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Traversée de la neige de
Kenji Miyazawa
Le ciel s'emplit des noirs pétales du karma
moi j'ai en mémoire le nom des dieux
et je tremble violemment dans le froid
Ah que quelqu'un vienne, me dise
par millions, naîtront des hommes de haut rang
sans imprécation, ils feront côte à côte, c'est sûr,
un monde rayonnant
[Vers de Miyazawa, cités dans la postface d'Hélène Morita]
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Par le_Bison, le 03/04/2012
Train de nuit dans la voie lactée de
Kenji Miyazawa
« Gare de la Voie lactée ! Gare de la Voie lactée ! » et brusquement devant lui le paysage devint très clair comme si, d’un seul coup, on avait pétrifié le feu de mille milliards de seiches phosphorescentes et qu’on l’avait immergé au milieu du ciel, ou bien comme si quelqu’un avait soudain renversé tous les diamants que, afin que les prix ne soient pas trop bas, on ne montre pas, délibérément, dans certaines entreprises où l’on place les pierres en des endroits cachés, et qu’on les avait tous éparpillés ; tout étincelait devant Giovanni ébloui qui se frotta les yeux plusieurs fois.
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Les Pieds nus de la lumière de
Kenji Miyazawa
Un samedi soir, un étrange carton fut déposé chez le jeune Ichirô Kanéta.
Monsieur Ichirô Kanéta 19 septembre
Vous allez bien, à ce qu’on dit, j’en suis très content.
Demain j’ai un procès qui est bien compliqué : venez !
Pas de fusil, s’il vous plait.
Le lynx, votre humble serviteur.
Telle était la missive. L’écriture en était laborieuse et l’encre poissait les doigts. Ichirô, lui, était ravi. Il enfouit le carton dans sa sacoche d’écolier et parcourut tout joyeux, enchainant cabrioles et entrechats.
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Par le_Bison, le 05/04/2012
Train de nuit dans la voie lactée de
Kenji Miyazawa
Les deux enfants débouchèrent devant la gare sur une petite place entourée de ginkgos qui semblaient façonnés dans du cristal. De là, une large avenue conduisait tout droit vers la lumière bleue de la Voie lactée.
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Par le_Bison, le 04/04/2012
Train de nuit dans la voie lactée de
Kenji Miyazawa
Teuf-teuf-teuf le joli petit train avançait joyeusement au milieu des roseaux du ciel étirés par le vent, parmi l’eau de la rivière céleste et les lueurs blanchâtres des signaux triangulaires, toujours plus loin.
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Le Bureau des chats de
Kenji Miyazawa
Si les autres chats sont de naissance blancs, tigrés ou autres, il n'en va pas de même des chats bistre qui ont le museau et les oreilles noirs de suie (ils ont en effet l'habitude de dormir dans les fourneaux de cuisine). On désigne sous le nom de kama ces chats qui ont plutôt l'air de blaireaux que de chats, sans qu'il soit possible de préciser la raison de cette ressemblance.
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Par tulisquoi, le 08/04/2010
Le Diamant du Bouddha de
Kenji Miyazawa
« Ah... cela n'a aucun sens pour moi de continuer à vivre. Chaque fois qu'approche le train à vapeur, j'abaisse mon bras, ou bien je chausse mes lunettes vertes, mais pourquoi accomplirais-je tous ces gestes ? Plus rien ne m"intéresse désormais. Ah... si je pouvais mourir ! Mais comment mourir ? Il n'y a que la foudre ou une éruption volcanique ! »
Signaleur, de la ligne principale, ne parvenait pas à dormir cette nuit-là. Il était dans un état de grande angoisse. Mais il n'était pas le seul dans ce cas. De l'autre côté des traverses en bois, le poteau de signal de la voie secondaire, muni de son feu rouge, se tenait pâle, découragé : pour Signalesse, la situation était exactement la même.
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Train de la voie lactee de
Kenji Miyazawa
L'étoile de l'Engoulevent continua de brûler toujours et toujours. Et maintenant encore on peut la voir briller au firmament.
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Par Anassete, le 21/03/2012
Train de nuit dans la voie lactée de
Kenji Miyazawa
Peu après, lorsque Kosuke passa sous un châtaignier, en voulant aller vers un autre buisson de vigne, une pluie d egouttes l'aspergea et son dos et ses épaules furent trempés comme s'il était rentré dans l'eau. De surprise, Kosuke ouvrit la bouche, regarda en l'air et vit Matasaburo qui était monté sur l'arbre on ne sait trop quand, et qui, avec de petits rires, s'essuyait le visage à ses poignets.
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Le Bureau des chats de
Kenji Miyazawa
Regardez là-bas le ciel de ce beau vert diapré de malachite. Bientôt le soleil passera, et lorsqu'il s'enfoncera dans les montagnes, l'horizon prendra la couleur des pétales d'onagre. Avant peu, les nuances terniront et céderont la place au reflet argenté du crépuscule. Puis viendra la nuit émaillée d'étoiles. Où serais-je alors ? Les belles collines que j'ai maintenant sous les yeux, les prairies se dégradent, puis s'effondrent.