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Par Oliv, le 23/05/2012
Le souper : Suivi de L'entretien de M Descartes avec M Pascal Le Jeune et de L'antichambre de
Jean-Claude Brisville
"Pourquoi tiraillent-ils encore?
— Parce qu'ils ne sont pas contents. Et vous savez ce qu'est un mécontent, Fouché? C'est un pauvre qui réfléchit.
— Une bonne police est là pour l'empêcher de réfléchir.
— Sur ce point, je vous suis."
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Par Oliv, le 23/05/2012
Le souper : Suivi de L'entretien de M Descartes avec M Pascal Le Jeune et de L'antichambre de
Jean-Claude Brisville
"Il faut vous y faire, Fouché: l'avenir aujourd'hui est au passé."
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Par aleatoire, le 26/09/2011
D'un amour de
Jean-Claude Brisville
J'ai vu où la plupart restent aveugles. Mais qu'ai-je vu ? La parole manque toujours à l'amour. Même Dieu n'a pas le pouvoir d'inspirer les élus qui le contemplent. Rien de plus décevant à cet égard que les écrits mystiques. La lumière doit être trop forte. Comment décrire l'éblouissant ? La seule preuve qu'on l'a regardé fixement ce sont ces prunelles brûlées qu'on tourne ensuite vers les hommes.
Il y a un certain degré de désir qu'il n'est pas bon d'atteindre. Je m'y suis séparé de moi-même. Guérir, ce serait me reprendre.
Raison d'aimer. J'y trouvais naturellement une raison de vivre. Et maintenant, pour vivre, il me faut inventer une raison de n'aimer plus.
A Bali, on éveille le dormeur avec précaution afin de donner à son âme le temps de retrouver sa place dans le corps. J'ai été réveillé trop brusquement. La vraie rupture est intérieure.
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Par aleatoire, le 26/09/2011
D'un amour de
Jean-Claude Brisville
à l'autre bout de la rue, côté Notre-Dame-des-Champs, les façades bourgeoises des immeubles se fermaient dignement à la fête.
Les yeux ouverts, j'écoutais la rumeur de Montparnasse traverser les rideaux, et je pensais à cette foule en mouvement, à tous ces gens pressés d'arriver, de faire quelque chose, de retrouver quelqu'un, et je voyais se composer à l'envers de leurs pas le dessin anxieux d'une attente toujours reprise. Moi pour l'instant j'étais à l'ancre.
Elle dormait, couchée sur le ventre, une mèche rabattue sur sa joue, algue noire ramenée du fond du sommeil. Un peu de salive moussait au coin inférieur de sa bouche, et l'on eût dit la goutte de ce lait qui perle à la tige rompue des herbes.
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Par aleatoire, le 26/09/2011
D'un amour de
Jean-Claude Brisville
Et puis je tiens à mon désoeuvrement. A travers lui, le temps passe à mon gré, ni trop vite ni trop lentement. Parfois je prends un livre, mais incapable de m'y intéresser je ne vais jamais loin dans ma lecture. En quoi ces mots, cette histoire me concernent-ils ? Je m'étonne d'avoir tant lu. Pourquoi cette curiosité de jadis ? Il devait y avoir quelque chose que je cherchais. Mais quoi ? Il me semble curieusement que je suis plein d'un rêve oublié. J'éprouve très souvent à mon réveil cette sensation de sortir d'un univers dont je ne peux saisir en moi qu'un reflet vague. Ainsi devant les livres... Longtemps ils m'ont été indispensables. Et maintenant je ne sais plus ce qu'ils m'ont apporté. Je ne sais même plus, à vrai dire, ce que j'attendais d'eux.
Il y avait des livres qu'il fallait avoir lus. Ce n'est pas tant le contenu de l'oeuvre qui me manquait que son titre sur mes tablettes. Mourir sans avoir lu Les Grandes Espérances, Les Affinités électives, Les Possédés... j'en avais le frisson. On le voit, j'étais l'homme des idées toutes faites.
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Par aleatoire, le 26/09/2011
D'un amour de
Jean-Claude Brisville
La mécanique des gestes quotidiens me tient, comme un plâtre. Dédoublé, je me confie docilement à l'habitude. Mon corps obéit de lui-même, en dépit d'une sorte de rouille qui ralentit un peu mes réflexes. Je le regarde se lever, se laver, se nourrir - avec surprise. On dirait qu'il ignore la profondeur des failles qu'il camoufle.
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Par aleatoire, le 26/09/2011
D'un amour de
Jean-Claude Brisville
Je n'aurais jamais cru avant qu'il pouvait y avoir profit à ne pas comprendre. Mais quelque chose comme une coque s'était brisé en moi, et je me relevais dans une nuit illimitée et cependant à ma mesure. Je découvrais, surpris, combien on est peu difficile, d'ordinaire, avec la vie. Ces perspectives qu'un rayon de soleil dans une vitre, une phrase musicale saisie au vol, le rappel d'une odeur ouvrent soudain dans le toit de notre cachot, on ne veut pas y voir la promesse de notre dû. Il est admis que d'habitude, la contrainte, les lois sont notre lot. Mais qu'une passion vous traverse et l'on retrouve dans la débâcle du machinal cette intensité triomphante dont le rayon, la phrase, l'odeur ne nous avaient donné que la promesse; Et alors, on sait enfin ce qu'on est en droit d'exiger de la vie.
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Par aleatoire, le 26/09/2011
D'un amour de
Jean-Claude Brisville
Dès que nous étions ensemble, j'oubliais jusqu'à mon désir. Et la vertu de sa présence, je la verrais comme la vertu même. C'est maintenant, dans le renoncement, que j'apprends à pêcher "par pensée". Quand je la regardais, j'étais pur.
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Par aleatoire, le 26/09/2011
D'un amour de
Jean-Claude Brisville
elle se haussa vers ma bouche et m'embrassa avec une telle violence que nos dents se heurtèrent. Puis, de la même voix tranquille, elle reprit le fil de son mensonge.