> Alain Buisine (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253009156
Éditeur : Le Livre de Poche (1973)


Note moyenne : 3.98/5 (sur 95 notes) Ajouter à mes livres
Pêcheur d'Islande a sans doute souffert de son succès, considérable, et l'on ne relit plus beaucoup cette histoire d'amour qui fit tant pleurer nos grands-mères. Le chef-d'oeuvre de Loti n'en recèle pas moins de nombreuses qualités. Avec un... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par lehane-fan, le 09 septembre 2011

    lehane-fan
    La legende raconte qu'au moment de sa parution , Loti hesita entre deux titres : C'est pas l'homme qui prend la mer , c'est la mer qui prend l'homme tin tin tin et Pecheur d'Islande . Pour des raisons comprehensibles de place éditoriale , il opta finalement pour ce dernier...
    Fin XIXe . Sylvestre et Yann sont marins comme le furent leurs peres , leurs grands-peres...Tradition familiale oblige .
    Sylvestre , 17 ans mais deja taillé comme un homme , est fiancé à la soeur de Yann qui est de 10 ans son ainé . Il est un celibataire taciturne tres convoité mais surtout un marin d'une force et d'une expérience sans égales . Il multiplie les conquetes sans véritablement s'attacher jusqu'à ce que son regard croise un jour celui de Gaud , son seul et unique amour qui mettra cependant pas mal de temps à se concretiser .
    Une ecriture précise , détaillée et formidablement évocatrice font de ce roman un véritable document écrit de ce qu'etait l'apreté de la vie de ces marins de fin de siecle . Loti , de par son experience professionnelle , n'eprouve aucun mal à retranscrire le quotidien de ces forçats de la mer qui bien souvent lui ont payé un lourd tribut humain . La mer y est ici un personnage à part entiere . Elle est à la fois leur maitresse exigeante , leur mere nourriciere et bien souvent leur tombeau !
    Autre point incontournable , ces longues mais precieuses descriptions d'une Bretagne continuellement balayée par les vents , terriblement hostile et sauvage , mais que l'on ne quitterait pour rien au monde .
    Le caractere de ses habitants étant en totale adéquation avec leur environnement .
    Loti , a travers une histoire simple , nous dépayse totalement en nous contant le quotidien de ces marins d'un autre temps . Meme si le jeu du chat et de la souris que s'entetent à jouer , volontairement ou pas , Gaud et Yann , vient amener un peu de légereté , il n'en reste pas moins que l'ambiance générale y est plutot morbide . La mort omniprésente vient prelever régulierement son comptant de cadavres . Il y a comme une sorte d'inéluctabilité fatale au destin de ces marins d'un autre temps . Si la mer ne vient pas les faucher dans la fleur de l'age , c'est alors la guerre du Tonkin qui vient s'en charger . Et pourtant , c'est presque avec une sorte d'insouciance touchante que ces gamins s'empressent de croquer la vie à pleine dents , la pressentant d'autant plus courte . Au final , une joute inégale entre Gaud et la mer pour s'approprier définitivement les faveurs de Yann . Meme si l'on devine un combat perdu d'avance...
    Petit bémol concernant ces trop nombreuses explications de bas de page venant invariablement cassé le rythme de lecture .
    Pecheur d'Islande est aussi triste qu'il est beau .
    3.5 / 5
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    • Livres 5.00/5
    Par cyberugo, le 24 mai 2012

    cyberugo
    Je suis venu à m'intéresser à cet ouvrage car il est généralement considéré comme un classique de la littérature de mer.
    La trame de fond est une histoire d'amour somme toute assez banale, mais à qui l'auteur va réussir à donner une dimension assez exceptionnelle. En effet, cette histoire se déroule à Paimpol, ville de Bretagne où presque tous les hommes sont des islandais (pêcheurs de morue en Islande), et où la vie est donc bercée par le rythme des départs et des retours des campagnes de pêche. Ceci comprend les fêtes, mais aussi et surtout des drames, avec plusieurs disparitions de navires chaque année.
    C'est ce quotidien fait de labeur, de tristesse, de vie en collocation avec la mer que Pierre Loti nous raconte avec une force saisissante. Ce récit nous transporte littéralement sur les lieux et à l'époque du récit.
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    • Livres 2.00/5
    Par Missbouquin, le 05 avril 2012

    Missbouquin
    un grand classique que j'avais prévu de lire depuis longtemps. Pour une fois, Pierre Loti sort de ses thèmes exotiques pour raconter la vie des pêcheurs bretons qui partent six mois par an vers l'Islande. Un bout de quotidien, aussi bien du côté des pêcheurs que de celui de leurs femmes, qui les attendent patiemment. Une vie dure, un récit dur. Mais sur un thème assez similaire, j'ai préféré Entre ciel et terre qui nous parle du deuil d'une manière plus touchante. Alors que Pêcheur d'Islande tend vers la mort du pêcheur, Entre ciel et terre commence par ça ! ce qui change toute l'optique de l'histoire, et la rend plus captivante à mon goût …

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2011/11/03/les-livres-dont-je-na..
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    • Livres 4.00/5
    Par akialam, le 06 avril 2012

    akialam
    Voici un classique acheté par hasard, dans un élan de bonne volonté littéraire, puis relégué dans un obscur coin de ma PAL pendant quelques années, honteusement oublié. C'est donc grâce au challenge petit bac 2012 d'Enna lit, que je l'ai extirpé de ma bibliothèque.
    Il s'agit d'un ouvrage très beau sous bien des aspects, en premier lieu desquels son écriture, si poétique dans ses descriptions de la mer d'Islande, des brumes et de la côte bretonne. L'image du marin, force de la nature et forgé par elle est belle, quoiqu'inexacte, lorsqu'on connaît les maux dont souffraient lesdits "Islandais" (parmi lesquels, et non des moindres, le scorbut) mais elle s'impose sans effort dans cet ouvrage qui se lirait presque comme une légende, un de ces contes que l'on raconterait au coin du feu.
    Si les personnages, parangons de force et de vertu, semblent peu crédibles de prime abord, leur fraîcheur naïve et confiante finit par nous emporter. Il y a quelque chose de touchant dans cet amour tout simple et cette vie de dur labeur. La mer, à elle seule, constitue un personnage à part entière, et quel personnage : tour à tour agitée, calme, jalouse, généreuse ou terrible, elle est au coeur de ce roman, et en anime tous les paysages.

    Un roman des gens de mer, très idéalisé, mais dont les héros sont portés par une indéniable grandeur et un souffle quasi épique.

    Lien : http://akialam.over-blog.com/article-pecheurs-d-islande-102955464.html
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    • Livres 5.00/5
    Par alicejo, le 19 octobre 2010

    alicejo
    Superbes histoires d'amour : entre Gaud et Yann, entre les pécheurs d'Islande et cette mer qui a déjà pourtant avalé tant des leurs.
    A la lecture de ce roman, on se croirait devant un immense tableau tant Loti excelle dans les descriptions qu'il nous fait de ces mers lointaines, des variations de lumière de ce soleil qui ne se couche pas. Un beau voyage.
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 10 mars 2012

    Lui, à son tour, racontait l’Islande, les étés pâles et sans nuit, les soleils obliques qui ne se couchent jamais. Gaud ne comprenait pas bien et se faisait expliquer.

    - Le soleil fait tout le tour, tout le tour, disait-il en promenant son bras étendu sur le cercle lointain des eaux bleues. Il reste toujours bien bas, parce que, vois-tu, il n’a pas du tout de force pour monter ; à minuit, il traîne un peu son bord dans la mer, mais tout de suite il se relève et il continue de faire sa promenade ronde. Des fois, la lune aussi paraît à l’autre bout du ciel ; alors ils travaillent tous deux, chacun de son bord, et on ne les connaît pas trop l’un de l’autre, car ils se ressemblent beaucoup dans ce pays.

    Voir le soleil à minuit !… Comme ça devait être loin, cette île d’Islande.
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  • Par mandarine43, le 05 mars 2012

    [ Incipit ]

    I.

    Ils étaient cinq, aux carrures terribles, accoudés à boire, dans une sorte de logis sombre qui sentait la saumure et la mer. Le gîte, trop bas pour leurs tailles, s’effilait par un bout, comme l’intérieur d’une grande mouette vidée ; il oscillait faiblement, en rendant une plainte monotone, avec une lenteur de sommeil.

    Dehors, ce devait être la mer et la nuit, mais on n’en savait trop rien : une seule ouverture coupée dans le plafond était fermée par un couvercle en bois, et c’était une vieille lampe suspendue qui les éclairait en vacillant.

    Il y avait du feu dans un fourneau ; leurs vêtements mouillés séchaient, en répandant de la vapeur qui se mêlait aux fumées de leurs pipes de terre.

    Leur table massive occupait toute leur demeure ; elle en prenait très exactement la forme, et il restait juste de quoi se couler autour pour s’asseoir sur des caissons étroits scellés aux murailles de chêne. De grosses poutres passaient au-dessus d’eux, presque à toucher leurs têtes ; et, derrière leurs dos, des couchettes qui semblaient creusées dans l’épaisseur de la charpente s’ouvraient comme les niches d’un caveau pour mettre les morts. Toutes ces boiseries étaient grossières et frustes, imprégnées d’humidité et de sel ; usées, polies par les frottements de leurs mains.
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  • Par mandarine43, le 08 mars 2012

    Et demain ils partaient tous pour l’Islande !
    Seule dans sa belle chambre, où entrait le jour blanchâtre de février, ayant froid, assise au hasard sur une des chaises rangées le long du mur, il lui semblait voir crouler le monde, avec les choses présentes et les choses à venir, au fond d’un vide morne, effroyable, qui venait de se creuser partout autour d’elle.
    Elle souhaitait être débarrassée de la vie, être déjà couchée bien tranquille sous une pierre, pour ne plus souffrir... Mais, vraiment, elle lui pardonnait, et aucune haine n’était mêlée à son amour désespéré pour lui...
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  • Par mandarine43, le 12 mars 2012

    Ils se parlaient bas, bas, comme par crainte d’effaroucher les instants qui leur restaient, de faire fuir le temps plus vite. Leur causerie avait le caractère à part de tout ce qui va inexorablement finir ; les plus insignifiantes petites choses qu’ils se disaient semblaient devenir ce jour-là mystérieuses et suprêmes…
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  • Par mandarine43, le 07 mars 2012

    Le fils Gaos !… Elle regardait malgré elle du côté de la mer, qu’on ne voyait pas, mais qu’on sentait là tout près, au bout de ces petites ruelles par où remontaient des bateliers. Et sa pensée s’en allait dans les infinis de cette chose toujours attirante, qui fascine et qui dévore ; sa pensée s’en allait là-bas, très loin dans les mers polaires, où naviguait la 'Marie, capitaine Guermeur'. Quel étrange garçon que ce fils Gaos !… fuyant, insaisissable maintenant, après s’être avancé d’une manière à la fois si osée et si douce.
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Vidéo de Pierre Loti

Ce court documentaire de 3 min, a été réalisé en 1923 à Rochefort, en 35mm (auteur inconnu). Ce document fait partie du fonds Vendôme déposé et numérisé au FAR (Fonds Audiovisuel de Recherche). Le FAR est une association située en Charente Maritime, en Poitou-Charentes, dont le but est de collecter et de faire vivre le patrimoine audiovisuel de la région et du département. Vous pouvez découvrir les activités du FAR sur son site: http://www.far.asso.fr








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