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ISBN : 2266234080
Éditeur : Pocket (2013)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Août 1954, Caroline du Nord. Juby Watts, 13 ans, part en vacances sans son père, resté travailler dans son entreprise de menuiserie. Destination : la Floride. C'est Paula, mère distante et fumeuse invétérée, qui conduit la Packard familiale. Stell, la sœur aînée de Juby... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Marcelline, le 27 novembre 2012

    Marcelline
    Si ce n'est l'écriture qui m'a parfois un peu gênée, ce livre n'est pas loin d'être un coup de coeur!
    Sur le même thème que le désormais célèbre La couleur des sentiments, c'est-à-dire la ségrégation raciale aux Etats-Unis dans les années 50, ce roman se raconte ici par la voix d'une jeune adolescente qui ne comprend pas, et doit subir, la ségrégation imposée à sa bonne bien-aimée, Mary, et à toute la communauté noire de celle-ci.
    Par la voix de cette jeune fille, l'auteur nous montre ce que la ségrégation raciale implique au quotidien, la violence qu'elle entraîne plus ou moins insidieusement dans les actes et les pensées de chacun.
    Beaucoup de dialogues, des retours en arrière puis de brusques plongées dans le présent: j'ai dû parfois m'accrocher pour bien savoir où j'en étais. Cela ne m'a pas empêchée d'être très touchée par cette histoire, toute en subtilité, sur laquelle la tension est omniprésente. Les relations entre les différents personnages, comme dans la vraie vie, sont complexes et évoluent constamment: sans mauvais jeu de mots, personne n'est tout noir ou tout blanc!
    Au final, une très belle découverte, très touchante et, incontestablement pour moi, très marquante...
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    • Livres 5.00/5
    Par Melopee, le 20 avril 2012

    Melopee
    Ce livre, je l'ai croisé au hasard sur la table d'une librairie. Sa couverture m'a interpelé avec ces deux personnages attendrissants qui semblent regarder vers un même ailleurs. Et en lisant la quatrième de couverture, j'ai tout de suite su que c'était pour moi puisqu'il était question d'un long périple à travers les États sudistes où la ségrégation fait rage. Ça n'a pas été sans me rappeler l'excellent roman de Kathryn Stockett, La couleur des sentiments, et même si la comparaison peut paraitre hâtive, cet ouvrage inconnu m'a laissé présager du meilleur et je crois pouvoir affirmer que je ne m'y suis pas trompée.
    Nous sommes en août 1954 en Caroline du Nord. Jubie, 13 ans, est heureuse puisqu'elle part en vacances avec sa mère, son petit frère Davie, ses deux sœurs Stell (l'aînée) et Puddin ainsi qu'avec la bonne, Mary, que Jubie adore. Tout le monde est heureux de quitter la maison où les relations commençaient à être orageuse entre les parents et les enfants en étaient les témoins directs.
    Mary est assise à l'arrière et tient lieu de compagnie et d'aide car le père fait défaut, il est resté à Charlotte pour des raisons obscures aux enfants (c'est après tout une affaire de grands, alors mieux vaut ne pas trop ressasser doutes et interrogations). C'est P'tite Mary (la fille de la bonne) qui s'occupe de lui qui est un peu porté sur la bouteille et ne sait pas gérer la maison tout seul. Pour les hôtes de voyage, il y a une étape à Pensacola chez l'oncle Taylor et ce n'est que le début d'une fuite en avant. Attention aux cahots, la traversée n'est pas de tout repos et on assiste à une délimitation des gens selon leur couleur.
    C'est drôle comme certains romans vous happent, vous terrassent - le mot est fort mais le sujet est grave alors il me parait approprié - et vous laissent complètement déboussolé, à la merci d'émotions confuses. Celui-ci m'a plu ! Immensément même ! Je l'ai lu en étant immergée dans l'histoire de cette famille, sentant une menace sourdre mais ne sachant d'où le bât allait blesser. C'est donc avec le cœur suspendu que j'ai vu la narration gagner en intensité et surtout en tension et ai été complètement fauchée par le rebondissement qui touche chaque protagoniste, de près ou de loin. C'est poignant de justesse et ça m'a aussi permis d'intégrer des situations aberrantes, concernant la condition des Noirs, pendant cette période de ségrégation raciale aux États-Unis : ne pas se baigner avec les Blancs, se faire tout petit dans les restaurants, hôtels et autres lieux publics.
    En définitive, j'ai été bluffée par ce roman en apparence léger puisque le voyage, comme trame de départ, est une joie pour tous les passagers. Seulement, comme dans tout bon roman, rien ne se passe comme prévu ! C'est l'atmosphère pesante qui prend fort à propos le dessus sitôt que les régions traversées sont moins amènes. On sent de l'hostilité envers les Noirs, on se doute que l'équilibre de toute une population ne tient qu'à un fil. C'est terrible et effrayant d'autant plus qu'on se l'imagine du point de vue d'une adolescente dont la bonne fait partie intégrante de la famille.
    J'ai aimé les surnoms charmants des personnages : Meemaw pour la grand-mère, Stell, Puddin... on se sent déjà dans une fratrie resserrée où la bonne, Mary, a bel et bien toute sa place.
    Oserai-je vous dire que l'auteur de ce roman avait 71 ans lorsqu'elle a signé ce premier roman? Qu'elle nous en donne encore d'aussi fameux, c'est - presque - un ordre !

    Lien : http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/19/24056594.html
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    • Livres 3.00/5
    Par tynn, le 14 mai 2013

    tynn
    Ca commence comme une agréable chronique familiale des années 50 aux Etats Unis. Et l'air de rien, ça dérape tellement qu'on reste un peu sidéré de ne pas avoir vu le coup partir...
    En rupture conjugale avec le père de famille, la mère prend la route des vacances en entassant son petit monde dans la voiture, sans oublier Mary la bonne, noire, dévouée, efficace, bien "à sa place". Il suffira d'un mauvais endroit au mauvais moment, et la famille idéale se brisera.
    Dans une fratrie de quatre enfants, Jubie,13 ans observe avec acuité et raconte la vie de ses proches durant un périple vers les Etats ségrégationnistes du sud du pays. le racisme ordinaire est décrit avec précision, dans les petites choses et actes du quotidien, dressant un tableau factuel et glaçant de deux sociétés qui se côtoient sans le mêler.
    En mettant en avant les propos des enfants, leurs questionnements concernant la différence de traitement entre noirs et blancs, le récit démontre combien l'éducation donnée par les parents est un frein et combien difficile est la projection dans de nouvelles mentalités.
    Un livre à l'écriture sans effet mais agréable à lire, bien qu'il aborde des thèmes maintes fois utilisés.
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    • Livres 4.00/5
    Par Melisane, le 24 février 2013

    Melisane
    Les larmes noires de Marie Luther m'a fait irrésistiblement penser à La couleur des sentiments. On y retrouve aussi une famille blanche aisée du Sud des États-Unis qui emploie une femme noire pour s'occuper de la maison et des enfants. C'est un très bon roman, mais selon moi, il ne possède pas l'ampleur et la profondeur, disons sociologique, de La couleur des sentiments.
    Dans la famille Watts, c'est la domestique, Mary, qui prend soin de l'intérieur et des quatre enfants : Stell, Jubie, Puddin et Davie. L'histoire nous est racontée du point de vue de Jubie, 13 ans. Ses parents ne semblent plus s'aimer beaucoup et quand Jubie fait un mauvais coup, son père la bat - il est aussi alcoolique et coureur de jupons. La mère de Jubie n'intervient pas vraiment et passe son temps à prendre soin d'elle-même. C'est donc vers Mary que Jubie se tourne pour trouver un peu d'amour et de réconfort.
    C'est durant un voyage en voiture avec sa mère, ses sœurs et frère et Mary, que Jubie prendra conscience de la ségrégation, de la violence et du mépris dont sont victimes les Noirs. Et c'est à travers ses yeux, avec une horreur grandissante, que nous en serons aussi les témoins. de l'indifférence des uns à l'égard des Noirs, comme s'ils faisaient partie des meubles jusqu' à la volonté malfaisante de les éliminer purement et simplement. Par exemple, Mary doit voyager à l'arrière de la voiture, elle a ses propres couverts, elle doit utiliser d'autres toilettes et dormir ailleurs que ses patrons. L'auteure nous raconte le tout avec beaucoup de sensibilité. Et on voit que Jubie commence à penser différemment des autres, même si elle est quand même influencée par l'attitude dominante.

    Et quand le drame arrive, la famille de Jubie éclate. L'adolescente découvre le véritable visage de son père. Celui-ci est un petit escroc raciste qui détournait l'argent de sa compagnie pour financer une organisation analogue au KKK et dont l'incompétence dans la construction d'un plongeoir a causé la mort d'un adolescent. En plus, il tripotait la fille de Mary. Il n'est vraiment pas sympathique! Et ce n'est qu'après la disparition de Mary que Jubie s'aperçoit que la domestique était le véritable ciment de sa famille. Pour montrer son amour à Mary, elle posera un acte de rébellion éclatant! La mère de Jubie commencera aussi à se réveiller et à se prendre en main.
    J'ai beaucoup aimé le personnage de Mary et j'aurais aimé qu'elle soit plus présente dans l'histoire. Je l'ai trouvée très courageuse. Elle prend soin de la famille Watts, en plus de sa propre famille. Elle ne fait pas que le ménage, elle aime aussi cette famille et veille sur eux, un peu comme une mère. Elle ne réplique jamais alors qu'elle se fait constamment humiliée. Mais il sera trop tard quand tous se rendront compte de la place qu'elle occupait dans leur coeur. L'auteure parle de Mary avec beaucoup de tendresse.
    Au début du roman, le personnage de Jubie est un peu agaçant, car elle est une adolescente qui se plaint facilement. Mais l'histoire avançant, elle devient plus attachante, en même temps qu'elle s'éveille au monde et à l'amour. On sent qu'elle sera probablement une jeune femme qui sera capable de voir au-delà des apparences et de prendre des risques, pour affirmer qui elle est et qui elle aime vraiment. On peut donc en conclure que j'ai beaucoup aimé ce premier roman, écrit par une dame âgée de 71 ans. Je ne peux que lui lever mon chapeau. Son roman est fort réussi et très émouvant. Et sa couverture est superbe, on dirait une Madone à l'enfant noire!

    Lien : http://biblimaginaire.blogspot.ca/2012/09/les-larmes-noires-de-mary-..
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    • Livres 3.00/5
    Par BMSierre, le 10 octobre 2012

    BMSierre
    C'est l'histoire d'une famille américaine dans les années 50. C'est une adolescente qui raconte sa vie dans ces années- là. Comme famille aisée, ils avaient une bonne noire. C'est assez choquant ! Les noirs ne pouvaient pas se baigner dans la mer, dans les piscines, ne pouvaient pas dormir dans les hôtels, avaient une place au fond du bus, et des toilettes pour les nègres ! Mais cette jeune fille adore sa maman et se rend compte de toutes ces injustices. H.S.
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Citations et extraits

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  • Par Melopee, le 20 avril 2012

    Nous prîmes le bus numéro 3 pour nous rendre au centre-ville. Stell et moi nous assîmes sur le banc derrière le conducteur et Mary partit vers le fond. Ses mollets tout maigres dans ses grosses chaussures mauves me faisaient penser à Minnie, la femme de Mickey. Une ligne jaune tracée sur le sol séparait le devant du derrière. Plus loin vers le fond, on devinait les restes effacés d'une ligne plus ancienne. Quand la compagnie de bus s'était rendue compte qu'il y avait bien plus de gens de couleur que de Blancs, ils avaient un peu avancé la ligne. Malgré tout, le fond était toujours bondé. (p. 159)
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