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Par sylvie, le 12/01/2009
Apprendre à vivre : Volume 2, La sagesse des mythes de
Luc Ferry
« Commençons par l'essentiel : quel est le sens profond des mythes grecs et pourquoi faudrait-il aujourd'hui encore, aujourd'hui plus que jamais peut-être, s'y intéresser ? La réponse se trouve à mes yeux dans un passage d'une des œuvres les plus connues et les plus anciennes de la langue grecque, l'Odyssée d'Homère. On y mesure d'emblée à quel point la mythologie n'est pas ce qu'on croit si souvent de nos jours, une collection de «contes et légendes», une série d'historiettes plus ou moins fantasmagoriques dont le but serait seulement de distraire. Loin de se réduire à un divertissement littéraire, elle constitue en vérité le cœur de la sagesse antique, l'origine première de ce que la grande tradition de la philosophie grecque va bientôt développer sous une forme conceptuelle en vue de définir les contours d'une vie réussie pour les mortels que nous sommes.
Laissons-nous un instant porter par le fil de cette histoire que j'évoque ici à grands traits, mais sur laquelle, bien sûr, nous aurons plus tard l'occasion de revenir.
Après dix longues années passées hors de chez lui à combattre les Troyens, Ulysse, le héros grec par excellence, vient de remporter la victoire par la ruse - en l'occurrence grâce au fameux cheval de bois qu'il a abandonné sur la plage, près des remparts de la ville. Ce sont les Troyens eux-mêmes qui l'introduisent dans leur cité, autrement imprenable par les Grecs. Ils s'imaginent qu'il s'agit d'une offrande aux dieux alors que c'est une machine de guerre dont les flancs sont remplis de soldats. La nuit venue, les guerriers grecs sortent du ventre de l'imposante statue et massacrent, jusqu'au dernier ou presque, les Troyens endormis. C'est un atroce carnage, un pillage sans merci, si effroyable qu'il suscite même la colère des dieux. Mais au moins, la guerre est terminée et Ulysse cherche à rentrer chez lui, à retrouver Ithaque, son île, sa femme, Pénélope, et son fils, Télémaque, bref, à rejoindre sa place dans sa famille comme au sein de son
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Par karine13, le 20/01/2011
Apprendre à vivre : Volume 2, La sagesse des mythes de
Luc Ferry
Pour être sauvés, pour accéder à la sagesse qui réside dans la victoire sur les peurs, il nous faut apprendre à vivre sans nostalgie du passé ni crainte superflue de l’avenir, ce qui suppose que l’on cesse d’habiter en permanence ces dimensions du temps qui n’ont d’ailleurs existence (le passé n’est plus et le futur pas encore), pour s’en tenir autant qu’il est possible au présent. Comme le dit Sénèque dans ses Lettres à Lucilius :
« Il faut retrancher ces deux choses : la crainte de l’avenir, le souvenir des maux anciens. Ceux-ci ne me concernent plus et l’avenir ne me concerne pas encore. »
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Par framothe, le 21/08/2011
Apprendre à vivre : Volume 2, La sagesse des mythes de
Luc Ferry
Il faut préférer une condition de mortel conforme à l'ordre cosmique, plutôt qu'une vie d'immortel livrée à ce que les Grecs appellent l'Hybris, la démesure, qui nous éloigne de la réconciliation avec le monde. Il faut vivre avec lucidité, accepter la mort, vivre en accord avec ce que l'on est en réalité avec les siens comme avec l'univers. Cela vaut beaucoup mieux que d'être immortel en un lieu vide, dénué de sens, fût-il paradisiaque, avec un femme que l'on n'aime pas, fût-elle sublime, loin des siens et de son "chez soi", dans un isolement que symbolisent non seulement l'île, mais la tentation de la divinisation et de l'éternité qui nous écartent de ce que nous sommes comme de ce qui nous entoure...
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Qu'est-ce qu'une vie réussie ? de
Luc Ferry
L'homme? Une espèce animale minuscule et extravagante qui, fort heureusement n'a qu'un temps. La vie sur terre? Un instant fugitif, un accident, une exception sans conséquence qui, au regard de l'ensemble de la terre, reste dépourvue de la moindre conséquence. La Terre elle-même? Comme tous les autres Astres, un hiatus entre deux néants, un événement dépourvu de finalité, de raison, de volonté, de conscience de soi, bref la nécessité sous sa forme la plus médiocre, la plus stupide...
(Foucault in le magazine littéraire 1er mars 1968)
(P97)
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Qu'est-ce qu'une vie réussie ? de
Luc Ferry
Du moment que le sage a compris que les aléas de l'existence ne dépendait pas de lui, mais d'un ordre du monde par ailleurs harmonieux, dès lors qu'il s'est attaché à vouloir ce qu'il advient plutôt qu'à changer le cours de ce qui lui échappe, il sait non seulement combien il est vain de se plaindre, mais surtout, en quel sens plus subtile et plus profond il est lui-même divin, puisque partie intégrante de l'éternel cosmos avec lequel il aspire à la réconciliation parfaite.
(P61)
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Par karine13, le 27/12/2010
Apprendre à vivre : Volume 2, La sagesse des mythes de
Luc Ferry
Ce point est absolument crucial dans la mythologie : c'est toujours par la justice qu'on finit par gagner, parce que la justice n'est rien d'autre en son fond qu'une façon d'être fidèle à l'ordre cosmique, d'être ajusté à lui. Chaque fois qu'un être l'oublie, chaque fois qu'il va contre l'ordre, ce dernier finit par se rétablir contre lui et le terrasser. Belle leçon de vie qui se profile déjà en filigrane : seul un ordre juste est viable, l'injustice n'est jamais que provisoire.
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Par lecassin, le 20/11/2011
Le Nouvel Ordre écologique de
Luc Ferry
Alors que les idéologies politiques fortes, à l’exception des intégrismes, déclinent partout dans le monde, n’y a-t-il pas là de quoi ranimer les flammes d’un éternel militantisme ? D’autant que la critique de la modernité peut recueillir le fervent soutien des grandes religions, toujours promptes à tancer l’orgueil des hommes, mais aussi l’approbation des néo-fascistes ou ex-staliniens dont les convictions anti-libérales passées ou présentes, refoulées par nécessité plus que par raison, ne demandent qu’à s’investir dans une nouvelle aventure de la politique scientifique.
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Par lecassin, le 24/11/2011
Anticonformiste (Conversations avec Alexandra Laignel-Lavastine de
Luc Ferry
Depuis Voltaire au moins, les philosophes français veulent régenter la société. Leur discours devient donc politique. En Allemagne, ils demeurent de purs philosophes détachés des contextes du jour.
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Par lecassin, le 20/11/2011
Le Nouvel Ordre écologique de
Luc Ferry
Mais enfin, on ne saurait ainsi réduire à rien, c’est-à-dire aux seules illusions d’idéologies politiques catastrophistes et catastrophiques, le défi que lance l’écologie à la tradition de l’humanisme moderne. D’autant que la sensibilité écologiste « moyenne », celle de tout un chacun, n’a rien d’extrémiste, ni même d’antidémocratique. Elle relève plutôt de cette esthétique de l’authenticité, de ce souci de soi au nom desquels on revendique volontiers –et pourquoi pas ?- une certaine « qualité de vie ».
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Par lecassin, le 20/11/2011
Le Nouvel Ordre écologique de
Luc Ferry
Greenpeace, qui annonce clairement dans un éditorial de ses chroniques en date d'avril en 1979 :
" Les systèmes de valeurs humanistes doivent être remplacées par des valeurs supra-humanistes qui placent toute vie végétale et animale dans la sphère de prise en considération légale et morale. Et à la longue, que cela plaise ou non à tel ou tel, il faudra bien recourir le cas échéant à la force pour lutter contre ceux qui continuent à détériorer l'environnement".