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Par gill, le 17/05/2012
Chasseur d isards ou le secret du lac noir. de
Henry de Monfreid
La dernière maison habitée, il y a encore une dizaine d'années, fut celle de la famille Balbiguères qui depuis longtemps y exerçait le métier de bûcheron.
José, le père, travaillait avec son fils Michel ; souvent je les rencontrais là-haut sur le versant de l'Aspres où les sapins sont énormes et je passais de longues heures à les admirer.
Ce métier a quelque chose de fabuleux quand le bûcheron, armé de sa cognée, invisible pygmée sous l'ombre des futaies, semble combattre des géants.
La forêt gronde et retentit au loin de multiples échos.
Lutte grandiose où un à un les grands arbres s'abattent dans le fracas de leurs branches brisées et le bûcheron victorieux apparaît sur la clairière jonchée de morts.
(extrait du premier chapitre "Le Puigt")
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Par gill, le 16/05/2012
L'envers de l'aventure. l'orniere de
Henry de Monfreid
Dans ce nouveau tome de la vaste autobiographie qu'il a entreprise, Henry de Monfreid nous transporte au début de ce siècle. Le futur navigateur des mers du sud n'est encore qu'un fantassin à pantalon garance, fraîchement incorporé.
Ennemi de toute contrainte, ce jeune homme n'a guère de goût pour la vie militaire, on s'en doute, d'autant qu'il lui faut nourrir une compagne et son enfant.
Au risque de s'empoisonner au chlore, il réussit à se faire réformer.
C'est alors que commence pour lui une existence difficile, qu'il affronte vaillamment. Tour à tour porteur aux halles, courtier en café, laveur de voitures à "l'Automobilium", chauffeur-cicérone, puis ingénieur chimiste, comment aurait-il pu deviner qu'un destin hors série l'attendait, au détour de "L'Ornière" où il semblait engagé ?
(extrait de la quatrième de couverture de l'édition parue chez "Grasset" en 1986)
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Par gill, le 12/05/2012
Le roi des Abeilles de
Henry de Monfreid
Une très vieille croyance attribue à certaines qualités la faculté de se transmettre, ou plutôt de se greffer d'un individu à l'autre.
Tel est le cas par exemple du courage : en se couvrant de la peau d'un homme courageux fraîchement écorché on acquiert son courage.
Ce sont les sorciers qui règlent les modalités de cette barbare pratique.
On parle encore de la manière dont le Dedjaz Tadla prit le courage d'un bandit qu'il redoutait, en revêtant sa peau.
On prétend que le père de Lidj Yassou, le Ras Michaël, usa de ce procédé à un moment de sa vie où, après son apostasie, il se sentait atteint par un maléfice qui lui ôtait son courage.
Heilé Sélassié, en prévision de la guerre, redoutant d'être contraint d'aller lui-même à la tête de ses troupes, voulut devenir guerrier comme son cousin Lidj Yassou, et acquérir l'ascendant qu'il avait sur ses soldats.
Six sorciers furent réunis et lui conseillèrent, sinon de revêtir la peau de son ancien souverain et ami d'enfance, tout au moins de se frotter le corps avec son sang...
(extrait du chapitre III "Le sang de Lidj Yassou" de l'édition parue chez "Gallimard" à la collection "Nrf" en 1937)
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Par gill, le 15/05/2012
Henry de Monfreid. Les Lionnes d'or d'Éthiopie de
Henry de Monfreid
Dans l'immense continent africain, au milieu des tribus païennes les plus primitives et les plus farouches, un étrange royaume chrétien s'est maintenu immuable depuis l'antiquité biblique.
Ce miracle est dû à sa situation géographique, qui l'isola longtemps du monde civilisé : vers l'est, il est séparé du littoral de la mer Rouge par une contrée désertique, infernal chaos de lave et de scories où les riolites rougeoient comme des roches incandescentes. L'ardeur du soleil les surchauffe à tel point que nul animal ne peut traverser cette fournaise pendant le jour. La nuit, quand la lune se lève dans le silence de ces solitudes, son hallucinante lumière semble éclairer une planète morte....
(extrait du chapitre premier "La couche de Salomon")
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Par gill, le 12/05/2012
Henry de Monfreid. Mon aventure à l'Ile des Forbans de
Henry de Monfreid
C'est par nuit noire et sous la pluie que j’atterris enfin à l'île de la Réunion. Ses hautes montagnes surgies de la mer masquent les étoiles, et, ainsi, les lumières de Saint-Denis suspendues entre ciel et terre scintillent en fantastiques constellations.
Mon fils m'attendait au bas de l'échelle, et à travers des présentations bafouillées à la foule des inconnus, dans l'ahurissement de l'arrivée je parvins à la voiture.
Sous la pluie nous traversons la ville de Saint-Denis grouillante de boutiques chinoises ou indiennes. Puis c'est à nouveau la campagne. Dans la trouée lumineuse des phares je vois seulement la route qui se plie et se replie en lacets aux flancs de la montagne. Enfin, à 400 mètres d'altitude, la maison nous accueille.
Ce matin le ciel est nettoyé, le soleil se lève et l'immensité de la mer se déploie à mes pieds, une mer déserte où aucune voile de pêcheur ne se distingue.
L'île en effet n'a pas de port naturel, partout l'océan moutonne au souffle de l’alizé et sa longue houle vient se briser au pied des falaises sur des plages hérissées de récifs.
Ce sont ces côtes inhospitalières qui ont gardé si longtemps la solitude de cette terre dont les premiers navigateurs font un éloge fabuleux....
(extrait du premier chapitre de l'édition parue chez "Grasset" en 1958)
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Le mystère de la tortue de
Henry de Monfreid
... La Tortue : on pourrait penser qu'il s'agit là de l'îlot des Antilles, du repaire célèbre de boucaniers et de ' gentilshommes de fortune ' des XVIIe et XVIIIe siècles. Il n'en est rien, et cette ' tortue ' est toute symbolique. Elle n'en est pas moins la clé d'aventures qui ne le cèdent en rien à celles des Frères de la Côte. De la Catalogne à la Tunisie et à l'archipel Dahalak - au large de l'Éthiopie -, du temps de Philippe IV d'Espagne et des barbaresques à nos jours, les héros et les héroïnes de ce roman sont entraînés dans un tourbillon d'enlèvements, de naufrages et de machinations qui sembleraient invraisemblables si l'on ne savait qu'aujourd'hui encore, les pays riverains de la mer Rouge restent, à bien des égards, aussi secrets qu'il y a trois cents ans. Le vol sifflant des avions à réaction laisse immobile le sable des déserts soudanais et yéménites, et ne fait pas se hâter les pèlerins en marche vers la Mecque - pèlerinage dont Henry de Monfreid donne ici une étonnante description. Ces pages - parmi d'autres tout aussi vivantes - soulignent la maîtrise avec laquelle ce grand conteur sait associer la fiction et le document, l'imagination la plus romanesque à ses souvenirs les plus authentiques.
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Par gill, le 08/03/2012
La croisière du hachich de
Henry de Monfreid
Je n'ai pas le coeur à déguster mon café et la splendeur du soleil levant, ce tapis d'or et de rose qui, chaque matin, se déploie sur le désert et les montagnes me semble une cruelle ironie pour le deuil et la tristesse que je porte en mon coeur.
Le soleil est maintenant installé dans le ciel. La mer s'étend, calme et brillante, désespérément unie dans le champ de ma jumelle, sans rien qui ressemble à la tête d'un nageur...
Je ne puis croire, cependant, à une fin aussi bête pour Abdi. Lui, mourir noyé ? Mais c'est absurde. Il est bien resté une fois cinquante-six heures dans l'eau, sans trouver la chose extraordinaire. Nous nous rassurons mutuellement en examinant toutes les chances qu'Abdi peut avoir ; et puis, l'activité du jour, la vie intensive de la rade autour des vapeurs, tout cela fait diversion...
(extrait du chapitre XXVIII " On croise le fer")
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Par gill, le 08/03/2012
Henry de Monfreid. Le Trésor des flibustiers de
Henry de Monfreid
L'Espada, où venaient d'embarquer nos deux amis, battait pavillon espagnol, mais le coffre de timonerie en renfermait bien d'autres pour faire face à tous les imprévus d'une navigation bien souvent en marge du code maritime.
On ne sait jamais où finit le flibustier et où commence le pirate.
Le capitaine Gomez n'avait aucun préjugé et guère de scrupules sur le choix des moyens, pour peu que la fin lui parût fructueuse.
Quant à son équipage, il n'avait rien à envier à ceux des plus célèbres écumeurs de mer. Cependant il ne comptait pas de ces brutes ivrognes et sanguinaires, aussi dangereuses pour leur propre navire qu'une chandelle allumée dans la sainte-barbe.
Tous aimaient leur capitaine et ce fait seul suffit à leur valoir un peu d'indulgence...
(extrait du chapitre premier de la deuxième partie "L'épouse fidèle")
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Par gill, le 08/03/2012
La cargaison enchantée de
Henry de Monfreid
Nous passâmes la ligne sans célébrer la fête traditionnelle, d'abord parce que rien ne la décèle en dehors du calcul, mais surtout parce que j'eusse été le seul à savoir qu'il y a un équateur.
Ce que j'appréciai fort après le passage dans l'hémisphère nord fut le retour de la mousson d'est. Les brises folles et incertaines de ces jours derniers étaient peut-être plus énervantes que le calme plat.
J'eus enfin le loisir de penser à ma cargaison...
(extrait du chapitre III "l'ivresse inattendue")
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Par gill, le 08/03/2012
Testament de pirate de
Henry de Monfreid
Bien avant nos explorateurs les Arabes pénétrèrent en Afrique sans employer la force. Le commerce, basé sur l'échange des esclaves contre la pacotille, fut le sésame qui leur ouvrit le continent.
Jamais ils ne se mêlèrent de réformer les coutumes des habitants si barbares fussent-elles, tenant les tribus, les plus farouches en respect par les armes à feu, dont ils eurent la sagesse de garder l'exclusivité, comme les dieux détenteurs de la foudre.
Il ne faut pas oublier qu'au Xème siècle l'arabe El Gmahr put traverser l'Afrique du Zanzibar au golf de Guinée, découvrant le lac Victoria et les montagnes qui portent son nom (Gamar en arabe signifie la lune), les géographes l'ayant traduit par une sorte de calembour "Mont de la lune"...
(extrait du chapitre V "Le roi est épuisé")
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