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Par mila0707, le 25/11/2011
Histoires comme ça de
Rudyard Kipling
"Si" poème de Rudyard Kipling à son fils
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être que penseur ;
Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,
Si tu sais être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral et pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !
(Pages 53 et 54 de l'album)
[Kippling a écrit ce poème à l'attention de son unique fils, John, âgé alors de 13 ans, en 1910. Ce dernier meurt lors de son premier assaut, durant l'attaque de Chalk Pit Wood à la bataille de Loos en 1915. Son corps ne fut pas retrouvé. Jusqu'à sa mort en 1936, Rudyard Kipling procéda à des fouilles dans la région pour retrouver les preuves de sa mort ou la dépouille de son fils. Il inventa l'inscription qui figure sur la tombe des soldats inconnus britanniques : "Known unto God" (Connu seul de Dieu). En 1991, la tombe du lieutenant John Kipling fut enfin identifiée de manière concluante...]
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Par thirius, le 05/01/2013
Rudyard Kipling
Votre journal annonce mon décès. Comme vous êtes toujours bien informés, cela doit être vrai. Veuillez donc supprimer mon abonnement, devenu inutile.
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Par LydiaB, le 07/01/2013
Le chat qui s'en va tout seul de
Rudyard Kipling
[...] — Sauvage Enfant du Bois Sauvage, retourne au Bois d'où tu viens, car j'ai rattaché mes cheveux, j'ai serré l'éclanche magique, et nous n'avons plus besoin, dans notre Caverne, d'amis ni de serviteurs.
Chat dit :
— Je ne suis pas un ami et je ne suis pas un serviteur. Je suis le Chat qui s'en va tout seul, et je désire entrer dans votre Grotte.
La Femme dit :
— Alors, pourquoi n'es-tu pas venu la première nuit avec Premier Ami ?
Chat se fâcha très fort et dit :
— Chien Sauvage a-t-il fait des contes sur moi ? Alors la Femme rit et dit :
— Tu es le Chat qui s'en va tout seul, et tous lieux se valent pour toi. Tu n'es ami ni serviteur. Tu l'as dit toi-même. Va-t'en donc, puisque tous lieux se valent, te promener à ton gré.
Alors Chat fit semblant de regretter et dit :
— N'entrerai-je donc jamais dans la Grotte ? Ne m'assoirai-je jamais près du feu qui tient chaud ? Ne boirai-je jamais le lait tiède et blanc ? Vous êtes très sage et très belle. Vous ne devriez pas faire de mal, même à un Chat.
La Femme répondit :
— Je savais que j'étais sage ; mais belle, je ne savais pas. Soit. Nous ferons un marché. Si jamais je prononce un seul mot à ta louange, tu pourras entrer dans la Grotte.
— Et si tu en prononces deux ? dit le Chat.
— Cela n'arrivera jamais, dit la Femme ; mais si je prononce deux mots à ta louange, tu pourras t'asseoir près du feu dans la Grotte.
— Et si tu dis trois mots ? dit le Chat.
— Jamais cela n'arrivera, dit la Femme ; mais si je dis trois mots à ta louange, tu pourras laper le lait tiède et blanc trois fois le jour, à jamais.
Alors le Chat fit le gros dos et dit :
— Que le rideau qui ferme la Grotte, le Feu qui brûle au fond et les pots à lait rangés près du Feu soient témoins de ce qu'a juré mon Ennemie, Femme de mon Ennemi. [...]
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Tu seras un homme mon fils / Lettres à mon fils de
Rudyard Kipling
S'ils veulent savoir pourquoi nous avons péri
Dites-leur : c'est parce que nos pères nous ont menti.
[Une des "Epitaphes de la Guerre", intitulée "La Prière commune", écrite par Rudyard Kipling. Extrait de la postface de Jean-Luc Fromental.]
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Par LydiaB, le 09/01/2013
Le chat maltais de
Rudyard Kipling
Une fois déjà dans sa vie, le Chat Maltais avait entendu exactement le même coup partir de dessus son propre dos et avait mis à profit la confusion qui en résultait. Cette fois, il agit par expérience, et laissant Bambou garder le goal en cas d’accident, arriva comme un éclair à travers les autres, tête et queue basses, Lutyens debout sur ses étriers pour l’alléger — fila toujours avant que l’autre côté se rendit compte de ce qui se passait, et faillit piquer une tête entre les poteaux des Archanges. S’il était une chose dont s’enorgueillît plus que d’une autre le Chat Maltais, c’était de cette prompte échappée de flèche à travers le terrain. Il n’était pas de l’école de ceux qui promènent la balle autour du champ, à moins qu'on eût clairement le dessous. Après cela, ils accordèrent aux Archanges cinq minutes de football, ce football que déteste un poney rapide, tout poney de prix, attendu que rien ne l’énerve davantage.
Qui-Êtes-Vous se montra en cette façon de jouer meilleur même que Polaris. Il ne permit pas à la balle de s’échapper et se fourra joyeusement dans la mêlée comme s’il mettait le nez dans la mangeoire à la recherche de quelque bon morceau. Quant au petit Shikast, il bondit sur la balle dès qu'elle se trouva dégagée, et, chaque fois qu'un poney des Archanges s’imagina de la suivre, Shikast se trouvait là ; debout sur elle, demandant ce qu'on voulait.
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Par LydiaB, le 06/12/2010
Le livre de la jungle de
Rudyard Kipling
Il était sept heures, par un soir très chaud, sur les collines de Seeonee. Père Loup s'éveilla de son somme journalier, se gratta, bâilla et détendit ses pattes l'une après l'autre pour dissiper la sensation de paresse qui en raidissait encore les extrémités. Mère Louve était étendue, son gros nez gris tombé parmi ses quatre petits qui se culbutaient en criant, et la lune luisait par l'ouverture de la caverne où ils vivaient tous.
— Augrh ! dit Père Loup, il est temps de se remettre en chasse.
Et il allait s'élancer vers le fond de la vallée, quand une petite ombre à queue touffue barra l'ouverture et jappa :
— Bonne chance, ô chef des loups ! Bonne chance et fortes dents blanches aux nobles enfants. Puissent-ils n'oublier jamais en ce monde ceux qui ont faim !
C'était le chacal — Tabaqui le Lèche-Plat — et les loups de l'Inde méprisent Tabaqui parce qu'il rôde partout faisant du grabuge, colportant des histoires et mangeant des chiffons et des morceaux de cuir dans les tas d'ordures aux portes des villages. Mais ils ont peur de lui aussi, parce que Tabaqui, plus que tout autre dans la jungle, est sujet à la rage ; alors, il oublie qu'il ait jamais eu peur et il court à travers la forêt, mordant tout ce qu'il trouve sur sa route. Le tigre même se sauve et se cache lorsque le petit Tabaqui devient enragé, car la rage est la chose la plus honteuse qui puisse surprendre un animal sauvage. Nous l'appelons hydrophobie, mais eux l'appellent dewanee — la folie — et ils courent.
— Entre alors, et cherche, dit Père Loup avec raideur ; mais il n'y a rien à manger ici.
— Pour un loup, non, certes, dit Tabaqui ; mais pour moi, mince personnage, un os sec est un festin. Que sommes-nous, nous autres Gidur-log (le peuple chacal), pour faire la petite bouche ?
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Histoires comme ça de
Rudyard Kipling
IF you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:
If you can dream - and not make dreams your master;
If you can think - and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build 'em up with worn-out tools:
If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: 'Hold on!'
If you can talk with crowds and keep your virtue,
' Or walk with Kings - nor lose the common touch,
if neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that's in it,
And - which is more - you'll be a Man, my son!
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L'enfant d'éléphant de
Rudyard Kipling
" Viens par là, mon petit, dit le crocodile, car je suis le crocodile ", et il pleura des larmes de crocodile pour prouver qu'il disait vrai. L'enfant d'éléphant en eut le souffle coupé. Haletant, il s'agenouilla sur la berge et dit :
" C'est vous que je cherche depuis de longs jours. Voudriez-vous me dire, s'il vous plaît, ce que vous avez pour le dîner ? "
" Viens par-là, mon petit, dit le crocodile, je vais te le dire à l'oreille. "
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L'homme qui voulut être roi de
Rudyard Kipling
- Où est-elle ? dit-il d'une voix comme un âne qui brait. (...)
Arrive la femme, un beau brin de fille, couverte d'argent et de turquoises, mais pâle comme la mort et qui, à chaque instant, se tournait vers les prêtres.
- Elle fera l'affaire, dit Dan, en la regardant de la tête aux pieds. Qu'y a-t-il donc, fillette, pour avoir peur ? Viens m'embrasser.
Il lui passe le bras autour de la taille. Elle ferme les yeux, fait un petit cri, et voilà sa figure qui tombe, de côté, dans la barbe rouge feu de Dravot.
- La garce ! Elle m'a mordu ! qu'il dit en portant la main à son cou, et pour sûr qu'il la retira rouge de sang.
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Par Lucile-, le 18/12/2012
Rudyard Kipling
Les mots sont la plus puissante drogue utilisée par l'humanité.