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Par Cath36, le 29/11/2011
Aziyadé de
Pierre Loti
On ne doute de rien ; on a sa ligne de conduite toute tracée par les devoirs que l'on est tenu de remplir. Les doutes que l'on pourrait avoir en philosophie, en religion, en politique, les civilités puériles et honnêtes sont là pour les combler ; ainsi vous ne vous embarrasez donc pas pour si peu. La vie sociale vous absorbe ; les mille et un rouages de la grande machine sociale vous engrènent ; vous vous trémoussez dans l'espace ; vous vous abêtissez dans le temps grâce à la vieillesse ; vous faites des enfants qui seront aussi bêtes que vous. Puis enfin vous mourez, muni des sacrements de l'Eglise ; votre cercueil est inondé d'eau bénite, on chante du latin en faux bourdon autour d'un catafalque à la lueur des cierges ; ceux qui étaient habitués à vous voir vous regrettent si vous avez été bon pendant votre vie, quelques-uns même vous pleurent sincèrement. Puis enfin, on hérite de vous.
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Par alicejo, le 24/11/2011
Ramuntcho de
Pierre Loti
Oh ! qui dira pourquoi il y a sur terre des soirs de printemps, et de si jolis yeux à regarder, et des sourires de jeunes filles, et des bouffées de parfums que les jardins vous envoient quand les nuits d'avril tombent, et tout cet enjôlement délicieux de la vie, puisque c'est pour aboutir ironiquement aux séparations, aux décrépitudes et à la mort ...
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Par Cath36, le 29/11/2011
Aziyadé de
Pierre Loti
J'ai passé bien des journées à errer sur ce chemin de Monastir. C'était une campagne nue et triste, où l'oeil s'étendait à perte de vue sur des cimetières antiques ; des tombes de marbre en ruine, dont le lichen rongeait les inscriptions mystérieuses; des champs plantés de menhir de granit; des sépultures grecques, byzantines, musulmanes, couvraient ce vieux sol de Macédoine où les grands peuples du passé ont laissé leur poussière. De loin en loin, la silhouette aiguë d'un cyprès, ou un platane immense, abritant des bergers albanais et des chèvres ; sur la terre aride, de larges fleurs lilas pâle, répandant une douce odeur de chèvrefeuille, sous un soleil déjà brûlant. Les moindres détails de ce pays sont restés dans ma mémoire.
La nuit c'était un calme tiède, inaltérable, un silence mêlé de bruits de cigales, un air pur rempli de parfums d'été ; la mer immobile, le ciel aussi brillant qu'autrefois dans mes nuits des tropiques.
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Par Cath36, le 29/11/2011
Aziyadé de
Pierre Loti
Aujourd'hui, 22 janvier, les ministres et les hauts dignitaires de l'empire, réunis en séance solennelle à la Sublime Porte, ont décidé à l'unanimité de repousser les propositions de l'Europe sous lesquelles ils voyaient passer les griffes de la sainte Russie.... L'enthousiasme national était grand dans cette assemblée où l'on vit pour la première fois cette chose insolite :des chrétiens siégeant à côté de musulmans ; des prélats arméniens, à côté des derviches et du cheik-ul-islam ; où l'on entendit pour la première fois sortir de bouches mahométanes cette parole inouïes : "nos frères chrétiens."
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Par alicejo, le 22/11/2011
Ramuntcho de
Pierre Loti
Il adorait sa terre basque, Ramuntcho - et ce matin-là était une des fois où cet amour entrait plus profondément en lui même. Dans la suite de son existence, pendant les exils, le souvenirs de ces retours délicieux à l'aube, après les nuits de contrebande, devait lui causer d'indéfinissables et très angoissantes nostalgies.
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Par ellenore, le 21/05/2008
Pêcheur d'Islande de
Pierre Loti
Yann au sujet de l'Islande :
"Un triste pays, va, Gaud, je t'assure. Des pierres, des pierres, rien que des pierres, et les gens de l'île ne connaissent point ce que c'est que les arbres."
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Par alicejo, le 22/11/2011
Ramuntcho de
Pierre Loti
Et voilà donc ce qu'il serait dans la vie, son petit Ramuntcho, autrefois si choyé en robe blanche et pour qui elle avait naïvement fait tant de rêves : contrebandier !... Contrebandier et joueur de pelote - deux choses d'ailleurs qui vont bien ensemble et qui sont basques essentiellement.
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Par Cath36, le 15/04/2011
Suprêmes visions d'Orient de
Pierre Loti
Les peuples les plus divers se coudoient encore, dans ce vestibule de la ville des Khalifes, ainsi que jadis à Byzance. A cette heure même, sur les escaliers de la mosquée géante, qui est postée là de garde au seuil d'e Stamboul et pointe ses minarets dans le ciel, sur toutes ses marches en amphithéâtre, s'étagent comme pour faire tableau, des groupes venus du fond de l'Asie, une de ces tribus boukharotes qui fréquentent souvent ce coin de Babel.... Et, encerclant tout, encerclant mosquées, minarets et foules orientales, les eaux du golfe et du Bosphore, les eaux criblées de navires, les eaux accablées de lumière, scintillent jusqu'à l'horizon comme un tapis gris-perle à grandes paillettes de mica.
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Par alicejo, le 19/10/2010
Pêcheur d'Islande de
Pierre Loti
Et la grande tombe des marins était tout près, mouvante, dévorante, battant les falaises de ses mêmes coups sourds. Une nuit ou l'autre, il faudrait être pris là-dedans, s'y débattre, au milieu de la frénésie des choses noires et glacées : _ ils le savaient...
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La mort de Philae de
Pierre Loti
Dans n’importe quelle église d’Europe, où des hommes prieraient agenouillés, je voudrais voir comment seraient accueillis des touristes musulmans, qui par impossible, se tiendraient aussi mal que ces sauvages là.