Éditeur : publie.net

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(édition numérique)
Depuis L’Incessant (1982) nous sommes bien nombreux à suivre la voix lyrique et obstinée de Jacques Ancet. Par lui aussi, en tant que traducteur, que nous avons suivi en poésie José Angel Valente, ou son magnifique Jean de la Croix.
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 29 novembre 2009

    brigetoun
    lecture entreprise au fil des mois, texte par texte, avec cette attention agréable qu'ils demandent, et puis délaissée pour d'autres. Mais là, plongée délicieusement appliquée dans "un homme assis et qui regarde" et "la voix de la mer" et comme chaque fois, celui en cours me semble primer, être plus évident. Comme "la voix de la mer" : et mes petites notes de béotienne : La philosophie et la poésie, leur parenté, deux portes pour connaître, leurs différences, une autre appréhension du monde... L'écriture refermée sur elle, autre, au risque de l'obscurité et d'un formalisme.. le réel plutôt que la réalité... le retour à Deleuze, Spinoza, Bergson et puis la philosophie chinoise, et enfin une écriture poétique
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 29 novembre 2009

    ... sortir de la réalité ce n’est pas passer sur un autre plan, accéder à une « autre réalité ». C’est entrer dans le territoire du subtil....
    Frôlements,échos, effluves, buées, le monde flotte, vacille, la réalité se déchire et, l’espace de quelques mots, de quelques lignes - d’une page peut-être - nous saisit cette émotion de ne plus tout comprendre, tout reconnaître, qui est le signe du réel....
    Il se souvient. Le cendrier, la table basse, la fenêtre et sa lumière pâle. Il voit, mais sans voir. Il entend; mais sans entendre... Il est là, il écrit des mots.... et c’est comme si c’était pour la première fois..
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  • Par brigetoun, le 22 novembre 2011

    Parler de sa vie aujourd'hui est, pour lui, un acte étrange et difficile. Dès qu'il essaie de fixer sur elle son regard mental, il la voit s'éloigner, s'éparpiller en un désordre d'images qui toutes viennent se dissoudre dans l'unique certitude qu'il peut en avoir, celle de son corps ici et maintenant : ce froid aux extrémités des doigts tandis qu'il écrit, la table, la lumière de la lampe et, dehors, un jour gris comme une photo en noir et blanc, un peu ternie... Tout le reste n'est qu'une histoire qui ne le concerne plus. Alors, parler du sens de sa vie ne peut être que plus difficile encore. Car il n'en voit aucun, lumineux et lointain, vers lequel s'en iraient ses jours comme le fleuve vers la mer. Á moins, bien sûr – et cette très vieille image du fleuve coulant vers la mer l'y conduit – de voir dans le non sens même – la mort –, le vecteur et le point de fuite de toute existence.
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  • Par brigetoun, le 29 novembre 2009

    Je lis, et le décor quotidien s'évapore. Celui de la vie active. Car une frange d'attention ne cesse, imperceptible navette, de tisser un réseau de fils ténus entre l'acte en cours et le lieu où il s'accomplit. Mais une attention distraite, pareille à cette pratique de la vision périphérique qui, libérant la personne de la vision centrale, utilitaire, modifie le régime de la perception. Lisant, je ne suis plus là et j'y suis plus que jamais. Mais non plus comme "moi" encombrant, gonflé de son importance et de ses affects, mais comme transparence active. En quoi le vrai lecteur serait, comme Wallace Stevens le dit du poète, "la transparence du lieu où il se trouve
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  • Par brigetoun, le 29 novembre 2009

    Il s'en rend compte aujourd'hui, après tant d'années: écrire, au plus profond est un acte né de la douleur. Un acte qui libère dans le langage cette blessure lointaine du corps, la soulage mais ne l'efface jamais. Il aurait souhaité n'écrire que la beauté de vivre, la splendeur du monde, comme il l'a fait aussi. A chaque fois, pourtant, au coeur de la lumière, il y a ce noir: le corps seul, souffrant et qui gémit. Lui voudrait ne pas l'entendre, ne pas le voir. Il voudrait continuer à chanter, mais sa voix se brise, elle mue, et c'est la tragédie qui sort de ses lèvres
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