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Par sylvie, le 09/03/2009
Café viennois de
Michèle Halberstadt
.il y avait la tombe d'un enfant. Il suffisait de lire les dates gravées dans la pierre tombale pour s'en rendre compte. Celui là était mort l'année de ses cinq ans.
Clara tremblait dans son lit.
Sa tombe à elle indiquait deux mois et demi. Même si l'on comptait son temps en secondes, il était dérisoire. Deux mois et demi de souvenirs, c'était assez pour bouleverser le cours d'une vie.
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Par csapin, le 03/05/2012
Un écart de conduite de
Michèle Halberstadt
Elle se revoyait haussant les épaules, impatiente comme elle l'était encore il y a si peu de temps (...). Cette adolescente ombrageuse qu'un rien agaçait, qui ne ménageait personne mais se vexait à la moindre remarque émise, c'était le Laure d'avant, encore pétrie d'enfance, celle qui voyait la vie sur un mode binaire, les bons et les méchants, les intelligents et les crétins, les amis pour la vie et le reste du monde. Elle s'énervait pour un détail, sanglotait pour pas grand-chose, jugeait dénués d'intérêt ceux qui ne pensaient pas comme elle et avait sur l'existence un avis définitif, ne pouvant envisager que le temps puisse façonner différemment sa vision du monde.
Elle se souvenait de cette liberté de ton et de pensée, de cette arrogance de la jeunesse qui compense la peur de l'avenir par une attitude bravache, pour qui l'insolence est une vertu. Elle avait été cette adolescente susceptible qui compensait son manque d'assurance par une agressivité qu'elle dégainait plus vite que son ombre, réactive, sur la défensive. Comme elle lui semblait loin !
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Par Lencreuse, le 21/07/2010
Café viennois de
Michèle Halberstadt
Elle avait le sentiment de ne l’avoir jamais suffisamment bien regardée. En fermant les yeux, elle reconstituait aisément le nez bien droit, la bouche charnue mais petite, les sourcils à l’arcade étrangement courte, les cheveux auburn, les lunettes carrées, les oreilles toujours égayées de boucles d’oreilles, mais le tracé des rides, l’expression du plaisir, le masque de la solitude, la personne derrière sa mère, elle n’aurait pas pu la décrire. […] A presque quarante ans, il avait suffi de quelques heures à Vienne pour que Clara s’aperçoive qu’elle ignorait tout de ce qui avait durci, embelli, creusé le visage de sa mère. Une mère, ça va de soi. On peut la remettre en question, jamais en cause. Elle est le garant de la certitude qu’il y a eu sur terre une personne, au moins une, qui vous a désiré, fabriqué, accepté, aimé, un être qui a toujours été là pour vous. Alors sa vie de chair, quelle importance, puisque c’était avant sa vie à elle, Clara. On connaît la mère, mais on ne veut surtout pas s’imaginer la femme qui l’a précédée, encore moins la jeune fille.
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Par Nanne, le 31/01/2009
Café viennois de
Michèle Halberstadt
Elle qui venait de laisser derrière elle la ville la plus fascinante, la plus cultivée d'Europe, refusait d'être une réfugiée, ce mot atroce qui signifiait qu'on n'était plus chez soi nulle part. Puisqu'elle ne pouvait être viennoise, alors elle serait parisienne, c'est-à-dire nonchalante, assurée, naturellement élégante, à l'image de ces femmes dont elle passait des heures en terrasse à détailler inlassablement la silhouette et la mise.
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Par Nanne, le 31/01/2009
Café viennois de
Michèle Halberstadt
Partir avec sa mère. Quelle drôle d'idée. Clara voyageait toujours seule. Une interview. Une valise. Une chambre d'hôtel. Un entretien à faire, un papier à écrire. Une journée à passer pour se sentir en vie. partir avec sa mère. Faire l'égoïste. Se comporter comme si elle était seule, célibataire. Oublier mari et enfant. Essayer de trouver les mots. Avoir le courage de se mettre à nu devant le seul être au monde qui ne la jugera pas.
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Par yv1, le 25/08/2011
La petite de
Michèle Halberstadt
A quoi bon vivre quand on craint à ce point d'être soi-même ?
J'avais peur de tout. Des baisers des garçons, du jugement de ma tante, du rire de ma soeur, du regard de ma mère.
Il n'y avait qu'avec mon grand-père que je n'avais peur de rien.
Ce soir-là, en éteignant la lumière, j'ai pensé pour la première fois qu'il serait doux de le rejoindre. (p.92)
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Par yv1, le 25/08/2011
La petite de
Michèle Halberstadt
J'ai douze ans, et ce soir, je serai morte.
Ce matin, j'ai vidé les tubes de somnifères et tous les médicaments que Maman range en haut du placard de la salle de bains pour éviter qu'on y touche. Il m'a fallu cinq grands verres d'eau pour tout avaler. Ensuite, j'ai mangé une tartine, bu mon jus d'orange, et je suis partie à l'école.
Je n'ai rien dit à personne. Je ne suis ni abattue ni surexcitée. Je me sens sereine, comme on l'est quand on fait ce qu'on a vraiment envie de faire. Et moi, j'ai envie de disparaître. (p.11)
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Par yv1, le 25/08/2011
La petite de
Michèle Halberstadt
Il était facétieux, impérial. Il comprenait tout et je pouvais lui confier des secrets effrayants dont il n'aurait pas songé à se moquer. Il ne jugeait pas, ne condamnait jamais et, mis à part les bonnes manières sur lesquelles il était intransigeant, il avait la pardon facile (p.37)
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Par petitours, le 21/07/2011
La petite de
Michèle Halberstadt
J'ai douze ans, et ce soir, je serai morte. Ce matin, j'ai vidé les tubes de somnifères et tous les médicaments que Maman range en haut du placard de la salle de bains pour éviter qu'on y touche. Il m'a fallu cinq grands verres d'eau pour tout avaler. Ensuite, j'ai mangé une tartine, bu mon jus d'orange, et je suis partie à l'école. Je n'ai rien dit à personne. Je ne suis ni abattue ni surexcitée. Je me sens sereine, comme on l'est quand on fait ce qu'on a vraiment envie de faire. Et moi, j'ai envie de disparaître.
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La petite de
Michèle Halberstadt
Mourir d’ennui à l’école, pour ensuite se faire toute petite, s’enfermer dans sa tête et ses pensées à la maison, cela ne s’appelait pas vivre. Dépérir plutôt.