Si vous voulez découvrir la Suisse romande profonde, vous êtes dans le bon bouquin. le début de l'action se passe à Ropraz en 1903. Si vous voulez découvrir du Hard-
Chessex, dégustez l'horreur à pleine dents.
Ropraz est un village à l'écart des grandes routes du canton de Vaud, ses habitants vivent un peu en autarcie alimentaire et intellectuelle. Les histoires de famille, les incestes, les jalousies, font le bonheur des commérages, l'imagination et la diabolisation font bon ménages. Les vampires rodent la nuit ; Les superstitions persistent dans ses parages et bien que protestants, les gens se signent devant certaines maisons, sur certains lieux…
Un jour de 1903. Une jeune fille de vingt ans meure de méningite. le lendemain de son enterrement, on découvre la tombe ouverte avec le cercueil en partie dégagé. Un médecin arrive, et on soulève le couvercle à moitié refermé, et l'indescriptible se dévoile devant les témoins de cette exhumation (accrochez-vous)
« Cadavre violé. Traces de sperme, de salive, sur les cuisses dénudées de la victime. Et la mutilation la plus sanglante apparaît dans toute son horreur.
La main gauche coupée net, gît à côté de cadavres.
La poitrine, cisaillée à coups de couteau, est profondément charcutée. Les seins ont été découpés, mangés, mâchés, et recraché dans le ventre ouvert.
La tête aux trois quarts séparée de tronc, y a été enfoncée après que des morsures très repérables et visible sont été pratiquées en plusieurs endroits : le cou, les joues, l'attache de l'oreille.
Une jambe, la droite, et la cuisse droite elle aussi, sont hachées jusqu'au pli du sexe.
Le sexe a été découpé prélevé, mastiqué, mangé, on en retrouvera des restes recrachés, poils pubiens et cartilage, dans la haie dite du Crochet, à deux cents mètres au-dessus de la forge.
Les intestins pendent hors de la bière. le cœur a disparu. »
Difficile de savoir si cette description sort de son imagination, mais quand on ouvre un livre de
Chessex, il faut s'attendre à tout. ..
Et la chose se répète encore par deux fois. Là, toute la région est chamboulée.
Chessex s'en donne à cœur-joie, par exemple des enfants qui jouent au ballon avec un crâne perdu, bref, je vous laisse imaginer le genre d'histoire totalement décalé.
Et c'est bien écrit. Petit à petit le récit devient surréaliste, la fin aboutit dans une énorme farce au détriment d'un des monuments les plus chers aux français.
Bref : Gore, iconoclaste, génial, avec un zeste d'humour…
à lire d'un trait (à peine plus de cent pages), un soir d'orage, avec si possible des hululements de chouette, un volet qui grince, un parquet qui craque, un éclair les fusibles qui sautent juste à la fin de la page 110… histoire de traverser la maison dans le noir pour retrouver son lit.