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Le vampire de Ropraz de
Jacques Chessex
Plus que jamais les mères surveillent leurs filles. Avant février, le danger venait des garçons, des bals, des lotos, des soirées de chant, à l'heure qu'il est le monstre est caché parmi nous, sournois, habile, renseigné, proche à se lécher les dents et à baver sur nos sommeils avant de percer la gorge et le ventre lisse de nos fiancées.
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Par Nanne, le 26/04/2010
Le dernier crâne de M. de Sade de
Jacques Chessex
- [...] Premièrement, j'interdis que mon corps soit autopsié. Je sais trop que c'est l'usage ici, on pratique l'autopsie de façon systématique, dans les heures qui suivent la mort. Pour moi, pour mon propre corps, je l'interdis absolument. AB-SO-LU-MENT, vous m'entendez ! Doucet approuve d'un hochement de tête. Mais il est demeuré silencieux. - Jurez, docteur Doucet ! Jurez-moi qu'il n'y aura pas d'autopsie ! Au besoin que vous vous y opposerez par la force. ou par la désobéissance ! Doucet jure. Il est livide. - Deuxièmement, poursuit M. de Sade d'une voix forte - il crie presque - j'interdis qu'aucune croix, ni aucun signe religieux, soient dressés sur ma dépouille. Aucune saloperie de croix, ni aucun signe religieux ! Vous m'entendez, docteur Doucet, aucune croix ! Aucune cochonnerie de croix !
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Par katioucha, le 05/01/2011
Un Juif pour l'exemple de
Jacques Chessex
Qu'est-ce que l'horreur ? Quand Jankélévitch déclare imprescriptible tout le crime de la Shoah, il m'interdit d'en parler hors de cet arrêt. L'imprescriptible. Ce qui ne se pardonne pas. Ce qui ne sera jamais payé. Ni oublié. Ni prescrit. Aucun rachat d'aucune espèce. Le mal absolu, à jamais sans transaction.
Je raconte une histoire immonde et j'ai honte d'en écrire le moindre mot. J'ai honte de rapporter un discours, des mots, un ton, des actes qui ne sont pas les miens mais qui le deviennent sans que je le veuille par l'écriture. Car Vladimir Jankélévitch dit aussi que la complicité est rusée, et que rapporter le moindre propos d'antisémitisme, ou d'en tirer le rire, la caricature ou quelque exploitation esthétique est déjà, en soi, un entreprise intolérable.
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Le vampire de Ropraz de
Jacques Chessex
Ici on n’a pas de grands commerces, d’usines, de manufactures, on n’a que ce qu’on gagne de la terre, autant dire rien. Ce n’est pas une vie. On est même si pauvres qu’on vend nos vaches pour la viande aux bouchers des grandes villes, on se contente du cochon et on en mange tellement sous toutes ses formes, fumé, écouenné, haché, salé, qu’on finit par lui ressembler, figure rose hure rougie, loin du monde, par combes noires et forêts. (…) La misère sexuelle, comme on la nommera plus tard, s’ajoute aux rôderies de la peur et de l’imagination du mal. Solitaire, on surveille la nuit, ébats d’amour de quelques nantis et de leur râlante complice, frôlement du diable, culpabilité vrillée dans quatre siècles de calvinisme imposé. Sans répit déchiffrer la menace venue du fond de soi et du dehors, de la forêt, du toit qui craque, du vent qui pleure ; de l’au-delà, d’en haut, de dessous, d’en bas : la menace venue d’ailleurs. On se barricade dans son crâne, son sommeil, son cœur, ses sens, on se verrouille dans sa ferme, le fusil prêt, l’âme hantée et affamée. L’hiver attise ces violences sous la longue neige amie des fous, les ciels rouges et bistre entre aube et nuit déshéritée, le froid et la mélancolie qui tend et ronge les nerfs. Ah j’oubliais l’effarante beauté des lieux.
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Par eternel, le 02/06/2011
L'Ogre de
Jacques Chessex
" Qu'ils continuent, qu'ils persévèrent, qu'ils cassent la barraque,qu'ils détruisent ces saletés de familles et ces patriarches et ces tyrans et les gros imbéciles qui nous paralysent depuis des siècles."
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Le vampire de Ropraz de
Jacques Chessex
De récentes recherches ont laissé supposer que les restes du soldat inconnu, interprétés par l'analyse de leur ADN, appartiendraient au citoyen vaudois Charles-Augustin Favez, engagé volontaire dans l'armée française en guerre en février 1915. Tué devant la ferme Navarin le 18 septembre de la même année. Et que le soldat inconnu, héroïquement honoré par le chef d'Etat, la sonnerie aux morts et le salut au drapeau chaque 14 juillet que Dieu fait, ne serait autre qu'un fou et un effrayant repris de justice d'origine suisse.
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Par Adraste, le 10/05/2013
Le vampire de Ropraz de
Jacques Chessex
Tant de jeunes vierges dorment de leur sommeil de lys de jeunes mortes vont reposer, pour leur première nuit en terre, sous le couvert de leur fraîche tombe. C'est l'heure de te mettre en marche, Dracula, maître de l'ombre, par les bourgades et les campagnes ! Toi qui connais tous nos gestes, nos haltes, nos hésitations, qui boiras le sang de nos filles et les fouilleras, les dévoreras, avant que l'aube ne te repousse dans ton introuvable repaire !
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Par Alcapone, le 21/06/2010
Le dernier crâne de M. de Sade de
Jacques Chessex
Il disait qu’il ne ferait pas de vieux os. Qu’on aurait son corps, pas sa tête. C’était confus. A la fois très compréhensible et très obscur. A la fin j’ai saisi quelques mots, qu’il a répété plusieurs fois : "Mon dernier crâne! Mon dernier crâne!" Ce qui montre bien l’incohérence où peut sombrer cet impie. p.22
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Le vampire de Ropraz de
Jacques Chessex
Dans ces campagnes perdues, une jeune fille est une étoile qui aimante les folies.
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Le vampire de Ropraz de
Jacques Chessex
On dit le vampire de Ropraz, note Maihain dans le registre de ses observations, c’est une simplification pour le violeur, le nécrophage, l’épouvantable mangeur de morts. Dans ces déserts, le symptôme du vampire durera tant que cette société sera victime de la crasse primitive : saleté des corps, promiscuité, isolement, alcool, inceste et superstitions qui infestent ces campagnes et créeront d’autres foyers d’exactions sexuelles et d’horreur sans merci.
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