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Par caro64, le 14/05/2013
La Religion de
Tim Willocks
Ce qui est visible, ce qui est connu, est minuscule comparé à ce qui ne l'est pas, et la plupart des notions de Dieu se nourrissent de notre ignorance. Pourtant l'existence des étoiles et des constellations - et leur influence sur nous - (...) ne requiert pas l'existence d'une déité pour la régir. De même que le fait d'être n'exige pas une théorie de la Création, aussi paradoxal que cela puisse sembler, car si l'éternité n'a pas de fin, alors sans doute n'avait-elle pas de commencement. Qu'il existe un flux est évident, car nous sommes ici, jetés comme des épaves sur une mer turbulente. Que ce flux soit habité d'innombrables motifs subtils est également évident. Même le chaos aveugle a sa raison d'être. Et le destin est une toile dont nous ne reconnaissons les fils que lorsque nous sommes pris dedans. Mais, motifs ou raison d'être ou pas, toute religion met en avant de terribles légions de fous, au point qu'ils se traitent de démons les uns les autres et qu'ils nient la nature interne des choses. (...) J'ai prié à la mosquée et devant l'autel, parce qu'on me disait de le faire, et j'ai obéi. Mais je n'ai entendu la voix de Dieu dans aucun des deux, ni senti sa grâce. A la fin, je n'ai plus entendu que les braiments des brûleurs de livres et les gémissements d'une peur inextinguible.
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Par caro64, le 17/05/2013
La Religion de
Tim Willocks
Soldats de l'Islam. Soldats du Christ. Chacun est le diable pour l'autre, et Satan ricane dans sa manche.
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Par caro64, le 16/05/2013
La Religion de
Tim Willocks
Et Tannhauser sut, à cet instant (...), que c'était le hurlement primal du plus profond de son coeur. Le hurlement qui faisait écho aux millénaires. C'était la voix d'un dieu dont le pouvoir avait été ancien quand toutes les autres déités n'étaient pas encore nées, dont la domination subsumait toutes les fois et les croyances plus faibles, et dont le règne verrait toutes les autres idoles se changer en poussière. C'était l'ordre de s'agenouiller devant l'autel de la guerre. Une invitation à soulager cette soif qui affligerait toujours les hommes, et qui ne serait jamais complètement étanchée.
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Par caro64, le 14/05/2013
La Religion de
Tim Willocks
Etait-ce là la différence pour laquelle ces guerriers se mettaient en pièces? Un nom - un mot - pour le même concept essentiel d'unicité divine? Ou bien n'y avait-il pas de divin, et cette force aveuglante était-elle la création des hommes eux-mêmes, des hommes qui se trouvaient jetés les uns contre les autres pour des raison qu'aucun ne pouvait expliquer, des hommes liés par le plus pur accident: la naissance, la géographie, le destin?
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Par caro64, le 15/05/2013
La Religion de
Tim Willocks
Les musiciennes elles-mêmes étaient inconscientes de tout sauf du divin. Le royaume qu'elles exploraient s'étendait bien loin de celui-ci. Et qu'elles en dessinent la carte était le plus noble de leurs cadeaux, car le royaume d'ici était si sombre, si enserré dans la douleur et la mort, et échoué si loin de tous ceux imaginables, que d'illuminer ainsi, même pour un instant, un empire où régnait l'harmonie était comme cueillir les étoiles du firmament et en déposer une dans chaque main.
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Par caro64, le 16/05/2013
La Religion de
Tim Willocks
Elle avait découvert la paix qui vient avec l'immersion dans la souffrance. C'était une paix étrange, une paix horrible, une paix que l'on n'aurait souhaitée à personne, car les victimes de la guerre en payaient le prix. Vulnérables et sans recours, ils étaient absous de toute méchanceté - de tout sauf du courage et de la foi les plus primitifs - et ils reconquéraient l'innocence de l'enfant. Etre blessé révélait quelque chose de l'âme d'une personne, d'une manière interdite à toute autre, et ce que cela révélait était quelque chose de merveilleux, quelque chose de noble, quelque chose qui, malgré l'agonie, la saleté et l'humiliation, contenait plus de véritable dignité que tout ce qu'elle avait pu voir de sa vie.
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Par caro64, le 15/05/2013
La Religion de
Tim Willocks
Mettre la main sur ce garçon est comme arracher des poux dans l’entrejambe de quelqu’un d’autre. Déplaisant, frustrant, hasardeux et sans réel bonheur au final.
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Par Marple, le 29/03/2013
La Religion de
Tim Willocks
La malveillance et la colère lui étaient inconnues, comme l'était cette peur de l'autre qui change la plupart d'entre nous en bêtes.
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Par boudicca, le 02/09/2012
La Religion de
Tim Willocks
En abandonnant les rangs des janissaires, tant d'années auparavant, il avait abandonné une partie de son âme ; mais s'il ne l'avait pas fait, il aurait perdu l'intégralité de son âme, car tel aurait été le prix des sombres exploits qu'on exigeait de lui. Même si leurs fifres et leurs tambours lui remuaient encore le sang et le cœur, il faisait maintenant face à ses anciens frères sur le champ de bataille. La poitrine et la gorge serrées, il attendait un son qu'il n'avait jamais entendu mais avait seulement proféré. Les terribles Lions de l'islam allaient rugir.
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Par boudicca, le 13/09/2012
La Religion de
Tim Willocks
Peu après le coucher du soleil le Grand Turc attaque à nouveau, tout le long de l'enceinte. L'obscurité se fit plus brillante que le jour, et les chœurs de Satan se mirent à chanter, et les dieux de l'Est et de l'Ouest ensemble cachèrent leur visage honteux tandis que leurs troupeaux de dévots aveugles se précipitaient à nouveau vers le massacre.