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Un temps fou de
Laurence Tardieu
Ce qui est violent, ce n'est pas le temps qui passe, c'est l'effacement des sentiments et des émotions. Comme s'ils n'avaient jamais existé.
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Rêve d'amour de
Laurence Tardieu
Tout nous échappe sans cesse, même les êtres qu'on aime. Mais reste la certitude que certains moments ont été ce qu'on appelle le bonheur.
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Un temps fou de
Laurence Tardieu
Je n'ai jamais eu peur de la page blanche. J'ai toujours pensé qu'on avait besoin de pages blanches pour écrire, de longs moments de silence qui n'en sont pas, qui ressemblent à ce qu'est le corps lorsque tout gronde à l'intérieur mais qu'on ne peut émettre le moindre son, il y a trop de confusion, trop de chaos, il faut attendre, attendre, un peu de clarté peut-être, un peu de paix dans tout ce fracas, pour qu'enfin les phrases soient à nouveau possibles.
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Un temps fou de
Laurence Tardieu
Je ne crois pas que ce soit le temps qui passe. Le temps ne passe pas. Ce qui passe, c'est nous. [...] J'avais pensé que tu serais celui qui me consolerait. Tu me consolerais du sentiment déchirant de se savoir en vie et pourtant que de passage. Tu me consolerais de ce que la vie ne soit qu'une insupportable succession de pertes. De ce que rien ne dure et que tout s'efface. De ce qu'on s'efface. [...] Mais je crois avoir compris que personne, jamais, ne pourra me consoler. On devrait peut-être apprendre aux enfants qu'on reste à jamais inconsolable. Que ça ne sert à rien de chercher ça. Que ça n'existe pas. Que c'est un rêve qui n'existe pas.
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Un temps fou de
Laurence Tardieu
Les vies sont si fragiles, si incertaines. On croit parfois leurs fondations solides, on s'émerveille du chemin parcouru, puis, comme ça, soudainement, pour un éblouissement, elles volent en éclats, se fracassent contre un rêve. Qui peut se prémunir de ça ? Qui peut se croire assez fort pour ne jamais chuter, pour ne pas désirer céder à ce qui un instant l'a fait défaillir ?
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Un temps fou de
Laurence Tardieu
Parfois, ce qu'on vit et ce qu'on éprouve ne coïncident pas. [...] La vie fragile, qu'on ne sait comment retenir, la vie qui vous file entre les doigts, qui perd son battement, sa pulsation. Un jour on se dit que c'est fini, elle ne reviendra plus, notre tour est passé, on a été vivant, traversé par des énergies, des espérances plus grandes que soi, des rêves qui nous dressaient vers le ciel, et on est devenu autre chose, non plus dressé mais courbé, quelque chose entre le mort et le vivant, comme une poupée dont le mécanisme s'est cassé et qui désormais ne danse plus et reste immobile, les yeux éteints ; et puis si, la vie revient, c'est comme si elle s'était plu à nous jouer un tour, elle revient, c'est violent, fulgurant, ça vous coupe le souffle et vous fait monter les larmes aux yeux, alors on comprend qu'on ne saura jamais rien de ça, de cette vibration mystérieuse, la vie qui peut soudain nous abandonner puis parfois nous reprendre, nous rendre au présent.
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Par boule, le 21/01/2009
Puisque rien ne dure de
Laurence Tardieu
Si, à cet instant, nous avions pu nous parler, ou nous étreindre, ou tout au moins accepter le regard de l'autre, sans doute aurions-nous pu nous retrouver, et, peut-être traverser ensemble la tourmente.Je ne sais pas pourquoi j'ai baissé les yeux. J'ai compris que nous étions entrain de perdre la partie.
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Puisque rien ne dure de
Laurence Tardieu
L'angoisse me fait déraisonner : nous n'avons rien fait pour mériter ça, bien sûr, le mal vient de nulle part, il peut frapper n'importe qui, pour ça nous sommes tous égaux, aussi fragiles les uns que les autres : un jour nous sommes heureux, le lendemain notre vie vole en éclats. On avait pourtant vu les autres tomber autour de soi mais on se croyait épargné, protégé, jusqu'au jour où c'est notre tour : le sol soudain s'effondre. C'est alors qu'on comprend : on est aussi vulnérable, aussi éphémère que les autres. Notre vie n'a pas davantage de valeur.
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Par Audreyy, le 06/08/2010
Un temps fou de
Laurence Tardieu
Avec certains êtres, très rares, il faudrait ne pas parler. Il faudrait tout de suite être dans les bras, caresser le visage, les paupières, les joues, les lèvres, les effleurer d'un doigt, lentement d'abord, puis dans un baiser, passionnément. S'embrasser. S'étreindre. Les mots sont inutiles. Les mots viendraient plus tard confirmer ce que les corps ont su dès les premiers instants.
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Par Abilene, le 17/05/2012
A l'abandon de
Laurence Tardieu
Ca m'a rappelé quelque chose de très ancien, dont je ne parvenais pas à retrouver le souvenir mais qui remontait de très loin, une sensation oubliée qui, tout à coup, dans cette herbe verte, contre ma joue, contre ma peau, se déversait. J'ai eu envie de fermer les yeux. Ne plus bouger.