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Où en étais-je ? de
Philippe Beaussant
Les gens qui ne savent pas ce que c'est qu'écrire un livre disent "il rêve". Ils ont tort.
En musique, on appelle cela une "pause". C'est un moment extraordinaire, dont on ne mesure pas toujours la richesse. Rien ne se passe. Les instruments se sont tus. La chanteuse aussi. Et dans ce silence, dans ce vide, dans cette absence de son, résonnent les notes du dernier accord, qui sont encore présentes - non pas dans l'air, mais dans notre mémoire, durant cette seconde où les sons qui n'existent plus règnent sur ceux qui n'existent pas encore. Aucun instrument, aucune voix ne les a fait entendre, et déjà ils sont présents, aussi réels et aussi vrais que si nos oreilles avaient pu les percevoir. Leur existence est rendue indispensable, nécessaire. Comme si le souvenir du passé engendrait le futur. Comme si ce qui n'existe plus engendrait ce qui n'existe pas. Le silence, c'est l'un des plus étonnants miracles de la musique.
Je rêve, disiez-vous ?
Pardon. Où en étais-je ?
Mais justement... Si un livre, avec ses caractères, ses majuscules, ses italiques, ses paragraphes, pouvait dessiner ce qu'on pense et lui donner tout simplement une forme comme voulut faire jadis Apollinaire, il faudrait que je laisse ici tout simplement une demi-page blanche : la marque d'un vide.
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Par elo2u, le 28/12/2007
Préludes, fougasses et variations : Nouvelles recettes de
Philippe Beaussant
Ce n'est pas un livre de cuisine au sens habituel de l'expression, c'est le recueil de ce que des musiciens que vous aimez aiment faire et déguster
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Par Adrienne, le 12/11/2011
Le Roi-Soleil se lève aussi de
Philippe Beaussant
Il n'est pas une page de ce livre où l'on ne soit amené à se poser, d'une manière ou d'une autre, ouvertement ou par un escalier dérobé, des questions qui se ramèneront en définitive toujours à cette unique interrogation: quel est, chez cet homme du XVIIe siècle, le rapport entre sa personne et sa fonction? Qu'est-ce qu'un roi? Comment est-on roi? Le roi, dont pas un geste, pas une action ne peut s'accomplir, pas une parole être prononcée sans qu'un rituel l'enchâsse, qu'un cérémonial l'entoure, sans qu'elle soit accompagnée d'un hommage, d'une révérence, d'une marque de respect et parfois, surtout lorsqu'il sort ou qu'il voyage, de vénération, comment s'élabore en lui sa conscience de soi, qu'aujourd'hui nous ne pouvons imaginer qu'hypertrophiée et boursouflée par les honneurs? Or chacune des marques d'honneur qui lui sont dédiées souligne justement qu'il n'y est pour rien, et que l'on s'adresse au fils de son père et à l'héritier d'une lignée. Comment s'entremêlent et se démêlent en lui sa couronne et sa personne?
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Par luocine, le 17/07/2009
Le Roi-Soleil se lève aussi de
Philippe Beaussant
« Mais n’est-il pas vrai que l’aveuglement des hommes, ceux d’hier, ceux d’avant-hier ? Et s’ils savent peu, il faut qu’ils raisonnent davantage ; qui le leur reprocherait ? Le malheur vient lorsque, raisonnant sur ce peu, on fabrique un monde si raisonnable qu’on le croit vrai, tandis qu’il est imaginaire »
Il ne faut jamais reprocher aux hommes leur ignorance, mais seulement leur obstination à construire des systèmes sur ce qu’ils ne savent pas.
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Par Nanne, le 31/05/2010
Le Roi-Soleil se lève aussi de
Philippe Beaussant
[...] il avait le privilège de faire partie des Secondes Entrées, et d'être présent au Lever, non en figurant, mais en acteur, puisque c'est lui qui faisait le lit du roi. Car ce privilège - c'en était un - de tirer et de lisser le royale couverture revenait au Valet de chambre-tapissier, et Molière l'était. [...] Outre le fait que ce titre lui permettait d'être "gracieusé en tout occasion" par Louis XIV, Molière, selon toute apparence, en était fier.
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Par luocine, le 17/07/2009
Le Roi-Soleil se lève aussi de
Philippe Beaussant
Je me sentis comme élever l’esprit et le courage, je me trouvai tout autre, je découvris en moi ce que je ne connaissais pas, et me reprochai avec joie de l’avoir trop longtemps ignoré. Cette première timidité qu’un peu de jugement donne toujours, et qui d’abord me faisait peine, surtout quand il fallait parler quelque temps en public, se dissipa en moins de rien. Il me sembla seulement alors que j’étais roi et né pour l’être . »
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Par Nanne, le 31/05/2010
Le Roi-Soleil se lève aussi de
Philippe Beaussant
Entre l'homme et le roi, entre la personne et la fonction, entre cet être de chair, d'os et d'humeurs, cette pensée d'homme, ces désirs d'homme, et ce demi-dieu, "roi et né pour l'être", comme dira plus tard Louis XIV, où est la césure ?