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Critiques de Karl Marx


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    • Livres 4.00/5
    Par peloignon, le 27/01/2013


    Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte de Karl Marx

    Il n’y a aucun doute, si la doctrine matérialiste de Marx ne peut être appliquée partout sans susciter quelques doutes, sa puissance heuristique s’impose lorsqu’il est question d’expliquer les variations dans la qualité de son écriture. En effet, alors que ses analyses faites en France font état d’un esprit dialectique très fin et à l’ironie fertile, celles qu’il produira dans la misère à Londres montrent toujours une intelligence exceptionnelle, mais leur style est désormais d’une lourdeur assommante, complètement dénuée de finesse et d’ironie, présentant des analyses non plus sur le mode hypothétique, mais comme des vérités absolues.
    Engels y trouve tout de même, dans la préface, l’utilisation d’une « loi » : cette fameuse « grande loi du mouvement historique, loi selon laquelle toutes les luttes historiques…ne sont, en fait, que l’expression plus ou moins nette des luttes des classes sociales » (p.64). Mais c’est vraiment à ce Marx au meilleur de sa forme que nous avons affaire ici, puisque Marx traite plutôt ici la lutte des classes sociales comme une hypothèse théorique puisqu’il la met à l’épreuve. (p.65)
    Bref, pour en arriver au fait, Marx développe ici un embryon de pensée que l’on pourrait qualifier de manière anachronique, de « structuralisme social » puisqu’il décrit la manière dont une « superstructure d’impressions, d’illusions, de façons de penser et de conceptions philosophiques » (p.104) résultant d’une condition particulière est intégrée par les individus comme des acquis personnels.
    Pour prendre quelques exemples particuliers, Marx parle ainsi des membres de la bourgeoisie de la manière suivante : « leur cerveau ne peut dépasser les limites que le petit-bourgeois ne dépasse pas … dans sa vie, …ils sont théoriquement poussés aux … problèmes et aux … solutions auxquels son intérêt matériel et sa situation sociale [les] poussent » (p.105). L’individualisme est également un trait caractéristique de la classe bourgeoise selon Marx qui, lorsqu’il se trouve suffisamment marqué, peut entraîner certains de ses membres à l’aliénation de classe (p.150-151). Marx décrit aussi merveilleusement l’aliénation de la classe des royalistes, qui, croyant défendre leurs intérêts, ferment « opiniâtrement à leurs rois bannis les portes par lesquelles ils pouvaient rentrer » (p.159).
    Et cette structure de valeur permet à une société de se couper complètement des univers des autres classes, comme on le voit dans la description que Marx donne des intérêts non égoïstes de la petite bourgeoisie française qui se croit vraiment la mieux placée pour connaître les intérêts de la France entière (p.107-108).
    Ainsi, Marx ne se limite pas au clivage existant entre le capital et le prolétariat, mais doit avoir recours à d’autres clivages comme ceux entre la campagne et la ville par exemple (p.92). Il expose aussi qu’une classe peut parfois se fondre en une autre par sa description de l’embourgeoisement de l’aristocratie (p.105).
    D’autre part, Marx montre très clairement l’influence des circonstances commerciales sur la mobilisation politique. Lorsque l’économie va bien, personne ne veut agir, lorsque ça va mal, il est préférable que la politique se produise sans heurt, sinon, on y cherchera un coupable avec suffisamment d’angoisse pour s’en inventer un.
    Enfin, comme Tocqueville, Marx décrit la dépendance grandissante envers l’appareil d’État (p.121), décrivant l’appareil d’État comme un « effroyable corps parasite…dont le travail est divisé et centralisé comme dans une usine » (p.186-187) qui « anéantit les échelons aristocratiques intermédiaires placés entre la masse du peuple et le pouvoir d’État » (p. 194). Et c’est cet État, par l’impôt très lourd qu’il entraîne nécessairement, qui détruit les liens entre la paysannerie et Bonaparte (p.196).
    Ceci étant dit, c’est avec optimisme que Marx décrit cette centralisation mécanique de l’État de manière si apocalyptique puisqu’il juge qu’il s’agit d’un passage obligé pour « dégager à l’état pur l’opposition du pouvoir d’État vis-à-vis de la société » (p.196). Évidemment, il n’avait pu prévoir qu’on ferait de cet État un ersatz de la providence...

    Critique de qualité ? (31 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par fx131, le 22/09/2014


    Philosophie Philosophie de Karl Marx

    Marx reste l'un des rares à avoir proposé une philosophie réellement en phase avec les besoins des personnes . Il construit une pensée qui se place comme une sorte de ligne de vie pour les " basses classes" . Il n'est pas question ici de "secte" ,mais d'un concept mis au service de la socièté pour que celle ci puisse enfin vivre par elle méme , sans la main mise des puissants . Si l'on peut trouver que le propos estparfois utopique ,il n'en est pas moins fort et mérite d'étre découvert .

    Critique de qualité ? (12 l'ont appréciée)


    • Livres 0.00/5
    Par Cularo, le 03/11/2013


    Manifeste du Parti communiste Manifeste du Parti communiste de Karl Marx

    Chronique d'une catastrophe annoncée.Quelle fumisterie que ce manifeste!Des idées qui se parent de miel pour êtres plus attrayantes au commun des mortels;une fois l'adhésion acquise le pauvre bougre connaîtra les camps de la mort,les goulags,la torture,la misère,le totalitarisme et autres joies prévues au programme.Vous me direz c'est d'un passé lointain tout çà;moi je dis tant que les enfants de Corée du Nord meurent toujours de faim et des effluves de cette idéologie de la mort,je maudirais ce livre répugnant.

    Critique de qualité ? (9 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Pharmakon, le 22/08/2014


    Philosophie Philosophie de Karl Marx

    Marx : Philosophie.

    Marx est sans nul doute un précurseur dans le domaine des sciences sociales, dans la lignée du « vrai matérialisme » hérité de Feuerbach* sa philosophie s’affiche telle la science de « l’effectif », la science de l’homme au sens pratique du terme, ou comme l’avait nommé en 1830 Auguste Compte la « Sociologie ».

    Le souci « philosophique » de Marx s’articule en particulier autour de l’idéologie générale et spécialement l’idéologie allemande, « de la conception matérialiste du monde et de l’idéologie qui en découle » : « Les critiques philosophiques allemands : ont un adversaire commun, le système hégélien. Ce système est le monde qu’ils combattent. Leur point de départ théorique, qu’ils cherchent en même temps à détruire : le système hégélien affirment que les idées, représentations, concepts ont jusqu’ici dominé et déterminé les hommes réels, que le monde réel est un produit du monde idéal. Ce fut le cas jusqu’au moment présent, mais cela devra changer… » : Seulement Marx considère, dans la lignée des Feuerbach*, Stirner et Bruno Bauer, que la polémique sur le système d’Hegel est loin d’être exhaustive, en effet la critique philosophique (qui deviendra la critique de la critique chez Bauer) s’est bornée jusque-là aux représentations religieuses, alors qu’en définitive le progrès consiste comme l’indique Marx « à subsumer les prétendues représentations dominantes – métaphysiques, politiques, juridiques, morales et autres – sous la sphère des représentations religieuses ou théologiques ;…à proclamer « religieuse » ou « théologique » la conscience politique, juridique, morale, et à déclarer « religieux » l’homme politique, juridique ou moral, et, en dernière instance, « l’Homme » , pour Marx : « Ce n’est pas la religion qui fonde l’homme, mais plutôt l’homme qui fonde la religion », d’ailleurs la fameuse sentence de Marx « La religion est l’opium du peuple » n’est qu’une répétition des théories de Bauer. Il faut aussi considérer que la critique d’Hegel est pour Marx tout à fait accessoire, la « praxis » liée à une conception matérielle du monde devient une clé pour l’avenir, or chez Hegel on demeure au stade de l’esprit objectivant l’idée. D’ailleurs Marx ne fera qu’une critique indirecte des concepts hégéliens « Philosophie du droit »… qu’il considère purement spéculatifs, au profit des thèses de Feuerbach, Bauer etc… vers une exégèse sociologique des arguments philosophiques : Marx interroge le questionnement philosophique quant à son dépassement sur le plan pratique, et proposera ainsi une économie politique révolutionnaire nécessitant une philosophie non moins subversive. Quel philosophe peut prétendre avoir inspiré, fédéré, le monde autour d’idées neuves, conceptualisé l’ébauche d’un parti politique dont la substance humaniste n’a jamais été démentie…sa collaboration avec Engels marque le pas sur le plan de la doctrine, l’essor de l’idéologie communiste ou l’éthique socialiste sera posée, sur une base scientifique, qu’à partir de l’anthropologie de Feuerbach, du matérialisme français et de l’empirisme anglais sur quoi les travaux d’Engels portaient en particulier.
    Si on devait caractériser la dynamique philosophique chez Marx, on peut dire qu’elle va de rupture en rupture, à chacun de ses essaies, il s’affranchit de ses inspirateurs, au premier rang desquels Feuerbach « Sainte Famille » où l’homme n’est plus pris dans son existence sensible, mais considéré peu à peu dans un cadre social.
    Quant à la « question juive » Marx considère que pas plus que le chrétien, athée ou croyant l’individu n’est autorisé à jouir d’un droit à l’isolement, le ghetto n’est pas particulier aux Juifs, chacun est en tant que membre de la société civile un être potentiellement égoïste, si bien que la religion juive (qu’il abhorre et rapporte essentiellement à l’argent d’ailleurs), n’est qu’une excuse, un miroir aux alouettes de plus, pour faire de l’émancipation politique des Juifs une exigence négative. Dans sa société idéale Marx entrevoit la négation de tous les contrastes religieux, telle est selon lui la solution au problème Juif, ne plus faire de la religion juive une religion privilégiée.

    Cet ouvrage regroupe le liminaire de la plupart des textes de Marx :

    - Argent, Etat, prolétariat.
    - Economie et philosophie.
    - De l’abolition de l’Etat à la constitution de la société humaine.
    - La Sainte Famille ou critique de la critique critique.
    - L’idéologie allemande.
    - Le manifeste communiste.
    - De la critique de l’économie politique.
    - Du capital.

    Un outil donc essentiel pour ceux qui souhaitent se familiariser à l’œuvre complexe du précurseur du socialisme scientifique, de la sociologie… sans envisager la lecture fastidieuse du Capital.



    Critique de qualité ? (6 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par vincentf, le 26/08/2011


    Manifeste du Parti communiste Manifeste du Parti communiste de Karl Marx

    Que peut-on conserver de la pensée communiste après l'échec plus qu'évident des régimes politiques et économiques qui ont tenté de l'incarner ? Pas grand chose. La lutte des classes, qui est le fondement de la description de la société par Marx et Engels, a abouti à la dictature du prolétariat, parce qu'elle est un appel haineux à la destruction violente d'une partie de la population. Si forcément la bourgeoisie et le prolétariat sont en lutte, alors le goulag est inévitable. Néanmoins, la description de la société capitaliste du dix-neuvième siècle par les marxiste est assez juste, et l'on se dit à plusieurs reprises en cours de lecture qu'elle demeure juste au vingt-et-unième siècle. Les moyens proposés pour lutter contre l'exploitation des petits par les grands (une révolution violente qui donne le pouvoir au prolétariat, et qui abolit la propriété privée) ne fonctionne pas du tout : si je n'ai aucun intérêt privé à travailler pour mon propre compte, je vais préférer ne pas faire grand chose. C'est ce qui s'est passé. Encore une petite remarque. La pensée marxiste suppose un schéma historique toujours identique : la bourgeoisie renverse les systèmes féodaux anciens et seulement ensuite, le prolétariat renverse la bourgeoisie. Or, ce sont dans des pays où il n'y avait pas vraiment eu de révolution bourgeoise que le communisme a réussi à s'implanter, prouvant paradoxalement que le théorie communiste de l'histoire est fausse. Bref, il faut inventer autre chose que le communiste si l'on créer pour demain des lendemains qui chantent.

    Critique de qualité ? (6 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Tanega, le 07/10/2014


    Le Capital : Livre 1 Le Capital : Livre 1 de Karl Marx

    Grande oeuvre inachevé de Karl Marx, le Capital est la bible de l'idéologie socialiste et communiste. Long, parfois périlleux, avec une certaine touche de redondance dans les propos, le livre offre néanmoins une vision de la société industrielle encore naissante en occident. L'aliénation, l'exploitation ouvrière, inhumaine et dévastatrice. La théorie de la plus-value, l'origine de la monnaie et des échanges, la division du travail ainsi que le conflit entre les possesseurs du Travail et ceux du Capital, Karl Marx nous donne la perspective de l'univers économique selon lui et son époque.
    Bien que le marxisme semble s’éteindre de lui-même après un XXème siècle chaotique pour l'image du communisme, le Capital semble garder une certaine pertinence, non pas dans sa globalité, mais dans certains des propos énoncés.
    Un livre à lire, mais avant tout pour le contexte historique.

    Critique de qualité ? (4 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Salyna, le 16/01/2013


    Manifeste du Parti communiste Manifeste du Parti communiste de Karl Marx

    J'avais toujours imaginé un énorme texte à l'image du Capital alors qu'en fait, c'est un tout petit ouvrage. Il y a presque plus de préface de différents auteurs que de manifeste dans la version que j'ai !
    Le texte est découpé en différentes partie plus ou moins intéressante. par exemple la troisième partie sur "littérature socialiste et communiste" ne n'a pas du tout intéressé. Par contre les deux premières sont les plus intéressantes et replace quelques vérités (contre les stéréotypes du communisme) et avec des explications historique et social.

    Un ouvrage à lire, qu'on soit communiste ou non, simplement pour la culture G pour ceux qui ne se reconnaisse pas dans les idées de Marx.

    Critique de qualité ? (4 l'ont appréciée)


    • Livres 0.00/5
    Par Chri, le 17/07/2014


    Manifeste du Parti communiste Manifeste du Parti communiste de Karl Marx

    Jusqu'à quel point peut on tolérer l'exploitation de l'homme par l'homme.
    En 1848, la révolte sociale se manifeste spontanément un peu partout dans le monde contre un capitalisme sans limite. Dans ce contexte, la proposition de dictature du prolétariat apparait comme un réflexe basique d'auto-défense et la ligne internationale du Parti Communiste comme une réponse à la hauteur de l'enjeu politique.
    Cette présente édition du Manifeste du Parti Communiste est complétée par la Critique du Programme de Gotha. Dans ce 2ième texte de Marx, on ne peut pas manquer de noter sa critique sur l'inflexion nationaliste du Parti Ouvrier Allemand de 1875.
    On connait la suite de l'histoire...
    Aujourd'hui ces textes sont utiles précisemment pour tenter de passer des réflexes conditionnés à une réflexion éclairée.
    Je terminerai par une citation de Chen Duxiu (1879-1942), premier secrétaire du Parti Communiste Chinois, avant de quitter le PCC et de retrouver l'idée de démocratie vers la fin de sa vie: ""La dictature du prolétariat, ca n'existe pas. C'est la dictature d'un parti et, en fin de compte, celle d'un dirigeant. Toute dictature est inséparable de la violence, du mensonge, de la tromperie, de la corruption et de la pourriture morale.""

    Critique de qualité ? (3 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par Tiket34, le 21/02/2014


    Le Capital Le Capital de Karl Marx

    J'ai voulu lire ce livre parce qu'il fait partie du patrimoine culturel littéraire mondial.. C'est très rébarbatif, on s'y ennuie mais cet ouvrage a le mérite de nous faire réfléchir sur la répartition des richesses au niveau planétaire. Et si la révolution et l'anéantissement du système monétaire et commercial mondial était la solution?

    Critique de qualité ? (3 l'ont appréciée)


    • Livres 0.00/5
    Par de, le 07/10/2013


    Propriété et expropriations : Des coopératives à l'autogestion généralisée Propriété et expropriations : Des coopératives à l'autogestion généralisée de Karl Marx

    Remettre en cause le sacro-saint principe de la propriété patronale

    « Au cœur même de cette longue crise du capitalisme, une volonté de « prendre ses affaires en mains » se manifeste face aux licenciements, aux fermetures d’entreprises et aux destructions multiples. Ici et là, un peu partout dans le monde, des travailleuses et des travailleuses occupent leurs entreprises, se saisissent de l’outil de travail et remettent en marche la production. Vieux de quarante ans, le slogan de Lips, « On fabrique, on vend, on se paie », semble donner le la d’une réponse offensive des citoyen.nes et des salarié.es à la situation qui leur est faite », des réalités, sous-estimées, mais soulignées par Pierre Cours-Salies et Pierre Zarka dans leur introduction : « Marx et Engels et la coopération ».

    « … création de coopératives, réquisitions des biens vacants, expropriations, récupérations d’entreprises, grèves actives avec reprise de la production, contre-plans « ouvriers », contrôle ouvrier et populaire, autogestion, etc. Les « expériences de mise en commun pour développer des activités socialement utiles ponctuent la lutte des classes et sont l’embryon, le banc d’essai de la réponse de la société des citoyen.nes associé.es pour faire face à la guerre capitaliste »

    Je choisis de mettre l’accent sur l’actualité de l’action produite par des individu-e-s actifs/actives ensemble, de la coopération, des coopératives, de l’association des producteurs/productrices, de l’autogestion. Les auteurs nous rappellent « le caractère social du travail », que « l’individu ne se développe que dans un collectif qui lui permet de jouer son rôle et réciproquement, le collectif devient de plus en plus collectif d’individualités et non une masse indifférencié ».

    La radicalité de Karl Marx s’exprime à la fois sur la nécessaire auto-organisation des dominé-e-s, leur association en collectifs, y compris dans la sphère de la production et dans le combat contre les structures de l’État. Il ne s’agit ni de s’en remettre aux forces institutionnelles, ni à l’État qui ne peut être considéré comme neutre dans les rapports sociaux.

    Les auteurs développent aussi sur les gratuités, les droits sociaux, les patrimoines communs, le fétichisme de la marchandise, les conventions collectives, la domination réelle et la domination formelle, les expériences collectives cristallisées dans les organisations syndicales, les bouleversements du travail, l’automation, le « general intellect », le bilan des nationalisations en France et en Urss, l’internationalisme, l’inter-complémentarité, la démocratie…

    Les coopératives, les formes collectives d’actions ne peuvent être cependant appréhendées « hors de la capacité d’intégration du système capitaliste ». D’où la question du pouvoir d’État, la nécessité d’une « réorganisation socialement majeure » de la production, de l’organisation sociale et politique.

    J’ai été particulièrement intéressé par le chapitre sur « Le temps et les possibles au présent ». Les auteurs y soulignent, entre autres, « la place et la portée historique des coopérations multiformes qui peuplent la pratique politique et sociale : coopératives de production, exigences d’appropriation sociale des grandes entreprises et des services publics, remise en cause pratiques des transports, de l’agriculture et de la production d’énergie à partir de critères écologiques, critiques de la spéculation financière, des gaspillages mondialisés et des atteintes à l’environnement ». Face à l’ordre désordonné du monde, « les rapports de coopération et d’égalité, loin de se cantonner à des résistances, portent en effet des dynamiques de transformation révolutionnaire ».

    Pierre Cours-Salies et Pierre Zarka reviennent aussi sur certaines expériences actuelles : Céralep, imprimerie Hélio-Corbeil, aciéries de Ploërmel, SET ou Fralib… ; et à l’international : le printemps de Prague, l’Argentine, la Grèce ou l’Espagne… « Même si l’actualité d’une organisation de la production collective et maîtrisée démocratiquement a pu être négligée, voire parfois combattue par certains courants du mouvement ouvrier, elle s’affirme et revient sans cesse, dès que l’occasion se présente et que quelques forces s’y attellent pour résister et éventuellement contre-attaquer ».

    Pourquoi accepter la rationalité irrationnelle de la planification privée pour le profit ? Pourquoi ne pas y opposer la production socialisée, non réductible à la caricature des nationalisations ? Il convient donc d’opposer les expropriations et la gestion collective à la propriété lucrative ; de répondre à « quelle est la limite des « biens communs », auxquels toute personne a droit ou devrait avoir droit ? », de s’appuyer sur les pratiques collectives, sur le « déjà là » (« La prise en compte des possibles au présent nous impose d’être attentifs aux aspects contradictoires de la réalité sociale mondialisée ») pour poser les questions du pouvoir, social, économique et politique.

    D’autres débats sont soulevés par Pierre Cours-Salies et Pierre Zarka, d’autres éléments d’analyses et de réponses sont présents dans les textes de Karl Marx et de Friedrich Engels. Parmi ceux-ci, je trouve peu satisfaisant ceux sur la notion de « communisme » et sur la « destruction de l’État », sans oublier les silences (mais ce n’était pas l’objet du livre) sur les contradictions entre les différents niveaux de contrôle ou d’autogestion, tant au niveau régional, national, continental ou international..

    Un livre incitation à relire Marx, non comme des talmudistes, mais comme une source de réflexion combinant analyses, théorisations, pratiques, histoire et inventions…

    Critique de qualité ? (3 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par folivier, le 01/04/2012


    Le Capital, Tome 2 (manga) Le Capital, Tome 2 (manga) de Karl Marx

    Décidément je n'aime pas les mangas... je fais un vrai blocage sur le style et le graphisme qui m'empêche d'apprécier l'histoire et ce qui nous ait conté. Connaissant un peu le Capital de Marx et Engels, la transcription qui en est fait au travers de cette bande dessinée ne m'a pas convaincu. Je l'ai trouvé trop simpliste. Néanmoins ces deux volumes ont certainement le mérite de pouvoir intéresser des jeunes, plus adeptes de ce genre de bande dessinée, et leur faire aborder l'analyse marxiste de l'économie et de l'histoire industrielle du XIX°.

    Critique de qualité ? (3 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par fx131, le 19/07/2014


    Oeuvres philosophiques Oeuvres philosophiques de Karl Marx

    Marx est trop souvent vu comme l'initiateur de l'idéologie communiste , alors qu'il était bien plus que ça . Cet ouvrage qui regroupe une grande partie de ces textes s'avére captivant . L'on comprend mieux la vision de Marx sans la déformation que l'idéologie communiste en à fait . En l'état ces réflexions sur l'économie sont pertinentes , bien qu'un peu utopiques . On découvre que cet homme avait une véritable et conséquente capacité de pensée , bien plus en phase avec les vrais besoins de la société que nombre de penseurs . Il est trés utile au final de lire cet ouvrage pour avoir une idée plus concréte du personnage .

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par Marti94, le 27/10/2013


    Karl Marx : Le manifeste du Parti communiste (manga) Karl Marx : Le manifeste du Parti communiste (manga) de Karl Marx

    Avec l’explosion de l’ère industrielle du XIXème, les prolétaires exploités vont revendiquer d’autres systèmes de valeur : le socialisme et le communisme. L’idée de romancer les théories de l’ouvrage est louable mais le traitement est raté : le message semble carricatural et je n'aime pas trop les dessins style manga. C'est quand même un livre culte !
    Lu en avril 2013

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par arnaldo17, le 01/10/2013


    Karl Marx : Le manifeste du Parti communiste (manga) Karl Marx : Le manifeste du Parti communiste (manga) de Karl Marx

    Basée sur l'oeuvre plus que culte de karlx max : le manifeste du parti communiste. Ce manga nous permet de comprendre de façon plus claire et plus "ludique" les pensées de marx et surtout le fonctionnement du communisme et comment on arrive à un état communiste. Contrairement à l'oeuvre original qui est assez lourd à lire , ce manga est assez fluide et instructif et de plus que ce soit calqué sur une oeuvre de fiction , cela rend la lecture plus agréable à lire. Pour tout ceux qui s'intéressent à l'idéologie communiste et/ou à l'économie , je vous le conseille !

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par Nominoe, le 26/09/2012


    Le Capital, Tome 1 (manga) Le Capital, Tome 1 (manga) de Karl Marx

    Le Capital fait partie de ma longue liste de livres que je souhaite lire mais que je n'aurais jamais la force d'attaquer si ce n'est à la retraite donc au bas mot dans une quarantaine d'années. Ainsi, mon étonnement fut grand lorsque qu'au détour d'une librairie, je découvris l'adaptation en manga du capital, le livre emblématique de Karl Marx. Première grande interrogation, comment peut-on transposer un essai en une histoire ? C'est vrai, après tout, il n'y a jamais eu d'adaptation au cinéma du Discours de la méthode de Descartes ni du Léviathan de Hobbes.

    En fait, la réponse est toute simple, pour adapter Marx, les auteurs se sont contentés d'inventer une histoire - très simpliste - qui présente les mécanismes et les ressorts du capitalisme (selon Marx). Le travail se veut donc avant tout pédagogique et il ne faut pas s'attendre à un suspens de folie pour cette histoire quelque peu insipide qui peine à décoller.
    Notons aussi que le manga contient une préface de Olivier Besancenot pour obtenir une certaine caution sur l'ouvrage et ne pas être perçu comme une œuvre bassement mercantiliste. Malgré tout, je trouve que cette initiative reste une bonne chose car cela permet à un large public d'aborder voire de se familiariser avec les idées de Marx. Mais affubler ce manga du nom du livre de Marx (Le Capital) est un peu une usurpation, Le capitalisme pour les nuls ou le capitalisme expliqué à ma fille aurait mieux convenu.

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)


    • Livres 0.00/5
    Par de, le 04/06/2012


    Une révolution inachevée : Sécession, guerre civile, esclavage et émancipation aux Etats-Unis Une révolution inachevée : Sécession, guerre civile, esclavage et émancipation aux Etats-Unis de Karl Marx

    Après avoir chroniqué, la longue préface de Robin Blackburn, je ne reviendrais que sur certains points.
    Premièrement, la place de la politique, de l’intervention publique. Par deux fois, l’Association internationale des travailleurs (Première internationale) adresse une lettre au président des États-Unis, d’abord Abraham Lincoln, puis Andrew Johnson. Dans la première lettre, les signataires écrivent : « Tant que les travailleurs, la véritable puissance politique du Nord, permettaient à l’esclavage de souiller leur propre République, tant que, face au Nègre acheté et vendu contre son gré – ils s’enorgueillissaient du privilège majeur réservé au travailleur à peau blanche d’être libre de se vendre lui-même et choisir son propre maître, ils furent incapables d’œuvrer à l’authentique émancipation du travail et de soutenir leurs camarades européens dans leur lutte pour l’émancipation ». Au delà du combat contre l’esclavage, Karl Marx et les autres membres de l’internationale soulignaient le poids du « privilège blanc », entravant la potentielle force d’émancipation du prolétariat. Sur ce point, il convient aussi de relire les écrits de Léon Trotski, regroupés chez le même éditeur, et remarquablement préfacés par Danièle Obono et Patrick Silberstein : Question juive, question noire (Editions Syllepse, Paris 2011)
    Karl Marx, écrit sur ce sujet dans le Capital (Livre 1, 3ème section, chapitre 10) « Aux États-Unis, tout mouvement ouvrier indépendant resta paralysé, tant que l’esclavage souillait une partie de la République. L’ouvrier blanc ne saurait s’émanciper là où l’ouvrier noir est stigmatisé. »

    Le second point est la place de la réduction du temps de travail, particulièrement bien traité dans la préface de Robin Blackburn « La limitation de la journée de travail est une condition préalable, sans laquelle toutes les nouvelles tentatives d’amélioration et d’émancipation seront vouées à l’échec. »

    Au delà de ces éléments, la lecture des articles de Karl Marx, ses analyses des processus économiques et des rapports sociaux, dont la place du coton dans l’économie anglaise et étasunienne, montrent l’importance de ne pas isoler les questions militaires des domaines politiques. « La morale de tout cela est à mon avis que des guerres de ce genre doivent être conduites de façon révolutionnaire, et que les Yankees ont essayé jusqu’ici de la mener constitutionnellement. »

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par turgeonphilippe, le 03/06/2012


    Manifeste du Parti communiste Manifeste du Parti communiste de Karl Marx

    À lire pour comprendre la philosophie marxiste et ses applications à travers les époques.

    Les auteurs énoncent des faits, des idée. Le lecteur a la responsabilité de compléter le travail.

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par manee92, le 29/03/2012


    Le Capital, Tome 1 (manga) Le Capital, Tome 1 (manga) de Karl Marx

    J'ai été déçue par cette mise en image de la théorie de Marx.
    Elle aurait pu la rendre plus accessible et didactique. Malheureusement c'est une histoire très caricaturale, où on perd tous détails et richesse de la théorie marxiste.

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par DamienR, le 28/03/2011


    Le Capital, Tome 2 (manga) Le Capital, Tome 2 (manga) de Karl Marx

    Par rapport au tome 1, nous sommes cette fois-ci beaucoup plus dans la démonstration des mécanismes du capitalisme. Engels est en quelque sorte le pédagogue, le démonstrateur. Chaque développement est commenté : le récit en est plus saccadé, plus complexe, mais plus passionnant. Il s'agit presque d'un cours d'économie présentant les cycles de crises, le chômage et ses victimes inéluctables, l'augmentation nécessaire de la consommation, la notion de plus-value.
    En conclusion, ce manga est un résumé de la pensée économique marxiste. Il ne manquera pas de critiques d'un côté pour dénoncer son anti-capitalisme, de l'autre son aspect purement économiste. Les facettes historiques, sociologiques, philosophiques ne sont pas abordées.

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par DamienR, le 28/03/2011


    Le Capital, Tome 1 (manga) Le Capital, Tome 1 (manga) de Karl Marx

    Je connaissais certains courants "didactiques" du manga mais quelle surprise quand je suis tombé sur une mise en image du "Capital" de Marx ! Il s'agit d'une coédition Soleil / Démopolis. Il n'est pas question ici de reproduire l'intégralité du propos de Marx, mais de l'adapter, de l'illustrer. Suivant la préface d'Olivier Besancenot, le public destinataire serait plutôt adolescent, mais on peut très bien le faire lire par des adultes pour qui Marx se résume aux purges staliniennes des années 30.
    Ce premier tome s'inscrit dans la tradition du manga "docu-fiction" : l'histoire est là pour illustrer les thèses de Marx. On est surtout dans la mise en place du scénario, la présentation des personnages et leurs relations (voir par exemple des débuts d'histoires d'amour, malheureusement inutiles). Par le développement d'une petite usine on voit comment le capitalisme s'insère progressivement dans la vie de tous les protagonistes. Dirigeants profiteurs, production de masse desservant les travailleurs, développement des inégalités, révolution des modes de vie...

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)




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