-
Allmen et les libellules de
Martin Suter
Allmen était un toxicomane de la lecture. Cela avait commencé dès ses premiers pas dans le livre. Il avait rapidement constaté que lire était la manière la plus simple, la plus efficace et la plus belle d'échapper à son environnement.
-
Allmen et les libellules de
Martin Suter
Il croyait que chaque livre avait son secret, ne fût-ce que la réponse à la question de savoir pourquoi il avait été écrit. Et c'est ce secret qu'il devait éventer. Pour être précis, Allmen n'avait donc pas d'addiction à la lecture - c'était un toxicomane du secret.
-
Par LUKE59, le 29/05/2012
Le cuisinier de
Martin Suter
Le pachadi aux fleurs de nîm était déjà prêt. Il l' avait préparé à l' ancienne, avec les fleurs amères du margousier, le nectar suave des fleurs de palmier de Palmyre mâles, le jus acide des fruits du tamarinier, la chair de fruit fraîche de la mangue et l' enveloppe piquante des piments. Car un pachadi aux fleurs de nîm devait avoir le goût de la vie : amer, sucré, acide, frais et épicé.(p 72)
-
Par luocine, le 23/06/2010
Le cuisinier de
Martin Suter
- Je croyais que les castes avaient été abolies ?
- Exact. Mais tu dois faire partie de la bonne caste abolie.
-
Par kathel, le 21/02/2010
Le dernier des Weynfeldt de
Martin Suter
Weynfeldt passa à la salle de bains, prit une douche et mit un pyjama frais. Comme chaque soir. Il en possédait quatorze, tous fournis par son tailleur de chemises, tous pourvus d'un monogramme, six bleu clair pour les jours pairs, six blancs à rayures bleues pour les jours impairs, deux blancs pour les dimanches. L'une des petites marottes qu'il s'autorisait et qui lui permettaient d'apporter un peu de luxe et de régularité dans sa vie. Car il croyait à la régularité comme à une vertu prolongeant l'existence.
Mais la théorie inverse existait aussi: la régularité rendait les journées uniformes, or plus les évènements et les habitudes se répétaient, plus les jours se ressemblaient, et avec eux les années. Jusqu'à ce que la vie vous donne un jour l'impression de n'être qu'une seule et même journée.
Weinfeldt était convaincu du contraire. Plus on faisait le même chose, plus on fréquentait les mêmes lieux, plus on rencontrait les mêmes gens et plus les différences étaient réduites, plus le temps passait sans se faire remarquer, Une personne que l'on voit chaque mois plutôt que chaque année a toujours le même âge. Et l'on donne aussi à l'autre l'impression de ne pas vieillir.
La régularité ralentit de cours du temps. Weynfelt en était fermement persuadé. Les distractions peuvent certes rendre la vie plus riche en évènements, mais elle la raccourcissent aussi à coup sûr.
> lire la suite
-
Par joedi, le 09/08/2012
Le cuisinier de
Martin Suter
Il n'avait encore jamais remarqué combien toute sa vie était impitoyablement emplie de bruits. Le bavardage de sa famille, les coups de klaxon de la circulation, le vent dans les palmiers, le ressac de l'océan Indien, les détonations de la guerre civile, les tintements des cuisines, les mélopées des temples, le bavardage de ses pensées.
Et tout d'un coup, ce silence. Comme un bijou. Un article de luxe auquel des gens comme lui ne pouvaient pas prétendre.
> lire la suite
-
Par luocine, le 23/06/2010
Le cuisinier de
Martin Suter
- Mes parents, ils sont morts en 1983, on a mis le feu à leur voiture.
- Pourquoi ?
- Parce qu’ils étaient Tamouls.
-
Par luocine, le 23/06/2010
Le cuisinier de
Martin Suter
Pour le reste, on trouvait là un importateur de voitures, le propriétaire d’une agence de publicité et un président de banque dont la démission récente n’avait pas été tout à fait volontaire, tous avec leurs grandes, minces, blondes deuxième épouse.
-
Par luocine, le 23/06/2010
Le cuisinier de
Martin Suter
Ce sont des gens comme Dalman qui ont ces enfants sur la conscience.
Maravan balança la tête.
- non. Ce sont ceux qui déclenchent ces guerres.
Eux, ce sont des idéologues. Bien sûr, ils sont épouvantables, eux aussi ; Mais pas autant que els fournisseurs. Ceux qui permettent les guerres en livrant les armes. Ceux qui gagnent de l’argent avec les guerres et qui les prolongent. des gens comme Dalman.
> lire la suite
-
Par luocine, le 23/06/2010
Le cuisinier de
Martin Suter
C’était un silence qui dévorait tout. Un silence plus puissant à chaque seconde qui s’écoulait. …. Et tout à coup, ce silence.
Comme un bijou. Un article auquel des gens comme lui ne pouvaient pas prétendre.