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Par Elvira, le 04/02/2012
C'est la culture qu'on assassine de
Pierre Jourde
« La direction du collège de ma 3e B a téléphoné aux parents d’un élève particulièrement agité, aux résultats désastreux, pour tenter de faire quelque chose. La réponse des parents a été la suivante (citation garantie authentique) : « Est-ce que vous pourriez rappeler après Plus belle la vie ? »
Tout est dit.
Pour la promotion sociale, on attendra après Plus belle la vie. »
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Par Elvira, le 04/02/2012
C'est la culture qu'on assassine de
Pierre Jourde
« Soyons pragmatiques. Pragmatiquement, mon correcteur orthographique s’égare dans des phrases trop complexes, ne reconnaît pas des sujets trop éloignés du verbe, et me propose régulièrement des corrections fautives. Mais ce n’est qu’un détail. »
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Par Elvira, le 02/02/2012
C'est la culture qu'on assassine de
Pierre Jourde
A quoi bon s’échiner à réformer l’école et l’université ? Tout le travail éducatif est saccagé par la bêtise médiatique, la bouffonnerie érigée en moyen d’expression, le déferlement des valeurs de l’argent, de la consommation, de l’apparence et de l’individualisme étroit diffusées par la publicité, ultime raison d’être des grands groupes médiatiques. Le véritable éducateur d’aujourd’hui, c’est TF1.
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Par Elvira, le 02/02/2012
C'est la culture qu'on assassine de
Pierre Jourde
Si la littérature a une fonction, c’est de nous conduire à nous interroger sur une réalité qui n’est pas si simple, pas si accessible. C’est de crever la bulle d’illusion.
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Par Woland, le 04/09/2009
Le Jourde et Naulleau : Précis de littérature du XXIe siècle de
Pierre Jourde
[...] ... "Telle que vous me voyez, là, je marche dans la rue Eugène- Gonon.
Tout un programme. (1)
Quoi ? Sans blague ? Vous ne connaissez pas la rue Eugène-Gonon ? Attendez, vous me faites marcher, là ?
C'est une rue bordée de petites maisons en meulière avec des petits jardins en pelouse et des marquises en fer forgé. La fameuse rue Eugène-Gonon de Melun.
Mais si ! Vous savez, Melun ... Sa prison, son brie qui gagnerait à être mieux connu et ses accidents de train.
Melun. (2)
Sixième zone de carte orange."
(1) : Cette magistrale entrée en matière constitue une démonstration de l'art consommé avec lequel l'auteur sait capter l'attention bienveillante du lecteur. Tout d'abord, prendre le personnage en pleine action, in media res. Mais faire en sorte que cette action soit banale, afin de favoriser l'identification. Ne pas omettre un petit clin d'oeil complice au lecteur. Il est toujours content qu'on le prenne à témoin. Pimenter par une figure de style, ironie ou paradoxe. Ici, il s'agit d'une sorte d'antiphrase : "tout un programme" ironise sur la banalité de marcher dans une rue banale, et anticipe sur le développement ultérieur de l'ironie. Faire en sorte tout de même que cette figure soit aussi un cliché. Ici, en quatre lignes, quatre expressions toutes faites : "telle que vous me voyez", "tout un programme", "sans blague", "vous me faites marcher." Le cliché est important pour appâter la sympathie du lectorat. Il a l'air d'un trait d'esprit, d'une invention verbale, mais c'est un trait devenu si courant qu'il peut appartenir à n'importe qui. L'important est que le lecteur puisse faire en sorte de s'attribuer le langage du texte. Il ne s'exprimerait pas autrement. Il s'identifie.
(2) : Tirer à la ligne constitue le b-a-ba réthorique dans les techniques d'appât du lecteur. Plus le mot ainsi détaché est banal, mieux cela vaut. On crée ainsi un effet de constraste très seyant. ... [...]
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Par Musikant, le 30/03/2010
Festins secrets de
Pierre Jourde
Les quinquagénaires dominent. Ils ont du enseigner quelques années, il y a longtemps, a l'époque où on pouvait le faire sans trop de risques, niais ce devait encore être trop difficile pour eux. Incapables de professer ou de se consacrer à la recherche fondamentales mais doues pour la bureaucratie, soumis à la hiérarchie et pleins de zèle envers la religion pédagogique, ils n'ont eu de cesse qu'ils se faufilent dans les ISFP lorsque le Système les a crées. Ils ont compris quel langage le Système souhaitait entendre, et ils ont su l'employer. Pour la plupart issus de cette génération qui a érigé la jeunesse en valeur absolue, et pour laquelle tout magistère était un abus de pouvoir. Protégés du monde, enfermes dans leur représentation idyllique de la jeunesse, ils vous obligent, vous que rien ne protège, vous qu'on injurie a écouter leurs généreux discours sur les adolescents et a les reproduire. Au nom de la démocratie et de l'égalité, ils vous contraignent a ne plus rien apprendre aux enfants des pauvres et vous démontrent à quel point vous êtes des réactionnaires barricades dans votre égoïsme de caste si vous prétendez essayer tout de même.
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Par Woland, le 04/09/2009
Le Jourde et Naulleau : Précis de littérature du XXIe siècle de
Pierre Jourde
[...] ... Grammaire, vocabulaire.
Marc Lévy écrit dans Et si c'était vrai :
1) Quand il lui demanda comment connaissait-elle son prénom, elle répondit qu'elle était déjà là bien avant qu'il n'emménage.
2) ... imposant bâtiment de style néoclassique construit au début du siècle où, dans des dizaines de salles aux voûtes majestueuses, règne une atmosphère si différente à bien d'autres lieux semblables.
3) Il avait près de quatre-vingts suspects, dont l'un d'entre eux était peut-être en attente d'un don d'organe ou avait l'un des siens dans la même situation.
4) Green Street est une jolie rue bordée d'arbres et de maisons.
I - Rétablissez la syntaxe normale. Profitez-en pour réviser les règles de l'interrogation indirecte.
II - Trouvez quelque chose pour arranger la fin de la phrase.
III - Supprimez la redondance de la relative, puis tentez de comprendre la fin de la phrase.
IV - Imaginez ce que pourrait être une rue qui ne serait pas bordée de maisons. Ne cédez pas au vertige métaphysique. ... [...]
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Par Musikant, le 29/01/2010
Paradis noirs de
Pierre Jourde
Je voudrais trouver le courage de leur dire que, subventionnés par l'État pour résider dans des maisons confortables et remplir des commandes, nous ne sommes guère plus que des artistes offciels comme il y en avait sous le second Empire, la seule différence étant que nous nous payons le luxe de prétendre en plus à la marginalité. Mais je ne dis rien de tout cela.
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Par Musikant, le 30/03/2010
Festins secrets de
Pierre Jourde
Moi qui vous parle, j'ai vu une matrone méditerranéenne promener la crotte de son nourrisson au milieu d'un cercle d'amis, au moment de l'apéritif, en nous incitant à nous extasier pour encourager le héros. Dans son coin, le héros faisait des mines, prenait la pose, faussement timide, en fait ravi. On sentait que déjà, dans son petit crâne à peine fini, il tirait de la scène deux leçons fondamentales : la première, que tout ce qui sortirait de lui constituerait un cadeau pour l'univers. La seconde, qu'on lui accorderait le droit imprescriptible d'emmerder ses contemporains. Toute la vie des jeunes des quartiers répète cette scène primitive.
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Par Musikant, le 29/01/2010
Paradis noirs de
Pierre Jourde
Ne crois pas, disait la danseuse, avec le petit air ironique et buté que je n'avais jamais si bien distingué, ne crois pas que le plus triste, dans vos vies, vienne du tragique : c'est vrai, on vous dépouille progressivement de tout, vos amours, vos plaisirs, votre corps, votre beauté, votre raison et jusqu'à votre dignité. Mais de telle sorte que cela soit aussi mesquin, ridicule, ennuyeux et bête. Vous n'aurez pas le plaisir de la grandeur tragique.Vous vous ennuyez à souffrir, vos enfants s'ennuient à vous regarder souffrir et ils s'ennuient à vous enterrer.