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Grandir de
Sophie Fontanel
L'arbre que tu plantes dans ton jardin. Pour toi ce ne va être qu'une galère de tuteurs. Mais un jour, pour d'autres, l'acacia s'élèvera dans le ciel, où tu seras déjà, et il fera de l'ombre à ceux de ton sang, et toi tu n'en feras plus à personne. Tu ne seras que lumière pour ceux qui se souviennent. Une soirée d'été, quelqu'un de ta descendance sera là sous cet arbre, à humer la douceur. Ce petit-fils, cet arrière-petit-cousin, cette arrière-arrière-petite-nièce, qui que ce soit, il ne pensera plus à ses déceptions. Au contraire, il se sentira accueilli dans une plénitude, sous l'arbre muet la nuit. Alors il se dira: "D'où vient tout cet amour?" (page 145)
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Grandir de
Sophie Fontanel
C'est alors que, d'une voix où ne pointait aucune ironie, aucun dédain,aucun ascendant, aucune cruauté, elle me fit cette remarque : " je te demanderais de te jeter par la fenêtre, tu le ferais." On sait comment ça se passe, parfois on a l'instinct de tout prendre mal, c'est dans l'enfant en nous. Je ne sais pas pourquoi, j'ai eu la force d'entendre qu'elle ne voulait pas m'agresser, qu'elle essayait de me dire autre chose, de constructif, quelque chose que je n'avais jamais voulu accueillir en moi. Et moi : " bien sûr que je le ferais, si tu me le demandais, ça voudrait dire qu'on serait au rez-de-chaussée...." J'eus son sourire céleste en hommage à ma maturité. Et je vis - je le jure- la paix tomber sur moi, la première main chaude de mon existence. La guerre que j'avais faite aux autres était terminée.
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Par Theoma, le 07/01/2011
Grandir de
Sophie Fontanel
Non. Ce n'est pas pareil. L'enfant, vois-tu, ton projet c'est de le sortir de la dépendance. C'est plus qu'un projet, c'est une mission. Et attends, c'est plus qu'une mission, c'est l'avenir. Un enfant, c'est quelqu'un qu'on rend indépendant. Il te quittera, pour vivre. Il a des chances de vivre, même s'il est malade, même s'il s'en sort mal. Tu peux y croire. Jusqu'au bout, tu peux penser que s'il guérit, il est sauvé, que s'il a son bac, il est sauvé, que s'il sait se lier, il est sauvé. Alors que ta maman, où tu l'emmènes ? L'indépendance à venir, ce sera la tienne. Jusqu'au bout c'est toi l'enfant que ta mère autonomise. C'est elle, la mère. Laisse-toi chambouler, parce que, mon amie, ce qu'elle est en train de parfaire, c'est ton éducation.
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Par keisha, le 25/08/2010
Grandir de
Sophie Fontanel
"Maintenant qu'elle oublie tant de choses, elle peut savourer les joies de l'improviste. Je dis que je viens, et puis je viens, mais elle, elle avait oublié que je venais, et pour un peu elle m'applaudirait. Chaque visite est un coup de foudre. Chaque personne, une rencontre nouvelle. Chaque biscuit salé, un met à tester. La manière dont une fleur s'ouvre: du jamais vu. La manière dont le soleil lui lèche les pieds : un miracle."(...) Bien sûr son insouciance ne vaut que par mes responsabilités accrues, c'est moi qui dois penser aux détails et à l'évidence, je l'accepte. Elle m'a fait ce cadeau quand j'étais enfant, de me délivrer du poids du quotidien. Les frites délicieuses arrivent par miracle."
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L'envie de
Sophie Fontanel
Je ne sais pas si l'amour rend aveugle mais j'ai pu croire que la solitude rend clairvoyant.
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Grandir de
Sophie Fontanel
elle m'a jeté un de ces regards qu'elle réserve habituellement à la couleur noire, qu'elle a en horreur. Elle a dit : " ouh là...ne prie pas pour moi, hein? " J'ai demandé pourquoi. Elle a dit : " Ne vas pas me faire repérer. " Et j'ai compris que, toujours otage terrorisée de la fatalité, ces temps-ci elle se cache au fond du wagon pour ne pas être prise.
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Par luocine, le 11/01/2011
Grandir de
Sophie Fontanel
Je lui ai dit à bout de courage (il fallait retourner à l’épicerie), qu’on ne retrouverait jamais le goût du souvenir. Et elle a admis, comme si c’était là, une simplification inévitable du grand âge.
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Par Gwendo, le 28/11/2010
L'amour dans la vie des gens de
Sophie Fontanel
En voici un autre qui n'est pas près d'aimer : chaque fois qu'un poème est simple, il se demande si c'est de la poésie.
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Grandir de
Sophie Fontanel
"Comment tu fais pour manger ça?" elle me demande. Je réponds que je croque. "Ah oui, croquer..." Voilà encore un de ces anodins parcours de jeunesse qu'elle ne fera plus. Elle ajoute, bien face à moi comme pour toutes ses communications officielles: "Croquer la vie à pleines dents..." (page 127)
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Par Metaphore, le 26/11/2011
L'envie de
Sophie Fontanel
Je l’avais remarqué à la mort de mon père, aucune convalescence n’est autorisée à durer. Les gens tolèrent votre inactivité pendant un laps de temps, hélas du jour au lendemain ça s’arrête. Vous êtes toujours dans la perte, eux ils ont fait votre deuil.