la fois miraculeuse et odieuse.
    J'ai plongé toute entière dans ce roman. Je ne suis d'ordinaire pas friande de SF. Mais comme avec son autre roman, La Zone du Dehors, Alain Damasio sait perturber mes repères avec mes talents. C'est un plaisir de s'abandonner à la plume de cet auteur et de le laisser réinventer le monde avec un langage nouveau. Voilà une expérience de lecture hors du commun, bouleversante au sens premier du terme. On en ressort ébouriffé et ce n'est pas peu dire.


    Lien : http://www.desgalipettesentreleslignes.fr/archives/2011/06/15/213587..
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    • Livres 5.00/5
    Par alain0209, le 21 mars 2012

    alain0209
    WOAW... magnifique, poétique, exaltant, à relire, ...
    Comment parler de ce livre unique ?
    Un groupe d'hommes et de femmes d'élite, la Horde, consacre leur vie à remonter à la source du vent qui balaie continuellement leur monde, venant toujours de la même direction, l'extrême-amont. Ce livre est l'histoire de leur quête.
    C'est un résumé de ce genre qui m'avait accroché quand j'ai acheté ce livre. Puis, dès la première page, la magie m'a saisi. L'écriture de ce roman est unique, très poétique, avec un vocabulaire que l'auteur invente autour du vent: c'est un flot de furvents, fréoles, aérudits et autres pharéoles. le vent source de toute vie, "ce vent vital qui circule en nous, qui nous fait ce que nous sommes".
    Une comparaison me vient à l'esprit, c'est "La Disparition", de Georges Perec, le roman écrit sans utiliser la lettre "e", où l'auteur là-aussi triturait la langue de belle façon pour traverser l'obstacle, la contrainte qu'il s'était donnée.
    Le roman est construit par petites sections, de quelques lignes à quelques pages. Chaque fois, c'est un membre de la Horde qui parle. le lecteur peut donc faire connaissance avec l'un, puis avec l'autre. La hargne, la pétulance, la poésie, la noblesse, ... chaque personnage est petit à petit développé, affiné, construit, dans un style spécifique à chacun. Cet aspect a été très travaillé par Damasio.
    A ne pas oublier, le signet qui va avec le livre, qui reprend le nom et le symbole de chacun des membres de la Horde. Chaque section commence par le symbole de celui qui prend la parole. c'est une aide utile au début de la lecture.
    A relire absolument, cet ouvrage est tellement riche et complexe, qu'une seconde lecture s'impose. Et très vite!
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    • Livres 5.00/5
    Par steppe, le 11 octobre 2010

    steppe
    Il y a des livres qui, une fois la dernière page lue, laissent en nous une empreinte dont on devine qu'elle sera à tout jamais inscrite en nous....
    La Horde du Contrevent est pour moi, l'un de ces livres là.
    Happée dès les premières lignes par une écriture brillante, et malgré un début déconcertant, je me suis laissée embarquer dans cette aventure si atypique. Que ce soit dans le fond ou dans la forme, Alain Damasio fait preuve d'une originalité étonnante.
    Maniant tour à tour la poésie, la philosophie ou le simple récit, de main de maître, il nous entraîne dans un univers âpre et violent à l'image de ses personnages... Si attachants pourtant....
    La narration devient un tourbillon de mots dans lequel on est transporté jusqu'au bout, se laissant enivrer par le souffle magique de sa plume...
    Un moment de grâce si rare sur nos chemins de lecture....
    Et si les 100 premières pages peuvent paraître difficile d'accès (principalement à cause du système de narration choisi par l'auteur), une fois ce stade dépassé et les repères pris, cette lecture ne vous laissera pas indemne.... Pour ma part, plus d'un mois avant de pouvoir lire autre chose.....
    Quand à classer cet ouvrage dans une catégorie précise, j'en suis bien incapable. je dirais OLNI (objet littéraire non identifié).... Même si on le retrouve fréquemment dans la section fantasy..... même chose pour un quelconque résumé, justement il serait... bien quelconque...
    Et pour finir, histoire de vous mettre l'eau à la bouche (enfin, j'espère!), les premières lignes de ce monument (non, je ne suis copine ni avec l'auteur, ni avec l'éditeur....)
    " A l'origine fut la vitesse, le pur mouvement furtif, le "vent-foudre".
    Puis le cosmos décéléra, prit consistance et forme, jusqu'aux lenteurs habitables, jusqu'au vivant, jusqu'à vous.
    Bienvenue à toi, lent homme lié, poussif tresseur des vitesses."
    (si certains sont intéressés, voici le lien vers la bande son accompagnant le livre lors de sa première parution....
    http://www.arnoalyvan.com/)
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Citations et extraits

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  • Par charlottelit, le 15 mai 2012

    A mes yeux, l'art est une réponse étrange et puissante
    à la question : qu'es-ce qu'être en vie.
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  • Par Lylo, le 12 juillet 2010

    Qu'importe où nous allons, honnêtement. Je ne le cache pas. De moins en moins. Qu'importe ce qu'il y a au bout. Ce qui vaut, ce qui restera n'est pas le nombre de cols de haute altitude que nous passerons vivants. N'est pas l'emplacement où nous finirons par planter notre oriflamme, au milieu d'un champ de neige ou au sommet d'un dernier pic dont on ne pourra plus jamais redescendre. N'est plus de savoir combien de kilomètres en amont du drapeau de nos parents nous nous écroulerons ! Je m'en fiche ! Ce qui restera est une certaine qualité d'amitié, architecturée par l'estime. Et brodée des quelques rires, des quelques éclats de courage ou de génie qu'on aura su s'offrir les uns aux autres. Pour tout ça, les filles et les gars, je vous dis merci. Merci.
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  • Par Azzyraphale, le 13 août 2011

    J’aime l’idée qu’un livre soit une arme, pas de jet ou de poing, plutôt une bombe à fragmentation douce, une grenade qui déchiquette les canaux habituels de la sensation ou dévie les autoroutes de nos pensées acquises. La Horde est un roman qui veut redonner aux gens le goût d’une vie ensemble, d’un partage concret, contre l’individualisme qu’on nous présente comme libérateur alors qu’il est le plus sûr moyen, pour les pouvoirs, de nous contrôler, en pures particules isolées et tristes. Etre lié délivre. Soyez complices du crime de vivre.
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  • Par TwiTwi, le 31 octobre 2010

    J'avais longtemps cru que je tenais à eux mais, comment dire ? aujourd'hui ce n'était plus vraiment ça : c'était plutôt qu'il tenait en moi. Ils me peuplaient, ils habitaient mon bivouac d'os et de nerfs. A chaque pas qu'ils faisaient, à chaque mot échangé, chaque petit geste discret, ils élargissaient ma flaque intérieure d'autant, ils en prolongeaient la surface tissée. Le simple fait de les imaginer pouvoir mourir avait redonné à leur présence une lueur. Après la mort de Sveziest, je m'étais juré ça : de ne plus jamais oublier qu'ils pourraient ne plus être là demain. Les conséquences de ce petit serment furent prodigieuses pour l'acuité avec laquelle je recevais ce qu'ils étaient. Je découvris une nouvelle intensité - celle de la conscience effilée d'être accoudé chaque jour au parapet branlant de la mort donne. J'étais à nouveau émerveillable.
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  • Par Spilett, le 18 mai 2011

    Moins que d'autres, je ne savais si le but de notre vie avait un sens. Mais je savais, plus que quiconque, qu'elle avait une valeur. Par elle-même, directement, hors de toute réussite ou déroute. Cette valeur venait du combat. Elle venait du rapport profondément physique que nous avions au vent. Un corps à corps. Elle venait de la qualité impressionnante de notre Fer et de notre Pack. De l'épaisseur à peine concevable de connaissances et d'expériences dont nos os avaient hérité. Elle venait d'une noblesse de cœur et de rage dont je me sentais, avec Golgoth, le premier porteur.
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