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Par LydiaB, le 13/11/2012
La Littérature sans estomac de
Pierre Jourde
C'est ainsi que, dans un esprit toujours résolument moderne, Christine Angot fait un usage très personnel de la répétition :
"Il met des clémentines sur son sexe pour que je les mange. C'est dégoûtant, dégoûtant, dégoûtant, dégoûtant."
Déplorons ici un peu de timidité dans la redite. Une page, une page et demie de "dégoûtant" auraient donné à la phrase sa pleine puissance. Autres exemples (les cas sont innombrables) :
"Tous ces gens-là, c'est impossible, impossible, impossible, impossible de les appeler".
"J'accouchais Léonore Marie-Christine Marie-Christine Léonore Léonore Marie-Christine Léonore Léonore Léonore Léonore Marie-Christine Léonore Léonore Léonore. Léonore Marie-Christine Marie-Christine Léonore. Léonore Marie-Christine. Marie-Christine Léonore".
On regrette d'interrompre un tel régal. Car cela continue. La prose ici se fait musique, on songe à "La fille de Minos et de Pasiphaë", du regretté Jean Racine, ou à l'alexandrin d'Alphonse Allais : "Jean-Louis François Mahaut de la Quérantonnais". Et puis, c'est toujours une demi-page de remplie. Au prix où se négocie la demi-page de Christine Angot, elle aurait tort de se priver.
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Par LydiaB, le 12/11/2012
La Littérature sans estomac de
Pierre Jourde
S'il existait un groupe folk du néant, Olivier Rolin serait joueur de biniou.
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Par oops, le 27/03/2012
Pays perdu de
Pierre Jourde
Que les qualités de ce qu'on aime nourrissent en secret des chagrins, on l'ignore presque toujours. On ne veut pas le voir. On le pressent cependant, dans la crainte qui s'attache aux choses belles, on tourne autour, on se garde d'ouvrir la porte, sachant ce qui se tient derrière, avec sa force atroce. Vivre n'est possible que si la porte est fermée.
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La Littérature sans estomac de
Pierre Jourde
En France et dans les pays occidentaux, la demande de consommation culturelle se généralise. On se bouscule aux expositions et aux musées. On s’arrache le Goncourt, qu’on ne lit pas ou qu’on offre. Il s’agit donc de fournir à un public élargi, qui désire pénétrer dans le cercle des amateurs cultivés, quelque chose qui puisse passer pour de la vraie littérature (en fournir vraiment serait plus compliqué. Un auteur au plein sens du terme met du temps à se faire admettre, il ne rapporte pas vite). Il n’est pas nécessaire que de tels textes soient lisibles, il faut simplement que les livres soient achetés. Le public n’a pas réellement besoin de lire le livre qu’il a acquis : il suffit, par une promotion adroite, de parvenir à le convaincre qu’il est devenu détenteur d’une valeur symbolique, qui se nomme littérature. On s’emploie donc à lui fournir, non pas de la littérature, mais une image de la littérature. Il y a des écrivains pour fabriquer ces textes médiocres qu’éditeurs et journalistes ont habitué le public à considérer comme de la création.
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Le Jourde et Naulleau : Précis de littérature du XXIe siècle de
Pierre Jourde
« Comme beaucoup de grands écrivains, Alexandre Jardin n’a pas de biographie : sa vie est dans son œuvre. » (p. 133)
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Par Woland, le 04/09/2009
Le Jourde et Naulleau : Précis de littérature du XXIe siècle de
Pierre Jourde
[...] ... Grammaire, vocabulaire.
Marc Lévy écrit dans Et si c'était vrai :
1) Quand il lui demanda comment connaissait-elle son prénom, elle répondit qu'elle était déjà là bien avant qu'il n'emménage.
2) ... imposant bâtiment de style néoclassique construit au début du siècle où, dans des dizaines de salles aux voûtes majestueuses, règne une atmosphère si différente à bien d'autres lieux semblables.
3) Il avait près de quatre-vingts suspects, dont l'un d'entre eux était peut-être en attente d'un don d'organe ou avait l'un des siens dans la même situation.
4) Green Street est une jolie rue bordée d'arbres et de maisons.
I - Rétablissez la syntaxe normale. Profitez-en pour réviser les règles de l'interrogation indirecte.
II - Trouvez quelque chose pour arranger la fin de la phrase.
III - Supprimez la redondance de la relative, puis tentez de comprendre la fin de la phrase.
IV - Imaginez ce que pourrait être une rue qui ne serait pas bordée de maisons. Ne cédez pas au vertige métaphysique. ... [...]
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Par Woland, le 04/09/2009
Le Jourde et Naulleau : Précis de littérature du XXIe siècle de
Pierre Jourde
[...] ... "Telle que vous me voyez, là, je marche dans la rue Eugène- Gonon.
Tout un programme. (1)
Quoi ? Sans blague ? Vous ne connaissez pas la rue Eugène-Gonon ? Attendez, vous me faites marcher, là ?
C'est une rue bordée de petites maisons en meulière avec des petits jardins en pelouse et des marquises en fer forgé. La fameuse rue Eugène-Gonon de Melun.
Mais si ! Vous savez, Melun ... Sa prison, son brie qui gagnerait à être mieux connu et ses accidents de train.
Melun. (2)
Sixième zone de carte orange."
(1) : Cette magistrale entrée en matière constitue une démonstration de l'art consommé avec lequel l'auteur sait capter l'attention bienveillante du lecteur. Tout d'abord, prendre le personnage en pleine action, in media res. Mais faire en sorte que cette action soit banale, afin de favoriser l'identification. Ne pas omettre un petit clin d'oeil complice au lecteur. Il est toujours content qu'on le prenne à témoin. Pimenter par une figure de style, ironie ou paradoxe. Ici, il s'agit d'une sorte d'antiphrase : "tout un programme" ironise sur la banalité de marcher dans une rue banale, et anticipe sur le développement ultérieur de l'ironie. Faire en sorte tout de même que cette figure soit aussi un cliché. Ici, en quatre lignes, quatre expressions toutes faites : "telle que vous me voyez", "tout un programme", "sans blague", "vous me faites marcher." Le cliché est important pour appâter la sympathie du lectorat. Il a l'air d'un trait d'esprit, d'une invention verbale, mais c'est un trait devenu si courant qu'il peut appartenir à n'importe qui. L'important est que le lecteur puisse faire en sorte de s'attribuer le langage du texte. Il ne s'exprimerait pas autrement. Il s'identifie.
(2) : Tirer à la ligne constitue le b-a-ba réthorique dans les techniques d'appât du lecteur. Plus le mot ainsi détaché est banal, mieux cela vaut. On crée ainsi un effet de constraste très seyant. ... [...]
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Par Musikant, le 30/03/2010
Festins secrets de
Pierre Jourde
Les quinquagénaires dominent. Ils ont du enseigner quelques années, il y a longtemps, a l'époque où on pouvait le faire sans trop de risques, niais ce devait encore être trop difficile pour eux. Incapables de professer ou de se consacrer à la recherche fondamentales mais doues pour la bureaucratie, soumis à la hiérarchie et pleins de zèle envers la religion pédagogique, ils n'ont eu de cesse qu'ils se faufilent dans les ISFP lorsque le Système les a crées. Ils ont compris quel langage le Système souhaitait entendre, et ils ont su l'employer. Pour la plupart issus de cette génération qui a érigé la jeunesse en valeur absolue, et pour laquelle tout magistère était un abus de pouvoir. Protégés du monde, enfermes dans leur représentation idyllique de la jeunesse, ils vous obligent, vous que rien ne protège, vous qu'on injurie a écouter leurs généreux discours sur les adolescents et a les reproduire. Au nom de la démocratie et de l'égalité, ils vous contraignent a ne plus rien apprendre aux enfants des pauvres et vous démontrent à quel point vous êtes des réactionnaires barricades dans votre égoïsme de caste si vous prétendez essayer tout de même.
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Par Musikant, le 29/01/2010
Paradis noirs de
Pierre Jourde
Je voudrais trouver le courage de leur dire que, subventionnés par l'État pour résider dans des maisons confortables et remplir des commandes, nous ne sommes guère plus que des artistes offciels comme il y en avait sous le second Empire, la seule différence étant que nous nous payons le luxe de prétendre en plus à la marginalité. Mais je ne dis rien de tout cela.
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Par araucaria, le 04/05/2013
La Littérature sans estomac de
Pierre Jourde
Pourquoi donc le fait de signaler les oeuvres de qualité empêcherait-il de désigner clairement les mauvaises? Jamais les librairies n'ont été si encombrées d'une masse toujours mouvante de fiction. Il faut donner des raisons de choisir. Ce devoir est devenu d'autant plus impératif que les produits sont frelatés. Des lecteurs de bonne foi lisent ces textes et se convainquent que la "vraie littérature" est celle-là. Or une chose écrite n'est pas bonne à lire par le seul fait qu'elle est écrite, comme tendaient à le faire croire les actuels réflexes protecteurs du livre.
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