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L'année de la pensée magique de
Joan Didion
«La vie change vite.
La vie change dans l'instant.
On s'apprête à dîner et la vie telle qu'on la connaît s'arrête.
Tels étaient les premiers mots que j’avais écrits après l’événement.
Pendant longtemps je n’ai rien écrit d’autres.
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L'année de la pensée magique de
Joan Didion
Tu ne crains rien.
Je suis là.
J’avais cru que nous avions ce pouvoir.
Maintenant je sais que si nous voulons vivre nous-mêmes, vient un moment où nous devons nous défaire de nos morts, les laisser partir, les laisser morts.
Savoir tout cela ne rend pas plus facile de les laisser partir au fil de l’eau
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L'année de la pensée magique de
Joan Didion
Le gens qui ont récemment perdu quelqu'un ont un air particulier, que seuls peut-être ceux qui l'ont décelé sur leur propre visage peuvent reconnaître. Je l'ai remarqué sur mon visage et je le remarque à présent sur d'autres. C'est un air d'extrême vulnérabilité, une nudité, une béance.
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L'année de la pensée magique de
Joan Didion
La vie change vite.
La vie change dans l'instant.
On s'apprête à dîner et la vie telle qu'on la connaît s'arrête.
La question de l'apitoiement.
Tels étaient les premiers mots que j'avais écrits après l'événement. […]
Pendant longtemps, je n'ai rien écrit d'autre.
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L'année de la pensée magique de
Joan Didion
Le mariage, c'est la mémoire ; le mariage, c'est le temps. Le mariage, ce n'est pas seulement le temps ; c'est aussi, paradoxalement, le déni du temps. Pendant quarante ans, je me suis vue à travers le regard de John. Je n'ai pas vieilli. Cette année, pour la première fois depuis mes vingt-neuf ans, je me suis vue à travers le regard des autres ; pour la première fois, j'ai compris que j'avais de moi-même l'image d'une personne beaucoup plus jeune. Nous sommes d'imparfaits mortels, ainsi faits que lorsque nous pleurons nos pertes, c'est aussi, pour le meilleur et pour le pire, nous-mêmes que nous pleurons. Tels que nous étions. Tels que nous ne sommes plus. Tels qu'un jour nous ne serons plus du tout
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Par Elahbulle, le 27/11/2011
L'année de la pensée magique de
Joan Didion
Je sais pourquoi nous essayons de garder les morts en vie : nous essayons de les garder en vie afin de les garder auprès de nous.
Je sais aussi que, si nous voulons vivre nous-m^mes, vient un moment où nous devons nous défaire de nos morts, les laisser partir, les laisser morts.
Les laisser devenir la photo sur la table de chevet.
Les laisser devenir le nom sur les comptes de tutelle.
Les laisser partir au fil de l’eau.
Savoir tout cela ne rend pas plus facile de le laisser partir au fil de l’eau.
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Par Elahbulle, le 27/11/2011
L'année de la pensée magique de
Joan Didion
En voyant cette photo, j’ai compris pour la première fois pourquoi les nécrologies m’avaient tant perturbée.
J’avais laissé d’autres personnes penser qu’il était mort.
Je l’avais laissé être enterré vivant.
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Par Elahbulle, le 27/11/2011
L'année de la pensée magique de
Joan Didion
J’avais besoin d’être seule pour qu’il puisse revenir.
Ainsi commença pour moi l’année de la pensée magique.