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L'arche des Kerguelen de
Jean-Paul Kauffmann
Le vent proclame aux Kerguelen, l'absolue fluidité des choses. L'instant n'a pas d'épaisseur, le futur n'a pas d'avenir. Ce caractère changeant, cette absence de viscosité du temps n'ont pas échappé à mes compagnons. Sachant que plus rien ne subsistera après notre passage, ils sont enclins à vivre au présent et à négliger ce qui vient d'arriver. Ils ignorent le doute ou le regret ....
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Par sylvie, le 10/12/2007
La maison du retour de
Jean-Paul Kauffmann
...Après trois années d'enfermement, j'ai besoin de la démesure de ce paysage, ponctué par des vides au milieu des pinèdes mais jamais borné."
..."Dans le calme du soir, les grands pins noirs renvoient vers la maison une odeur profonde de sous-bois. Une odeur qui souligne un silence duveteux et régalant. Le contraire du vide, du manque. Un silence vivant, balsamique..."
..." Le pin est l'arbre de l'élévation et du dépassement. Une forme de transcendance obtenue non pas par la rectitude mais par la courbure. Sa fausse verticalité maintient en suspension le paysage. Son balancement n'appuie pas sur le surface plane."
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Par Oliv, le 11/05/2012
La Chambre noire de Longwood. Le Voyageà Sainte-Hélène de
Jean-Paul Kauffmann
À l’instant même où il a appris sa déportation à Sainte-Hélène, le 31 juillet 1815, Napoléon s’est-il consolé, entrevoyant le prestige qu’il allait tirer de son malheur? Plus tard, il dira: "L’infortune seule manquait à ma renommée. J’ai porté la couronne impériale de France, la couronne de fer de l’Italie; et maintenant l’Angleterre m’en a donné une autre plus grande encore et plus glorieuse — celle portée par le Sauveur du monde —, une couronne d’épines."
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Par sylvie, le 10/12/2007
La maison du retour de
Jean-Paul Kauffmann
J'aime de plus en plus cette forêt qui s'étend à perte de vue. J'y retrouve la trace de mes lectures de jeunesse, "Le Mystère Frontenac", "Thérèse Desqueyroux" : la plainte des pins, les métairies du bout du monde, l'odeur de la résine et de l'incendie qui pousse Thérèse à accomplir son acte criminel"...
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Par sylvie, le 10/12/2007
La maison du retour de
Jean-Paul Kauffmann
Comme les voiliers, ils ont parfaitement compris le langage du vent, sa façon de fraîchir, sauter, tourner et mollir....
....Dans "la chair et le sang", Mauriac parle des tilleuls qui" sentent l'ardeur et l'amour."Si le pin peut être chez lui qualifié d'arbre totem, le tilleul est son arbre- passion. Dans le "Noeud de vipère" il est associé au désir, à la lune de miel des héros. Il y a dans le tilleul une quiétude sensuelle qui serait presque repue s'il ne subsistait cette façon délurée de s'agiter."...
..."En fusion avec les abeilles, les fleurs des tilleuls dégagent une telle énergie qu'elles refoulent dans l'atmosphère de puissants effluves pommadés, à la limite de l'écoeurement. C'est une odeur émolliente et insinuante comme un narcotique, provoquant même à la longue un certain degré de stupeur et d'insensibilité, en cela plus proche d'un opiacé que d'une tisane."
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Par sylvie, le 10/12/2007
La maison du retour de
Jean-Paul Kauffmann
Je suis assis face aux deux platanes monumentaux. Lapouyade m'a assuré qu'ils sont âgés d'au moins cent cinquante ans. Jamais élaguée, dégagée de toute entrave, leur ramure s'est déployée impétueusement vers le ciel. Les branches à la cime ont fini par s'emmêle. Couturé par le temps, le tronc des arbres se desquame par plaques, laissant apparaître l'épiderme jaune. Par endroits, il ondule comme le pli de la peau. Plus que jamais, les deux piliers ressemblent à deux pattes d'éléphants, la base avec les racines dévidées en évantail imitant parfaitement la semelle garnie d'ongles. Dépouillés de leurs feuilles, les deux platanes n'en dégagent pas moins une puissance prodigieuse. Ils se tiennent en sentinelle devant la maison. Mes deux compagnons devinent la période de convalescence que je vis. Avec bienveillance, ils me regardent reprendre des forces. Ils me considèrent comme un être normal, non comme un égrotant qui ne pourra jamais se remettre du mal qui l'a frappé..."
..."Les deux platanes, qui avec leur ramure tourmentée, ont toujours l'air d'élever une protestation vers le ciel semblent apaisés. D'ordinaire, les branches tortueuses sur lesquelles ont commence à apercevoir le tracé encore léger du feuillage se chamaillent entre elles. Une façon retorse de porter haut, de se redresser avec agressivité, qui signale une nature mécontente et contrariée.
On ne se fait pas faute de corriger ces arbres insupportables. Un bon platane en France est un platane amoché. C'est par amputation qu'on vient à bout d'un tempérament jugé agressif. On le rosse, on lui démolit le portrait, on l'estropie, mais notre grand mutilé tient le coup. Inutile de dire que les rescapés se rattrapent. Les miens partent dans tous les sens, mais j'ai l'illusion de croire que je les ai apprivoisés. En tous cas, j'ai trouvé auprès d'eux repos et consolation... "
..."Longues journées de lecture à l'ombre des deux platanes. Je sens leur présence bienveillante, commençant à s
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La maison du retour de
Jean-Paul Kauffmann
l'idée que l'été ne fait que commencer me remplit de reconnaissance. Tant de promesses! les matins mouillés par la rosée, les longues soirées animées à l'ombre de mon platane orphelin. Mais pourquoi ce gros bourdon vient-il troubler la paix de ce bel après-midi? Il veut s'échapper. Son corps lourd frappe violemment les vitres.
J'ai pourtant ouvert un battant.
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La maison du retour de
Jean-Paul Kauffmann
Cette maison m'a-t-elle guéri ? Je pense qu'elle m'a simplement décontaminé, débarrassé de mauvais ferments tels que le ressentiment, la soif de vengeance, la passivité, le goût de la dévastation, sans parler de cet esprit de lassitude qui a envahi le siècle. Cette maison m'a défripé le cerveau.
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La maison du retour de
Jean-Paul Kauffmann
Après les bourrasques du jour, une pluie douce s'est insinuée ce soir dans l'air, un de ces crachins silencieux qui ne se contentent pas de tamiser les bruits et de léthargiser la campagne, mais qui désenveniment aussi les âmes vindicatives. Cette bruine sédative finit par m'engourdir.
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La maison du retour de
Jean-Paul Kauffmann
Un vrai temps de Pâques, lumineux, vif et venteux. Un temps de convalescent. Je me relève d’une longue maladie. Je savoure cet entre-deux, à mi-distance de l’épreuve qui n’existe plus et d’une guérison qui s’annonce quoiqu’elle tarde un peu à venir. Encore dolent, mais ragaillardi par la force inépuisable du vent, source de vie.