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Par aleatoire, le 18/05/2013
Le prochain amour de
Yves Simon
Si je ne t'avais pas rencontrée, je serais incomplet et infirme de ce qui me serait demeuré caché à jamais, inculte moi aussi de cette partie des choses qui font souffrir, donnent du plaisir et posent au coeur les justes questions.
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Par Angele, le 16/01/2011
La Dérive des sentiments de
Yves Simon
Si par une chance inouïe nos routes ne se trouvent pas trop éloignées, on peut encore imaginer que nous nous apercevrons, et même, que nous nous croiserons… Pour nous saluer, nous ignorer, échanger quelques mots avant de repartir, avec ce dernier, cet unique souvenir : avoir rencontré un visage sur la piste, un seul visage, et vivre avec lui.
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Par Angele, le 16/01/2011
Jours ordinaires de
Yves Simon
J'ai gardé de mon enfance les cruautés simples et les imaginations désordonnées. J'ai erré à la recherche de sorcières, de déesses, de Christ buvant des demis pression aux comptoirs des gares terminales, et je n'ai trouvé que moi, avec cette cicatrice étrange dans le regard et ces mains qui tremblent quand il faut se quitter.
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Océans de
Yves Simon
Quand un jour je prendrai un avion, une voiture ou un bateau, je sais que je n'irai pas à la recherche de paysages, de déserts ou d'océans, j'irai à la recherches des nez, des yeux, des joues, des bouches, des démarches, des mains, des iris, de tout ce qui ressemble aux hommes et aux femmes et nous ressemble parce qu'ils ont tous à faire quelque chose avec leurs corps plantés sur ce décor de monde et où il faut bien interpréter un rôle, quel qu'il soit, pour que la représentation ne se termine pas trop vite.
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Par Angele, le 10/03/2011
La compagnie des femmes de
Yves Simon
[...] espérant ne trouver sur ma route que des ciels tourmentés, agrémentés de vents voluptueux.
[...] le temps et l'espace entre les êtres deviennent parfois si considérables que l'on se demande comment ces planètes ont pu un jour graviter dans le même ciel.
Parler à un mort est quelquefois plus facile que de s'adresser à un vivant, tant les mots enfouis reviennent à la surface qu'il en est sûrement un qui s'illumine dans le foutoir de toute une vie pour révéler ce qu'elle n'a pu offrir.
Etre intrus dans le monde, pensai-je, c'est sans doute ne plus savoir à quel point d'intersection de latitude et de longitude notre coeur peut battre encore. Ce point d'humanité personnelle est devenu la place d'un autre. Ou de rien.
A l’instant où il sortait de ma voiture, le vieil autostoppeur que j’avais embarqué à la sortie de Mâcon-Nord se retourna et dit :
- Où allez-vous ?
- Je n’sais pas.
- Comment saurez-vous que vous êtes arrivé ? »
Je songeai que les chansons portaient des charges affectives qui nous attachent à elles pour toujours, plus qu'un roman, plus qu'un film, en une poignée de secondes elles se dévident à nos mémoires. Elles restituent à l'instant des morceaux de temps dont on fut un jour le prisonnier, le héros, pour nous faire voyager dans les couloirs de nos vies et reproduire la photographie sentimentale de qui on était, où et avec qui on se trouvait, à un moment donné de notre histoire.
Sa cible favorite, le président de la République dont la vulgarité, les mensonges et l'inculture l'exaspéraient: "Que connais-tu de la France, toi qui ne sais rien de sa littérature."
- Sachez une chose, je n'ai aucun regret de ma jeunesse disparue. Les femmes de mon âge ont à s'accommoder d'un tout autre mal qui n'est ni un mari manquant, ni les enfants qui s'éloignent, ni les règles révolues, ni même les rides qui viennent jour après jour ravager un visage. Non, c'est l'apprentissage de la transparence : jamais plus personne ne les regarde. Jamais ! C'est cela, la plus implacable des solitudes, la disparition des regards.
Ayant entendu autour d'elle tant de promesses d'amants qui se quittaient sèchement comme si rien n'avait jamais été prononcé, elle jugeait vains et superflus les mots d'amour qui finalement n'étaient des engagements à rien. Sinon le désir égoïste de se griser de phrases pour le glorieux plaisir de les entendre prononcer, et se donner ainsi l'illusoire espoir qu'elles remplaceraient, à elle seules, la défaillance toujours annoncée des cœurs et des corps.
Comme c'est long à venir, un dernier souffle.
Ne t'imagine pas qu'il y a une fois pour toutes les chanceux et les malchanceux. Ce serait une grave erreur de croire à je ne sais quel bon numéro tiré à la naissance. Les chanceux sont ceux qui écoutent, qui regardent, qui tissent des liens avec des inconnus, qui voyagent et s'étonnent, qui ne se découragent pas et persistent quant tout semble résister. Ceux qui se disent malchanceux ne sont qu'orgueilleux car ils ne savent pas qu'il faut apprendre, avec humilité, tout des autres et tout du monde. Un dernier mot : aie le courage, c'est une vertu qui elle aussi s'acquiert, de ne jamais douter de toi, de ta singularité, ne jamais douter de ta valeur… Et dans quel but tout cela ? Devenir un homme meilleur ! Il y a tant de choses que tu ignores, j'aurais voulu t'en apprendre quelques-unes car les plus importantes ne se trouvent ni dans les livres, ni dans les religions, encore moins à la télévision…
Aimer c'est amener le hasard d'une rencontre dans le registre de l'éternité.
Il faut faire confiance à ceux qui vibrent en même temps que nous aux mêmes choses de la vie.
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Par Neigeline, le 01/03/2009
La Dérive des sentiments de
Yves Simon
Je vous aime, vous le savez et je ne sais toujours pas ce que ce mot signifie. Qu'il m'ait détourné des autres hommes ? oui, sans doute, sans pourtant écarter mon regard d'eux. Je les ai observés, certains m'ont émue, mais pour vous, vous seul, ce fut une évidence. Des gens, sans doute, élisent un lieu du monde parce que c'est là qu'ils vivront, qu'ils construiront une maison, la rempliront d'enfants, d'objets, de rires et de temps. Pour moi ce lieu, ce fut vous, sans que jamais j'aie à me poser la question du pourquoi de cette élection. Il y a eu cette longue séparation des années quarante. Sans êtres à vos côtés, chaque jour, chaque nuit, aux pires moments, j'ai pensé à votre visage et à cette souciance du monde qui fut la vôtre. Tant d'années passées ensemble à aimer les mêmes villes, à détester les mêmes personnes ! C'est tout cela qui aura été ma joie d'être avec vous : partager avec quelqu'un et au même moment les mêmes goûts, les mêmes attirances pour tout ce qu'est la vie et l'au-delà de la vie : l'art, la poésie, les lieux mêmes où se nouent et se dénouent les existences.
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Par Ancolie, le 29/08/2012
Les Novices de
Yves Simon
La littérature est remplie de sentiments que nous aurions aimé ressentir une seule fois dans notre vie. C'est pour cette raison qu'elle nous retient tant, qu'elle est une balise de nos espérances les plus folles, que ce soient celles de l'amour ou de l'ascèse, de la folie ou de la rigueur, un repère qui, lorsqu'un jour par hasard il survient dans notre propre environnement, nous rend atones et désemparés d'être arrivés dans notre existence à un point ultime de la littérature.
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Par Angele, le 16/01/2011
La Dérive des sentiments de
Yves Simon
Ils portent une blessure invisible, qu'ils ne peuvent oublier car c'est cela que le corps cicatrise le moins bien, les maladies qui n'ont pas de nom. Elles se taisent et n'osent rien avouer.
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La Dérive des sentiments de
Yves Simon
Cette étreinte des gares où un homme et une femme se retrouvent est le plus terrifiant des gestes que chacun ait un jour à vivre. Les bras ressemblent à deux rames qui essaieraient de franchir la mer en un seul mouvement... Mais l'émotion ne peut, à elle seule, remplacer les distances parcourues par deux mondes qui ont si longtemps dérivé l'un de l'autre.
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Par Angele, le 16/01/2011
La Dérive des sentiments de
Yves Simon
La jeune fille, Marie, était entrée à l'hôpital un matin, dès la première consultation, pour qu'on lui retire le début d'enfant qu'elle s'était mise à fabriquer. Elle avait gardé les yeux ouverts et c'est sa tête qui souffrait. Son corps était absent. Elle ne le voyait plus, ne le sentait plus. Elle dit, mon corps est immonde, mais elle ne voulut pas pleurer devant les médecins.[…] Elle sut qu'elle venait de faire connaissance avec son premier vrai chagrin, que ce début de vie n'était pas un furoncle ou une verrue qu'on pouvait enlever parce que cela gêne. Personne ne l'avait prévenue, personne. Elle eut l'impression d'avoir été trompée par l'humanité entière. On ne lui avait parlé jusque là que de la loi qui autorisait et du pape qui interdisait, mais pas de la douleur intime, du souvenir arraché, de la misère à vivre cela.
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