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ISBN : 2070342263
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 4.48/5 (sur 426 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un groupe d'élite, formé dès l'enfance à faire face, part des confins d'une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l'origine du vent. Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par fnitter, le 16 mars 2013

    fnitter
    Donnez-moi de la terre à contrer.
    Ce n'est pas la première œuvre de l'auteur, mais probablement la plus connue et en tout cas celle qui a eu le plus de succès. Publiée en 2004 elle a obtenue le grand prix de l'imaginaire en 2006.
    C'est l'histoire de la 34ième horde du contrevent, racontée essentiellement par Sov le scribe et composée de 23 membres, organisée en troupe quasi militaire et hiérarchisée. le Fer, le Pack et les Crocs. Leur but ? de l'extrême aval, remonter, à pied, vers l'extrême amont, connaître les trois dernières des neuf formes de vent et avec cette question qui revient sans cesse : Pourquoi ? Pourquoi la horde, pourquoi le vent souffle-t-il ?
    Au début du livre, notre 34ième horde contre déjà depuis 28 ans et elle n'est qu'au début de ses véritables épreuves.
    On peut laisser de côté la forme un peu déroutante (numérotation de page inversée, sigle attribué à chaque membre de la horde servant à identifier qui parle ou raconte, pas de lexique pour un nouveau vocabulaire riche et exotique, voire mystique) pour se concentrer sur l'intérêt de l'histoire.
    On m'a dit de m'accrocher les 70 premières pages, mais moi j'ai adhéré dès le début à cette troupe, me laissant emporter, sans parfois comprendre tout ce que je lisais, mais m'accrochant à cette dynamique de groupe. le but de leur vie a-t-elle un sens ? En tout cas elle a une valeur, venant du combat, du rapport physique qu'ils ont avec le vent.
    Ce combat, ce combat ultime, cette volonté d'aller jusqu'au bout. Cette quête, cette formidable et époustouflante quête où l'on souffre avec la horde, où l'on meurt avec elle dans sa lutte contre les vents, la poursuite qui cherche à l'éliminer, ces chrones, (forme de vie, concept phénomène naturel ?) jouant avec le temps, les sens et l'espace. Cette lutte de tous les instants, dans le désert, dans l'eau, dans la Norska, mortelle et glaciale...
    On ne ressort pas indemne de cette histoire. Exceptionnel.
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    • Livres 5.00/5
    Par steppe, le 06 mai 2011

    steppe
    Ce jour là Mr Damasio, j'arpentais comme une âme en peine les rayons hétéroclites de ma librairie préférée.
    Car j'étais en quête moi aussi... Comme chaque homme un jour ou l'autre peut l'être... Qu'il s'agisse de survie ou de simplement retrouver goût à un plaisir simple qui s'évertue à nous échapper...
    L'origine du vent pour certains, le plaisir de lire pour d'autres.... Les enjeux pensez-vous, ne sont pas les mêmes, lorsqu'il s'agit du destin du monde ou de sa propre "petite trajectoire"... détrompez-vous! le tout est dans l'espoir que l'on investit... Et un homme heureux, satisfait, comblé dans sa recherche individuelle d'une route à suivre, alors, sera plus apte à une destinée universelle...
    Lorsque lire mais plus encore, lire du jamais lu, lorsque notre quête ne se dirige vers rien d'autre que l'étonnant, l'inexploré, la révélation d'un genre, une approche encore inconnue, alors, rapidement, on tourne en rond, on s'exténue à retourner inlassablement vers nos premières découvertes littéraires pour essayer, le temps d'un livre, de retrouver notre capacité à s'étonner et à s'émerveiller...
    Depuis quelques temps déjà, aucune lecture ne trouvait grâce à mes yeux... Je commençais chaque jour un ouvrage nouveau et chaque jour l'abandonnais... Chaque 4ème de couverture était la promesse enivrante d'une découverte fabuleuse, d'un voyage hors du commun...
    Mais chaque première page, à peine lue, démystifiait de façon impitoyable mes attentes de renouveau et de découverte...
    Je commençais à me croire trop exigeante. Et m'accablais de reproches quand à mon incapacité à m'enthousiasmer pour quoi que ce soit...
    Ainsi donc, ce matin là, je déambulais parmi les rayons bigarrés de cette grande librairie où je me sentais perdue et à l'affût presque désabusé de ce livre particulier qui enfin, me redonnerait le goût des mots et des histoires...
    J'essayais vainement de me détourner de la fantasy que j'explorais depuis 5 ans déjà... Et là, en tête de gondole des nouveautés, un livre peu coloré, sans rien de plus pour attirer l'œil qu'un bandeau rouge annonçant un "grand prix de l'imaginaire", un poche, grisâtre et peu attrayant.
    Mais, allez savoir pourquoi, c'est vers lui que je me dirigeai alors que les prix depuis longtemps déjà n'étaient plus pour moi gage de qualité.. Je le pris, le caressai, lus la 4ème de couverture et l'ouvris à la première page....
    Et c'est là que se produisit le miracle car voici ce que je lus :
    " A l'origine fut la vitesse, le pur mouvement furtif, le "vent-foudre".
    Puis le cosmos décéléra, prit consistance et forme, jusqu'aux lenteurs habitables, jusqu'au vivant, jusqu'à vous.
    Bienvenue à toi, lent homme lié, poussif tresseur de vitesses."
    Ces quelques mots me cinglèrent l'esprit et me transportèrent jusqu'à me laisser pantelante du désir amorcé d'aller plus loin dans ce phrasé si plein de promesses...Je rentrai chez moi impatiente et néanmoins hésitante... Et si je m'étais trompée ?
    Si cet ouvrage, comme les autres, n'était qu'un mirage de plus, une autre promesse non tenue?..
    Mais je commençai et bientôt je compris que je ne m'étais pas trompée...
    Chaque page, chaque ligne lues étaient comme un nectar, une bouffée d'oxygène, un délicieux sursaut sur mon chemin de lecture... Un moment de grâce, si rare, si exaltant, si généreux et si riche!!!
    Caracole m'étourdissait et me laissait après chacune de ses interventions dans l'extase du beau mot, de la belle phrase et du propos joyeux du saltimbanque généreux et érudit.
    Sov m'expliquait, sans m'ennuyer jamais, les particularités de cet univers à la fois menaçant et passionnant dans lequel je finis par me projeter en toute confiance...
    Même Golgoth et sa cruauté toute bestiale, son animalité dédiée à l'aboutissement de sa quête, aveugle et brutale... Grossière aussi mais tellement touchante....
    Et Pietro, le prince déraciné, son élégance aussi bien dans l'attitude que le propos...
    Et Coriolis, Talweg ou Aoi Nan....
    Je me jetai à corps perdu dans l'aventure et luttai contre les vents furieux....Je m'esquintai comme ceux de la Horde à chercher une route praticable et à aller au plus loin de mes capacités....
    Je pleurai, le moment venu, le destin de Steppe....
    Je me délectai de chaque touche de poésie, de philosophie, de voyage et de découverte, de réflexion toujours judicieuse.
    Je m'ébahis devant la justesse du dosage...
    Et plus que tout, je savourai le langage, l'habileté du mot, de l'expression. Tout était prétexte à extase pendant cette lecture.
    Puis, vint le mot de la fin...
    Et avec lui, le sentiment d'une perte immense...Alors, je commençai mon travail de deuil. Je parlai de la Horde à quiconque voulait bien m'écouter... Je postai sur chaque forum une critique malheureusement très en dessous de ce que je ressentais...
    Je pris le pseudonyme de Steppe sur mon forum préféré...
    Mais, quoi que je fasse, reste en moi comme un sentiment confus de perte et de vide....
    J'ai eu besoin de plus d'un mois avant de pouvoir ouvrir un autre livre....
    Alors, Mr Damasio, entre vous remercier et vous maudire, je ne sais que choisir....
    Merci, merci mille fois pour cette œuvre généreuse, atypique et si aboutie...
    Merci pour mes larmes glacées versées dans la Norska, de joie comme de tristesse.
    Merci pour cette grâce offerte à mon âme blasée.
    Merci pour cet amour du mot juste et pour mon intérêt enfin renouvelé...
    Merci pour Golgoth, Pietro, Sov, Caracole, Erg, Talweg, Firost, L'Autoursier, Steppe, Arval, le Fauconnier,
    Horst et Karst,
    Merci pour Oroshi, Alme, Aoi nan, Larco, Léarch, Callirhoé, Boscavo, Coriolis et Sveziest...
    Merci pour moi Mr Damasio... Et ce mouvement insufflé à ma curiosité...
    Mais je vous maudis pour ce sentiment d'inachevé qui me colle à la peau depuis la dernière(la première?) page tournée de la "Horde".
    Je vous maudis de m'avoir donné le meilleur et ainsi d'avoir relevé le niveau de mes exigences....
    Je vous maudis de m'avoir laissée orpheline d'une famille que j'avais faite mienne...
    Je vous maudis d'avoir annoncé une suite à la "Horde"....
    Depuis, à nouveau, j'erre dans les rayons de ma librairie préférée... Toujours en quête...
    Et je vous cherche, Mr Damasio, je vous espère....
    Je scrute l'horizon en quête du chrone dans lequel je pourrais m'oublier et me déliter jusqu'à me renouveler...
    Mon "Vif" vous appelle et vous attend.
    Vous m'avez laissée là, ébranlée, essoufflée, haletante, presque suffocante.... Orpheline et désemparée, je continue à chaque lecture à rechercher ce merveilleux instinct du mot et de l'histoire...
    Et chaque lecture me ramène à vous et à ma frustration...
    Mais aussi, vous m'avez donné le goût de la quête....
    Et la certitude d'un espoir possible.
    Et chaque livre ouvert, chaque première page est une promesse....
    Grâce à vous....
    Merci Mr Damasio.... et pour finir, pour ceux qui savent :
    "N'acceptez pas que l'on fixe, ni qui vous êtes, ni où rester. Ma couche est à l'air libre. Je choisis mon vin, mes lèvres sont ma vigne.
    Soyez complice du crime de vivre et fuyez ! Sans rien fuir, avec vos armes de jet et à la main large, prête à s'unir, sobre à punir.
    Mêlez-vous à qui ne vous regarde, car lointaine est parfois la couleur qui fera votre blason." .....
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    • Livres 5.00/5
    Par boudicca, le 13 juin 2012

    boudicca
    Ils sont vingt-trois. Vingt-trois hommes et femmes en quête de l'Extrême-Amont et de l'origine du vent qui balaie leur monde d'un bout à l'autre. Alain Damasio nous entraine sur les traces de la neuvième Horde et de ses membres dans un roman d'une puissance et d'une beauté époustouflante. L'auteur nous propose un univers fascinant et d'une originalité folle dans lequel on plonge dès les premières pages pour n'en plus ressortir. Chaque idée est exploitée avec un talent et une intelligence absolument remarquable, qu'il s'agisse de l'intrigue, des personnages, du décor, du style et même de la pagination ou encore de la typographie (chaque paragraphe débute par un symbole associé à l'un des protagonistes qui prennent chacun leur tour la parole).
    On voyage grâce à Monsieur Damasio qui nous fait découvrir des paysages fascinants, tour à tour sauvages, impressionnants, étranges ou accueillants : la magnifique cité aérienne d'Alticcio, l'imposant et désespérant massif de Norska, l'Extrême-Amont... Certaines scènes figurent parmi les plus belles et les plus intenses qu'il m'a jamais été donné de lire. Aussi vous ne manquerez pas de vous souvenir du voyage et des festivités à bord de l'Escadre Frêle, vaisseau d'une nature tout à fait particulière ; de la traversée par la Horde de la Flaque de Lapsane, étendue d'eau croupie et de marais plein de dangers et de mystères (« Fontaine je ne boirais pas de ton eau... ») ; du magistral duel littéraire de Caracole et Sélème maniant les palindromes, anaphores et autres figures de style de la langue française comme personne ; des retrouvailles entre les membres de la Horde et la génération qui les a précédé...
    Mais la plus grande qualité du livre reste ses personnages, tous d'une telle humanité et d'une telle profondeur qu'ils ne peuvent que nous bouleverser : on rie avec eux, on pleure, on craint, on se dépasse, on apprend, on s'attache, on espère... Difficile d'oublier Golgoth, ses fêlures, sa volonté de fer et son langage fleuri ; Caracole et son tempérament joyeux, ses jeux de mots, ses taquineries, sa complexité ; Sov et ses doutes, ses petites attentions et sa gentillesse ; la petite Aoi et son amour pour Steppe ; le prince Pietro Della Rocca, la soigneuse Alme, le combattant Erg Machaon, l'aéromaitre Oroshi et tant d'autres encore... Rarement un livre m'aura tant marqué et tant bouleversé, alors merci Monsieur Damasio pour ce chef d'œuvre que je ne risque pas d'oublier.
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    • Livres 3.00/5
    Par Ellen-R, le 24 janvier 2013

    Ellen-R
    La Horde du Contrevent est un livre ambitieux, qui se dévore en quelques jours et exerce longtemps son pouvoir de fascination. La force du récit, qui happe littéralement le lecteur, réside dans la densité de présence d'un monde régi par d'autres lois que le nôtre et le sentiment que la horde, menée d'une poigne de fer par son chef, progresse autant vers la source des vents que vers un destin inéluctable. La tension est accentuée par la narration subjective, qui permet de ressentir les souffrances et les hésitations, ou la résolution, de chacun des membres de la horde.
    Ainsi, au-delà d'un roman d'héroic-fantasy sans pareil, se dessine le récit d'une quête existentielle. Au début unis par leur but commun et totalement soumis à la communauté, les hordiers peu à peu s'individualisent et parviennent, pour certains d'entre eux, à s'interroger sur le sens de leur marche inexorable vers l'Amont… La fin, qu'il ne serait pas charitable de dévoiler, est particulièrement poignante et m'a parue être la meilleure partie du recueil.
    Néanmoins, La Horde du Contrevent n'est pas un chef d'œuvre : outre de nombreuses incohérences dans le récit, l'auteur se complaît dans des artifices d'écriture (notamment la joute orale de Caracole menée comme un concours de slam) et multiplie les outrances et les effets visuels inutiles. Comme si Damasio avait voulu réussir la synthèse des philosophes présocratiques, de Nietzche, de Star Wars et de DragonBall Z...
    Et puis, j'ai été surprise que les étoiles, vers lesquelles le regard naturellement se tourne dès que vient la nuit (qui a navigué ou randonné en montagne sait de quoi je parle), ne soient jamais évoquées alors que le ciel devrait fasciner des hommes prisonniers d'un monde clos et hostile. le monde où progresse la horde reste en fait artificiel et conceptuel, contrairement aux univers, tout aussi étranges et déroutant, crées par Michel Bernanos (La montagne morte de la vie) et Charles Duits (Ptah Hotep) qui avaient la même ambition de transcender le genre de la SF Fantasy et de l'ouvrir vers la poésie et la métaphysique...
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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 03 septembre 2012

    Missbouquin
    "Nous sommes partis d'Aberlaas, Extrême Aval, il y a 27 ans maintenant. Nous avions 11 ans. Et nous ne nous sommes jamais retournés."
    Ainsi commence cette formidable épopée d'une vingtaine de fous, la 34e Horde du Contrevent qui a pour objectif d'atteindre l'Extrême-Amont du monde. Aucun être humain ne l'a jamais fait. Au point que certains se demandent s'il existe vraiment un Extrême-Amont, où le vent phénoménal qui souffle sur ce monde prendrait sa source : "Ce rêve têtu, de la plus haute crétinerie, cette chimère d'atteindre un beau jour le bout de la Terre, tout là-haut, l'Extrême-Amont, à boire le vent à sa source – la fin de notre quête, le début de quoi ?"
    Et en effet, on se demande bien pourquoi. Pourquoi parcourir ces milliers de kilomètres pendant tant d'années. Pourquoi sacrifier sa vie pour une quête qui perd régulièrement de son sens au fur et à mesure où la Horde est décimée.
    Peut-être bien pour arrêter les fous qui ont justement décidé qu'on élèverait une vingtaine d'enfants, dès leurs 5 ans, pour cette quête infernale. Ou pour mettre un point final à des centaines d'années d'interrogations.
    Mais pour cela, il faut arriver au bout, et qu'au moins un des hommes puisse revenir pour raconter ..."Tout ce qui avait pu être dit et gravé à ces sujets ne témoignait de rien d'autre que de cette même doctrine de l'épreuve et de la récompense, qui postulait un univers moral, une fin à toute quête et une terre aux dimensions parcourables – ce que rien n'étayait."
    On ressort assourdi de ces 700 pages ventées, qui nous mènent à la rencontre des neuf formes du vent, de la plus basique, quotidienne, à la plus secrète, voire magique : "le vent, en un mot, était, en terme de potentialités, aussi riche que la littérature ou la musique, à cette différence près qu'on n'en connaissait pas à ce jour le compositeur – ce génie brut et diaphane qui inventait ses symphonies à la frontière de l'assimilable et nous laissait chancelants, sous le déluge de sa dictée".
    Des envolées lyriques à la dure réalité des combats contre le vent ou contre des ennemis innommables, j'ai pu apprécier le style d'un grand conteur, à travers les mille facettes de ses personnages : Caracole le troubadour, qui joue avec les mots et nous offre de magnifiques moments de maîtrise de la langue française.
    "Oui, je rime à la foudre,
    à la fougue,
    sans garde-fou
    Je fourbis mes lames
    Et déjà tu bafouilles,
    tu cafouilles
    Et tu blâmes."
    Mais aussi Golgoth le barbare qui mène la Horde envers et contre tout, rustre grossier et pourtant génie du vent, manipulateur mais surtout âme de cette troupe, à laquelle il a tout sacrifié. Pietro le prince, qui permet la cohésion du groupe. Erg qui vole et assure la sécurité. Et surtout Sov le scribe, le conteur principal. Etc, etc. Des personnages hauts en couleur, qui récitent tour à tour une partie du voyage. Car la Horde n'est pas dissociable, elle ne se définit que par chacun de ses membres.
    Une Horde au courage prodigieux, affrontant des montagnes, des volcans, des lacs immenses, alors qu'on a envie de leur crier "mais arrêtez ! vous êtes fous !". Pourtant ils continuent. Parce qu'ils ont le combat, la lutte dans le sang, ce qu'on leur a inculqué depuis 30 ans, ce qu'ils ont vécu depuis 30 ans : "Moins que d'autres, je ne savais si le but de notre vie avait un sens. Mais je savais, plus que quiconque, qu'elle avait une valeur. Par elle même, directement, hors de réussite ou déroute. Cette valeur venait du combat. Elle venait du rapport profondément physique que nous avions du vent. Un corps à corps." le vent les forge. Et les définit.
    Si Alain Damasio m'a parfois perdu dans ses considérations sur le vent, il a pourtant écrit une fresque humaine sans précédent dans l'histoire de la littérature. En effet difficile à définir à quel genre ce texte appartient : fantasy ? fantastique ? épopée ? quête philosophique ? Un peu de tout ça à la fois, mais c'est cette multiforme qui lui donne toute sa richesse et nous interdit de le lâcher avant la fin.
    L'histoire d'un monde balayé par les vents, dont nous sortons tout étourdis, les larmes aux yeux, sans souffle.
    Un très bel exemple de ce que peut produire la littérature française.
    *
    PS : le livre est en cours d'adaptation par le studio ForgeAnimation et sortirait en 2013. Vous pouvez aussi écouter la BO sortie en même temps que le livre, par Arno Alyvan.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com
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Citations et extraits

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  • Par Lylo, le 12 juillet 2010

    Qu'importe où nous allons, honnêtement. Je ne le cache pas. De moins en moins. Qu'importe ce qu'il y a au bout. Ce qui vaut, ce qui restera n'est pas le nombre de cols de haute altitude que nous passerons vivants. N'est pas l'emplacement où nous finirons par planter notre oriflamme, au milieu d'un champ de neige ou au sommet d'un dernier pic dont on ne pourra plus jamais redescendre. N'est plus de savoir combien de kilomètres en amont du drapeau de nos parents nous nous écroulerons ! Je m'en fiche ! Ce qui restera est une certaine qualité d'amitié, architecturée par l'estime. Et brodée des quelques rires, des quelques éclats de courage ou de génie qu'on aura su s'offrir les uns aux autres. Pour tout ça, les filles et les gars, je vous dis merci. Merci.
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  • Par Valandil, le 14 octobre 2012

    Sélème : Engage le jeu que je le gagne !
    Caracole : L'âme sûre ruse mal !
    Sélème : L'âme sœur, elle, rue, ose mal... Erg immigré ! Erg en nègre ! Vos Sov ! Le traceur à la rue : cartel !
    Caracole : En nos repères, n'insère personne !
    Sélème : Le sert-on ici, notre sel ?
    Caracole : Tâte l'état ! C'est sec.
    Sélème : Léger regel ?
    Caracole : Saper ses repas...
    Sélème : Semi-auteur, ô male ! La morue tu aimes.
    Caracole : Euh... Hue !
    Sélème : Eh, ça va la vache ?
    Caracole : Rat ! Avatar !
    Sélème : C'est sec... Ta bête te bat !
    Caracole : Et si l'arôme des bottes révèle madame, le verset t'obsède, moraliste !
    Sélème : L'arôme moral ? Ému, ce destin rêve, il part natter ce secret tantra plié, vernissé d'écume.
    Caracole : Et tu te démêles, Sélème de lutte ?
    Sélème : Ici ? Non. Tu l'as, ressac, avalé ? Crac ! Car cela va casser... Salut !
    Caracole : Sniff ! À l'affin S !
    Sélème : Élu, aimé, jeté, ô poète ! Je miaule !
    Caracole : Ah Élu, ça ! Je trace l'écart, éjacule, ha !
    Sélème : Rupture de lien : un arc élève le reste et se relève à l'écran, une île de rut pure.
    Caracole : Mon nom...
    Sélème : Hola Caracole, va à vélo caracal, oh !
    Caracole : Mon nom... Mon nom...
    Sélème : Ressasser, "Carac", ressasser ! Oh, cela te perd répéta l'écho !
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  • Par TwiTwi, le 31 octobre 2010

    J'avais longtemps cru que je tenais à eux mais, comment dire ? aujourd'hui ce n'était plus vraiment ça : c'était plutôt qu'il tenait en moi. Ils me peuplaient, ils habitaient mon bivouac d'os et de nerfs. A chaque pas qu'ils faisaient, à chaque mot échangé, chaque petit geste discret, ils élargissaient ma flaque intérieure d'autant, ils en prolongeaient la surface tissée. Le simple fait de les imaginer pouvoir mourir avait redonné à leur présence une lueur. Après la mort de Sveziest, je m'étais juré ça : de ne plus jamais oublier qu'ils pourraient ne plus être là demain. Les conséquences de ce petit serment furent prodigieuses pour l'acuité avec laquelle je recevais ce qu'ils étaient. Je découvris une nouvelle intensité - celle de la conscience effilée d'être accoudé chaque jour au parapet branlant de la mort donne. J'étais à nouveau émerveillable.
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  • Par Azzyraphale, le 13 août 2011

    J’aime l’idée qu’un livre soit une arme, pas de jet ou de poing, plutôt une bombe à fragmentation douce, une grenade qui déchiquette les canaux habituels de la sensation ou dévie les autoroutes de nos pensées acquises. La Horde est un roman qui veut redonner aux gens le goût d’une vie ensemble, d’un partage concret, contre l’individualisme qu’on nous présente comme libérateur alors qu’il est le plus sûr moyen, pour les pouvoirs, de nous contrôler, en pures particules isolées et tristes. Etre lié délivre. Soyez complices du crime de vivre.
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  • Par fnitter, le 18 mars 2013

    Rien qui sèche, tout qui pue, on attendra le soleil comme on prie ! Et ça pleuvra sur tout, ça vous coulera dans le calbut, ça vous trouera votre cul chaud ! Pendant trois mois ! Et vous n'oserez même plus chialer de peur de rajouter de la flotte à la flotte.

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Vidéo de Alain Damasio

Comédie du Livre 2012 - Le dimanche 03 juin 2012 à l'Espace Pierre Clerc Animé par Olivier Legendre
Rencontre avec le trop rare Alain Damasio, révélé en 2004 par La Horde du contrevent, et le prolifique Claude Ecken : deux auteurs qui partagent la volonté de faire de la littérature et de l’imaginaire un lieu incontournable de réflexion et d’expérimentation politique.








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