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Madame Hemingway de
Paula McLain
« Ce fut la fin du combat d’Ernest avec l’apprentissage et la fin d’autres choses également. Il ne serait plus jamais inconnu. Mais nous ne serions plus jamais aussi heureux. » (p. 309)
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Madame Hemingway de
Paula McLain
Il y avait une chanson de Nora Bayes, à l'époque, Make Believe, qui était peut-être la leçon la plus rythmée et la plus convaincante qu'il m'ait été donné d'entendre sur l'aveuglement. Nora Bayes était superbe et elle chantait avec un trémolo dans la voix qui vous disait qu'elle en connaissait un rayon sur l'amour. Quand elle vous conseillait de vous débarrasser de toute la souffrance passée, des soucis, du chagrin, et de sourire - eh bien, vous saviez qu'elle était passée par là.
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Par kathel, le 08/05/2013
Madame Hemingway de
Paula McLain
Au cours des semaines qui suivirent, Ernest suivit le conseil de Mlle Stein et bazarda l’essentiel du roman pour le reprendre à zéro. Il rentrait à la maison en sifflotant, affamé, impatient de me montrer ce qu’il avait fait. Les nouvelles pages pétillaient de verve. Ce n’étaient qu’aventures, chasse, pêche, rut. Nick Adams, son personnage, c’était Ernest, mais en plus intrépide et plus pur – comme le serait Ernest s’il suivait toujours son instinct. J’aimais ce matériau et je savais que lui aussi.
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Madame Hemingway de
Paula McLain
« Personne, en réalité, ne semblait pouvoir retenir quiconque. C’était l’époque qui voulait ça. Nous étions en train de nous libérer pour vivre à fond une jeunesse pleine de promesses et d’airs de jazz. »
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Par Scriba, le 03/03/2013
Madame Hemingway de
Paula McLain
Ernest était de cela. Il disait souvent qu'il était mort à la guerre, l'espace d'un instant ; que son âme avait quitté son corps comme un mouchoir de soie se serait échappé de sa poche de poitrine et flotterait dans les airs. Elle était revenue sans qu'on la rappelle et je me demandais souvent si écrire, pour lui, n'était pas un moyen de savoir que son âme était bien là, en fin de compte, de retour à sa place. Une façon de se dire à lui-même, sinon à quelqu'un d'autre, qu'il avait vu ce qu'il avait vu, ressenti ces choses terribles, mais qu'il était vivant quand même. Qu'il avait rendu l'âme, mais qu'il n'était plus mort.
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Par fabricel, le 14/02/2013
Madame Hemingway de
Paula McLain
Je racontai que je voulais un piano à moi. "Je ne pensais pas que ça allait me manquer à ce point, lui dis-je. Mais si.
- Je sais, ma puce. J'adorerais que tu en aies un. Peut-être quand l'à-valoir sera là.
- Quel joli mot, n'est-ce pas ?
- Oui, de même que droits d'auteur, mais ne va pas déjà les dépenser. (p. 319)
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Par fabricel, le 14/02/2013
Madame Hemingway de
Paula McLain
"Tiens, regarde. Tu as vu ? me soufflait Ernest, désignant l'enceinte.
- Quoi ?
- La mort. Le taureau était si près. C'est là que le torero entre vraiment dans la danse. Il doit savoir que la mort est là, de même que le taureau. Si bien que, lorsqu'il la repousse, à la dernière seconde, il y a un instant de magie. C'est là que vivre prend tout son sens." (p. 356)
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Par Chouchane, le 12/02/2012
Madame Hemingway de
Paula McLain
L'appartement était meublé : une affreuse salle à manger en chêne et un énorme lit imitation acajou avec des parements dorés. Le matelas était bon, comme toujours en France, où apparemment tout se faisait au lit - manger, travailler, dormir, faire beaucoup l'amour.
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Par Chouchane, le 12/02/2012
Madame Hemingway de
Paula McLain
Au coin du Pont-Neuf, le quai était austère et imposant. Un vent froid mordant traversait on manteau (...) Je traversai l'île jusqu'à la pointe, où il y avait un jardin avec une profusion de marronniers dépouillés, puis descendis un petit escalier menant au fleuve. Des pêcheurs y taquinaient le goujon et les faisaient frire sur place. J'en achetai une poignée enveloppée dans du papier journal et je m'assis là, sur le muret, pour regarder les péniches passer sous le pont Sully. Cette friture en forme de nid croustillait sous une couche neigeuse de gros sel et fleurait si bon la simplicité que je me dis qu'il se pourrait bien que cela me sauve la vie. Juste un peu. L'espace d'un instant.
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Madame Hemingway de
Paula McLain
J’ai eu beau essayer de guérir de Paris, il m’a bien fallu admettre un jour qu’on ne s’en remet pas. En partie à cause de la guerre.