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L'âne Culotte de
Henri Bosco
Noir-Asile, malgré son air de solitude, m’attirait, tant par le secret de son site caché derrière d’énormes buissons de genêts d’or, que par je ne sais quel charme encore humain. Resté seul dans le grand jardin, je ne tardai pas à sentir l’attrait de cette cabane de chiens qui, pendant si longtemps, avait abrité les mystérieux conciliabules d’Hyacinthe avec elle-même. Après l’étrange, l’inoubliable Belles-Tuiles, c’était pour moi l’un des plus graves habitats de l’enfance. J’y revenais plus souvent, et je m’y attardais des heures entières, sans pourtant y entrer. Mais, adossé à ses parois de planches, assis dans l’herbe sèche qui sentait le feu de l’été, j’y reprenais peu à peu avec la terre tiède ce contact de plaisir et d’angoisse dont le souvenir, depuis lors, n’a cessé de troubler ma vie. Car j’aime la terre.
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Par terrevive, le 10/05/2010
Malicroix de
Henri Bosco
De mon grand-oncle Malicroix je n'attendais rien. D'ailleurs, jamais personne n'avait rien attendu de lui. Nul ne l'avait rencontré depuis un demi-siècle. Terré en Camargue sur ses maigres terres, il incarnait pour nous la sauvagerie même. Ni bon, ni méchant, mais seul ; c'est-à-dire inquiétant et peut-être terrible.
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Malicroix de
Henri Bosco
Pas un regard, pas un soupir, mais le pur mouvement au service de la matière.
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Par lecassin, le 18/12/2011
L'enfant et la rivière de
Henri Bosco
Or, ceci se passait il y a bien longtemps et maintenant je suis presque un vieil homme. Mais de ma vie, fût-elle longue encore, je n'oublierai ces jours de ma jeunesse où j'ai vécu sur les eaux. Ils sont là, ces beaux jours, dans toute leur fraîcheur. Ce que j'ai vu alors, je le vois encore aujourd'hui, et je redeviens, quand j'y pense, cet enfant que ravit, à son réveil, la beauté du monde des eaux dont il faisait la découverte.
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Par Carosand, le 17/10/2011
L'enfant et la rivière de
Henri Bosco
Mes nuits sont un empire d'étoiles.
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Par IzaBzh, le 16/06/2011
L'âne Culotte de
Henri Bosco
Seulement, son paradis, ce n'était pas un paradis de cathédrale, c'était un paradis pour petite paroisse. Un joli paradis humain, tiède, bien clos, un de ces paradis de campagne qui groupent trois cyprès autour d'un puits. Tendrement il nous le montrait, de loin, derrière une masse de platanes avec ses dix maisons et le bout d'un clocher trapu ; et l'on se disait qu'il y ferait bon vivre. C'était un paradis orienté au sud, vers la chaleur, un paradis modeste, au milieu d'un hectare d'arbres fruitiers ; un paradis blotti au pied d'une haute falaise couronnée de figuiers sauvages, dans un creux, à l'abri de la pluie et du vent ; un paradis parfumé de plantes médicinales, comme la bourrache, la sauge et l'arnica ; un paradis sur lequel veillait un vieux saint un peu somnolent à barbe blanche, un vieux saint assis devant la porte, sur une chaise de paille ; un paradis que visitait, chaque année, tout seul, et monté sur son âne, le Dieu de la Fête des Palmes. Il s'y entretenait familièrement de l'état du ciel, du produit des jardins et du vin des dernières vendanges, avec les habitants venus à sa rencontre, cependant que, laissé en liberté, son âne broutait sur le bord du chemin, la gentiane bleue et la tige sucrée de la douce-amère.
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Malicroix de
Henri Bosco
Et j'ai peur des morts.
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Par IzaBzh, le 16/06/2011
L'âne Culotte de
Henri Bosco
Mon secret, murmura-t-il avec une sorte d'innocence, je n'en userai que pour la beauté de la vie.
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Par zazimuth, le 28/09/2010
Le mas Théotime de
Henri Bosco
Le reproche n'est point dans sa manière, qui procède par allusions générales et sous-entendus. Les allusions viennent de sa bouche et les sous-entendus de son silence. C'est un homme qu'il faut traduire. Après avoir transmis ses phrases laconiques, il se tait longtemps. Il reste alors à le comprendre et à tirer de ce silence la pensée qu'il a réservée en lui ; car ce n'est point ce qu'il vient de dire qui compte, mais l'arrière-pensée dont il ne présent qu'une ombre presque insaisissable. (p.89-90)
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Malicroix de
Henri Bosco
Mais c'est par le sang de nos mères que passent en nous les violences, et toujours une race forte en tire le trait singulier qui lui imprime son génie.