> Adrien Le Bihan (Traducteur)

ISBN : 2228900958
Éditeur : Payot et Rivages (2006)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Peu de livres ont autant déchainé les passions que celui que vous tenez entre les mains. Publié pour la première fois en 1968, Désert solitaire est en effet de ces rares livres dont on peut affirmer sans exagérer qu’il "changeait les vies" comme l’écrit Doug Peacock.<... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (9)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par horline, le 12 octobre 2011

    horline
    La mer a Joseph Conrad et Pierre Loti, la montagne Jean-Jacques Rousseau et Yasushi Inoué et Le Désert Wesley Powell et surtout l'iconoclaste Richard Abbey. Défenseur acharné de la nature sauvage, Abbey restitue dans cette œuvre son quotidien de ranger au sein de l'Arch National Monument durant six mois de l'année, un quotidien mêlant réflexions personnelles percutantes, contemplations romantiques de la nature et anecdotes cocasses vécues dans ce désert rouge de l'Utah, immensité aride de grès lisse brûlée par le soleil.
    Ainsi ce pourrait être un récit de nature writing parmi tant d'autres. Mais avec un temps qui s'étire tout en langueur et une plume envoûtante et brillante, c'est avant tout une évocation sensuelle et magique du désert, une béatitude douce et exaltée là où "tout est beau, sauvage, baigné d'une douceur virginale". Ce vaste vide, terre sans hommes, où règnent chaleur intense, désolation somptueuse et solitude immense suscite pensées vagabondes mais aussi paradoxalement une réflexion particulièrement nourrie, dense, érudite, lyrique, engagée et drôle.
    Ni l'immensité, ni la solitude ne font vaciller l'auteur dans sa volonté de se "confronter de manière aussi immédiate et directe que possible au noyau nu de l'existence, à l'élémentaire et au fondamental, au socle de pierre qui nous soutient" …de découvrir le vrai loin du confort moderne qui aseptise l'esprit. Au contraire, l'ivresse de liberté et d'indépendance a ceci de remarquable de révéler une conscience aiguisée chez l'auteur américain. Loin du prosélytisme aveugle et bêlant, il dénonce tantôt avec humour, tantôt avec rage le consumérisme et le confort industriel qui, prophétise-t-il, condamnent ces espaces sublimés à disparaître. Cette plongée dans l'Ouest mythique est d'ailleurs présentée par l'auteur comme "une élégie, un tombeau ", "Ce que vous tenez entre vos mains est une stèle. Une foutue dalle de roc".
    Comme tout ce qui se révèle fragile et vulnérable, Le Désert rouge apparaît alors précieux et enchanteur, la vie exacerbée par la rareté de la faune et de la flore. Ce récit recèle d'autant plus de force que le pays des canyons dépeint par Abbey en 1968 n'existe peut être déjà plus.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 29 mars 2012

    Corboland78
    Une nouvelle fois nous retrouvons Edward Abbey dans un bouquin qui magnifie le désert, son désert, le désert américain au cœur de l'Utah. Dans les années cinquante, l'auteur prend un job saisonnier de ranger dans un parc national au sud-est de l'Etat d'avril à septembre. Plusieurs années de suite il renouvellera l'expérience, tenant un journal où il y consigne ce qu'il voit et fait. C'est à partir de ce matériau que ce livre a été écrit dix ans plus tard, en 1967, et dès la préface il prévient « la plus grande partie de ce sur quoi j'écris dans ce livre a déjà disparu ou est en train, rapidement, de disparaître ». D'où l'amertume qui sue parfois au détour de quelques phrases quand il constate que le paradis terrestre n'est plus ce qu'il était. A contrario, c'est aussi cette déception qui rend ces pages plus attachantes encore. Edward Abbey nous livre ce qui aurait pu être un texte écrit par Adam après son expulsion du Paradis. Ici la nature est dure et sauvage, sublime et immense, cachant des merveilles inaccessibles au fond des canyons où seules les prouesses physiques et la volonté de l'auteur lui permettent de les entrevoir. Pour le néophyte, désert semble rimer avec rien, pourtant le bouquin regorge de noms de plantes, de pierres et d'animaux souvent peu familiers, trahissant la grande culture de l'écrivain et de l'homme de terrain. A lire avec une bouteille fraîche à portée de la main.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Folfaerie, le 03 avril 2010

    Folfaerie
    Fils spirituel de Thoreau et Walt Whitman, quoique beaucoup plus turbulent, admirateur de B Traven, Edward Abbey fut l'un des plus grands écologistes américains, et un excellent auteur qui plus est, à qui l'on doit ce chef-d'oeuvre, bible de nombreux écologistes et amoureux du désert.

    Accessoirement misanthrope et irrémédiablement athée, prônant la désobéissance civile, Abbey n'avait qu'une religion : la Nature. Il découvrit très jeune celle, grandiose, de son pays, et très vite son amour et son respect du sauvage prirent le pas sur d'ordinaires considérations sur la nature humaine. C'est que Abbey, né au pays du pétrole et des gratte-ciels, a pu observer, et se frotter tout au long de as vie à cette curieuse créature qu'est l'homos sapiens americanus, et se trouver ainsi pour une bonne part dégoûté de la société humaine.

    En avance sur son temps, cet amoureux du désert prophétisait déjà la lente agonie des parcs nationaux américains en raison de cette obsession si particulière du touriste moyen américain, appuyé en cela par l'administration, de vouloir profiter de la nature sans faire d'efforts et sans changer son mode de vie habituel. Bienvenue aux routes goudronnées, aux parkings géants, aux aménagements urbains pour pouvoir accéder aux moindres recoins d'un parc naturel sans descendre, si possible, de son auto... Dans l'un des chapitres, Abbey propose donc sa solution à ce délicat problème, sa vision radicale du tourisme vert est à son image, folle mais séduisante.

    Ecrivain de l'Ouest donc, personnalité plutôt rude, et contestataire certes, mais aussi poète passionné lorsqu'il se met à chanter les beautés du désert. C'est à la fin des années 50 qu'Edward Abbey découvre le parc national des Arches dans l'Utah où il fut employé quelques temps comme garde. Il y revint 10 ans plus tard pour constater les changements survenus, dus aux aménagements et à l'exploitation irréfléchie de ce trésor et clore ainsi le dernier chapitre. Riche de cette expérience, Abbey nous livre ce qui est certainement l'un des plus beaux ouvrages sur le désert. L'arrivée d'un orage, la contemplation émerveillée d'un genévrier qui résiste à l'infernale chaleur, la cohabitation avec les serpents, la recherche de précieux points d'eau, un monolithe de grès... tout est prétexte à redécouvrir les éléments sous l'angle du surnaturel et de l'inattendu, de se rassasier de la beauté dépouillée des canyons, bref, de réaliser qu'il existe un monde de merveilles beaucoup plus profond, plus grand et plus vieux que le monde des hommes, et que certains, parfois, ont la chance de pouvoir déceler.

    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-desert-solitair..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par GabySensei, le 15 janvier 2012

    GabySensei
    Edward Abbey a passé un an (en 1968) en tant que ranger dans un parc naturel de l'Ouest Américain. Il nous raconte cette année où il put prendre le temps d'observer la nature qu'il décrit magnifiquement. Il s'insurge aussi contre "les touristes motorisés" et l'administration des parcs qui voulaient construire des autoroutes pour rendre accessible, sans faire le moindre effort, les plus belles merveilles naturelles de ces parcs; quitte à défigurer les paysages!
    Ce livre est reposant et nous donne envie de nous perdre seul dans la nature.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 23 mars 2012

    Corboland78
    Une nouvelle fois nous retrouvons Edward Abbey dans un bouquin qui magnifie le désert, son désert, le désert américain au cœur de l'Utah. Dans les années cinquante, l'auteur prend un job saisonnier de ranger dans un parc national au sud-est de l'Etat d'avril à septembre. Plusieurs années de suite il renouvellera l'expérience, tenant un journal où il y consigne ce qu'il voit et fait. C'est à partir de ce matériau que ce livre a été écrit dix ans plus tard, en 1967, et dès la préface il prévient « la plus grande partie de ce sur quoi j'écris dans ce livre a déjà disparu ou est en train, rapidement, de disparaître ». D'où l'amertume qui sue parfois au détour de quelques phrases quand il constate que le paradis terrestre n'est plus ce qu'il était. A contrario, c'est aussi cette déception qui rend ces pages plus attachantes encore. Edward Abbey nous livre ce qui aurait pu être un texte écrit par Adam après son expulsion du Paradis. Ici la nature est dure et sauvage, sublime et immense, cachant des merveilles inaccessibles au fond des canyons où seules les prouesses physiques et la volonté de l'auteur lui permettent de les entrevoir. Pour le néophyte, désert semble rimer avec rien, pourtant le bouquin regorge de noms de plantes, de pierres et d'animaux souvent peu familiers, trahissant la grande culture de l'écrivain et de l'homme de terrain. A lire avec une bouteille fraîche à portée de la main.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Actualitte , le 18 mai 2012
    C'est un magnifique ouvrage, plein d'humanité et de culture. C'est certainement un incontournable de la réflexion indispensable que devra avoir l'Homme s'il ne veut pas voir les pires scénarii de la science-fiction l'asservir.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

> voir toutes (17)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par psycheinhell, le 22 mai 2011

    Que puis-je dire à ces gens ? Comment puis-je libérer, désincarcérer ces mollusques à roulettes enfermés dans leurs coquilles de métal hermétique ? La voiture comme boîte de conserve, le ranger du parc comme ouvre-boîte. Hé ho ! ai-je envie de crier, hé ho les gars, bon sang sortez de vos foutues machines, enlevez-moi ces putains de lunettes de soleil et ouvrez grand les yeux, regardez autour de vous ; jetez-moi ces satanés foutus appareils photo ! Bon Dieu les gars, qu'est-ce que c'est que cette vie, si à tant s'inquiéter il n'est de temps pour s'arrêter, pour contempler ? Hein ? Enlevez un peu vos chaussures, descendez la braguette, pissez joyeusement, plantez les orteils dans le sable chaud, éprouvez-moi cette terre crue et rude, cassez-vous un peu les ongles de pied, que du sang coule ! Et pourquoi pas ? Bon sang, Madame, ouvrez-moi cette fenêtre ! Vous ne voyez rien du désert si vous ne le sentez pas. C'est poussiéreux ? Bien sûr que c'est poussiéreux – c'est l'Utah ! Mais c'est de la bonne poussière, de la bonne poussière rouge de l'Utah, riche en ferraille, riche en raillerie. Coupez-moi ce moteur. Sortez de cette caisse de tôle et étirez un peu ces jambes variqueuses, enlevez votre soutien-gorge et prenez un peu de soleil sur vos vieux trayons ridés ! Et vous, Monsieur, qui regardez la carte pendant que votre radiateur bout et qu'un tampon de vapeur bouche votre circuit d'essence, exfiltrez-vous de cette boîte de merde chromée siglée GM et allez marcher un peu – oui, laissez donc la vieille bourgeoise et les gnards hurlants, tournez-leur le dos et allez marcher droit dans les canyons, perdez-vous un moment, revenez quand foutu bon vous semble, ça vous fera sacrément bien à vous et à elle et à eux. Et aussi : lâchez un peu la grappe à vos enfants, laissez-les sortir, qu'ils aillent escalader les rochers et chasser les serpents à sonnette et les scorpions et les fourmis rouges – oui, Monsieur, laissez-les sortir, libérez-les ; comment osez-vous emprisonner des petits enfants dans votre foutue carriole toutes options sauf les chevaux ? Oui, Monsieur, oui, Madame, je vous en conjure, sortez de vos fauteuils roulants motorisés, levez vos culs vulcanisés, tenez-vous debout comme des hommes ! comme des femmes ! comme des humains ! et marchez – *marchez* – MARCHEZ sur notre terre douce et sacrée.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par psycheinhell, le 20 avril 2011

    "Je ne suis pas ici seulement pour échapper un temps au tumulte, à la crasse et au chaos de la machine culturelle, mais aussi pour me confronter de manière aussi immédiate et directe que possible au noyau nu de l'existence, à l'élémentaire et au fondamental, au socle de pierre qui nous soutient. Je veux être capable de regarder et d'examiner un genévrier, un morceau de quartz, un vautour, une araignée, et de voir ces choses comme elles sont en elles-mêmes, vierges de toute qualité attribuée par l'homme, catégories scientifiques comprises. Voir Dieu ou la Méduse face à face, même si cela implique de risquer tout ce que j'ai d'humain en moi. Je rêve d'un mysticisme âpre et brutal dans lequel le moi dénudé se fonde dans un monde non humain et y survit pourtant, toujours intact, individué, discret. Paradoxe et socle de pierre."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par Phinou, le 25 mars 2008

    Ne sautez pas dans votre voiture en juin prochain pour vous précipiter au pays des canyons afin d'y voir certaines des choses que j'ai essayé d'évoquer dans ces pages.D'abord vous ne pouvez rien voir d'une voiture; vous devez sortir de votre sacré fourbi et marcher ou, mieux encore, ramper, à l'aide de vos mains et de vos genoux, sur le grès et dans les buissons épineux et les cactus. Lorsque des traces de sang commenceront à signaler votre passage, vous verrez quelque chose peut être. Probablement pas.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par horline, le 12 octobre 2011

    La pauvreté des Navajo est guérissable et sera guérie d’une manière ou d’une autre – par la justice ou par la guerre. Il est en revanche peu probable que le mode de vie navajo, distinct des Navajo eux-mêmes, puisse survivre. Inférieurs en nombre, encerclés et débordés, les Navajo se verront sûrement forcés, en réaction d’autodéfense, à se corrompre pour se couler dans le moule imposé par les diktats de l’économie industrielle. Aujourd’hui Noirs à peau rouge, ils doivent apprendre à devenir des Blancs marron à carte de crédit et sensibilité cravatée.

    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par GabySensei, le 13 juillet 2011

    Avertissement placardé sur l'intérieur de la porte des toilettes de Double Arch dans le désert de l'Utah:

    "Attention: vérifiez bien qu'il n'y a pas de crotale, serpent-corail, serpent à queue de fouet, scorpion vinaigre, gloméris, mille-pattes, tique, mite, veuve noire, asile conortune, solpugide, tarentule, phrynosome, héloderme, fourmi rouge, fourmi ardente, grillon de Jérusalem, punaise et grand scorpion poilu du désert avant de vous assoir."

    (P57)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Désert solitaire par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (35)

> voir plus

Quiz