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Mohammed Aïssaoui

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Note moyenne : 4/5 (sur 20 notes) Mohammed Aïssaoui

Biographie et informations

Nationalité : France
Né(e) à : Algerie , 1964

Biographie :

Mohamed Aissaoui a obtenu à l’Université de Nanterre une maîtrise en Sciences politiques et une maîtrise Administration économique et sociale.
Il a aussi été élève de l’Institut français de Presse.

Il est journaliste au Figaro depuis janvier 2001, spécialisé en littérature française et francophone au sein du supplément Le Figaro Littéraire.

Il écrit également des enquêtes sur le monde des lettres (suivi des prix littéraires, dossiers sur l’édition, sur les premiers romans, interviews d’éditeurs et portraits d’écrivains, décryptage de phénomènes éditoriaux). Il était auparavant chef de rubrique au service « Économie » où il s’occupait d’économie de la culture.

Mohamed Aissaoui tient une chronique hebdomadaire sur la littérature française et francophone dans l’émission « Tous les goûts sont dans la culture », sur Direct 8.

Auteur d’une anthologie sur les écrivains et la ville d’Alger,« Le Goût d’Alger » (Mercure de France, 2006), il vient de publier « L’affaire de l’esclave Furcy » (Gallimard, 2010).

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Mohammed Aïssaoui et ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d’écrire?



Sans doute, L’Etranger de Albert Camus, mais aussi Des souris et des hommes de John Steinbeck. J’ai également été bercé par les textes d’Louis Aragon, de Paul Eluard, de André Breton et d’autres encore, que je lisais avec gourmandise. Le désir –vague- d’écrire est venue avec l’envie de lire.

Quel est l’auteur qui vous a donné envie d’arrêter d’écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?


Justement, je crois que la qualité exceptionnelle des très grands écrivains est la simplicité, ils vous donnent l’impression que la littérature est quelque chose d’accessible, de facile. C’est lorsque l’on prend son stylo et une feuille que les choses se corsent. Cela dit, ce qui m’a freiné, et me freine encore parfois, c’est d’avoir sacralisé l’écriture, comme s’il n’y avait que quelques-uns qui ont le droit d’écrire.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?


J’en reviens toujours à Albert Camus et à L’Etranger . Mais, plus tard, on « dévore » par cycle : il y a Stefan Zweig, Jean-Paul Sartre… Sur le plan purement littéraire, j’ai été marqué par Nadja d’ André Breton : je ne comprenais pas bien le texte, mais j’étais subjugué par les phrases, la construction, le mélange du réel et de l’imaginaire.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?


Je relis des passages plutôt qu’un roman. Je replonge au moins une fois par an dans une dizaine de livres qui sont toujours à ma portée. Camus (avant qu’il soit à la mode, je conseille La Chute et ses nouvelles), Umberto Eco (ses romans), Jean de La Fontaine, Patrick Modiano…

Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?


Il y en a beaucoup ! Je n’ai lu que quatre des volumes d’ A la recherche du temps perdu, tome 1 : Du Côté de chez Swann de Marcel Proust. Et j’ai des lacunes en littérature étrangère…

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?


Elle n’est pas si méconnue que cela, mais L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono est un petit bijou. Il y a aussi une poète Marceline Desbordes-Valmore qui mériterait un peu plus de postérité. Enfin, je trouve que des films devenus des classiques (L’Armée des ombres , L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde , La Case de l’oncle Tom …) ont fait oublier que derrière ces longs métrages il y avait de superbes romans. Il faut les lire !

Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?


La réputation –comme la postérité- est une chose capricieuse qui va et vient. En ce moment, certains textes de Zweig (que j’adore) ne méritent pas d’être publiés, en tous cas ils ne méritent pas un tel éloge.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?


La phrase de « Nadja » que je n’avais pas comprise quand j’étais adolescent et qui me trotte toujours dans la tête : « J’ai vu ses yeux de fougère s’ouvrir le matin sur un monde où les battements d’ailes de l’espoir immense se distinguent à peine des autres bruits qui sont ceux de la terreur et, sur ce monde, je n’avais vu encore que des yeux se fermer. »

Et en ce moment que lisez-vous ?


Je termine le dernier Erik Orsenna : L’entreprise des Indes : Christophe Colomb raconté par son frère. Orsenna retrouve sa verve et son art de conter, c’est jouissif !

L’entretien de Mohammed Aissaoui avec les membres de Babelio : L’affaire de l’esclave Furcy


L’affaire de l’esclave Furcy : enquête journalistique ou récit historique?


C’est une enquête historique racontée comme un roman. Mais je n’ai pas eu à inventer : cette histoire d’un esclave qui assigne son maître en justice, 30 ans avant l’abolition de l’esclavage, et dont le procès a duré près de 27 années, était fascinante par elle-même.

Pourquoi la figure de Furcy et son procès vous ont-ils attiré? En quoi Furcy est-il exemplaire pour vous?


Ce qui m’a attiré en lui, c’est sa détermination à aller au bout d’une démarche extraordinaire –se battre contre la famille la plus puissante de l’île de la Réunion en sachant qu’il risquait la prison ou la mort- alors que c’est un homme ordinaire. Son calme, sa volonté constante de ne pas user de la violence, de rester dans le respect des lois, est exemplaire. Il a fait trembler le système esclavagiste en allant au tribunal. C’était un acte plus dangereux qu’une rébellion ! Les experts affirment, que par la durée de ce procès qui a commencé en 1817 à l’île de la Réunion (Ile Bourbon) et s’est achevé en 1843 à Paris, en fait un cas unique dans les annales de l’Histoire.

Des années de recherches sur l’affaire de Furcy... Aviez-vous eu une idée préconçue en commençant ce récit?


Non, je n’avais absolument pas d’idée préconçue, sinon, je n’aurais pas enquêté durant quatre années. Et, au final, je pense que c’était mieux de démarrer ainsi, cela m’a permis de découvrir l’extrême complexité de l’époque –des hommes blancs ont défendu des esclaves ; des esclaves se sont battus contre d’autres esclaves…

Pourquoi avez-vous choisi de raconter l’histoire via la figure du narrateur?


Il fallait montrer la difficulté à retrouver les archives, à dénicher la moindre information sur un esclave (à l’époque, les esclaves étaient considérés comme des « meubles » : pas de nom de famille, pas le droit de se marier, d’apprendre à lire). Et, malgré mes longues recherches, je ne sais rien de Furcy. Je crois que c’était nécessaire que le narrateur s’implique en exprimant ses difficultés et ses ressentis. Mais, à aucun moment, je n’ai voulu juger moralement a posteriori.

Quelle était l’importance de l’exactitude historique lors de l’écriture du roman? Avez-vous pris des libertés en évoquant le déroulement de cette affaire?


Oui, j’ai pris des libertés, mais je crois que j’ai toujours essayé de rester au plus près de la réalité historique. Il est difficile d’être objectif, mais je pense que j’ai été honnête dans mon approche. Il fallait prendre certaines libertés (résumer, condenser, imaginer) sinon le récit aurait fait 12000 pages !

Vous avez évoqué le lien avec le roman Dora Bruder de Patrick Modiano: a-t-il servi d’exemple de votre démarche?


Oui, la démarche de Modiano –retrouver près d’un demi-siècle après une jeune Juive disparue- m’a beaucoup guidé. Il fallait à la fois enquêter –longuement- et imaginer –un petit peu.

Vous êtes vous même journaliste. Quelles qualités journalistiques vous ont aidé lors du travail sur votre roman?


Sans mon travail de journaliste (enquêter, patienter, recouper des documents, en faire la synthèse, ne pas être déborder par les archives, ouvrir des portes qui ne s’ouvrent pas facilement, écrire, réécrire, couper des passages sans états d’âme), je ne serais jamais allé au bout de mon projet ni publier ce récit.

« L’affaire de l’esclave Furcy » est votre premier roman. Avez-vous d’autres projets littéraires?


Oui, j’en ai deux, dans l’un est dans la même veine que Furcy basé sur des recherches historiques. J’espère vous en dire plus bientôt.

Le 21 mai 2010

Etiquettes

roman   essai   témoignage   Descriptions et voyages   correspondance   histoire   esclavage   quête   villes   bataille   procès   marine   libération   traite des nègres   île de la réunion   commerce triangulaire   affranchissement   droit bafoué   droits de l'homme   voyages  

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Citations de Mohammed Aïssaoui

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  • Par annie, le 11/02/2011

    L'affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui

    début du chapitre 1 :

    Le soleil clément ajoutait à la douceur du monde. Furcy aimait tout particulièrement ces instants paisibles et libres, quand la forêt appelait au silence. Pas un bruit… Juste, au loin, la musique d’une rivière. Le calme fut rompu par le pépiement effrayé d’une nuée d’oiseaux qui s’envolèrent d’un trait. Puis il entendit le hurlement de chiens qui se rapprochaient.
    L’homme noir courait à perdre haleine, ses yeux grands ouverts disaient la terreur. Le torse nu, il transpirait comme s’il pleuvait sur lui. Son pantalon de toile bleue était déchiré jusqu’aux cuisses. Il boitait. Dans son regard, on lisait la certitude qu’il n’arriverait pas à s’échapper, la peur de la mort. Son souffle s’épuisait à chaque pas. Il pouvait tenir encore un peu, un tout petit peu, jusqu’à la Rivière-des-Pluies qu’il connaissait par coeur, et qui pouvait le guider vers la montagne Cimandef, puis à Cilaos, le refuge des esclaves en fuite. Avec les pluies diluviennes de la semaine passée, il suffirait de se laisser dériver en restant bien au milieu de la rivière, et environ cinq kilomètres plus bas, s’arrêter sans forcer, près d’un rocher qui faisait contre-courant — d’autres l’avaient déjà fait, ce devait être l’affaire d’une heure, tout au plus, avant d’arriver au pied de la montagne.
    À une vingtaine de mètres derrière lui, deux énormes chiens, la bave aux lèvres, le poursuivaient. Pour leur donner plus de hargne, on les avait affamés. Ces bêtes étaient suivies de loin par trois hommes : deux blancs coiffés d’un chapeau de paille qui portaient un fusil — des chasseurs de chèvres sauvages et d’esclaves — et un noir, tête nue. Ils semblaient assurés d’arriver à leur fin.
    Il restait moins de cinq mètres à courir pour pouvoir plonger dans la rivière. C’était encore trop. Au moment où l’esclave allait mettre un pied dans l’eau, il trébucha. Un chien sauta sur lui et mordit sa cuisse droite, tétanisant tous les muscles de son corps. Le deuxième chien le prit à la gorge alors qu’il se débattait. On entendit un cri lourd.
    Au loin, les deux blancs sourirent. Ils ralentirent le pas, comme pour apprécier davantage le malheur de leur proie et laisser les chiens terminer leur besogne. Le noir qui les accompagnait baissa la tête.
    Furcy, aussi, avait entendu le cri. Il se trouvait de l’autre côté de la Rivière-des-Pluies. Dissimulé derrière un pied de litchi, il avait tout vu. Il restait figé. Depuis sa cachette, il avait remarqué une fleur de lis tatouée sur chaque épaule du fuyard allongé, ses oreilles et son jarret étaient coupés. Ces deux mutilations signifiaient qu’il avait déjà tenté de fuir à deux reprises. Quand les deux hommes arrivèrent près de l’esclave agonisant, ils marquèrent un temps, se regardèrent, puis le prirent chacun d’un côté. Ils le jetèrent dans la rivière. Et s’essuyèrent les mains. Le corps moribond flottait comme un bout de bois au gré du courant qui était fort ce jour-là.
    « C’est l’ordre de M. Lory, dit le premier, un marron qui ne peut plus travailler constitue une charge trop lourde. Et la troisième fois, c’est la condamnation à mort. De toute façon, Lory l’aurait battu à mort, tu le connais. » L’autre acquiesça en clignant simplement des yeux.
    Le premier chasseur sortit un carnet de sa besace, avec un crayon qu’il mouilla de ses lèvres, il inscrivit : « Capturé / mort / à la Rivière-des-Pluies / le nègre marron Samuel appartenant à M. Desbassayns et loué au sieur Joseph Lory, habitant de Saint-Denis / 30 francs à recevoir / 4 août 1817. » Il referma son carnet, satisfait. Puis, il donna quatre sous au noir en récompense du renseignement qu’il avait fourni pour repérer Samuel.
    Dans la tête de Furcy, le cri continuait de résonner.

    Les faits de ce genre étaient fréquents à l’île Bourbon. J’aurais pu vous décrire la scène où un esclave fut brûlé vif par sa maîtresse furieuse parce qu’il avait raté la cuisson d’une pâtisserie. Et raconter l’histoire de ce propriétaire qui, apprenant que son épouse avait couché avec son domestique noir, fit creuser un trou et laissa mourir l’amant — alors que tout le monde connaissait cette femme dont on disait que le démon avait saisi son bas-ventre. Il n’était pas rare, non plus, de voir des esclaves si maltraités qu’ils en devenaient handicapés. D’autres avaient moins de chance, ils mouraient à force de tortures, puis on les enterrait dans le petit bois comme on enterre une bête — sur les registres, on les déclarait en fuite. Certains préféraient se suicider pour en finir plus rapidement avec un sort funeste…
    Ainsi allait la vie quotidienne dans les habitations bourbonnaises en ce début du XIXe siècle.
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  • Par annie, le 11/02/2011

    L'affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui

    p. 19 -
    ... dans les bonnes habitations, les noirs sont estimés entre 120 et 150 piastres dans les inventaires de succession. Ils reviennent tellement cher en impôts, que certains propriétaires sous-évaluent le nombre de leurs esclaves pour n'avoir pas à payer la capitation. Vous savez, on peut remplacer avantageusement un noir par un cheval ou un mulet" (M. Billard)

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  • Par claracambry, le 15/11/2010

    L'affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui


    Les hommes ne laissent pas libres. Ils le deviennent. C’est ce que m’ a appris Furcy.

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  • Par annie, le 11/02/2011

    L'affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui

    p. 15 -
    Le premier chasseur sortit un carnet de sa besace, avec un crayon qu'il mouilla de ses lèvres, il inscrivit : "capturé / mort / à la rivière des pluies / le nègre marron Samuel appartenant à M. Desbassayns et loué au sieur Joseph Lory, habitant Saint-Denis / 30 francs à recevoir / 4 août 1817"...

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  • Par canel, le 26/11/2011

    L'affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui

    Pour [Gilbert Boucher], l'esclavage était un redoutable système, sans doute le plus rentable qui ait jamais existé. Boucher avait des pensées amères : "On a habillé l'esclavage du vernis de la morale, de la religion. Ah, Dieu ! qu'est-ce qu'on a pu faire en ton nom ! On l'a même justifié par des considérations physiques, naturelles... En réalité, il n'est question que d'argent, de commerce. La religion, comme la morale - fluctuante -, n'était que le moyen de faire admettre des atrocités", se disait-il.
    Et la couleur de la peau ? D'abord, le mot noir était avant tout synonyme d'esclave. Ensuite, à l'île Bourbon, il existait tellement de nuances de couleur de peau qu'il était bien difficile de s'y retrouver. On avait bien essayé d'établir des catégories : blanc, métis, noir ou rouge. C'était tellement compliqué que l'administration coloniale avait abdiqué face à toute tentative de classification. (...) Boucher se rappelait qu'à son arrivée sur l'île Bourbon, il avait été frappé par cet extraordinaire mélange de population. On y croisait des gens de toutes sortes, des noirs aux traits d'Asiatiques, des blancs aux formes négroïdes, des Indiens, des blonds à la peau brune, et toutes les couleurs et toutes les formes de cheveux... Il existait tant de teintes de peau, y compris au sein d'une même famille, qu'il était bien difficile de classer telle femme ou tel homme dans telle catégorie.
    Enfin, tout était bien moins monochrome qu'on veut bien le croire. Bien sûr, il y avait des noirs esclaves. Mais des noirs possédaient aussi des esclaves, et nombre d'entre eux étaient farouchement opposés à toute idée d'abolition. Des noirs chassaient, jusqu'à les tuer, d'autres noirs. Des noirs asservissaient des métis... Et il arrivait souvent que, dès qu'un esclave devenait affranchi, il ambitionnait de posséder des esclaves, lui aussi. Des blancs aidaient des noirs, et vice-versa... (...) dans l'Afrique de l'Ouest des hommes - noirs, notamment des rois auto-proclamés, des princes de village ou des chefs de tribu - s'étaient considérablement enrichis en vendant une partie de leur peuple. Ils n'étaient pas les moins atroces quand il s'agissait de maltraiter et de torturer. Des musulmans, aussi, avaient exercé les pires exactions. (p. 161-162)
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  • Par annie, le 11/02/2011

    L'affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui

    p. 19 -
    "peut-être l'abolition donnera-t-elle à ces nègres une bien meilleure idée du travail ? qui sait ?

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  • Par InColdBlog, le 13/09/2011

    L'affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui

    Le 16 mars 2005, les archives concernant « L’affaire de l’esclave Furcy » étaient mises aux enchères à l’hôtel Drouot. Elles relataient le plus long procès jamais intenté par un esclave à son maître, trente ans avant l’abolition de 1848. Cette centaine de documents – des lettres manuscrites, des comptes rendus d’audience, des plaidoiries – était de la plus haute importance et illustrait une période cruciale de notre histoire. Les archives poussiéreuses, mal ficelées, mal rangées, croupissaient au milieu de bibelots sans intérêt. Le commissaire-priseur les a attribuées à l’État pour la somme de 2100 euros.
    Quelques jours plus tard, toujours à l’hôtel Drouot, l’un des clichés du Baiser de l’Hôtel de Ville, immortalisé par Doisneau, était adjugé 155000 euros.
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  • Par InColdBlog, le 13/09/2011

    L'affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui

    Il y avait aussi une vingtaine de petits propriétaires, ils formaient un groupe à part, plus haut dans la rue. A ce que l’on affirmait, ils avaient encore plus peur que les riches exploitants qui possédaient une centaine d’esclaves. Pour eux, perdre leur main-d’œuvre bon marché – ils ne la considéraient pas comme gratuite car les noirs étaient « hébergés et nourris » -, c’était la faillite à coup sûr. Le pire, pour ces petits propriétaires, était de devenir aussi pauvres que les esclaves. Et certains l’étaient déjà.
    Des esclaves aussi protestaient contre Furcy ! Ils refusaient une liberté qui les aurait envoyés mendier dans les rues. « Nous sommes bien avec nos maîtres », criaient quelques-uns d’entre eux.
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  • Par InColdBlog, le 13/09/2011

    L'affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui

    Je n’ai pas encore compris ce qui pousse un homme à vouloir s’affranchir. Qu’est-ce qu’on est prêt à sacrifier pour la liberté, quand on n’en connaît pas le goût ?

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  • Par Spilett, le 06/08/2011

    L'affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui

    L'histoire de l'esclavage est une histoire sans archives.

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