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Par LSH, le 08/06/2008
Le festin nu de
William S. Burroughs
Gentil Lecteur, le verbe va se ruer sur toi, te broyer avec ses griffes d'homme-léopard, t'arracher doigts et orteils comme on fait aux crabes opportunistes, te pendre au gibet et happer ton foutre comme un chien scrutable, s'enrouler autour de tes cuisses à la manière d'un crotale et te seringuer un dé à coudre d'ectoplasme ranci...
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Par skyso, le 27/02/2010
La machine molle de
William S. Burroughs
Dans une société où les gens ont plus ou moins ce qu'ils veulent sexuellement, il devient difficile de les motiver à acheter des réfrigérateurs et des voitures.
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Par brigetoun, le 11/11/2009
Interzone de
William S. Burroughs
Alors je rameute mes vieux potes et on passe de chouettes soirées à écouter la machine à laver nous seriner Sweet and Low et Lessiveuses's Boogie ; et la sinistre écrémeuse, vivant fossile, aussi aigrie que du beurre de yak rance, cavale après l'aspi; feulant tel en léopard. La banlieue renferme assez d'horreurs pour rassasier un millier de castrats.
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Junky de
William S. Burroughs
Le camé vit dans le temps de la came. Quand on le prive de drogue, l'horloge s'arrête. Tout ce qu'il peut faire c'est s'accrocher et attendre que reparte le temps sans came. Un camé en état de manque ne peut échapper au temps extérieur ni faire autre chose que d'attendre.
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Le festin nu de
William S. Burroughs
Mourir de honte est une spécialité des Indiens Kwakiutl et des Américains du Nord - ailleurs, on se contente de dire : "Zut alors!" ou "Son cosas de la vida!" ou encore : "Allah le Tout-Puissant m'a couillonné une fois de plus!"
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Par Penelope, le 22/07/2010
Première phrase du livre
Le festin nu de
William S. Burroughs
incipit:
L’odeur de roussi se rapproche, je les devine dans l’ombre en train de combiner leur coup, de mettre en place leurs mouchards de charme et baver de joie en repérant ma cuiller et le compte-gouttes que j’ai jetés à la station de Washington Square au moment où j’ai sauté le tourniquet pour dévaler la ferraille des deux étages et attraper l’express du centre… Un petit jeune me tient la porte du wagon, il est beau garçon, les cheveux en brosse, la pomme d’un bachelier de la haute devenu chef de publicité et un tantinet pédale. Probable que je suis son idée du héros de feuilleton. Tu connais le style : bon cheval avec les barmen et les chauffeurs de taxi, le gars qui sait causer rugby ou crochets du droit et qui appelle le loufiat du snack Nedick par son prénom. Un trou-du-cul bon teint… Et voilà que le poulet des Stupéfiants arrive pile sur le quai dans son bel imperméable blanc (se mettre en blanc pour filer un type, tu te rends compte! Il a dû se dire que le genre tapette passerait inaperçu). Je sais d’avance comment il va me dire ça, en brandissant mes ustensiles dans sa main gauche et son pétard dans la main droite : « J’ai idée que t’as perdu quelque chose, mon pote. »
Mais le métro démarre.
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Métro blanc (le) de
William S. Burroughs
Burroughs dit : « Insatisfaction complète de tout ce que j'ai fait comme écriture... si l'écriture n'a pas le danger et l'immédiateté, l'urgence de la tauromachie, elle n'a rien à faire avec la façon dont je la conçois... je suis fatigué d'être placé derrière les lignes avec un appareil d'enregistrement imparfait qui reçoit des bulletins inexacts... je dois atteindre le Front. »
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Par Penelope, le 22/07/2010
Première phrase du livre
Le festin nu de
William S. Burroughs
Extrait de l’ introduction:
Je me suis éveillé de la Maladie, à l'âge de quarante-cinq ans, sain d'esprit et relativement de corps, si j'excepte un foie affaibli et ce masque de chair d'emprunt que portent tous ceux qui ont survécu au Mal... La plupart des survivants ne se souviennent pas du délire dans tous ses détails. Il semble que j'aie enregistré mes impressions sur ce mal et son délire, mais je n'ai guère souvenir d’ avoir rédigé les notes que l'on a publiées en langue anglaise sous le litre « Naked lunch » (Le festin nu). C'est Jack Kerouac qui m'a suggéré ce titre, et je n'en ai compris la signification que très récemment, après ma guérison. Il a exactement le sens de ses termes : le Festin Nu cet instant pétrifié et glacé où chacun peut voir ce qui est piqué au bout de chaque fourchette.
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Par Bunee, le 31/05/2011
Queer de
William S. Burroughs
Gonzales et moi, on se laissa aller à recenser toutes nos vieilles connaissances. Mexico est le terminus de toutes les virées qu'on peut faire dans l'espace-temps, la salle d'attente où on siffle en vitesse un verre en attendant le train. C'est pourquoi je peux supporter Mexico, comme New-York. On ne se sent pas coincé. Être là c'est déjà voyager. Mais à Panama, croisée de toutes les routes du monde, on se sent vieillir sur place et flapir à vue d'œil. Il faut même prendre par avance ses dispositions auprès de la Pan Am ou de la Suicid'Air pour assurer le transfert de ses propres restes. Sinon ils demeureraient là, à pourrir sous un toit de tôle ondulée, dans la pesante touffeur.
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Par Bunee, le 31/05/2011
Queer de
William S. Burroughs
Me voilà rendu à la conclusion consternante que jamais je ne serais devenu écrivain, sans la mort de Joan, à mesurer combien cet évènement a orienté ma vie et déterminé mon œuvre. Je vis dans l'angoisse constante d'être possédé, dans la constante nécessité d'échapper aux forces de possession, à tout contrôle. La mort de Joan m'aura donc mis en contact avec l'envahisseur, avec l'esprit du Mal, et m'aura donc contraint à opter pour la résistance, toute ma vie durant, en ne me laissant d'autre choix que celui d'écrire, et de m'affranchir en écrivant.