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Par Pasdel, le 11/03/2012
Madame Hemingway de
Paula McLain
Il écrivait toujours beaucoup dans les moments difficiles, comme si la souffrance l'aidait à aller au plus profond de lui-même chercher l'étincelle qui mettrait le mécanisme en route.
Qu'il s'apitoie ainsi sur son sort ne m'étonnait pas. Certains hommes aiment la solitude, pas Ernest. Seul il buvait trop, et quand il buvait trop il ne dormait pas; et ne pas dormir faisait remonter les mauvaises voix et les mauvaises pensées, et pour les faire taire, il devait boire à nouveau. Et même s'il ne voulait pas le reconnaître devant moi, je savais qu'il souffrait de m'avoir blessée à ce point. (pages 399-400)
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Par Pasdel, le 29/02/2012
Madame Hemingway de
Paula McLain
Je savais qu'il m'aimait de nouveau; c'était évident. Peu importait ce que chacun avait pu ressentir ou penser au cours de ces semaines de séparation, cette période était révolue. J'ouvris le flacon d'essence de roses qui était d'un jaune profond et exhalait une parfaite odeur de rose, la quintessence. D'une certaine manière, et sans l'avoir dit ou décidé, nous commencions la suite de notre histoire. ( page 193)
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Par Pasdel, le 21/02/2012
Madame Hemingway de
Paula McLain
Paris grouillait de fantômes et de blessés qui déambulaient dans ses rues. Bon nombre étaient revenus à Rouen ou à Oak Park, dans l'Illinois, troués d'une balle, la rétine imprégnée de tout ce qu'ils avaient vu, pleins d'un vide qu'ils ne réussiraient jamais à combler. Ils avaient dû marcher sur des corps pour en transporter d'autres sur des brancards, à bord de trains lents envahis de mouches, écoutant la voix évanescente de quelqu'un disant qu'il voulait qu'on le rappelle au souvenir de sa petite amie restée au pays.
De pays, il n'y en avait plus, pas pour ce qui comptait, et cela aussi faisait partie de Paris. Raison pour laquelle nous ne pouvions arrêter de boire, de parler ou d'embrasser les personnes qu'il ne fallait pas, et tant pis pour ce que cela détruisait. Certains parmi nous avaient regardé en face les visages des morts et s'efforçaient de n'avoir aucun souvenir précis. Ernest était de ceux-là. ( page 9-10)
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Par Chouchane, le 12/02/2012
Madame Hemingway de
Paula McLain
Au coin du Pont-Neuf, le quai était austère et imposant. Un vent froid mordant traversait on manteau (...) Je traversai l'île jusqu'à la pointe, où il y avait un jardin avec une profusion de marronniers dépouillés, puis descendis un petit escalier menant au fleuve. Des pêcheurs y taquinaient le goujon et les faisaient frire sur place. J'en achetai une poignée enveloppée dans du papier journal et je m'assis là, sur le muret, pour regarder les péniches passer sous le pont Sully. Cette friture en forme de nid croustillait sous une couche neigeuse de gros sel et fleurait si bon la simplicité que je me dis qu'il se pourrait bien que cela me sauve la vie. Juste un peu. L'espace d'un instant.
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Par Chouchane, le 12/02/2012
Madame Hemingway de
Paula McLain
L'appartement était meublé : une affreuse salle à manger en chêne et un énorme lit imitation acajou avec des parements dorés. Le matelas était bon, comme toujours en France, où apparemment tout se faisait au lit - manger, travailler, dormir, faire beaucoup l'amour.