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> Roger Caillois (Autre)
> René L. F. Durand (Autre)

ISBN : 2070296660
Éditeur : Gallimard (1977)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 241 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« L'Aleph restera, je crois, comme le recueil de la maturité de Borges conteur. Ses récits précédents, le plus souvent, n'ont ni intrigue ni personnages. Ce sont des exposés quasi axiomatiques d'une situation abstraite qui, poussée à l'extrême en tout sens concevable, s... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par JacobBenayoune, le 15 mars 2015

    JacobBenayoune
    Il est toujours un plaisir pour moi de lire Borges. J'ai lu avec délectation chacune des nouvelles composant ce recueil.
    Borges, toujours fidèle à son style et à sa magie, transporte son lecteur dans des lieux extraordinaires à la découverte de choses et d'histoires fabuleuses. Il le mène avec sa ruse borgésienne multipliant les références et les noms. Il ne raconte pas, Borges construit des labyrinthes.
    De la nouvelle métaphysique (si l'on veut) à la nouvelle policière, au conte philosophique mais aussi mythologique, on se perd pour se retrouver, comme disait Claude Mauriac, plus intelligent.
    Pour Borges, qui a toujours beaucoup lu, tout est imprégné de littérature universelle. Chaque acte s'explique par la littérature et trouve un écho en elle, chaque être a un double littéraire ou mythologique. Dans les nouvelles de Borges rien n'est écrit au hasard, chaque phrase a son importance dans la construction. Assoiffé de savoir et de découverte, Borges poursuit sa recherche de l'absolu, de l'ultime, du tout qui réunit toutes les connaissances de l'univers, tous les lieux, tous les objets, de la phrase qui résume tout le mystère de l'existence. Pour lui ; le monde est un vrai labyrinthe insondable, qui garde ses secrets, et tout homme représente tous les hommes dans un jeu de symétries.
    L'une des nouvelles, "La Demeure d'Astérion" m'a rappelé curieusement un chapitre d'"Eloge de la marâtre" de Vargas Llosa où le narrateur est un monstre qui est la "Tête I" peinte par Francis Bacon. Les deux personnages sont des monstres inspirés de tableaux et de la mythologie, sont naïfs, sympathiques et pathétiques.
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 10 mai 2012

    meyeleb
    Voici une lecture dont il faut mériter le plaisir. Je veux dire par là qu'elle n'est pas des plus simples, qu'elle requiert parfois quelque support culturel philosophique ou théologique. Ces nouvelles, en tout cas, permettent d'entrer dans l'univers littéraire de Borgès. Ainsi nous retrouvons-nous comme Ariane dans un dédale dont il nous faut trouver l'issue. Dédale de mots, de référérences mythologiques et de légendes sud-américaines. La nouvelle dont je me souviens après 20 ans, et qui remplit parfois encore mes songes tant elle m'a frappée, c'est "L'écriture du Dieu". Tzicacan est emprisonné depuis des années à côté d'une cage où se tient un jaguar. Il voue tout son temps à la recherche du symbole que Dieu a choisi pour divulguer la formule magique qui sauvera les hommes de la fin des temps. Il comprend alors que ce symbole se trouve dans les taches du pelage des jaguars. Nous oscillons entre le rêve et la réalité, la conscience de soi et la perte de l'identité. C'est un texte à la fois simple et puissant, qui ouvre de multiples perspectives de réflexion, à l'instar de ces autres nouvelles "La demeure d'Astérion", "l'Aleph" ou encore "L'immortel". Cette lecture nous enrichit, véritablement!
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde7, le 26 avril 2013

    Charybde7
    Comment communiquer l'allégresse, les sentiments de profondeur et de hauteur dans lesquels ce livre emporte ?
    «Sur toute l'étendue de la terre, il existe des formes antiques, des formes incorruptibles et éternelles». le génie de Borges permet de les entrevoir et de les ressentir.
    L'aleph est un recueil de dix-sept nouvelles publiées initialement entre 1947 et 1952, envoûtantes, portées par cette narration en forme de rêves. Certaines sont plus difficiles d'accès mais je les ai toutes aimées.
    Dans "L'immortel", la nouvelle qui ouvre le recueil, Marcus Flaminius Rufus, tribun d'une légion romaine, déçu par le goût amer des triomphes De César, part en quête de la secrète Cité des immortels et de son fleuve, dont l'eau procure l'immortalité. Son errance jusqu'à la découverte du fleuve nous révélera la vanité de cette quête, et l'abolition de la propre existence de l'homme lorsque celui-ci affronte l'infini, comprend l'universel.
    «L'humilité et la misère du Troglodyte ressuscitèrent dans ma mémoire l'image d'Argos, le vieux chien moribond de L'Odyssée. Je lui donnai ce nom et j'essayai de le lui apprendre. J'échouai, et plus d'une fois. Les ruses, la rigueur et l'obstination se révélèrent également vaines. Immobile, les yeux fixes, il ne paraissait pas entendre les sons que je tentais de lui inculquer. A quelques pas de moi, il semblait extrêmement loin. Etendu sur le sable, comme un petit sphinx de lave écroulé, il laissait tourner sur lui les cieux depuis le crépuscule de l'aube jusqu'à celui du soir.»
    «Quand s'approche la fin, il ne reste plus d'images du souvenir ; il ne reste plus que des mots. Il n'est pas étrange que le temps ait confondu ceux qui une fois me désignèrent avec ceux qui furent symboles du sort de l'homme qui m'accompagna tant de siècles. J'ai été Homère ; bientôt, je serai Personne, comme Ulysse ; bientôt je serai tout le monde : je serai mort.»
    Dans ce recueil, les thèmes se répètent, à l'image des miroirs et des labyrinthes que l'on y rencontre, les thèmes de la circularité de la vie, du temps et de l'espace, de la recherche de ce qui est immuable, du rapport de l'infini et du fini, de l'appréhension de l'univers à partir d'un point ou d'un objet - autour de cette question sans aboutissement, comment l'esprit humain peut-il affronter l'infini ?
    «Que meure avec moi le mystère qui est écrit sur la peau des tigres. Qui a entrevu l'univers, qui a entrevu les ardents desseins de l'univers ne peut plus penser à un homme, à ses banales félicités ou à ses bonheurs médiocres, même si c'est lui cet homme. Cet homme a été lui, mais, maintenant, que lui importe ?» (L'écriture du Dieu)
    Malgré la multiplication des références littéraires et historiques, Borges ne se fait pas écrasant car la pensée la plus haute rejoint l'émotion la plus profonde.
    L'aleph est un livre dont on sait que l'on va le lire et le relire, pour polir le texte comme un galet roulé dans les vagues, tellement le désir de s'approprier et d'aimer ce texte est grand.
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    • Livres 4.00/5
    Par CraboBonn, le 26 novembre 2012

    CraboBonn
    L'Aleph est un recueil de nouvelles ecrites dans les annees 40-50 (?). Plutot que nouvelles, je devrais parler de contes fantastiques voire metaphysiques. On y retrouve des thematiques deja presentes dans d'autres recits, comme les variations sur le theme de l'infini, du temps, des labyrinthes. Chaque conte est tisse avec style, erudition (ou pseudo erudition, on ne sait jamais ce qui est vrai de ce qui est invente) et doigte. On ne sait jamais ou le chemin des mots nous mene mais on arrive souvent a bon port. le port qui donne sur la mer avec au loin la ligne d'horizon. Apres le point final, on reste la, le regard visse sur cette ligne qui separe l'ecume salee des idees et le ciel du mystere.
    On pourrait poser des critiques a ces nouvelles, comme l'utilisation recurente du sceau de l'authenticite pour donner force au fantastique, la surabondances de references erudites (je ne suis pas tres erudi et j'en rate donc beaucoup !), le style parfois un peu hautain, … mais ces critiques n'ont pas annules mon plaisir de lecture. Je sais que j'y reviendrai. Je sais aussi que je ne conseillerais pas ces nouvelles les yeux fermes. Je vois milles raisons de ne pas rentrer dedans … mais chez moi, la magie a trop souvent opere. de nombreuses fois j'ai ferme ce livre, et je regardais autrement. Mon esprit etait autre, mon regard sur les choses etait eveille … un peu comme si ce livre etait l'Aleph, ce point de l'Univers ou on voit tout l'Univers de tous les points de vue …
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    • Livres 4.00/5
    Par frandj, le 23 février 2014

    frandj
    Le recueil intitulé "L'Aleph" est l'un des chefs d'oeuvre de l'écrivain argentin J.-L. Borges. Il est composé uniquement de nouvelles assez courtes et, à mon avis, de valeur inégale.
    Le texte qui donne son titre à l'ensemble du livre est un vrai petit bijou. Dans cette nouvelle, un infime recoin dans une cave quelconque se révèle être « le lieu où se trouvent, sans se confondre, tous les lieux de l'univers, vus sous tous les angles »; et l'auteur explique, à ce propos, son « désespoir d'écrivain »: « Tout langage est un alphabet de symboles dont l'exercice suppose un passé que les interlocuteurs partagent; comment transmettre aux autres l'Aleph infini, que ma craintive mémoire embrasse à peine ? ». On pourrait imaginer un développement dans le registre du fantastique, mais non… Les cartes sont habilement brouillées, car la découverte inouïe de l'Aleph se trouve malicieusement éclipsée par une mesquine histoire de rivalité: l'auteur jalouse un apprenti écrivain qui s'est lancé dans la description poétique de la planète - rien que ça ! le tableau de ces deux hommes qui se détestent cordialement est un morceau d'anthologie. Mais finalement le plus fort, c'est que le lecteur apprend incidemment que, étant enfant, le découvreur de l'Aleph avait entendu dire que « il y avait là [dans cette cave] tout un monde » ! Ce clin d'oeil, c'est tout Borges.
    Il n'est pas question d'analyser ici toutes les nouvelles qui composent ce recueil. Mais je me dois de mentionner au moins "Emma Zunz", un conte bizarre et émouvant, et surtout l'extraordinaire récit intitulé "L'immortel". Cette nouvelle raconte une histoire très étrange, suggérant une mythologie tout à la fois fascinante et dérisoire; l'atmosphère créée par J.-L. Borges est inoubliable. La traduction française a des difficultés à rendre le style très particulier choisi volontairement par l'auteur pour écrire ce texte. Mais je ne regrette qu'une chose, que le dénouement de "L'immortel" soit inutilement compliqué.
    Comme dans le recueil de "Fictions", l'intrigue dans ces nouvelles est en elle-même originale; mais c'est surtout la manière de raconter qui est inimitable. le lecteur se sent entraîné dans un récit original, mais c'est orchestré avec une extraordinaire finesse. En compagnie de J.-L. Borges, le lecteur se prend au jeu de la subtilité et sent… comment dire ? intelligent. Très peu d'auteurs ont été capables de créer ce climat de lecture.
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Citations et extraits

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  • Par lanard, le 20 février 2012

    La veille, deux mots douteux l'avaient arrêté au seuil de la Poétique. Ces mots étaient tragoedia et comoedia. Il les avait déjà rencontré, des années auparavant, au livre troisième de la Rhétorique; personne dans l'Islam n'entrevoyait ce qu'ils voulaient dire. En vain, il avait fatigué les traités d'Alexandre d'Aphrodisie. En vain, compulsé les versions du nestorien Hunain ibn-Ishaq et Abu Basher Meta. Les deux mots arcanes pullulaient dans le texte de la Poétique; impossible de les éluder.
    Averroës laissa la plume. Il se dit (sans trop y croire) que ce que nous cherchons est souvent à notre portée, rangean le manuscrit de Tahafut et se dirigea vers le rayon où étaient alignés, copiés par des calligraphes persans, les nombreux volumes de Mohkam de l'aveugle Abensida. C'était ridicule d'imaginer qu'il ne les avait pas consulté, mais il était tenté par le vain plaisir d'en tourner les pages. Il fut tiré de cette distraction studieuse par une espèce de mélodie. Il regarda à travers les grilles du balcon: des enfants demi-nus s'amusaient en bas, dans l'étroite cour de terre. L'un, debout sur les épaules de l'autre, jouait évidemment le rôle du muezzin. Les yeux bien fermés, il psalmodiait; "Il n'y a pas d'autre dieu que Dieu". Celui qui le portait, immobile, représentait le minaret; un autre, prosterné dans la poussière et agenouillé, l'assemblé des fidèles. Le jeu s'interrompit vite; tous voulaient être le muezzin, personne la tour ou les fidèles. Averroës les entendit discuter en dialecte grossier, c'est-à-dire dans l'espagnol naissant de la plèbe musulmane de la Péninsule.
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  • Par joedi, le 21 août 2013

    On dit que tous les hommes naissent aristotéliciens ou platoniciens. Cela revient à dire qu'il n'y a point de débat d'un caractère abstrait qui ne soit un moment de la polémique d'Aristote ou de Platon ; à travers les siècles et les latitudes, les noms, les dialectes, les visages changent, mais non les éternels antagonismes.

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  • Par chartel, le 01 septembre 2007

    Parmi les commentaires que suscita la publication du texte qui précède, le plus curieux, sinon le plus aimable, est intitulé bibliquement "A coat of many colours" (Manchester, 1948). C'est l'oeuvre de la plume très obstinée du docteur Nahum Cordovero. Il s'étend sur une centaine de pages. Il parle de centons grecs, de centons de la basse latinité, de Ben Johnson, qui définissait ses contemporains avec des extraits de Sénèque, du "Virgilius Evangelizans" d'Alexander Ross, des artifices de George Moore et d'Eliot, et, finalement, de "la narration attribuée à l'antiquaire Joseph Cartaphilus". Il dénonce, dans le premier chapitre, de courtes interpolations de Pline (Historia Naturalis, V, 8); dans le second, de Thomas de Quincey (Writings, III, 439); dans le troisième, d'une lettre de Descartes à l'ambassadeur Pierre Chanut; dans le quatrième, de Bernard Shaw (Back to Methuselah, V). Il infère de ces intrusions, ou de ces larcins, que le texte entier est apocryphe.
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  • Par Corboland78, le 13 avril 2014

    Etre immortel est insignifiant ; à part l’homme, il n’est rien qui ne le soit, puisque tout ignore la mort. Le divin, le terrible, l’incompréhensible, c’est de se savoir immortel. J’ai noté que malgré les religions, pareille conviction est extrêmement rare. Juifs, chrétiens, musulmans, confessent l’immortalité, mais la vénération qu’ils portent au premier âge prouve qu’ils n’ont foi qu’en lui, puisqu’ils destinent tous les autres, en nombre infini, à le récompenser ou à le punir. J’estime plus raisonnable la roue de certaines religions de l’Inde ; dans cette roue, qui n’a ni commencement ni fin, chaque vie est la conséquence d’une vie antérieure et elle engendre la suivante, sans qu’aucune ne détermine l’ensemble…
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  • Par joedi, le 19 août 2013

    Villari essayait de vivre uniquement dans le présent, sans retours en arrière ni anticipations ; les premiers lui importaient moins que les dernières. Il crut percevoir obscurément que le passé est la substance dont le temps est fait ; c'est pourquoi celui-ci se transforme aussitôt en passé.

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Odile Felgine - Dialogue .
A l'occasion du Salon du Livre de Paris 2014, Odile Felgine vous présente "Dialogue" aux éditions Bartillat. Auteurs : Jorge Luis Borges et Victoria Ocampo. Préface María Kodama. Introduction d'Odile Felgine. Traduit de l'espagnol (Argentine) par André Gabastou. http://www.mollat.com/livres/borges-jorge-luis-regards-croises-entretiens-Correspondance-articles-9782841005536.html Notes de musique : Tres Tristes Tangos/Unknown Album/Planta Baja. Free Music Archive.











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