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Par mila0707, le 23/05/2012
Connexions dangereuses de
Sarah Cohen-Scali
Alors pour te montrer que finalement, y a pas que toi qui es tordue, j'ai décidé autre chose.
Double défi.
J'ai l'intention de draguer Audrey.
Oui, tu as bien lu.
Audrey. A-U-D-R-E-Y.
Et ça, ça va être une autre paire de manches.
[Bastien à Virginie, il accepte son défi et le double]
Quoi ? QUOI ?
Audrey ? ... J'ai bien lu Audrey ?
A-U-D-R-E-Y ?
Audrey, le laideron de service ?
[Virginie à Bastien]
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Par mila0707, le 20/05/2012
Douée pour le silence de
Sarah Cohen-Scali
A dix-huit ans, on est davantage un jeune adulte qu'un adolescent. Cependant pour moi, ce n'est pas tout à fait le cas. Physiquement, ça va beaucoup mieux, j'ai quitté ma peau d'enfant, je l'ai mise au rebut, elle traîne quelque part, prenant la poussière dans un coin. Et la nouvelle peau que j'ai enfilée s'avère être parfaitement à ma taille. Je ne fuis plus le miroir, il m'arrive même parfois de le trouver flatteur.
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Par mila0707, le 22/05/2012
Douée pour le silence de
Sarah Cohen-Scali
En jouant divers personnages, je me suis approprié les mots des autres, et j'ai enfin pu parler librement de la vie. J'ai fichu le cadenas à la poubelle ! L'apprentissage du métier de comédienne m'a fait sortir de ma coquille, de cette bulle de silence où je m'étais moi-même emprisonnée.
[.......]
Durant ces moments qui se sont gravés dans ma mémoire comme des instants de bonheur indélébiles, j’établissais en secret un dialogue avec l'adolescente que je n'étais plus, mais qui m'accompagnait en pensée. Elle était là, toujours présente, comme un petit être magique qui aurait eu la possibilité de se tenir dissimulé dans ma poche. "Tu vois, on y est arrivées !... C'était pas la peine de tant pleurer. "
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Par mila0707, le 20/05/2012
Connexions dangereuses de
Sarah Cohen-Scali
Moi, à ce propos, j'ai eu un sacré choc il y a trois ans. Quand ma mère m'a annoncé sa grossesse.
[.......]
J'ai eu aussitôt des tas d'images en tête.Or, c'était des images que je ne voulais pas voir. Des images que je voulais censurer à tout prix. Mais plus je m'interdisais de me les représenter, plus elles s'imposaient.
Ma mère au lit avec mon père.
Mon père au lit avec ma mère.
Mon père et ma mère, au lit, ensemble !
Mon père et ma mère, à poil !
Mes parents qui faisaient l'amour !
Ça me semblait impossible. J'avais l'impression d'une trahison.
Et les questions qui continuaient d'affluer ! Où ont-ils fait ça ? Ici ? A la maison ? Au salon ? Dans la salle de bain ? Dans leur chambre ? Mais leur chambre, elle est juste à côté de la mienne ! Séparée de mon lit par une cloison aussi mince que du papier à cigarettes !
Quand l'ont-ils fait ? Je me souviens même que j'ai pris un calendrier pour essayer de situer le jour exact. Est-ce que c'était la nuit, pendant que je dormais ? Pourquoi ça ne m'avait pas réveillée ? Ou alors, ils avaient fait ça en pleine journée, pendant que moi, pauv' pomme, je penchais sur un examen blanc ! [Virginie à Bastien]
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Par mila0707, le 21/05/2012
Douée pour le silence de
Sarah Cohen-Scali
Et ça m'évite surtout de me laisser détruire, démoraliser, déstabiliser. Parce que, dans ce genre d'établissement, le travail des enseignants consiste tout d'abord en une espèce de démantèlement de la personnalité de leurs élèves. Il n'y a de place que pour les plus forts, les meilleurs. Les autres, on s'en débarrasse. La concurrence est la règle d'or. J'ai un avantage : je sais cette fois que je ne veux pas réussir donc, je résiste sur le plan nerveux.
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Par mila0707, le 20/05/2012
Connexions dangereuses de
Sarah Cohen-Scali
Il y a dans la classe une nouvelle, Delphine. D'après ce que j'ai pu comprendre, elle vient d'un petit collège privé d'Afrique du Sud ou je ne sais trop. Sous des dehors apparemment coincés - elle est fagotée comme ma grand-mère, mais très bien fichue, coiffée comme un as de pique alors qu'elle a des cheveux magnifiques, des yeux immenses qui, avec un peu de maquillage seraient incroyables - je la soupçonne d'être une graine d'allumeuse. J'ai déjà surpris les regards qu'elle et Francis ont échangés à plusieurs reprises. J'ai envie de voir un peu ce qu'elle a dans le ventre. Je ne lui donne pas deux mois avant d'apparaître comme la plus délurée d'entre nous toutes. En plus, elle m'a déjà fait des avances, enfin, je veux dire, je sens bien qu'elle a envie de se lier avec moi. Qu'on devienne amies. Je vais mordre à l'hameçon.
Et toi, là-dedans ? C'est tout simple. Je voudrais que tu la dragues. Je voudrais que tu sortes avec elle. Et que tu me tiennes au courant de tes progrès pas à pas. [Virginie à Bastien]
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Par She_Night, le 18/10/2010
Douée pour le silence de
Sarah Cohen-Scali
A force de ravaler, ravaler, sans jamais rien dire, à force de garder les lèvres verrouillées, j'ai fini par m'automutiler. Une sorte d'anorexie des sentiments.
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Par mila0707, le 26/11/2011
Douée pour le silence de
Sarah Cohen-Scali
Le terme du jargon théâtral qui m'a le plus frappée est le suivant : "le quatrième mur". On appelle ainsi ce mur fictif qui sépare la scène du public. Effectivement, lorsqu'on se trouve sur une scène de théâtre, sous les pleins feux des projecteurs, le public n'est pas visible - seules quelques silhouettes se dessinent vaguement au premier rang. Depuis la scène, on ne perçoit qu'une espèce de gouffre sombre, obscur, une manière de créature monstrueuse, sans visage, mais dotée d'un cœur énorme, qui palpite à un train d'enfer. L'enjeu du comédien est d'arriver à tisser un fil jusqu'à ce gouffre, pour le toucher, pour le faire respirer au rythme des émotions dont il est le vecteur, le faire rire ou pleurer.
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Par zazimuth, le 27/09/2010
Douée pour le silence de
Sarah Cohen-Scali
Quand le coeur souffre, le corps traduit, d'une manière ou d'une autre. (p.137)
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Par mila0707, le 26/11/2011
Douée pour le silence de
Sarah Cohen-Scali
[Sarah rejoint la troupe d'un club de théâtre]
La seule chose dont je me souviens avec une intensité sans égale, c'est l'émotion. Cette ÉMOTION qui m'a saisie et ne m'a plus lâchée par la suite. Fouler une scène, marcher sous une multitude de regards. Respirer sous les pleins feux. Quitter sa peau pour une autre. Avoir dans la bouche des mots si beaux. Ne jamais être en manque de répartie, tout ce qui me faisait cruellement défaut dans la vie! Se faire le porte-parole du talent...
Bref, S'EXPRIMER, SE LIVRER, DONNER.