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Par Cath36, le 12/07/2011
Le musée de l'Innocence de
Orhan Pamuk
Loin de Füsun, je perdais toute sérénité, le monde se transformait à mes yeux en une énigmatique charade. En voyant Füsun, j'avais l'impression que toutes les pièces du puzzle se remettaient instantanément en place et, me souvenant combien le monde était un endroit plein de sens et de beauté, je soufflais à nouveau.
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Par Piling, le 31/07/2008
Première phrase du livre
Le Livre noir de
Orhan Pamuk
incipit :
Dans a pénombre tiède et douce, recouverte de la couette à carreaux bleus, avec ses crêtes, ses ravines ombreuses et ses collines d'un bleu délicat, qui s'étendait jusqu'à l'extrémité du lit, Ruya dormait encore, couchée à plat ventre. Dehors, s'élevaient les premiers bruits d'un matin d'hiver : de rares voitures, quelques autobus, le fracas des bidons de cuivre que le marchand de salep, de mèche avec le marchand de petits pâtés, lâchait bruyamment sur le trottoir, et les coups de sifflet du gardien chargé du bon fonctionnement du taxi collectif. A l'intérieur de la chambre, la lumière d'hiver d'un gris de plomb pâlissait encore en traversant les rideaux bleu marine. Galip, qui n'avait toujours pas émergé du sommeil, lança un coup d'oeil à sa femme, dont la tête surgissait de la couette bleue. Le menton de Ruya s'enfonçait dans l'oreiller de plume. La façon dont elle penchait le front avait quelque chose d'irréel, qui éveillait chez Galip de la curiosité pour toutes les choses merveilleuses qui se produisaient à l'instant même dans son cerveau, de la peur aussi. "La mémoire est un jardin", avait écrit Djélâl dans une de ses chroniques. "Les jardins de Ruya, ses jardins à elle", s'était alors dit Galip. "N'y pense pas, n'y pense surtout pas, tu serais trop jaloux !" Mais Galip y pensa, tout en contemplant le front de sa femme.
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Par Cath36, le 10/07/2011
Le musée de l'Innocence de
Orhan Pamuk
Pour moi, le bonheur n'était plus ce don gratuit que Dieu m'avait accordé de plein droit à la naissance et que je m'étais approprié sans effort ; il s'était transformé en un bien précieux obtenu et conservé à grand-peine par des gens chanceux, intelligents et circonspects.
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Par Cath36, le 10/07/2011
Le musée de l'Innocence de
Orhan Pamuk
En réalité, nul ne sait lorsqu'il le vit qu'il s'agit là du moment le plus heureux de sa vie. Lors de grands moments d'allégresse, certains peuvent sans doute penser (et affirmer) en toute bonne foi que c'est "maintenant" qu'ils vivent ce moment en or de leur existence. Cependant, dans un coin de leur tête, ils croient qu'ils vivront encore un nouveau bonheur, plus grand, plus beau que celui-ci. Car de même que personne (notamment dans son jeune âge) ne pourrait poursuivre sa vie en pensant que dorénavant tout ira de mal en pis, quiconque ayant obtenu un bonheur assez grand pour se dire que c'était le moment le plus heureux de sa vie reste assez optimiste pour envisager un bel avenir.
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Par dreulma, le 12/06/2010
Istanbul : Souvenirs d'une ville de
Orhan Pamuk
D'après elle [ l'institutrice ], c'est parce que le jeûne, autant que la maîtrise du souffle, était une '' diète '' d'un très grand bienfait pour la santé que Mahomet lui avait donné autant d'importance. Des siècles plus tard, les Occidentales d'aujourd'hui soucieuses de leur beauté redécouvrent combien le régime est vital. L'éxécution de la prière était d'ailleurs une sorte de gymnastique qui activait la circulation du sang et tonifiait le corps. De nos jours, dans des millions de bureaux et d'usines au Japon, on stoppe quotidiennement le travail sur un coup de sifflet, on fait cinq minutes de gymnastique, de même qu'on fait sa prière, puis on reprend son activité.
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Par Cath36, le 10/07/2011
Le musée de l'Innocence de
Orhan Pamuk
Cüney Bey était quelqu'un que mon père appréciait beaucoup et c'est davantage par jalousie que pour des raisons morales qu'il critiquait cet homme qui était d'un seul coup passé du secteur du prêt à celui de l'industrie en rachetant pour une bouchée de pain les biens et les usines des Juifs et des Grecs envoyés en camp de travail pour ne pas avoir pu payer l'impôt sur la fortune auquel l'Etat avait assujetti les minorités pendant la Seconde Guerre mondiale.
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Par Outis, le 17/09/2007
Mon nom est Rouge de
Orhan Pamuk
Une image accrochée au mur, quelle que soit notre première intention, finit toujours par inviter à l’adoration... Sans même en prendre conscience.
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Par Cath36, le 12/07/2011
Le musée de l'Innocence de
Orhan Pamuk
Hormis les scènes d'amour impudiques et les interprétations qui risquaient de froisser les susceptibilités concernant l'islamisme, Atatürk, l'armée kurde, les hommes de religion, le président de la République, les Kurdes, les Arméniens, les Juifs et les Grecs, le cinéma était libre, selon Hayal Hayati.Mais il savait bien que cela n'était pas vrai et il le disait parfois en riant. Car depuis un demi-siècle, les membres de la Commission de censure avaient pris l'habitude de frapper d'interdiction pour toutes sortes de motifs non seulement les sujets prohibés par la volonté de l'Etat et gênants pour les dirigeants mais également tous les films qu'ils trouvaient trop abrupts ou pas à leur goût, et ils prenaient un réel plaisir à user de ce pouvoir à leur guise et avec humour, comme le faisait remarquer Hayal Hayati.
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Par Cath36, le 12/07/2011
Le musée de l'Innocence de
Orhan Pamuk
Jamais je n'oublierai cet instant où, du balcon de ma mère, ma fiancée et moi contemplâmes la lente et gracieuse descente du foulard violet, se déployant ou se rétractant au gré du léger vent qui imprimait à sa course des mouvements capricieux de cerf-volant. C'est là notre dernier souvenir heureux.
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Par Outis, le 17/09/2007
Neige de
Orhan Pamuk
Le fait de n’avoir en tête rien d’autre que Kadife [mon amie] m’effraie. Pas parce que je ne la connais pas du tout. Mais parce que je me rends compte que, tout comme un athée, je ne peux désormais croire en rien d’autre qu’en l’amour et au bonheur.