La legende raconte qu'au moment de sa parution , Loti hesita entre deux titres : C'est pas l'homme qui prend la mer , c'est la mer qui prend l'homme tin tin tin et Pecheur d'Islande . Pour des raisons comprehensibles de place éditoriale , il opta finalement pour ce dernier...
Fin XIXe . Sylvestre et Yann sont marins comme le furent leurs peres , leurs grands-peres...Tradition familiale oblige .
Sylvestre , 17 ans mais deja taillé comme un homme , est fiancé à la soeur de Yann qui est de 10 ans son ainé . Il est un celibataire taciturne tres convoité mais surtout un marin d'une force et d'une expérience sans égales . Il multiplie les conquetes sans véritablement s'attacher jusqu'à ce que son regard croise un jour celui de Gaud , son seul et unique amour qui mettra cependant pas mal de temps à se concretiser .
Une ecriture précise , détaillée et formidablement évocatrice font de ce roman un véritable document écrit de ce qu'etait l'apreté de la vie de ces marins de fin de siecle . Loti , de par son experience professionnelle , n'eprouve aucun mal à retranscrire le quotidien de ces forçats de la mer qui bien souvent lui ont payé un lourd tribut humain . La mer y est ici un personnage à part entiere . Elle est à la fois leur maitresse exigeante , leur mere nourriciere et bien souvent leur tombeau !
Autre point incontournable , ces longues mais precieuses descriptions d'une Bretagne continuellement balayée par les vents , terriblement hostile et sauvage , mais que l'on ne quitterait pour rien au monde .
Le caractere de ses habitants étant en totale adéquation avec leur environnement .
Loti , a travers une histoire simple , nous dépayse totalement en nous contant le quotidien de ces marins d'un autre temps . Meme si le jeu du chat et de la souris que s'entetent à jouer , volontairement ou pas , Gaud et Yann , vient amener un peu de légereté , il n'en reste pas moins que l'ambiance générale y est plutot morbide . La mort omniprésente vient prelever régulierement son comptant de cadavres . Il y a comme une sorte d'inéluctabilité fatale au destin de ces marins d'un autre temps . Si la mer ne vient pas les faucher dans la fleur de l'age , c'est alors la guerre du Tonkin qui vient s'en charger . Et pourtant , c'est presque avec une sorte d'insouciance touchante que ces gamins s'empressent de croquer la vie à pleine dents , la pressentant d'autant plus courte . Au final , une joute inégale entre Gaud et la mer pour s'approprier définitivement les faveurs de Yann . Meme si l'on devine un combat perdu d'avance...
Petit bémol concernant ces trop nombreuses explications de bas de page venant invariablement cassé le rythme de lecture .
Pecheur d'Islande est aussi triste qu'il est beau .
3.5 / 5
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