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Nous Sommes Tous des Assassins de
Jean Amila
La société exigeait moins l’innocence que la soumission ; c’était dans sa nature.
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Nous Sommes Tous des Assassins de
Jean Amila
La liberté ce n’est pas seulement un truc pour que les riches aient leur maison, et les pauvres rien du tout ; c’est aussi que ceux qui ne pensent pas comme les riches, on les tue !...
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L'homme au marteau de
Jean Amila
Ne plus penser ! Tomber dans l'automatisme vaguement rigolard, comme les copains de Levallois, ce matin, c’était bien la meilleure solution ! Pourquoi se monter des imaginations supplémentaires ?... Ne pas croire que ça allait être cette place-ci, ou pour aujourd’hui même… Ne pas se créer des désillusions six fois par jour… Se présenter, consciencieusement, voilà !... Comme on va à la selle… Sans émotion aucune… Avec une parfaite égalité d’âme.
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Par Outis, le 17/09/2007
Les Coups de
Jean Amila
Il y avait un peu de paresse dans mon cas : je laissais tomber. Tout le drame avec Paulette ça vient peut-être de là, que je lui ai laissé croire à mon vide, que je n’ai jamais eu le courage d’affronter le ridicule de ma pensée toute nue, sans passer par les clichés aux autres…. J’ai peut-être eu tort de toujours vouloir éteindre la lumière.
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L'homme au marteau de
Jean Amila
Mais Augustin restait froid comme la rampe de l’escalier. Il avait regardé autour de lui, il avait enregistré un peu, il avait tout de suite compris que c’était un truc à discipline, cette grande boîte, avec super-chefs et intra-chefs, mouchards officiels et mouchards subreptices, bons sourires ostensibles et coups de pied sous la table. Il en avait pris la nausée avant seulement d’avoir vu la tête du premier collègue. Ça lui flanquait un immonde dégoût, cette grande boîte avec laquelle il allait se marier pour le restant de ses jours.
Tous les jours !
Tous les jours, bon Dieu !
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L'homme au marteau de
Jean Amila
La radio sortait maintenant son écran sonore, avec des tangos argentins. "Cré-pi-tol ! disait une voix de basse bien scandée… Le remède souverain contre la constipation !"…
Augustin ne réagissait même plus contre cet envahissement. Il subissait les savons en paillettes, les gouttes arthritiques, les meubles Dubondois, les facéties, les idioties, les rengaines… Il attendait que ça cesse, avec une longue habitude. Nébuleux, pour ne pas sombrer, il écoutait la musique. À la fenêtre, c’était la grande cacophonie. Toutes les radios voisines donnaient aussi, à plein rendement, avec programme au choix. Pour éviter la crise de nerfs il fallait ne rien suivre, ne rien penser, avec la sérénité du moine qui prend son bain de pied. Il fallait attendre que ça finisse, comme un fléau de la nature.
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Nous Sommes Tous des Assassins de
Jean Amila
La peine de mort en soi est une séquelle des temps barbares !
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Par Nanne, le 18/10/2010
La tragédie de Lurs de
Jean Amila
Ils arrivent, les uns après les autres, quêtent des renseignements tandis que les photographes opèrent. Ils connaissent et aiment leur métier. Humainement, un à un, ils sont révoltés et indignés. Professionnellement, ils se frottent les mains. La conjonction Triple meurtre + Fillette achevée à coups de crosse + Illustre savant + Assassin en fuite = Boum ! Les renseignements sont difficiles à obtenir. L'affaire est toute neuve. On ne sait même pas très bien comment s'écrivent les noms propres.
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Par Nanne, le 18/10/2010
La tragédie de Lurs de
Jean Amila
Il faut faire vite, trouver pour chaque personnage le mot qui fait image. Le vieux Dominici devient donc rapidement « un paysan à la Giono ». Pour le fils, on ne sait pas trop. On le photographie en maillot de corps bleu marine et en chapeau de toile rabattu sur les yeux. Il devient : le « témoin n°1 ». Tout autour de la ferme des voitures sont arrêtées. C'est un véritable campement.
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Jusqu'à plus soif de
Jean Amila
L'avers du vallon au fond duquel gîtait le village était déjà perdu dans la ouate impalpable du crachin. Temps de marée,temps normand.