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Critiques sur Poèmes à Lou, précédé de Il y a (8)


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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura le 14/12/2011


    Derrière chaque poète il y a souvent une femme.
    Derrière chaque poème s'y dévoilent souvent les femmes, les muses, qui les ont inspirés.
    C'est en septembre 1914, alors qu'il séjourne à Nice, que Guillaume Apollinaire rencontre Louise Coligny-Châtillon, surnommée Lou. Elle est décrite comme une jeune femme « spirituelle, dégagée, frivole, impétueuse, puérile, sensible, insaisissable, énervée, un peu éperdue en quelque sorte ». D'emblée sa personnalité fantasque fascine le poète. Elle l'aiguillonne, l'exalte, l'enflamme et lui inspirera nombreux de ses plus beaux poèmes.

    Poèmes rimés ou en prose, lettres en vers, comptines, fabliaux, acrostiches, Calligrammes, Lou s'anime, vibre, palpite comme une flamme vive, s'inscrit en toute lettres dans ce recueil qui lui est dédié, les « Poèmes à Lou ».
    Apollinaire la chante tout entière et loue son corps tant désiré au détour de rimes qui ne laissent pas d'étonner par la hardiesse, l'audace, l'érotisme et même la crudité de leur évocation, à une époque que l'on s'imagine encore bien chaste et pudibonde en matière de relations charnelles.
    Nombreux sont pourtant les poèmes qui vont clamer cet appétit physique et cette avidité sensuelle qui galvanisent l'homme et l'artiste.
    Lou est l'incarnation de La Femme. Idéalisée, déifiée, réifiée aussi parfois, elle est celle qui s'offre mais ne se livre pas, celle qui aime sans se donner, fille, petite sœur, amante, déesse, Lou insaisissable, évanescente, fugitive, inconstante, lascive, maîtresse ardemment fantasmée…

    Mais son cœur convoité se refuse, son âme si rêveusement espéré reste inaccessible, Apollinaire, alors engagé volontaire et affecté dans un régiment d'artillerie, se languit et s'exaspère de lettres qu'il attend avec impatience et qui viennent peu, ou pas.
    Ses rimes se font alors désabusées, désespérées, pleines de regrets et de douleur, qui plus est en pleine période de guerre.
    La Première Guerre et ses atrocités s'amalgament à cet amour perdu.
    Les vers pleurent, s'insurgent, se lamentent, disent leur incompréhension, se résignent enfin.
    En une sorte de sublimation de l'amour et de la mort, le poète enchevêtre son vécu au front, la vie des soldats de caserne, les horreurs des champs de bataille, les éclairs des obus, avec cet amour qu'il aspire à voir renaître mais qu'il sait pourtant désormais révolu.
    C'est l'acrostiche formant le nom de Lou comme une dernière supplication désillusionnée et qui clôt le superbe poème « Si je mourrai là-bas » :
    « La nuit descend
    On y pressent
    Un long un long destin de sang »

    Précédé de nombreux poèmes et ébauches regroupés sous le titre « Il y a », le recueil des « Poèmes à Lou » dévoile toute la fantaisie et la liberté qu'Apollinaire a apporté à la poésie.
    En prose ou en rimes, sous formes de lettres ou par ses fameux Calligrammes, les mots et les vers d'Apollinaire se font tantôt aériens, oniriques, hallucinés, plein d'un imaginaire débridé, tantôt plus terre à terre, crus, croustillants et grivois.
    Par ses divagations, ses chimères, ses inventions stylistiques et métaphoriques, celui qui fut l'un des premiers précurseurs du mouvement surréaliste a adopté une excentricité dans la création que l'on ne cautionnera ou comprendra pas toujours, et bien sûr certains poèmes nous parlent plus que d'autres. Toujours est-il qu'il a su insuffler à l'art de la poésie une indépendance, une autonomie qui, en le libérant des contraintes et règles imposées d'ordinaire à cet art, en lui faisant emprunter d'autres chemins, en le guidant sous d'autres latitudes, aura permis d'influencer nombre des grands poètes du XXème siècle qui lui ont succédé.

    critique de qualité ? (23 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par vincentf le 15/05/2012


    Qu'est-ce qui donne ce charme si particulier aux mots d'Appolinaire? C'est une sorte de mystère simple, ou de familiarité originale, le vers ancien qui rime avec le vers libre, les dessins que l'on déchiffre avec peine. Il y a aussi l'amour qui se frotte à la guerre et le mélange si détonnant et si nouveau de la femme aimée, de son corps attendu, avec la mitraille, les terribles tranchées de 14-18, les obus, toujours liés intimement aux seins, comme si la guerre était une continuation de l'amour par d'autres moyens, les lettres quotidiennes d'un poète perdu loin de sa muse et qui, dans l'horreur, s'en amuse. Il y a dans les petits mots d'Appolinaire une légèreté bizarre, comme s'ils avaient pour mission d'éloigner le lecteur et Lou, femme plus imaginaire que réelle, de la brutale réalité du champ de bataille, pour s'ébattre dans un autre corps à corps, dans ces guerres d'une nuit qui ne connaissent sur le moment que des vainqueurs, et qui, à la longue, quand le poète meurt au front, ne créent que des vaincus.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par brusc le 25/11/2011


    A lire, rien que pour "Si je mourais là-bas", mis en musique et chanté par Jean Ferrat. Un grand moment de poésie, d'amour et de chanson. Pour le plaisir, la dernière strophe.

    Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie
    Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
    De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur
    Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
    Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

    Ô mon unique amour et ma grande folie.

    Pour les fans, je signale une édition Textuel, de 2007, intitulée "Je pense à toi mon lou" qui reproduit en fac-similé des Poèmes à Lou et lettres du poète. En sus, des commentaires.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe le 27/06/2011


    Appolinaire, poète à l'immense talent du XX° siècle, après avoir publié(entre autres) le recueil "Alcools" à l'envoutement subtil, en 1913, a écrit ses "Poèmes à Lou" qui relate sa correspondance avec Louise de Coligny Chatillon entre octobre 1914 et septembre 1915. Calligrammes à l'aventureuse esthétique, verra le jour en 1918.
    André Breton disait de lui qu'il était un maître de la génération nouvelle. Je rajouterais: intemporel, il nous transporte aux portes du rêve et de visions chères aux surréalistes.
    Deux recueils en un.
    "Il y a", textes au charme acide des citrons verts, à la séduction insolite,aux tournures quelque peu baroques et audacieuses et "Poèmes à Lou" passionné, mon préféré sur lequel je m'attarderai.
    Amour fou.
    Lou ma rose, pt'it Lou, mon adorable jardinière,chère chère bien aimée,jolie bizarre enfant chérie, si belle Colombelle, Lou Démone enfant, mon coeur, mon adorée... que d'appellations! Que de dévotion!
    Une passion empreinte de désir que je rapprocherai de celle de Louis Blériot pour Nora dans "La vie est brêve, le désir sans fin " de Patrick Lapeyre, car nous retrouvons un homme éperdu de désir face à la femme enfant qui tour à tour se dérobe, se prête, se détache, se laisse ..désirer.
    Mais en plus c'est du vrai! de la passion pure.
    Fascinante, puérile,frivole, avec ses grands beaux yeux de biche,Louise Chatillon Coligny sait jouer de son charme lorsqu'Appolinaire la rencontre en septembre 1914.Elle le provoque, spirituelle, impétueuse.
    Insaisissable, elle se dérobe, lui échappe. Il part à Nimes et rejoint le 38° régiment d'artillerie en décembre. Elle le rejoint, mutine, langoureuse. Se donne, l'affole. Repart. le revoit quelques fois. Et s'en suit cette correspondance.
    Elle le traite de "Toutou", qu'importe, il est à ses pieds.Spontané, vrai, il espère.
    Journal dans lequel il se raconte.
    "Je fume un cigare à Tarascon en humant un café".
    Passion déchainée à l'érotisme violent:
    "Ô mon unique amour et ma tendre folie";
    "Si tu te couches Douceur tu deviens mon orgie"
    Il chante la joie et la douleur des corps, l'attente et la souffrance:
    "De toi depuis longtemps je n'ai pas de nouvelles"
    "Chaque heure infiniment augmente sa souffrance"
    Il connait cette souffrance et le prix de l'attente.
    "Car ô ma chevelure de feu tu es la torche
    Qui m'éclaire ce monde et flamme tu es ma force."
    "Je rêve de t'avoir nuit et jour dans mes bras
    Je respire ton âme à l'odeur des lilas".

    Quelle femme n'a rêvé d'être l'objet de tels débordements?
    Appolinaire émeut et touche de ses vers sublimes et également lorsqu'il entremèle ses poèmes enflammés de Calligrammes( poèmes dont la topographie a la forme d'un dessin, tour à tour croix,fleur, tête au chapeau..) à la réelle portée esthétique comme de petits tableaux offerts à l'aimée.
    Un beau portrait d'homme tendre et amoureux s'élève alors!

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe le 09/07/2011


    Une correspondance épistolaire poétique passionnée d'Appolinaire à Lou, l'aimée, l'amante, chat sauvage qui joue, se donne, se reprend et se laisse désirer.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par magdala le 18/05/2012


    les oeuvres de choix dans ce livre sont des épigrammes, et quelques relents de Calligrammes. plus que de l'écriture.

    critique de qualité ? (0 votes positifs)



  • Par charlottelit le 03/08/2011


    un peu répétitif malgré des fulgurances et une langue charnue et charnelle

    critique de qualité ? (0 votes positifs)



  • Par Malejeu le 29/07/2011


    Une histoire d'amour et de guerre racontée par une suite de poèmes, en fait : des lettres envoyées en vain à une femme (Lou) qui répond de moins en moins et bientôt ne répond plus du tout au soldat Apollinaire... En même temps Apollinaire, coincé au front garde tout son émerveillement et son amour fou... parmi les plus beaux poèmes du monde.

    critique de qualité ? (0 votes positifs)






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