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> Roger Caillois (Autre)
> René L. F. Durand (Autre)

ISBN : 2070296660
Éditeur : Gallimard (1977)


Note moyenne : 4.22/5 (sur 144 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« L'Aleph restera, je crois, comme le recueil de la maturité de Borges conteur. Ses récits précédents, le plus souvent, n'ont ni intrigue ni personnages. Ce sont des exposés quasi axiomatiques d'une situation abstraite qui, poussée à l'extrême en tout sens concevable, s... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 10 mai 2012

    meyeleb
    Voici une lecture dont il faut mériter le plaisir. Je veux dire par là qu'elle n'est pas des plus simples, qu'elle requiert parfois quelque support culturel philosophique ou théologique. Ces nouvelles, en tout cas, permettent d'entrer dans l'univers littéraire de Borgès. Ainsi nous retrouvons-nous comme Ariane dans un dédale dont il nous faut trouver l'issue. Dédale de mots, de référérences mythologiques et de légendes sud-américaines. La nouvelle dont je me souviens après 20 ans, et qui remplit parfois encore mes songes tant elle m'a frappée, c'est "L'écriture du Dieu". Tzicacan est emprisonné depuis des années à côté d'une cage où se tient un jaguar. Il voue tout son temps à la recherche du symbole que Dieu a choisi pour divulguer la formule magique qui sauvera les hommes de la fin des temps. Il comprend alors que ce symbole se trouve dans les taches du pelage des jaguars. Nous oscillons entre le rêve et la réalité, la conscience de soi et la perte de l'identité. C'est un texte à la fois simple et puissant, qui ouvre de multiples perspectives de réflexion, à l'instar de ces autres nouvelles "La demeure d'Astérion", "L'Aleph" ou encore "L'immortel". Cette lecture nous enrichit, véritablement!
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    • Livres 5.00/5
    Par MarianneL, le 26 avril 2013

    MarianneL
    Comment communiquer l'allégresse, les sentiments de profondeur et de hauteur dans lesquels ce livre emporte ?
    «Sur toute l'étendue de la terre, il existe des formes antiques, des formes incorruptibles et éternelles». le génie de Borges permet de les entrevoir et de les ressentir.
    l’aleph est un recueil de dix-sept nouvelles publiées initialement entre 1947 et 1952, envoûtantes, portées par cette narration en forme de rêves. Certaines sont plus difficiles d'accès mais je les ai toutes aimées.
    Dans "L'immortel", la nouvelle qui ouvre le recueil, Marcus Flaminius Rufus, tribun d'une légion romaine, déçu par le goût amer des triomphes de César, part en quête de la secrète Cité des immortels et de son fleuve, dont l'eau procure l’immortalité. Son errance jusqu'à la découverte du fleuve nous révélera la vanité de cette quête, et l'abolition de la propre existence de l'homme lorsque celui-ci affronte l'infini, comprend l'universel.
    «L'humilité et la misère du Troglodyte ressuscitèrent dans ma mémoire l'image d'Argos, le vieux chien moribond de L'Odyssée. Je lui donnai ce nom et j'essayai de le lui apprendre. J'échouai, et plus d'une fois. Les ruses, la rigueur et l'obstination se révélèrent également vaines. Immobile, les yeux fixes, il ne paraissait pas entendre les sons que je tentais de lui inculquer. A quelques pas de moi, il semblait extrêmement loin. Etendu sur le sable, comme un petit sphinx de lave écroulé, il laissait tourner sur lui les cieux depuis le crépuscule de l'aube jusqu'à celui du soir.»
    «Quand s'approche la fin, il ne reste plus d'images du souvenir ; il ne reste plus que des mots. Il n'est pas étrange que le temps ait confondu ceux qui une fois me désignèrent avec ceux qui furent symboles du sort de l'homme qui m'accompagna tant de siècles. J'ai été Homère ; bientôt, je serai Personne, comme Ulysse ; bientôt je serai tout le monde : je serai mort.»
    Dans ce recueil, les thèmes se répètent, à l'image des miroirs et des labyrinthes que l'on y rencontre, les thèmes de la circularité de la vie, du temps et de l'espace, de la recherche de ce qui est immuable, du rapport de l'infini et du fini, de l'appréhension de l'univers à partir d'un point ou d'un objet - autour de cette question sans aboutissement, comment l'esprit humain peut-il affronter l'infini ?
    «Que meure avec moi le mystère qui est écrit sur la peau des tigres. Qui a entrevu l'univers, qui a entrevu les ardents desseins de l'univers ne peut plus penser à un homme, à ses banales félicités ou à ses bonheurs médiocres, même si c'est lui cet homme. Cet homme a été lui, mais, maintenant, que lui importe ?» (L'écriture du Dieu)
    Malgré la multiplication des références littéraires et historiques, Borges ne se fait pas écrasant car la pensée la plus haute rejoint l'émotion la plus profonde.
    l’aleph est un livre dont on sait que l'on va le lire et le relire, pour polir le texte comme un galet roulé dans les vagues, tellement le désir de s'approprier et d'aimer ce texte est grand.
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    • Livres 4.00/5
    Par CraboBonn, le 26 novembre 2012

    CraboBonn
    L'Aleph est un recueil de nouvelles ecrites dans les annees 40-50 (?). Plutot que nouvelles, je devrais parler de contes fantastiques voire metaphysiques. On y retrouve des thematiques deja presentes dans d'autres recits, comme les variations sur le theme de l'infini, du temps, des labyrinthes. Chaque conte est tisse avec style, erudition (ou pseudo erudition, on ne sait jamais ce qui est vrai de ce qui est invente) et doigte. On ne sait jamais ou le chemin des mots nous mene mais on arrive souvent a bon port. le port qui donne sur la mer avec au loin la ligne d'horizon. Apres le point final, on reste la, le regard visse sur cette ligne qui separe l'ecume salee des idees et le ciel du mystere.
    On pourrait poser des critiques a ces nouvelles, comme l'utilisation recurente du sceau de l'authenticite pour donner force au fantastique, la surabondances de references erudites (je ne suis pas tres erudi et j'en rate donc beaucoup !), le style parfois un peu hautain, … mais ces critiques n'ont pas annules mon plaisir de lecture. Je sais que j'y reviendrai. Je sais aussi que je ne conseillerais pas ces nouvelles les yeux fermes. Je vois milles raisons de ne pas rentrer dedans … mais chez moi, la magie a trop souvent opere. de nombreuses fois j'ai ferme ce livre, et je regardais autrement. Mon esprit etait autre, mon regard sur les choses etait eveille … un peu comme si ce livre etait L'Aleph, ce point de l'Univers ou on voit tout l'Univers de tous les points de vue …
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    • Livres 3.00/5
    Par chartel, le 15 novembre 2008

    chartel
    Ce recueil de contes m'a permis de découvrir JL Borges. Pourquoi ai-je choisi ce livre-ci? Peut-être parce que cette collection "L'Imaginaire" est particulièrement belle et abordable, la couverture blanche et brillante laissant justement place à l'imagination. Seules les couleurs du titre, ocre, rouge et turquoise donnent une idée du voyage vers un ailleurs rêvé: une ruelle de Buenos-Aires ou une lande de Cornouaille balayée par les vents.
    Un beau voyage donc, mais surtout, Borges réussit à transmettre le plaisir qu'il a pu avoir à chercher, se documenter, à lire, à noter, recopier et emprunter de nombreux textes enfouis dans un recoin de bibliothèque pour nous submerger de fabuleux noms évoquant toutes les grandes aventures de l'humanité.
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    • Livres 3.00/5
    Par medsine, le 30 janvier 2012

    medsine
    Coïncidences incroyable, je viens de terminer ce recueil de fiction de Borges et j'en fait une note le jour de son 112e anniversaire (et accessoirement également mon jour d'anniversaire) !Même pas fait exprès ! Je viens de le découvrir sur la page d'accueil de Google.Une coïncidence, une forme de destin qui donne un goût de fantastique, très Borgien en somme.Tous les récits de l'Aleph tournent sans fin autour du thème du Labyrinthe et des jeux de miroirs. Les personnages ont souvent un double réel et un double imaginaire. Le narrateur, le plus souvent Borges lui même, nous perd dans des micro-fictions sans autre lien apparent. Pas facile à suivre et un peu déroutant.24 août 2011
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Citations et extraits

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  • Par chartel, le 01 septembre 2007

    Parmi les commentaires que suscita la publication du texte qui précède, le plus curieux, sinon le plus aimable, est intitulé bibliquement "A coat of many colours" (Manchester, 1948). C'est l'oeuvre de la plume très obstinée du docteur Nahum Cordovero. Il s'étend sur une centaine de pages. Il parle de centons grecs, de centons de la basse latinité, de Ben Johnson, qui définissait ses contemporains avec des extraits de Sénèque, du "Virgilius Evangelizans" d'Alexander Ross, des artifices de George Moore et d'Eliot, et, finalement, de "la narration attribuée à l'antiquaire Joseph Cartaphilus". Il dénonce, dans le premier chapitre, de courtes interpolations de Pline (Historia Naturalis, V, 8); dans le second, de Thomas de Quincey (Writings, III, 439); dans le troisième, d'une lettre de Descartes à l'ambassadeur Pierre Chanut; dans le quatrième, de Bernard Shaw (Back to Methuselah, V). Il infère de ces intrusions, ou de ces larcins, que le texte entier est apocryphe.
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  • Par lanard, le 20 février 2012

    La veille, deux mots douteux l'avaient arrêté au seuil de la Poétique. Ces mots étaient tragoedia et comoedia. Il les avait déjà rencontré, des années auparavant, au livre troisième de la Rhétorique; personne dans l'Islam n'entrevoyait ce qu'ils voulaient dire. En vain, il avait fatigué les traités d'Alexandre d'Aphrodisie. En vain, compulsé les versions du nestorien Hunain ibn-Ishaq et Abu Basher Meta. Les deux mots arcanes pullulaient dans le texte de la Poétique; impossible de les éluder.
    Averroës laissa la plume. Il se dit (sans trop y croire) que ce que nous cherchons est souvent à notre portée, rangean le manuscrit de Tahafut et se dirigea vers le rayon où étaient alignés, copiés par des calligraphes persans, les nombreux volumes de Mohkam de l'aveugle Abensida. C'était ridicule d'imaginer qu'il ne les avait pas consulté, mais il était tenté par le vain plaisir d'en tourner les pages. Il fut tiré de cette distraction studieuse par une espèce de mélodie. Il regarda à travers les grilles du balcon: des enfants demi-nus s'amusaient en bas, dans l'étroite cour de terre. L'un, debout sur les épaules de l'autre, jouait évidemment le rôle du muezzin. Les yeux bien fermés, il psalmodiait; "Il n'y a pas d'autre dieu que Dieu". Celui qui le portait, immobile, représentait le minaret; un autre, prosterné dans la poussière et agenouillé, l'assemblé des fidèles. Le jeu s'interrompit vite; tous voulaient être le muezzin, personne la tour ou les fidèles. Averroës les entendit discuter en dialecte grossier, c'est-à-dire dans l'espagnol naissant de la plèbe musulmane de la Péninsule.
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  • Par Grapheus, le 04 février 2009


    Quand s'approche la fin, il ne reste plus d'images du souvenir ; il ne reste plus que des mots. Il n'est pas étrange que le temps ait confondu ceux qui une fois me désignèrent avec ceux qui furent symboles du sort de l’homme qui m'accompagna tant de siècles. J'ai été Homère; bientôt, je serai Personne, comme Ulysse ; bientôt, je serai
    tout le monde : je serai mort.
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  • Par hermineg, le 17 juillet 2011

    L'ECRITURE DU DIEU

    La prison est profonde. Elle est en pierre. Sa forme est celle d'une demi-sphère presque parfaite ; le sol, qui est aussi en pierre, l'arrête un peu avant le plus grand cercle, ce qui accentue de quelque manière les sentiments d'oppression et d'espace. Un mur la coupe en son milieu. Il est très haut, mais n'atteint pas la partie supérieure de la coupole. D'un côté, il y a moi, Tzinacan, mage de la pyramide de Qaholom, qui fut incendiée par Pedrode Alvaro ; de l'autre, il y a un jaguar qui mesure à pas égaux et invisibles le temps et l'espace de sa cellule.
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  • Par hermineg, le 17 juillet 2011

    LA DEMEURE D'ASTERION

    Il est clair que je ne manque pas de distractions. Semblable au mouton qui fonce, je me précipite dans les galeries de pierre jusqu'à tomber sur le sol, pris de vertige. Je me cache dans l'ombre d'une citerne ou au détour d'un couloir et j'imagine qu'on me poursuit. Il y a des terrasses d'où je me laisse tomber jusqu'à en rester ensanglanté. A toute heure, je joue à être endormi, fermant les yeux et respirant puissamment. (Parfois, j'ai dormi réellement, parfois la couleur du jour était changée quand j'ai ouvert les yeux.)
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Gilles Pellerin, conseiller littéraire pour le nouveau festival Québec en toutes lettres, parle de Jorge Luis Borges, auteur choisi pour la première thématique du festival du 14 au 24 octobre 2010 dans la ville de Québec.











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