C'est par le plus grand des hasards que j'ai mis la main le mois dernier sur un roman du Québécois
Yves Beauchemin, Les émois d'un marchand de café.
Vous trouverez sur mon blog des liens vers des références et des critiques, je ne vous ferai donc pas de "redites" mais je vous dirai simplement les deux domaines qui font pour moi la spécificité de ce livre.
D'abord, il y a le titre que j'ai donné à ce billet (sur mon blog): E comme éthique. En lisant ces émois d'un marchand de café, je me suis longtemps demandé à quel genre romanesque il fallait le rattacher. Ce n'est que vers la centième page que la réponse m'est peu à peu apparue: c'est un "roman éthique". Et si ça n'existe pas encore, il faudra l'inventer.
En effet, vous avez là un personnage qui vers la soixantaine se décide à réparer le mal qu'il a fait pendant sa carrière d'homme d'affaires florissant. Toute la suite de l'histoire démontre à quel point cette démarche qu'on croirait fort simple s'avère au contraire tout à fait pénible. Surtout pour le protagoniste. Sa volonté de faire le bien suscite de nombreux problèmes et même de sournoises hostilités. Mais je n'en dirai pas plus...
Ensuite il y a tout ce qui relève de la "couleur locale". Vu que je ne connais que le (faux) Canada de Maria Chapdelaine, chaque nom de lieu a des consonances d'exotisme: les rues de Montréal, la taïga du Grand Nord et le chalet près d'un lac où notre héros va passer ses "fins de semaine".
Car il y a aussi les mots: on ne dit pas week-end, ni shopping, ni tous ces autres anglicismes que nous utilisons quotidiennement sans plus nous en rendre compte. Il y a également des expressions qui m'étaient totalement inconnues, comme ces "Bâton rouge!" pour ponctuer une forte exclamation.
Un bon moment de lecture!