ISBN : 2246766117
Éditeur : Grasset&Fasquelle (2010)


Note moyenne : 3.26/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
"Un vieux fou est plus fou qu'un jeune fou, cela est admis, quoi dire alors du fou qui nous intéresse, lorsque l'enfermement comprime sa fureur jusqu'à la faire éclater en scènes sales?"

Quel est l'homme de 74 ans enfermé dans l'hospice de Charenton, au p... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par 10tubes, le 31 mars 2010

    10tubes
    Ce livre est le dernier de Jacques Chessex, publié post-mortem puisque l'auteur est décédé juste après avoir terminé cet ouvrage.
    En Suisse, il y a eu un tel battage médiatique autour de lui, que je l'ai donc acheté.
    Pour commencer, ce roman est divisé en deux parties.
    La première est consacrée aux derniers mois de la vie du Marquis alors qu'il est enfermé dans un Hospice. La deuxième partie, est elle consacrée à l'histoire de ce crâne qui traverse les villages et les temps. Oui, mais alors, contrairement à ce que le titre indique ainsi que le quatrième de page, l'histoire est trompeuse.
    On s'attend à découvrir l'histoire de ce crâne, mais c'est faut. En effet, les 110 premières pages sont consacrées au Marquis lui-même, qui s'adonne à des plaisirs sexuels pervers, sadomasochistes, pires encore, scatologique.
    L'auteur nous décris les actes du Marquis envers sa pauvre "fille de compagnie" qu'est Madeleine Leclerc, qu'il paie pour assouvir ses désirs, sous le regard approbateur de la mère de celle-ci. Les descriptions sont parfaites, crues, sales, pas une page ne contient des mots tels qu'anus, pet, godemiché, etc. C'est tellement bien décrit que j'en ai eu des hauts le cœur. Non pas que je sois sensible ou facilement choquée, juste que là, la manière qui est employée m'a cruellement dérangée.
    Arrive enfin ce qui nous intéresse vraiment (oui tout compte fait, j'ai acheté ce livre pour connaître le destin de ce fameux crâne et non pas pour connaître la vie sexuelle détaillée du Marquis), le crâne, le fameux. 60 pages qui nous expliquent ce qu'il est devenu, par où il est passé, qui le détient aujourd'hui.
    En bref, j'ai été plus que déçue, l'histoire ne m'a pas plu, loin de là, elle m'a dérangée et je n'aime définitivement pas le style de J. Chessex.
    Ah, et tant que j'y pense, au autre détail m'a beaucoup perturbée aussi.
    J. Chessex était Suisse et vivait en Suisse, pourtant dans le livre il utilise les nombres français. Il dit quatre-vingt-dix au lieu de nonante. J'avoue que je ne comprend pas. A-t-il eu peur qu'un français ne comprenne pas ? A-t-il honte de parler le "suisse" ?
    Bref, encore un détail négatif. En gros, mal m'en a pris (heureusement, en un peu plus d'une heure, on arrive à la fin).

    Lien : http://10tubes.wordpress.com/2010/03/31/le-dernier-crane-de-m-de-sade/
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    J'ai découvert Jacques Chessex sur le tard, avec Le vampire de Ropraz, dont j'ai aimé le style incisif et austère.
    Cette fois-ci, le sujet d'étude de Chessex est un libertin athée de soixante-quatorze ans, à quelques mois de sa mort, malade, obèse mais lucide, séquestré à l'asile de Charenton depuis plus de dix ans.
    La position sociale de ce pensionnaire étroitement surveillé lui permet de jouir de certains privilèges, dont celui d'avoir sa maîtresse attitrée à demeure, dans une chambre voisine. Car même s'il est quasi-impotent, le vieillard ne s'en montre pas moins toujours aussi enflammé ; il ne cesse d'éructer blasphèmes et propos anticléricaux orduriers. En plus de sa maîtresse, il s'adonne fougueusement à son goût immodéré pour les pratiques sexuelles extrêmes avec une repasseuse d'une quinzaine d'années qui le visite régulièrement.
    Une fois le marquis passé à trépas, son crâne va attiser les convoitises de nombreuses personnes et passera de mains en mains au fil des années, jusqu'en novembre 2009. Sorte de relique démoniaque, le crâne sera à l'origine des déboires de ses propriétaires successifs. Cette “malédiction” est-elle réelle ou le fruit de superstitions ? Une chose est certaine, l'aura sulfureuse du divin marquis lui aura survécu par-delà la tombe.
    Ce sont ces aventures qui nous sont contées, dans une seconde partie, par un narrateur dont on ignore l'identité, lui-même à la recherche du fameux crâne.
    Après avoir lu Le vampire de Ropraz, je n'ai pas eu de mal à imaginer ce qui pouvait attirer Jacques Chessex chez le célèbre libertin, autre “monstre” qu'il ajoute ainsi à sa collection : un esprit libre et brillant, farouche opposant à l'Église et à l'obscurantisme, ennemi juré des bien-pensants, provoquant les pudibonds, et fidèle à ses convictions jusqu'à son dernier souffle.
    D'entrée, j'ai retrouvé le style de Chessex qui m'avait plu. Dans le dernier crâne de M. de Sade, il s'en donne à cœur joie; avec une certaine jubilation, il ne nous épargne rien de la décrépitude physique du marquis, ni de ses pratiques sexuelles rapportées dans leur moindre détail, de façon réaliste et crue, pour le moins.
    Si j'ai été gêné dans les premières pages justement par la crudité des descriptions pornographiques quasi chirurgicales des exploits sexuels du marquis, ce malaise a été contrebalancé ensuite par l'intérêt de Chessex pour Sade, oscillant entre respect et répulsion, que l'on devine en filigrane.
    En revanche, mon intérêt s'est fortement émoussé dans la seconde partie, dérangé que j'étais de ne pas savoir distinguer le vrai de la fiction, les éléments historiques de la pure création littéraire. J'ai vite décroché de la suite des péripéties du crâne maudit, et trouvé le temps long jusque la fin.
    Et là, m'attendait la dernière phrase, troublante, aux accents prémonitoires « Comme nous sommes las d'errer ! Serait-ce déjà la mort ? ».
    Et si la malédiction du crâne de Sade était bien réelle ?

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Le%20dernier%20cr%C3%A2ne%20..
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    • Livres 3.00/5
    Par athena1, le 19 février 2010

    athena1
    1814, le Marquis de Sade coule les derniers mois de sa vie à l'hospice de Charenton. Un enfermement qui dure déjà depuis onze ans et qui n'est pas sans peser sur le moral de notre vieux philosophe âgé de soixante-quatorze ans.
    Toutefois le Marquis continue d'assouvir ses "perversions" en recevant les visites d'une jeune fille du nom de Madeleine Leclerc. Cette dernière se prête, sans aucunes limites, à toutes les exigences de Sade et notamment à la pratique sodomite.
    Fin 1814, voilà que Sade s'éteint. Il est enterré au cimetière de Charenton.
    En 1818, la tombe du Marquis est réouverte et le docteur Ramon, ayant connu Sade à l'hospice, décide alors de s'emparer du crâne de ce dernier afin de l'analyser. Il était coutumier à cette époque d'étudier le crâne des aliénés. Puis des mains de Ramon, le crâne passe dans d'autres. C'est cette histoire du crâne de Sade de 1818 à nos jours que Jacques CHESSEX nous conte.
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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 22 juin 2010

    vincentf
    Bien sûr, ça se termine par « serait-ce déjà la mort ? » et c'est vrai. Jacques Chessex, vivant, s'effondre. Jacques Chessex mort. Quoi d'autre ? Sade, le sadisme, quelques scènes obscènes, sans le trop-plein du dernier Robbe-Grillet. Un brin de fantastique, un crâne maudit (ou béni) qui sème le crime comme jadis M. de Sade le semait, la fascination du mal, de cet homme affublé très ironiquement de l'adjectif « divin » et qui est devenu le symbole de l'outrancière liberté des monstres et des cruels, ces êtres qui hantent nos Blicks et nos Matins quand Chessex (et pas Sade !) est cellophané, mort, enterré le plus chrétiennement du monde.
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    • Livres 3.00/5
    Par emeralda, le 14 juin 2010

    emeralda
    Le Marquis de Sade fascina, fascine et fascinera sans aucun doute. Tout en lui est étonnant et ses derniers jours ne firent pas exception. Cependant, ce personnage sulfureux a de quoi vous surprendre, même vous les lecteurs de ce XXI ème siècle ! Vous croyez avoir tout vu, tout lu et bien non. Jacques Chessex lui rend grâce avec une plume qu'il n'aurait pas reniée. le verbe est haut, choisi avec précision et acerbe.
    Le style est riche, mais cru. On touche du doigt le brûlant, l'interdit, le génie et la folie ! Il faut donc avoir le cœur bien accroché et surtout ne pas avoir peur d'être choqué.
    La lecture se fait aisément, cependant, on sent bien qu'il faut prendre un peu son temps pour ne pas voir dépérir trop rapidement ce mythe encore vivant dans ces pages.
    Une œuvre ultime qui ne devait sans doute pas l'être, mais qui pourtant est un formidable testament public pour le Marquis de Sade.
    Je ne recommande pas ce livre à tous les lecteurs, mais plutôt à ceux qui ne craignent pas de voir les légendes écornées, devenir un peu trop réelles et donc viles,

    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2010/06/le-dernier-crane-de-m..
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Citations et extraits

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  • Par Nanne, le 26 avril 2010

    - [...] Premièrement, j'interdis que mon corps soit autopsié. Je sais trop que c'est l'usage ici, on pratique l'autopsie de façon systématique, dans les heures qui suivent la mort. Pour moi, pour mon propre corps, je l'interdis absolument. AB-SO-LU-MENT, vous m'entendez ! Doucet approuve d'un hochement de tête. Mais il est demeuré silencieux. - Jurez, docteur Doucet ! Jurez-moi qu'il n'y aura pas d'autopsie ! Au besoin que vous vous y opposerez par la force. ou par la désobéissance ! Doucet jure. Il est livide. - Deuxièmement, poursuit M. de Sade d'une voix forte - il crie presque - j'interdis qu'aucune croix, ni aucun signe religieux, soient dressés sur ma dépouille. Aucune saloperie de croix, ni aucun signe religieux ! Vous m'entendez, docteur Doucet, aucune croix ! Aucune cochonnerie de croix !
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  • Par Alcapone, le 21 juin 2010

    Il disait qu’il ne ferait pas de vieux os. Qu’on aurait son corps, pas sa tête. C’était confus. A la fois très compréhensible et très obscur. A la fin j’ai saisi quelques mots, qu’il a répété plusieurs fois : "Mon dernier crâne! Mon dernier crâne!" Ce qui montre bien l’incohérence où peut sombrer cet impie. p.22
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  • Par Nanne, le 26 avril 2010

    Quand cette histoire commence, en été 1814, Donatien Alphonse François, marquis de Sade, est enfermé depuis onze ans à Charenton, dans le Val-de-Marne, à la limite sud-est de Paris, un hospice d'aliénés placé sous la surveillance vétilleuse du ministère de l'Intérieur. M. de Sade est gros, accablé de toutes sortes de maux qu'une vie d'aventure, d'emprisonnement, d'obscénité et d'imagination scandaleuse a accumulés dans son corps vicié, en même temps brûlé dedans et dehors.
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  • Par amartia, le 19 mars 2011

    Tout ce qui peut lui être agréable lui prolonge l'existence. Homme de passion, donc d'humeur, et d'éclats, une grenade toujours prête à exploser. Il serait faux de le prier. Laissez donc faire la Nature. C'est elle qui décidera du jour et de l'heure de notre ami. Il est déjà admirable, après la vie qu'il a menée, qu'il soit encore parmi nous, dressé contre la Mort comme la sentinelle de son propre destin !
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    La conduite d’un homme avant sa mort a quelque chose d’un destin au trait aggravé. Il y acquiert un timbre à la fois plus mystérieux, et plus explicite de son destin. Dans la lumière de la mort, dont le personnage ne peut ignorer entièrement la proximité, chacune de ses paroles, chacun de ses actes résonne plus fort, de par la cruauté du sursis.
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